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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

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"Une vingtaine" ! (environ)
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Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


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très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


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Et ensuite...

Par Delugio :: mercredi 26 janvier 2011 à 19:45 :: Général

 

 

 

Pour lire la suite, ici :


(clic) 

Et...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

Le roi nègre et ses thuriféraires

Par Delugio :: dimanche 02 janvier 2011 à 14:27 :: Analyses & commentaires

 

1) Le roi nègre


… « autoproclamé » face à l’ « Élu » de la « communauté internationale ». On reconnaît la formule de plus en plus invariable de l’ « analyse » de la « crise ivoirienne » fournie par…


France 24 - TF1 - France2 - France 3 - L'Expansion - La Croix - La Provence - Le Figaro - Le Monde - Le Parisien - Les Echos - Libération - Midi Libre - Canal+ - France 5 - M6 - Arte - France 4 - I-télé - BFM TV - RFI - Europe 1 - Radio France - CBS - NBC - ABC - Warner Bros - TMC - LCP / Public Sénat - Le Patriote - Jeune Afrique - Onuci-FM - Le Nouveau Réveil - Nord-Sud - Le Front - 24 heures - Douze - Le Démocrate - L'Intelligent d'Abidjan - Le Jour, etc., etc., etc. (Liste très loin d’être exhaustive…)


La formule se substitue désormais à celle qui l’a précédée : « reconnu par un conseil constitutionnel acquis à sa cause », face à l’ « Élu » de la « communauté internationale qui a validé les résultats de la CEI ».




2) Les thuriféraires


Face à cela, une TV, la RTI (régulièrement censurée, depuis « la crise » par Intelsat qu’elle paye pour la diffuser), et quatre journaux : Fraternité Matin, Notre Voie, Le Temps, Le Courrier d'Abidjan ; plus les forums et tweets, et des blogs dont on trouve une liste presque complète en lien dans ce blog, dont la version nouvelobs est censurée !


Ça ce sont les « thuriféraires » faisant une « propagande arrogante »… que personne, parmi ses contempteurs, n’écoute. On se contente d’en savoir ce qu’en disent ceux qui censurent ou étouffent les échos. Ainsi le porte-parole de l’Onu en CI, parlant d’ « appels à la haine de la RTI ». Fait-il allusion à la diffusion de la proposition de Gbagbo d’une commission de vérification de ce qui s’est passé lors des élections ? Proposition « haineuse » il est vrai, puisqu’elle mettrait en cause la « communauté internationale », qui s’y refuse, tout comme son « Élu » !


Fait-il allusion aux nombreuses interviews accordées à la RTI par quantité de juristes ivoiriens et africains, français et occidentaux qui s’accordent pour reconnaître la parfaite légitimité du travail du conseil constitutionnel ? Arrogant en effet, de la part de la RTI, de fournir un tel nombre de juristes quand la « communauté internationale », avec ses puissants médias en avance… un, F. Wodié, le leader d’un parti membre de la coalition Ouattara, pour expliquer ce que les puissants médias répètent en boucle, mais qui ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus : en vertu de l’accord de Pretoria, la « communauté internationale » serait habilitée à se substituer au conseil constitutionnel — à défaut d’avoir accompli la seule tâche qui lui était confiée, désarmer les rebelles…


Sachant qu’en dernière instance, c’est… au conseil constitutionnel souverain de démêler tout cela, on comprend que la phase la plus récente de la « communication » internationale se résume à oblitérer purement et simplement ledit conseil constitutionnel — qui a l’arrogance d’exister. Alors on déclinera en boucle que celui qu’il a investi est « autoproclamé » ! Voilà qui est plus simple… et qui permet de bien saisir la réalité du problème — effet collatéral : d’un côté la Côte d’Ivoire souveraine avec les institutions qu’elle s’est donnée, de l’autre une « communauté internationale » qui les nie et s’y substitue, à l’appui de ses médias.


Mais ce ne sont pas eux qui font de la « propagande » « arrogante ». Ce sont les « thuriféraires » du roi nègre, qui « s’accroche à son trône ». Car qu’importe s’il a instauré la démocratie, et permis à son adversaire de se présenter, qu’importe qu’il a accepté une élection imposée (bien qu’illégitime au nord selon les critères onusiens) : c’est un roi nègre, et on sait que pour lui et ses thuriféraires, la culture est forcément un verni. Le verni de culture démocratique a donc laissé place à la vraie nature du roi nègre sitôt connu le « chiffre » de la « communauté internationale » validant son « Élu ». CQFD : ils ne peuvent pas se gouverner eux-mêmes, c’est pas dans leur nature (qui affleure sous leur verni de culture) : on leur imposera donc l’ « Élu », nègre comme les autres, certes, mais l’ « Élu » de la « communauté internationale »…


Et si l’autre, celui dont le verni de culture démocratique se craquèle, n’est pas content, on lui ressortira, à lui et ses thuriféraires qu’on compare à un célèbre ministre de la propagande, quelques morceaux d’anthologie médiatique internationale : après tout ça aussi fait partie de la guerre médiatique — on a su prendre la leçon, entre autre sur la calomnie, attribuée à ce célèbre ministre de la propagande du XXe siècle européen : il reste toujours quelque chose de la calomnie. En trois points :


- Charnier de Yopougon : ça marche toujours, même s’il est de notoriété publique en CI que c'est le camp Ouattara qui a bloqué l'enquête qui commençait à désigner... son parti. Pour mémoire :

"en Côte d’Ivoire, l’opinion sait que Ouattara n’a jamais milité pour l’éclatement de la vérité dans les massacres d’octobre 2000, le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, le coup d’Etat manqué de janvier 2001 et la rébellion armée. Concernant, par exemple, le charnier de Yopougon, une commission indépendante avait été mise en place par le ministère de la Justice [FPI] pour mener les enquêtes. Les travaux étaient fort avancés. Quand le RDR a pris le ministère de la Justice après Marcoussis et que Henriette Dagri Diabaté, SG du RDR et adjointe de Ouattara, a été nommée Garde des Sceaux, elle a automatiquement dissous la commission et interrompu les investigations. Elle n’a jamais mis sur pied une nouvelle commission ni réactivé les enquêtes. L’on saura plus tard par des sources judiciaires que les résultats partiels auxquels étaient parvenus les enquêteurs accablaient le RDR d’où la décision de Mme Diabaté de tout arrêter."


- "Escadrons de la mort" : ça marche aussi. Ils ont eu un effet remarquable en 2003 après Marcoussis (et depuis à l’occasion pour tel journaliste toujours disparu)... contre leur supposé auteur, Gbagbo, qui a gagné devant la justice française ses procès contre des journaux français, en tête desquels Le Monde (vous trouverez les références dans mon ancien blog, "une autre histoire"). La question est : "à qui a profité le crime ?" Mais on évitera au public de se la poser…


- Les « Sukhoï » de Bouaké : l’avocat des familles de soldats tués à Bouaké, Me Balan, clame haut et fort que Gabgbo n’y est pour rien ! Mais qu’importe ! Dès la mort des soldats français et l’atterrissage des avions à Yamoussoukro, les co-pilotes biélorusses ont été appréhendés par les autorités françaises... et exfiltrés vers le Togo ? Arrêtés au Togo par les autorités, ils ont été remis aux autorités françaises qui les ont re-exfiltrés vers... (qui sait où ils sont aujourd’hui ?) ? Ensuite, les soldats tués ont été enterrés avec une hâte telle que leurs effets (jusqu’aux paquets de cigarettes) étaient encore sur eux et qu’on avait interverti deux corps ? On sait cela parce que la juge aux armées Brigitte Raynaud a fini par obtenir, à force de pressions, que, comme le demandaient les familles, les cercueils soient ouverts. Depuis cette juge a été démise. Les autorités françaises refusent toujours toute autopsie des corps (que demande la Côte d’Ivoire) ? Qu’importe ! Ça marche encore…


Ce sont les trois piliers de la calomnie — toujours en usage… et qui permettent d’appuyer la certitude assénée en boucle selon laquelle c’est la « communauté internationale » qui doit désigner « l’Élu »…


Mais là, il y eu un hic : le roi nègre n’est pas d’accord et ses thuriféraires le disent, pardon, le progagent, et sont — arrogance extrême — de plus en plus nombreux en Afrique et ailleurs, au point de gêner même les velléités d’imposer « l’Élu » manu militari.

 

 

 

Joyeux Noël !

Par Delugio :: mercredi 22 décembre 2010 à 20:30 :: Général


Pause Noël pour quelques jours...







"Un roi nègre s’accroche au pouvoir"

Par Delugio :: lundi 20 décembre 2010 à 13:11 :: Général


Un article de Sylvie Kouamé dans Le Nouveau Courrier. Extrait :

"[...] En gros, il s’agit d’un pays où un roi nègre s’accroche au pouvoir. Alors qu’il a perdu des élections transparentes et validées par une «communauté internationale» forcément honnête, vertueuse et mue par sa mission civilisatrice et «démocratisante». Non violent, porteur d’espoir, son adversaire a appelé «le peuple» à descendre pacifiquement dans la rue, mais la soldatesque aux ordres du président sortant a sévi. Depuis, les puissances occidentales essaient de faire prévaloir les valeurs universelles…

Cette belle fable ne résiste ni à la réalité ivoirienne, bien plus complexe, ni à la froide logique de la diplomatie internationale. [...]"
La suite et l'article en entier ici...

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Dimanche 19 décembre à Paris

Par Delugio :: dimanche 19 décembre 2010 à 0:37 :: Général

La République de Côte d'Ivoire demande le départ de l'Onuci et de Licorne

Par Delugio :: samedi 18 décembre 2010 à 17:26 :: Général

Des effets globalement positifs de la censure

Par Delugio :: samedi 18 décembre 2010 à 17:18 :: Général
Voilà quelques années mon premier blog hébergé sur blogs.nouvelobs.com s'est vu infliger des "coupures" à répétition à la mesure de l'intensité de tensions de la crise "ivoirienne" et de l'urgence de faire taire toute autre voix que celle de la "communauté internationale" (que l'histoire a abondement désavouée depuis lors).

Résultat de la censure me concernant, j'ai ouvert deux autres blogs ailleurs, puis d'autres : effet secondaire la censure : la démultiplication de mon audience. Mon blogging a alors cessé d'être confidentiel.

Mon nouveau blog nouvelobs.com, au temps fort de la crise actuelle, c'est-à-dire jeudi 16, s'est vu exclure du tableau d’accueil et de référencement ("trac") des blogs Nouvelobs (où il arrivait en tête).

Un jeudi sombre, qui marque "l’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf, relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République. [...] L’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf ,relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République." (Extrait d'un article sur le blog du PIAN! L’article en entier ici.)

Un jeudi noir où il fallait faire taire toute voix alternative au matraquage "international". Même les infos de la RTI disparaissaient du bouquet Orange !

Prenant la leçon des censures antécédentes, je réactive donc mes anciens blogs...

Ici : quelques "vingtaine" :

 







... Et quelques

Par Delugio :: mercredi 17 mars 2010 à 18:46 :: Général


Ici,

Suite...


      

 

 



 

 

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&

Par Delugio :: samedi 31 janvier 2009 à 17:36 :: Général
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«M. Védrine fait ses amitiés au Chef de l’Etat ivoirien»

Par Delugio :: dimanche 21 septembre 2008 à 8:14 :: Analyses & commentaires




Petite phrase au cœur d’un bref article du journal ivoirien Notre Voie : « M. Védrine dit avoir profité de sa présence en terre ivoirienne pour faire ses amitiés au Chef de l’Etat ivoirien »

Vae victis : le dicton latin, « malheur aux vaincus » résumerait-il la situation… de J. Chirac ?

Alors que les visites de personnalités françaises de la politique étrangère se multiplient — après celles des cadres du PS qui ont manifestement oublié leur précédent alignement sur l’ancien Président français — telle est la question qui se pose : vae victis ?

Il semble ne subsister de l’ancien contentieux qu’un mauvais souvenir… qui risque de porter plus de conséquences qu’on ne croit, tandis que Védrine est venu expliquer sa vision des relations économiques Europe-Afrique en des termes qui ne manqueront pas d’être entendus comme bien frappés au sceau de la Françafrique…

Cette lecture à présent plus spontanée que jamais — à l’aune du soupçon — pourrait être une part non-négligeable de l'héritage de la crise franco-ivoirienne qui a habité le cœur du second mandat de J. Chirac.


L’article de
Notre Voie — vendredi 19 septembre 2008 — http://news.abidjan.net/article/?n=304657 :

« 
Audience du Chef de l’Etat: Hubert Védrine chez Gbagbo 
»

par
Serge Armand Didi


« 
M. Hubert Védrine, l’ex- ministre français des affaires étrangères, a été reçu en audience, hier, par le président de la République, védrine-gbagbo.jpgLaurent Gbagbo, au palais présidentiel, au Plateau.
M. Védrine dit avoir profité de sa présence en terre ivoirienne pour faire ses amitiés au Chef de l’Etat ivoirien avec qui il a parlé des relations Europe-Afrique dans le cadre de la mondialisation.
Il a toutefois ajouté que les échanges ont également porté sur l’importance des relations de l’Afrique avec ses autres partenaires (Etats-Unis, Inde…) et du progrès de la bonne gouvernance sur le continent noir.
L’homme politique français a plaidé pour le changement des mentalités afin de donner de meilleures chances à un partenariat Europe-Afrique.
M. Hubert Védrine, ex- député (1978), ex- ministre des affaires étrangères (2002), séjourne en Côte d’Ivoire à l’invitation du ministre ivoirien de l’économie et des finances, M. Charles Koffi Diby.
Le ministre Diby l’a invité à prononcer une conférence dans le cadre d’un programme de renforcement des capacités managériales de son personnel. “Le regard de Hubert Védrine sur les relations Afrique – Europe”, a été le thème développé.
Notons qu’en 2007, Hubert Védrine a rédigé un rapport sur la France et la mondialisation. »





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"Demain je reviendrai"

Par Delugio :: samedi 06 septembre 2008 à 18:28 :: Général



La suite ici.





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In memoriam Harris Memel-Fotê (1930-2008)

Par Delugio :: lundi 12 mai 2008 à 23:26 :: Articles de presse




Harris Memel-Fotê né en 1930 à Mopoyem (Dabou), en Côte d’Ivoire, est décédé le 11 mai 2008.


Pleinement d'actualité, la contribution d’Harris Memel-Fotê à l’étude de l’esclavage est particulièrement précieuse. Un article sur son travail, par Marie-Josée Hourantier :

Notre Voie —
http://www.notrevoie.com/

jeudi
3 Avril 2008 —
http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=288052 :

« La célèbre femme de culture d'origine française, Marie-Josée Hourantier, ouvre à travers ce texte à la fois saisissant et d'actualité, un débat sur l'épineuse question de l'esclavage. Un texte inspiré de la thèse de l'éminent anthropologue Harris Mémel-Foté : l'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (17°-20° siècle), publié aux Editions du Cerap et Ird Editions. » :

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La "rédemption" de l'esclave

« Dans sa volumineuse thèse, Harris Memel-Foté a rigoureusement analysé l'esclavage dans les sociétés lignagères tant sur le plan économique que politique et sociologique. Il l'a étudié sous le contrôle de neuf sociétés différentes, Abè, Abidji, Abouré, Alladjan, Bété, Dida, Kweni, Neyo et Adjoukrou durant deux siècles. Ainsi nous a-t-il fourni une documentation riche et stimulante tout en alimentant une réflexion sur notre époque encore imprégnée par ce que nous considérons comme une atteinte aux droits de l'homme. Le chapitre sur lequel nous voulons nous pencher plus particulièrement est celui qui traite de la "rédemption" de l'esclave, le passage de son état de sous-homme à son rachat. Comment part-on d'une relation d'inégalité et d'instrumentalisation à un état d'homme social avec un nom, un totem, une famille ? Les esclaves totalement réifiés étaient traités comme les instruments de la reproduction des maîtres, de la société. Ils n'étaient qu'outils de production, exploités absolus, à qui échappait la majeure partie du produit de leur travail. Utilisés aussi comme offrandes en sacrifices, désignés pour une mort rituelle, ils exaltaient la richesse des maîtres et aidaient au rétablissement de l'harmonie sociale perturbée. Déjà l'exigence d'une abolition définitive de l'esclavage avait été invoquée par la France pour légitimer la conquête coloniale. Mais sur le terrain, on rencontrait bien des difficultés quand les mesures brutales d'abolition risquaient de perturber gravement l'économie locale qui utilisait la main-d’œuvre servile. Avec le principe de "rédemption", même s'il fut limité en extension et parfois en durée, on n'en retenait pas moins un effort d'humanisme et une première rupture, si minime soit-elle: Aucune condition sociale n'étant définitivement arrêtée, certains esclaves grâce à certaines circonstances ont donc obtenu un statut social supérieur, une "promotion", une sorte de "rachat". Dans la masse des déchus, ils ont pu accéder au statut "des gens du commun", grâce à leur mérite, à une part de chance, et surtout pour les besoins de la société.

Les valeurs sociales pour une "rédemption"

Ces rédemptions ont reposé sur la plupart des valeurs qui expriment les fonctions essentielles de la vie en société : La première valeur est le savoir, savoir du devin ou du prêtre, savoir du thérapeute, connaissances traditionnelles telles que le seke (connaissance de la force vitale). La deuxième valeur est le courage, vigueur physique et bravoure chez les agriculteurs - chasseurs. Cet idéal avait une fonction économique et sociale, stratégique et politique. La troisième valeur est la beauté qui résume les précédentes et dont l'exemple le plus connu est le bagnon bété, beauté physique et morale de l'homme. Du bel homme, la société exigeait qu'il soit aussi homme de bien, généreux et solidaire, un artiste au sens parfait du terme. Pour qu'il réalise ce modèle, le bagnon recevait une éducation touchant à son alimentation, aux soins du corps, aux coutumes et à l'art.

L'idéal esthétique impliquait une conception globale de l'être humain, une quête d'équilibre et de perfection dans l'individu et la société. La beauté pouvait apporter à l'esclave l'épanouissement qui l'exposait moins au risque d'être exclu ou vendu. Pour la société, la beauté était une force de rayonnement, d'attraction et de renforcement. C'est la synthèse des arts et le spectacle de la beauté pure, loin d'être banalisé s'inscrivait dans le registre de l'exceptionnel, de la fête libératrice. Dans ces moments de contemplation, de communion, le peuple était dans une joie esthético-religieuse de l'affirmation de soi à travers l'identification à ce mythe solaire de l'apollon incarné. La société avait compris qu'il était bon de cohabiter avec le bagnon pour obtenir la grâce d'une joie esthétique perpétuelle.

Enfin la quatrième valeur est le talent, que la société a retenu dans deux domaines stratégiques, l'art et le commerce. Cette valeur met l'accent sur l'excellence technique, effet conjugué d'une prédisposition naturelle et d'une disposition culturelle. Mise au service de l'art, elle manifeste la fonction centrale de ce dernier dans la vie de la communauté. L'art est consubstantiel, est l'unité et l'identité de substance avec tous les actes créateurs, cultuels, ludiques etc. Les échanges d'artistes et d’œuvres d'art entre villages, les échanges de savoir et de produits alimentaires, sont indispensables à la survie de la société, à l'ouverture, symbole de richesse.

Le processus de "rédemption"

Ce processus de rédemption est caractérisé par deux modalités essentielles : la promotion au rang d'"homme du commun" et l'accession au rang de chef, compte tenu que les esclaves rédimés restent minoritaires. Si l'esclave se fait ainsi remarquer par son mérite, une connaissance médicale ou s'il est beau, il prend un nom et reçoit une épouse. Il est donc sauvé de la mort, de l'exclusion et de la servitude. Ses vertus l'ont transformé et lui ont permis l'accession à une nouvelle vie. La promotion au rang de chef est plus rare. Par un acte souverain du maître, l'esclave peut bénéficier de cette dévolution. Quand le lignage était menacé de dissolution physique, on pouvait recourir à la reproduction des esclaves, de même en l'absence de direction ou de représentation officielle. Tout cela sans que ce fut une révolution. Ainsi malgré leur exemplarité, ces rédemptions ont été néanmoins marqués par deux limites : les fondements que nous avons évoqués restent exclusifs et partiaux. Ils ont exclu la valeur économique proprement dite, la richesse, la valeur politique et la sagesse.

Pourquoi la richesse ? Parce que les biens de l'esclave appartenaient au lignage possesseur. Ensuite elle conduisait au pouvoir politique, richesse et pouvoir s'entretenant mutuellement tandis que la domination politique était le rempart des hommes libres. La sagesse, gouvernant l'activité politique, impliquait la connaissance de l'histoire et de la culture du peuple, l'esprit de justice pour rétablir la vérité et le droit quand ils sont violés, l'esprit de concorde pour restaurer la paix, l'autorité morale de l'homme cultivé, juste et pacifique, qui peut être écouté et obéi. En déniant cette qualité aux esclaves, les maîtres consolidaient sur le plan idéologique la hiérarchie sociale et la fonction de moyens de la production dévolue aux esclaves. Les rédemptions portaient ainsi la marque de la précarité, de la réversibilité : certains esclaves promus pouvaient connaître la rétrogradation et la vanité d'une élévation dont seuls les petits-fils devaient jouir avec une relative sérénité.

Certes l'esclavitude a toujours servi les intérêts de la société, d'une société fondée sur la hiérarchie de ses membres, chacun occupant la fonction de sa caste. L'esclave avait sa place dans un système cohérent qui privilégiait l'efficacité, la stabilité selon les lois traditionnelles. Le maître gardait un pouvoir qu'il devait exercer sur l'autre, exhibait ses richesses en hommes et en productions, la tradition perpétuait ses cultes, rites sacrificiels, rites funéraires, rites de boucs émissaires. Et la vie se déroulait à l'ombre tutélaire des Ancêtres. Combien est source d'interrogations, de commentaires, cette immense recherche qui interpelle notre conscience troublée, à l'heure des devoirs de mémoire. Un débat s'impose, une prise de conscience de notre actualité, encore esclave de ce passé, s'annoncerait ! »






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Aimé Césaire, Poème pour l’aube

Par Delugio :: jeudi 17 avril 2008 à 14:57 :: Général

 



 

 


les fougues de chair vive

aux étés éployés de l'écorce cérébrale ont flagellé les contours de la terre

les ramphorinques dans le sarcasme de leur queue prennent le vent

le vent qui n'a plus d'épée

le vent qui n'est plus qu'une gaule à cueillir
les fruits de toutes les saisons du ciel

mains ouvertes

mains vertes

pour les fêtes belles des fonctions anhydrides

il neigera d'adorables crépuscules sur les mains coupées
des mémoires respirantes et voici

sur les rhagades de nos lèvres d'Orénoque désespéré

l'heureuse tendresse des îles bercées par la poitrine
adolescente des sources de la mer

et dans l'air et le pain toujours renaissant des efforts
musculaires

l'aube irrésistible ouverte sous la feuille

telle clarteux l'élan épineux des belladones



Aimé Césaire
« Poème pour l’aube »,
extrait de Les armes miraculeuses






Et ici :
Discours sur le colonialisme






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Martin Luther King (15 janvier 1929 - 4 avril 1968)

Par Delugio :: vendredi 04 avril 2008 à 18:36 :: Articles de presse




D’après http://www.nobel-paix.ch/bio/king.htm
 mlk
Fils et petit-fils de pasteur Martin Luther King (MLK) est devenu un des plus grands défenseurs des droits de l'homme et de la paix de ce siècle. Élevé dans une société régie par la ségrégation (sud des États-Unis), il va très vite lutter en faveur de l'intégration des noirs dans la société américaine. Son action commence en 1955, lors de l'affaire du boycott des transports publics de Montgomery et se poursuit dans la revendication des «Civil Rights» (droits civiques).

1er décembre 1955
Rosa Parks est à l'origine du mouvement qui a mené les noirs de Montgomery, capitale de l'Alabama, à boycotter les transports publics. C'est parce qu'elle refuse d'accéder à la demande du chauffeur du bus de céder sa place à un blanc que Rosa Parks est arrêtée par la police locale. Cette arrestation fait scandale car les noirs en avaient assez de cette ségrégation dans les transports publics. Assez rapidement M.L. King a l'idée de boycotter les transports publics de la ville afin de les forcer à supprimer la ségrégation. Les noirs représentent environ 75% de la clientèle régulière, la compagnie risque de perdre beaucoup d'argent. Ce boycott est un succès immédiat, mais il va durer longtemps.  Les noirs tiennent bon, refusent de prendre les transports publics, mettent sur pied un système de voiturage, se débrouillent entre eux pour aller au travail quotidiennement. Finalement, le 13 novembre 1956, soit un an plus tard, la Cour Suprême des États-Unis déclare illégale la ségrégation dans les transports publics d'Alabama.

Quelques années plus tard, en été 1961, un mouvement de jeunes décidés à supprimer la ségrégation dans les bus qui font la liaison entre les États va se mettre sur pied. Ce mouvement de protestation prendra le nom de "Freedom Ride" (voyage de la liberté). Après quelques jours de pratique un bus transportant des "freedom riders" arrive en Alabama. Il est reçu par un comité d'accueil composé de membres du Ku Klux Klan (KKK). Les jeunes sont sortis de force du car, sont tabassés et le car est incendié!


Arrêté, injurié, menacé de mort, sa maison dynamitée, Martin Luther King ne cesse de prôner le recours à la non-violence : Rassemblements, marches (comme celle de Washington - plus de 250'000 marcheurs de la paix -), sit-in, manifestations et désobéissance civile. Il se bat également pour l'obtention des «Social Rights» (droits sociaux), car les Noirs se trouvent trop souvent dans la misère.
En 1964, il est le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la paix a être récompensé : il n'a que 36 ans. Cette récompense traduit bien l'importance de l'engagement de cet homme charismatique en faveur des droits de l'homme et de la paix.
En 1968, à Memphis (Tennessee), M.L. King est assassiné, alors qu'il vient soutenir une grève des éboueurs de la ville. L'enquête est menée de façon hâtive, son assassin est rapidement arrêté, jugé et condamné à la prison à perpétuité (en 1996, alors qu'il est atteint d'une maladie incurable, il affirme qu'il faisait partie d'une conspiration…!).





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«Réchauffement des relations ivoiro-françaises - Les dessous de la visite de Jack Lang à Abidjan»

Par Delugio :: mercredi 02 avril 2008 à 10:42 :: Articles de presse




titre Le Temps (http://news.abidjan.net/article/?n=287667) pour présenter l’article de


San Finna - http://www.sanfinna.com/Index.htm - N°457 du 31 Mars au 06 Avril 2008 :

«
VISITE IVOIRIENNE DE JACK LANG

UN PRECHE POUR LA REPARATION»


par VT :

« Même si Nicolas Sarkozy n’aime pas la repentance, encore que sur la question son appréciation soit à géométrie variable, pour ce que la Côte d’Ivoire et la France ont partagé et partagent encore en commun en termes de liens politique, économique, culturel, de sang, il est sage de revisiter le passé récent de leurs relations pour réparer ce que l’esprit malin et les incompréhensions ont pu causer comme torts. C’est ce que Jack Lang pour sa part s’est engagé à réaliser pour le compte des Socialistes en effectuant une visite en Côte d’Ivoire qui ne manquera pas d’avoir de la résonance en raison du principe même de l’initiative et des mots forts qu’il y a prononcés. Exemples. Quand on lui a demandé ce qu’il pensait des grands travaux entrepris par le président ivoirien, pendant que son pays est en crise, son propos a été d’une telle élévation qu’il est à inscrire dans le marbre de l’histoire : « Prenons l’exemple de ce que nous avons fait au Louvre à Paris. On a fait un investissement énorme, énorme. A l’époque, on a été très attaque. A cette époque, il y avait une crise aussi : elle n’était pas militaire mais financière. Je me souviens de cette belle parole de Mauroy : ‘Protégez les budgets de la culture, de l’éducation et de la recherche. Quand il y a crise, il faut laisser allumées quelques lumières. Yamoussoukro, c’est la lumière du futur »…

« On attend d’un chef d’Etat qu’il prépare le fut, qu’il ne soit pas seulement le gestionnaire du court terme… Il faut donner à un pays ou à une nation des horizons plus lointains pour se projeter vers le futur. Quand une nation a un futur, elle est plus créative, plus productive, plus inventive. Avec le Président Gbagbo, je me sens en harmonie, en connivence, en synchronie, en résonance. J’aime les gens comme lui qui sont à la fois patriotes et qui ont le sens de l’Etat ». On croit rêver quand on pense aux crucifixions quotidiennes dont le président ivoirien était l’objet dans les capitales du monde et via les médias les plus prestigieux, quand on pense qu’il fut un temps de braise où l’on courrait le risque sinon d’être dénoncé au grand Inquisiteur en tout cas d’être couvert de l’anathème d’apatride lorsqu’on osait parler en ces termes de Laurent Gbagbo.

A une autre question sur le soutien franc dont le président n’a pas eu droit de la part des Socialistes français aux temps durs où il en avait le plus besoin, Jack Lang a également choisi par la puissance de ses mots, de réparer les torts causés : « Oui c’est vrai… ce que vous dites, à l’exception de quelques-uns : Emmanuelli, Josselin Premièrement, je pense qu’en France même, il y a eu une énorme manipulation, organisée par certains médias et le gouvernement sans doute. Et quelques autres. Quoique de bonne foi, mais ça n’excuse rien, les socialistes ont été victimes ou complices de cette manipulation. Il y a également une grande part de méconnaissance et d’ignorance. Certains socialistes ont manqué de retenue et de capacité d’autonomie par rapport à la manipulation médiatique. Je suis donc venu ici avec mon ami Jean-Marie Leguen pour rétablir le pont entre les socialistes français, le Président Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire. C’est le sens de notre mission. On le fera avec conviction et doigté car le Président Gbagbo est un vrai homme de gauche qui a le sens de la solidarité. Il a été confronté à des situations difficiles sur lesquelles nous allons demander une commission d’enquête ».

Si Jack Lang a fait ce déplacement historique en compagnie de Jean-Marie Leguen en Côte d’Ivoire pour renouer les ponts entre Laurent Gbagbo et les Socialistes, il faut l’en féliciter. C’est juste et courageux, c’est réparateur et ça devrait donner l’idée à Nicolas Sarkozy qui, au service de la France, rendrait un fier service à son pays, en acceptant à son tour de rendre justice à la Côte d’Ivoire pour ce qu’elle a subi et qu’elle n’aurait pas dû subir. La repentance, ce n’est pas forcément une humiliation. Manifestation d’humilité, de courage et d’honnêteté par excellence, elle est comme le pardon, au nombre de ces actes qui grandissent le plus l’être humain ! »





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Hommage au Pr Harris Memel-Fotê

Par Delugio :: samedi 26 janvier 2008 à 23:41 :: Articles de presse

 

 

 

Lu dans Le Temps — samedi 26 janvier 2008 — http://news.abidjan.net/h/279696.html

« Hommage / Laurent Gbagbo à propos de Harris Memel : "C’est le Mozart africain" »


par
CG :


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« Des personnalités politiques, universitaires et culturelles ont rendu hier, à l`Hôtel Ivoire un vibrant hommage au professeur Harris Memel Fotê. Harris Memel Fotê ou la légende vivante. L`indéracinable docte magister a été célébré hier par le Président Laurent Gbagbo, des Professeurs d`université, des écrivains, présidents d`institutions , des journalistes et une forte représentation du Leboutou. " Mon fils est trop faible, il ne peut grimper à un palmier comme le font aisément les autres enfants, raison pour laquelle je l`ai mis à l`école, quand il sera instruit, il deviendra une multitude ". Ainsi prophétisait, le père du professeur Harris Memel Fotê. La prophétie devenue réelle. L`enfant du Mopoyem (Dabou) considéré, hier, par son père comme, un adolescent fébrile, est devenu une icône du savoir, une montagne intellectuelle dont l`exploration attire et continuera d`attirer les nombreux touristes de l`intelligentsia mondiale. Cette icône a reçu tous les honneurs dignes à de son rang de la nation entière, représentée par le premier magistrat du pays, le Président Laurent Gbagbo. "Il y a des diplômés et des intellectuels, Memel H. Fotê n`est pas un diplômé, mais un intellectuel ", a-t-il martelé. En effet, pour le Président de la République, le Professeur M. F mérite l`appellation d`intellectuel parce qu`il n`a jamais milité pour un coup d`Etat, jamais il n`a été aux côtés de ceux qui travaillent dans l`ombre pour accéder à la magistrature suprême, intellectuel parce que pur, jamais il n`a été mêlé à une magouille d`argent, en un mot incorruptible. Partagé entre ceux qu`on frappait à l`époque et ceux qui frappaient, il s`est mis du côté de ceux qu`on frappait, parce que militant de la justice et de la démocratie. " Les pensées de Memel seront connues, et continueront d`alimenter nos programmes universitaires ", car pour le président, Memel est semblable à Mozart qui a achevé dans le silence toutes ses œuvres, avant que celles-ci ne parcourent le monde entier. Mais qui est Memel Fotê ? Cet homme devenu "encyclopédie", naît à Mopoyem (Dabou), en 1930, après un cycle primaire émaillé de succès et un cycle supérieur, couronné par le Doctorat d`Etat ès -Lettres obtenu en 1988. Professeur de philosophie, assistant d`Anthropologie, maître-assistant, maître de conférence, professeur émérite de l`université d`Abidjan, associé au collège de France dans la chaire internationale et depuis 2003 président de l`académie des sciences, des cultures, des arts et des diasporas africaines (ASCAD). Par ailleurs, il a écrit plusieurs ouvrages dont les titres à eux seuls recensés remplissent plus de sept pages. Memel Fotê, un vrai monument, un océan de connaissances dont les eaux alimenteront indéfiniment nos temples de savoir et de connaissance. Rappelons que des universitaires européens et africains ont fait le déplacement pour venir rendre hommage à un Baobab de la trempe de Harris Mémel Fotê. Il s’agit du professeur Pierre Pellegrin et Madame, le professeur Samba Diarra ».




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La gauche française, sa défaite aux élections et la crise franco-ivoirienne

Par Delugio :: jeudi 10 janvier 2008 à 11:59 :: Analyses & commentaires




Question : la gauche française a-t-elle un avenir autrement qu’en étant à gauche ?… Et qu’est-ce qu’être de gauche ? That’s the question, me semble-t-il. Si la question n’est pas posée, ou si la réponse tacite n’est que dans une alternative entre un pragmatisme et une bien-pensance qui se moque du concret, la gauche est de toute façon en mauvaise posture !

Pour apporter une contribution (qui vaut ce qu’elle vaut) au débat, je propose comme pivot incontournable de ce qu’est être de gauche — et je vais essayer d’argumenter — les grandes déclarations de droit issues des révolutions modernes, ce que je résumerai par l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme (DH) et du citoyen : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».

Voilà qui peut sembler un peu bateau ! pour ne pas dire tautologique… sans compter que j’entend déjà nombre de ceux qui se veulent de droite clamer leur revendication de cette affirmation. Je précise donc que je ne dis pas qu’être de droite implique ne pas se reconnaître dans cette égalité en droit et en liberté de tous les hommes. Je dis simplement qu’on ne peut pas être de gauche si on lâche ce pivot de l’héritage révolutionnaire.

On sait que la gauche, historiquement, est le camp de ceux qui se posent du côté de l’acquis révolutionnaire constitutionnel (éventuellement contre le pouvoir royal) face à ceux qui, à droite, se rangent du côté du pouvoir royal (éventuellement contre l’acquis constitutionnel). C’est ainsi que par la suite la droite sera considérée comme se positionnant en réaction à l’acquis révolutionnaire. Cela selon le vocabulaire hégéliano-marxiste : la droite est le mouvement réactionnaire, le mouvement global en réaction contre le progrès de l’histoire, selon ladite classification hégéliano-marxiste qui se nomme ainsi elle-même progressiste.

On pourrait discuter ce vocabulaire et ses sous-entendus téléologiques. Il reste de cette classification philosophique qu’effectivement, pour longtemps, le camp qui s’oppose au mouvement révolutionnaire n’offre pas d’autre revendication que sa propre réaction. Il est connu que la droite ne se donne pas d’événement fondateur. Elle se veut retour à un passé que les événements fondateurs de la gauche, c’est-à-dire les étapes franchies dans l’extension de l’acquis donné dans la Déclaration révolutionnaire, ont fait perdre.

Dire cela n’empêche certes pas de discuter la légitimité des motifs des réactions simultanées ou successives qui font la droite comme réaction — depuis la réaction contre le désordre induit par la désacralisation de l’autorité royale, jusqu’à la réaction cléricale, en passant par la réaction contre la Terreur, puis plus tard dans l’histoire contre la terreur communiste et le totalitarisme — où paradoxalement la droite se fait porteuse des idées de liberté qu’elle a historiquement combattues.

C’est dans cet ordre d’idées que Sarkozy, au cœur d’une campagne électorale très à droite, a pu sans problème se référer à des figures de gauche comme Jaurès ou Guy Môquet au lendemain de son élection — ici pour cimenter ses propos très marqués à droite, sur l’identité nationale.

Dans tous les cas, la droite se pose comme réagissant à des travers (effectifs ou pas) induits par l’idée fondatrice de la gauche symbolisée dans l’article 1 de la DH : une constitution face au pouvoir absolu. C’est ainsi que la gauche française s’enracine dans la révolution protestante anglaise de 1649 et dans son extension dans la révolution américaine (ce que les révolutionnaires français revendiquaient) — une loi commune et qui vaut pour tous les hommes face à un pouvoir arbitraire. Les grands acquis ultérieurs reposent sur l’exploration, l’extension du contenu de cet article 1 : depuis l’abolition de l’esclavage (que les constituants de 1789 n’avaient pas pris en compte !) jusqu’au droit de vote des femmes (advenu en 1945 en France !).

Quelques moments du XXe siècle sont significatifs, en France, moments qui ont tous ce même rapport avec une prise au sérieux de cet article 1 par la gauche : l’affaire Dreyfus, le refus de Vichy et de ses lois biologiques, la décolonisation, contre une France qui n’a jamais octroyé les droits des citoyens aux « indigènes » (je reviendrai sur ce point). On reconnaît là trois des quatre références de gauche de Bernard Henry-Lévy. Je ne reconnais pas sa quatrième référence, à savoir mai 68, qui n’est à mon sens qu’en partie de gauche : l’aspect de gauche de mai 68 est essentiellement un prolongement de la lutte contre la colonisation (que l’on retrouve dans l’opposition à la guerre du Viet-Nam). Pour le reste qualifier mai 68 de mouvement de gauche est plus que douteux : s’origine dans le mouvement un consumérisme qui débouche dans le sarkozysme via les années Tapie. Les observateurs ne sont pas rares à avoir remarqué que Sarkozy est un pur produit de 68. Il a eu beau jeu d’en faire un repoussoir pour une autre génération de réactionnaires (les « vieux ») quand la gauche a la manie de se réclamer de ce consumérisme censé être libérateur et qui n’est que la pointe avancée d’une autre réaction, celle des grands groupes qui y appuient leurs quasi-monopoles.


*


Ayant dit cela, il ne faut pas ignorer que les zones-frontières entre la gauche et la droite ne sont pas étanches, loin s’en faut ! Il y a même un fréquent, pour ne pas dire quasi constant, phénomène d’imprégnation réciproque. Pour être très fréquent, le phénomène connaît des périodes, comme la nôtre, où cette imprégnation devient très forte.

Dans ces temps-là, des temps comme le nôtre, cette imprégnation est déterminante lorsqu’il s’agit de gagner ou de perdre des élections. Est déterminant en l’occurrence le sens dans lequel s’effectue cette imprégnation : si la droite imprègne l’opinion et la gauche, la gauche finit par perdre, si les valeurs de gauche dominent dans l’opinion, la droite est emportée.

Il me semble évident que nous sommes en phase d’imprégnation intensive de la gauche par des caractéristiques héritées de la droite. Or la gauche officielle n’oppose aucune, ou quasiment aucune résistance perceptible à ces caractéristiques.

Un cas historique exemplaire d’imprégnation de la gauche par la droite : le jules-ferrysme colonial. « Il est du devoir des races supérieures de porter leurs lumières aux races inférieures » dixit Ferry. Idée de gauche : des valeurs universelles — portées par une imprégnation de la réaction contre ces mêmes valeurs : la hiérarchie des races : résultat : un mélange explosif, une impasse pour l’universalisme des DH et une gauche fourvoyée dans des combats perdus qui déboucheront sur un fait historique : c’est un homme de droite, De Gaulle, qui décolonisera.


*


La droite comme alliance hétéroclite des réactions : si la gauche tient sur un pivot essentiel, ce qui n’exclut pas sa diversité, la droite est essentiellement protéiforme. Elle peut unir la réaction monarchique (à l’origine), la réaction cléricale, et donc catholique (tandis que le catholicisme pourrait être non monarchiste). Il faudra attendre la 2e moitié du XXe siècle pour que le catholicisme dépasse en partie son fonctionnement réactionnaire, son fonctionnement en réaction, et en vienne à ne plus mettre en question les Droits de l’Homme ! Où une gauche conséquente se doit d’être aussi imperturbable face à la réaction islamiste qu’elle le fut face à la réaction catholique.

La droite peut unir à ces réactions la réaction « biologiste », raciste, en principe inacceptable en catholicisme (comme en tout christianisme en général) : où l’on retrouve nazisme et pétainisme. Cette forme de la réaction a été abattue en théorie en 1945 avec la défaite du nazisme, mais continue à faire des ravages, notamment sous la forme du racisme anti-« noirs » : l’apartheid durera jusqu’à la fin du XXe siècle en Afrique du Sud, mais en outre, le scandale de l’antisémitisme a été mieux perçu depuis 1945 (et pour cause) que les autres formes de racisme (notamment, pour la France, le racisme anti-« noirs » et le racisme anti-Arabes).

C’est ainsi que le racisme fait régulièrement retour sous des formes plus ou moins subtiles. Dernière mouture : le concept d’origine lepeniste de « racisme anti-"blancs" », qui a fini par séduire jusqu’à des personnalités de gauche ! Pourtant le concept est intenable si l’on y regarde de près. Il repose sur une confusion, probablement intentionnelle, entre un rejet communément partagé du dissemblable et une idéologie structurée et développée dans l’histoire, le racisme selon le terme explicitement revendiqué avant 1945, idéologie invariablement européenne (on n’a pas vu l’idéologie raciste placer au sommet de la hiérarchie des « races » quiconque d’autre que le mâle « blanc » !).

Le rejet du dissemblable, qui produit toutes sortes de xénophobies, est commun, peut être basé sur la religion, la couleur de peau, ou que sais-je ; il affecte évidemment indifféremment les
« blancs », les
« noirs », ou d'autres, mais ne peut fonder une inversion de la réalité historique des idéologies racistes !

Mais quand la gauche elle-même cède à ce genre de sophismes, il ne reste plus à la droite
qu’à
s’ouvrir à l’extrême droite (« pour la faire rentrer dans la norme républicaine ») et elle a déjà gagné à ce point. C’est essentiellement ce qui s’est produit et qui fait se demander à juste titre : quelle différence avec l’extrême-droite ? La droite au pouvoir laisse transpirer son « ouverture » à l’extrême-droite, du discours de Dakar au symbole de l’ADN.

Deuxième composante : la réaction cléricale, donc, infiniment moins nocive, ne nous leurrons pas, puisqu’elle porte en elle, jusqu’au cœur de son dogme, l’anti-biologisme, mais qui est prête à entrer parfois dans l’alliance en réaction, contre un ennemi commun, comme Pie XII contre le communisme.

Une troisième composante est le consumérisme / audimat / people / monopoles sur la presse, qui laisse la main aux groupes boursiers sous prétexte de refus des méfaits des économies planifiées.

On a reconnu là trois composantes du sarkozysme.

On aussi là trois lieux d’imprégnation de la gauche via la discours de l’ « antirepentance », qui n’a jamais été questionné de front !

Il faut reconnaître que la gauche porte un lourd passé d’imprégnation qui a été très peu dévoilé et qui correspond à la profondeur des ralliements de la gauche et de personnalités de gauche au pouvoir actuel.

Un signe remarquable est le lâchage de la révolution ivoirienne par la gauche au moment précis où l’armée française venait de tirer, à Abidjan, sur des manifestants désarmés.


*


De quoi est-il question dans la révolution ivoirienne (actuellement dans une phase en temps mort — voire en risque de décomposition) ? Il est question de la reprise exacte du conflit révolutionnaire français. Une constitution (votée à l’appel de tous les partis et à une majorité écrasante avec un taux exceptionnellement fort de participation) contre un décret imposé depuis Marcoussis-Kléber.

Le lieu d’expression du droit et de la constitution est, comme pour la révolution française, la nation. Ce qu’en France on va transformer en xénophobie… À l’heure où en France on fricotait avec de moins en moins de vergogne avec l’extrême-droite, on a justifié cette tentative de coup d’État constitutionnel contre une ancienne colonie en l’accusant de xénophobie ! Où le vocabulaire remplace le contenu, et où le sophisme du concept de « racisme anti-"blancs" » trouve un usage militaire !

Les responsables socialistes français ne s’y sont pas trompés qui, alors, persistent à soutenir leurs camarades ivoiriens, malgré les pressions de la presse française (et malgré les passages en boucles de reportages sur les « escadrons de la mort » — à propos desquels la presse française perdra devant la justice française tous les procès en diffamation que lui a intentés le couple Gbagbo).

Les socialistes français ne se leurrent pourtant pas et soutiennent leurs camarades ivoiriens, tous sauf un… Éric Besson (alors inconnu), qui demande qu’on les lâche. Le PS tient bon, jusqu’en 2004, où le lâchage intervient, par la voix de Hollande, au moment où la Côte d’Ivoire est en train de remporter la victoire qui scelle sa révolution comme étape de la deuxième phase, économique, de la décolonisation. Le choix du PS revient à une sorte d’anti-dreyfusisme : la raison d’État (avec tirs sur la foule) contre la lutte pour la souveraineté de la constitution !

Le PS va jusqu’à produire par la voix de quelques-uns des siens — porte-parole Montebourg — une demande d’excommunication (publiée par le Nouvel Obs) du FPI socialiste de l’Internationale Socialiste, après une « enquête » où ils sont allés trouver en Côte d’Ivoire ce qu’ils cherchaient pour appuyer leur lâchage.

Soyons juste : tous n’ont pas cédé. Mélenchon, Emmanuelli, Labertit (auxquels il faudrait ajouter, parmi d’autres, le Suisse Jean Ziegler) refusent de se laisser emporter par la propagande dont on nous inonde et continuent de soutenir leurs camarades ivoiriens.

Il n’empêche que ces jours-là, le PS a raté un moment historique. Il n’est pas jusqu’aux porte-paroles de la Françafrique Stephen Smith et Antoine Glaser pour reconnaître que « la France a perdu l’Afrique en novembre 2004 à Abidjan ». Et pourtant, le PS aurait pu…

C’est là hélas, un signe tragique d’un ralliement du PS à la logique du troisième pôle mentionné ci-dessus comme composante de la réaction actuellement au pouvoir : le pôle consumériste / médiatique / audimat / people.

Quand le PS est si profondément rallié (peu de résistance au « biologisme », soumission au pouvoir économique monopolistique), comment ne rallierait-il pas carrément le pouvoir, à commencer, symbole éloquent, par Éric Besson ?

Voilà qui laisse à penser que la gauche française ne pourra pas faire l’économie d’une sérieuse réflexion !





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Trois ans après...

Par Delugio :: jeudi 08 novembre 2007 à 15:06 :: Articles de presse




Événements de novembre 2004 : La Commission d’enquête judiciaire veut passer à la vitesse supérieure

Fraternité Matin — mardi 6 novembre 2007 — http://news.abidjan.net/h/270969.html

par Landry Kohon :

"Les procédures judiciaires initiées en Côte d’Ivoire dans l’affaire du bombardement du camp militaire français de Bouaké qui a engendré les évènements du 24 novembre 2004 vont bientôt connaître un coup d’accélérateur. Les membres de la commission d’enquête judiciaire constitués relativement à cette affaire, l’ont fait savoir hier matin aux journalistes de la presse nationale ainsi conviés à une conférence de presse au tribunal militaire. Dans le but de lever les entraves à cette enquête, les conférenciers que sont le commissaire du gouvernement, le capitaine de frégate Ange Kessi Kouamé Bernard, le procureur de la République, près le tribunal de 1ère Instance d’Abidjan, M. Tchimou Féhou Raymond, et le juge du 2ème cabinet d’instruction, Cissé Losséni Dessanifo, entendent se rendre très prochainement en France.
Selon le commissaire du gouvernement, principal orateur, il était nécessaire, à moins de trois semaines du 3ème anniversaire de la tuerie de patriotes par la Licorne en face de l’hôtel Ivoire, de situer la population sur l’état d’avancement des procédures. Celles-ci, fait-il savoir, connaissent depuis leur déclenchement, un blocage avec les autorités françaises qui se refusent à toute collaboration avec la justice ivoirienne. De fait, toutes les commissions rogatoires lancées par les enquêteurs ivoiriens n’auraient jamais eu en France, un début d’exécution. Ce qui inversement n’est pas le cas, lorsque les magistrats français saisissent leurs homologues ivoiriens. Ange Kessi en veut pour preuve l’affaire Mahé Firmin, de nationalité ivoirienne, tué à Man par un soldat français. Lorsque, pour cette affaire, le magistrat français en charge du dossier est arrivé en Côte d’Ivoire dans le cadre d’une commission rogatoire, ce dernier a été autorisé à se rendre à Man avec l’assistance de la justice ivoirienne pour exhumer le corps de la victime. Idem pour l’affaire Guy André Kieffer, journaliste franco-canadien, disparu mystérieusement. Revenant aux évènements de novembre 2004, le procureur militaire Ange Kessi indique que le juge ivoirien, saisi de la plainte des victimes de la Licorne, cherche à situer les responsabilités individuelles parmi les militaires français présents le jour des faits à l’Ivoire et ceux de leurs responsables qui leur ont donné l’ordre de tirer sur les manifestants aux mains nues. Le conférencier précise à ce propos que, les rapports d’autopsie des patriotes tués sont disponibles. Or, s’agissant du bombardement du camp militaire français de Bouaké, le parquet militaire, qui entend obtenir les rapports d’autopsie des neuf militaires français qui auraient été tués par ces bombardements, fait face au refus stratégique de la France. On refuse d’exhumer les corps des Français. “Nous estimons que c’est à nous de faire diligence dans la mesure où ce sont les victimes ivoiriennes qui crient à la justice et attendent de se faire dédommager”, clame-t-il. Dans les échanges avec les journalistes, le procureur Tchimou Raymond s’est dit optimiste quant à l’ouverture des nouvelles autorités françaises qui viennent de déclasser certains dossiers frappés du sceau de “secret défense”. Et le procureur de préciser: “Nous irons voir en France si les dossiers déclassés concernent nos procédures.” Le procureur Tchimou indique par ailleurs qu’au cas où le blocage persistait, il est loisible au magistrat ivoirien de lancer un mandat d’arrêt international. Et si l’exécution de ce mandat pose problème, celui-ci peut donner lieu à une transmission devant la cour de jugement, étant entendu que le mandat d’arrêt vaut l’inculpation."


*



"
On a étouffé un massacre. Et quand je dis “on”, je veux parler des journaux de gauche, comme Libération, qui a repris la version officielle de l’armée française. Le Monde aussi."

Par Paul Moreira et Stéphane Haumant — http://wwwleblogdedgaryapo.blogspot.com/2007/11/6-7-8-9-novembre-2004-nuits-de-cristal.html :

« Le 4 Novembre 2004, sur ordre du président Laurent Gbagbo, l’armée ivoirienne entame l’opération César - qui sera connue par la suite sous le nom d’opération Dignité. L’objectif est, sinon la reprise totale de la zone nord, du moins une mise sous pression militaire pour ramener les rebelles à la table des négociations.

Dès que Stéphane Haumant apprend que les attaques ont commencé, il décide de repartir à Abidjan. Mais cette fois-ci, il ne s’agira plus d’un repérage: il part avec toute son équipe (composée de trois personnes: lui-même, Jérôme Pin et Laurent Cassoulet) pour tourner son sujet sur les conditions de vie des Français de Côte d’Ivoire. Du moins le croit-il.
Dès le 5 novembre, leur avion atterrit à l’aéroport d’Abidjan - qui n’est pas encore fermé ce jour-là. Le 6, c’est le fameux bombardement du camp militaire français de Bouaké dans des conditions encore mystérieuses aujourd’hui. [Les autorités françaises s’étant opposées à toute enquête sur la façon dont ont été tués les neufs soldats français, le «bombardement» reste, à ce jour, présumé.]
La réponse du pouvoir politique français sera déterminante [«réponse», donc, à on ne sait toujours pas quoi !] : sur ordre de Jacques Chirac, l’aviation ivoirienne est détruite par les forces françaises. Quelques heures plus tard, lorsque Charles Blé Goudé va à la RTI pour appeler les Ivoiriens à descendre sur le BIMA pour protester, Stéphane et son équipe sont à l’hôtel. Ils n’en sortiront plus ce soir-là: ils sont au cœur du scoop.


STEPHANE HAUMANT (CANAL +) PARLE:

Le 6, en milieu de journée, l’aéroport est fermé et on se retrouve un peu par hasard à notre hôtel, le Novotel du Plateau. Et on commence à tourner notre film avec les premières informations: Blé Goudé qui appelle les Patriotes à descendre dans la rue, et puis l’enchaînement…
On filmait les Jeunes Patriotes qui affluaient vers les ponts de notre chambre d’hôtel. On avait choisi le Novotel parce que je savais que c’était un bon point d’observation puisque j’étais là cinq ans auparavant et qu’il s’était passé exactement la même chose (en octobre 2000).
Sauf que cette fois, Blé Goudé a appelé les Patriotes à marcher sur le BIMA. Ils affluent donc en début de soirée sur les ponts pour atteindre le BIMA. Et puis vers 22h, ça commence à exploser dans le ciel, donc on ne comprend pas du tout ce qui se passe.
On file sur le toit de l’hôtel et peu à peu, on comprend qu’il y a des rotations d’hélicoptères qu’on devine français qui tirent sur les ponts pour empêcher les manifestants de passer. Puisque c’est un flot de quelques dizaines de milliers de personnes au moins, si ce n’est peut-être de centaines de milliers; c’est difficile à évaluer, mais c’est beaucoup beaucoup de monde.”

Message de Blé Goudé à la télévision

“Evidemment, quand Blé Goudé passe à la télévision, il ne dit pas: “nous avons bombardé Bouaké, nous avons tué neuf Français” [d’autant plus qu’on ne sait toujours pas, 3 ans après, la cause de la mort des neuf soldats !]. Il dit simplement à peu près ceci: “L’armée ivoirienne vient d’être rasée par l’armée française: ça suffit, il est temps de mettre dehors cette armée d’occupation; je vous demande d’aller déloger les militaires du 43ème BIMA.”
Les Jeunes Patriotes sont les premiers dans la rue, mais il y a des dizaines de milliers d’Ivoiriens qui ne sont pas Jeunes Patriotes, mais qui sont juste hallucinés d’apprendre qu’en quelques minutes leur aviation a été rasée par la France. Ils ne comprennent pas du tout pourquoi.
Donc par colère, par nationalisme, ou par patriotisme - je ne sais pas - ils descendent dans la rue et du coup ça fait une énorme masse, bien plus nombreuse sans doute que les quelques milliers de militants encartés comme Jeunes Patriotes.”

Moment médiatique, moment historique

“Je crois savoir qu’on est les seuls sur place. Donc ça, professionnellement, c’est intéressant. Je sais que tous les aéroports sont fermés, mais je ne sais pas s’il n’y a pas quelques journalistes déjà sur place comme nous, ou d’autres qui ont pu prendre les derniers vols ou qui sont arrivés par la route. Donc je me dis qu’on doit être à peu près les seuls, qu’en tout cas il ne doit pas y avoir beaucoup d’équipes.
Je ne sais pas si ce sera un scoop parce que je ne pense pas que les Français soient spécialement intéressés par ce qui se passe en Côte d’Ivoire, mais professionnellement c’est intéressant, surtout si on est les seuls. Et par rapport à l’histoire de la Côte d’Ivoire, je me doute bien qu’on est en train de vivre quelque chose de très important, même si je ne sais pas comment ça va tourner parce qu’il y a neuf morts français et que je sais bien qu’il y a très longtemps que ce n’est pas arrivé et que c’est forcément très grave.
La France ne va pas laisser passer ça, d’autant qu’elle en veut beaucoup à Gbagbo, et donc je me demande si on ne va pas vers un coup d’Etat. Mais si coup d’Etat il y a, peut-être que le Nord va en profiter pour marcher sur le Sud, ce qui peut entraîner une guerre civile. Le contexte fait qu’il peut se passer beaucoup de choses qui peuvent être décisives pour la Côte d’Ivoire.
En tous cas, même si ça ne va pas aussi loin, voir une foule nombreuse marcher sur une armée, même bien équipée, c’est impressionnant. Et c’est compliqué de contrôler des centaines de milliers de gens. Au moins, nous sommes bien placés pour filmer des choses passionnantes.”

La tension monte

“Dès le 6 dans l’après-midi, dès que j’apprends ce qui s’est passé [sic] à Bouaké, j’appelle mon contact français avec qui je dois tourner. Il est dans sa voiture. Il doit être 15 ou 16h. Il me dit au téléphone: “Ecoute, on oublie le tournage. Je ne peux pas venir te voir. Ce qui se passe est très grave. Je rentre tout de suite chez moi. Et puis là, je vois un attroupement en face de moi. Je te laisse.” Et il coupe. Bon, je le connais. C’est un mec plein de sang froid. Je sens à son ton paniqué que ce qui se passe est grave, parce qu’il est plus sensible que moi à ce qui est en train de se passer.
Je le rappelle le soir même. Il est à son domicile. Il me parle assez brièvement. Ils ont tout éteint. Il me dit: “C’est chaud; je ne sais pas ce qui va se passer.” Et pendant qu’il me parle, j’entends des rafales de Kalachnikov en fond. Bon, on ne leur tire pas dessus, mais je sens bien que ça chauffe dans la ville.
Ensuite, quand je vois ces centaines de milliers de gens qui déferlent sur les ponts - même si Blé Goudé a dit: “On met l’armée française dehors” - je comprends tout de suite que ça va chauffer pour les Français. Parce qu’un Blanc, militaire ou non, reste un Blanc. Et la colère, et l’alcool, et la nuit, et la fatigue aidant, ça va forcément dégénérer.
Donc, dès le début, nous savons que ça va être chaud pour les Blancs. Moi, à la seconde où on m’a dit que l’armée française a rasé l’aviation ivoirienne, à cette seconde-là, j’ai compris avec toute mon équipe que c’était parti. Donc on a mis quelques affaires dans un sac, on a sorti les caméras, mis tout dans le coffre, et on s’est dit “Maintenant, on va voir ce qui se passe, on tourne”. Mais on savait que c’était parti pour une escalade inévitable.”

Tournage à haut risque

“Toute la nuit du 6 ça bombarde. Le 7 au matin, j’appelle les Jeunes Patriotes en leur disant: “Je vais voir ce qui se passe en ville”. Ils me disent: “Pas question, tu bouges pas; c’est trop dangereux.” J’appelle mon contact français qui me dit: “J’ai le numéro d’un commissaire de police. Il va venir vous chercher avec des hommes. Mais tout ce qu’ils peuvent faire, c’est t’amener aux militaires français les plus proches parce qu’on ne peut pas circuler.”
Donc, le 7 au matin, un flic ivoirien vient me prendre en voiture. On traverse les rues vides en prenant tous les sens interdits et il nous amène à peu près un kilomètre de là, au pied du pont. Là, on se retrouve avec les militaires français, donc en totale sécurité.
On filme la journée des militaires français, des contrôles de passeport sur les ponts, quelques exfiltrations, etc. On passe donc plus ou moins la journée avec les militaires. Le 8 au soir, on va au BIMA, on filme les réfugiés français qui arrivent au camp.
Dans la nuit, on passe la nuit chez notre contact français. Et le 9 au matin, il nous dit: “Bon, je pense que ça s’est calmé, on peut sortir.” On prend donc son 4X4, sans aucune arme ni escorte. Et je savais que ça chauffait un peu côté Hôtel Ivoire, donc on part vers l’Hôtel Ivoire. Donc, c’est seulement le 9 au matin qu’on a pu sortir sans protection armée.”

La partialité des médias nationaux

“On a deux sources principales d’information officielle. Du côté de la télévision française (i-Télé et LCI), ce qu’on entend, c’est: “Déchaînement de violence contre les Français. Les Ivoiriens ont tué neuf soldats, et maintenant ils s’attaquent à nos Français.” C’est tout. Côté ivoirien (la RTI), c’est: “La France nous attaque. Elle a rasé notre aviation. L’armée française est dans la ville. Ils veulent la fin de Laurent Gbagbo.” Voilà. Il y a donc deux versions totalement différentes. [Avec le recul, on voit sans peine que la partialité est le fait des médias français bien plus que des médias ivoiriens, indexés pourtant alors en France de la façon dont on se souvient…]
Moi j’ai les deux versions, ce qui me permet de reconstituer la réalité. Par ailleurs, je suis en contact permanent, à peu près dix fois par jour, et avec l’armée française (qui me donnent certaines informations), et avec les proches de Blé Goudé (qui m’en donnent d’autres), et avec plusieurs entrepreneurs français sur place (qui m’en donnent encore d’autres). Donc avec tout ça, à chaque moment, je sais à peu près qui a peur, qui attaque, qui se défend, ce qui est vrai, ce qui ressemble un peu à de l’intox ou ce qui est parcellaire. Et en gros, chacun a une petite part de vérité; et il y a énormément de rumeurs qui circulent.”

Rumeurs invérifiées et légendes urbaines

“Par exemple, un Français m’appelle à un moment et me dit qu’il y a dix cadavres de Français sans tête qui ont été retrouvés dans la lagune. Donc je commence par passer des coups de fil peu partout pendant quarante-huit heures. A Licorne, on me dit: “Non, ce n’est pas vrai.” Je me dit: “Ils me mentent. Ils savent des choses.” Je vais sur place. Je trouve un entrepreneur français de pompes funèbres, qui me dit face à la caméra, les yeux dans les yeux: “J’ai vu les dix cadavres; il y a dix cadavres de Blancs sans tête.”
Là je me dit “waow”. Comme je fais des petites interventions sur RMC Info et sur i-Télé, je suis à deux doigts d’annoncer l’info. Mais je me dit que je n’ai pas vu les cadavres, donc je ne dis rien. Je continue de vérifier l’info. Je vais au BIMA. J’exige des explications. Je dis au porte-parole: “Vous n’avez pas le droit de nous cacher ça. Dix Blancs décapités, vous ne vous rendez pas compte, etc.”
Ils me donnent leur parole d’officiers que ce n’est pas vrai. Pourtant j’ai enregistré le mec qui me l’a dit face caméra. Au final, pour ce que j’en sais, ce n’est qu’une rumeur. Mais il y a encore aujourd’hui des Blancs qui me demandent: “Pourquoi vous n’avez jamais parlé des dix corps de Français décapités?”
Après les évènements, j’ai cherché à savoir. Je leur ai dit de me donner les noms de famille. Ce n’est quand même pas si compliqué. Je n’ai jamais eu les noms. Mais sur le moment, dans l’ébullition, j’étais près à le croire.”


PAUL MOREIRA (CANAL +)
ACCUSE

Crimes de guerres

“L’armée française a commis en Côte d’Ivoire ce que la Convention de Genève appelle un crime de guerre. C’est-à-dire qu’elle a tiré sur des manifestations de civils désarmés avec des armes létales.
Il y a eu un déséquilibre monstrueux dans le rapport entre le niveau de danger auquel était soumis les militaires et les moyens employés. Et nous l’avons prouvé par l’image. On a pu filmer les incidents sur les ponts, quand on voit clairement des manifestations de civils qui sont prises pour cibles par des hélicoptères de combat. Puis on a mis en lumière qu’une manifestation quelques jours plus tard devant l’Hôtel Ivoire a été dispersée à l’arme de guerre.”

Mensonge d’Etat

“C’est un mensonge d’Etat parce que dans un premier temps, ce qui est dit dès le lendemain, c’est que jamais l’armée française n’a tiré dans la foule. Les seuls tirs reconnus sont des tirs de sommation.
Cela prendra en gros vingt jours pour que cette version évolue, lentement, par à-coups, jusqu’à ce que la ministre Michelle Alliot-Marie reconnaisse la veille ou l’avant-veille de la diffusion de notre enquête qu’il peut arriver que dans des situations de légitime défense ”élargie” - c’est un concept qu’on a forgé pour l’occasion - l’armée française fasse un usage total de ses armes;
notamment sur les ponts et à l’Hôtel Ivoire. Or entre ces deux déclarations, c’est la nuit et le jour, puisque dans un cas on vous dit: “Non, on n’a jamais fait usage de nos armes - juste des tirs de sommation.” Et dans l’autre, on vous dit: “Oui, dans certains cas, nous avons été obligés de faire usage de nos armes.”
Entre temps, il a été dit qu’il s’agissait d’échanges de feu entre des manifestants armés et des gendarmes ivoiriens venus s’interposer entre les manifestants et l’armée française. Puis, on a dit que c’était l’armée française qui a été obligée de tirer pour sauver la vie de gendarmes ivoiriens.
Puis que c’était les gendarmes ivoiriens qui s’étaient retournés contre l’armée française. Enfin, on a dit que c’était des types qui étaient montés sur des chars détenus par des troupes d’élite et qui avaient armé une mitrailleuse française. J’oubliais aussi la version disant que c’étaient des snipers israéliens travaillant pour le pouvoir ivoirien qui avaient tiré dans la foule pour tuer quelques personnes et surexciter les manifestants.”

Comment “on” étouffe un massacre

“Moi, je rapproche cette histoire de ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 à Paris, pendant la guerre d’Algérie. Ce jour-là, le préfet de police Maurice Papon avait donné l’ordre à la police française d’être d’une extrême fermeté avec des manifestations d’algériens, des civils désarmés.
Et il y avait eu au moins une centaine de morts, d’algériens tués, certains jetés à la Seine en plein Paris, parfois tués quasiment dans les halls des grands journaux parisiens. Et personne n’en a parlé. Il a fallu attendre en gros trente ans pour que la vérité soit faite.
Je me suis toujours intéressé aux questions d’immigration et aux aspects violents de l’après-colonialisme français; et je me suis toujours dit qu’on avait étouffé un massacre, mais que c’était une époque particulière: 1961, pas de caméras, pas d’images, la presse était beaucoup plus tenue, etc. Et là où cette histoire ivoirienne m’a surpris, c’est qu’elle a lieu en plein époque de l’image, que les images circulaient, qu’elles étaient criantes d’évidence, et que malgré tout, on a étouffé ce qui s’est passé à Abidjan en novembre 2004.”

Les médias complices d’un crime de guerre

“On a étouffé un massacre. Et quand je dis “on”, je veux parler des journaux de gauche, comme Libération, qui a repris la version officielle de l’armée française. Le Monde aussi. Seuls le Canard Enchaîné, i-Télévision et Canal+, et peut-être Marianne, sont allés au-delà de ce que l’armée française a fourni en termes de communication.
C’est un énorme embarras pour je pense l’ensemble de notre profession, et c’est pour ça que mon livre est un petit peu boycotté par un certain nombre de grands médias, notamment ceux que je viens de vous citer. Parce qu’au fond, en tant que journalistes, on s’est rendu complices d’un crime de guerre. Alors que personne ne nie ce que nous avons montré. Même la ministre, assez honnêtement d’ailleurs, a reconnu finalement les faits.
Malgré cela, pas de réaction: on peut tuer autant de personnes. Imaginez ça boulevard de la Madeleine, sur des viticulteurs. On en parlerait encore. Ce serait un scandale. J’en ai discuté plus tard avec des militaires que je connais, parce qu’il y a des gens formidables dans l’armée française - je tiens à dire -, et qui m’ont dit: “Je ne sais pas comment les tireurs d’élite se sont regardés dans la glace le lendemain, parce qu’ils n’étaient pas obligés de tirer. Parce qu’on ne tire pas sur les manifestants.”
En France, on a eu Mai 68 qui étaient des émeutes d’une violence extraordinaire, c’est pas le dixième de ce qui est arrivé devant l’Hôtel Ivoire.”

Une nouvelle forme de censure

“C’est le déni qui est extraordinaire. Il y avait une cellule au ministère de la défense, que j’appelle une “cellule d’infirmation”, parce qu’ils infirmaient tout ce que nous affirmions. J’ai eu affaire à eux. Tous les arguments étaient bons. Il ne s’agissait pas de nous censurer, évidemment, puisqu’aujourd’hui la censure n’est plus opérante. Il faut convaincre, séduire, détordre. Mais enfin dans ce cas précis, c’est quand même hallucinant, parce que les images existaient. On n’est pas sur quelque chose de tangent. Et donc, ils disaient aux journalistes [et on sait depuis que c’était faux, mais l’intox a été diffusée]: “Non, mais, on ne les voit pas, mais il y a des types armés [parmi les manifestants].” »

(Cf. aussi : http://kouamouo.afrikblog.com/archives/2007/11/07/6804173.html)




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Immigration — La Côte d’Ivoire, la France

Par Delugio :: lundi 29 octobre 2007 à 9:10 :: Articles de presse




Côte d’Ivoire :

« Carte de séjour : Gbagbo propose sa suppression »

Cf. aussi l'article d'Edgar Yapo : "
Gbagbo met fin à la carte Ouattara"

Fraternité Matin — lundi 29 octobre 2007
http://news.abidjan.net/article/?n=270195  

par
Pascal Soro :

« 
Le Président Laurent Gbagbo a communié, hier, au Complexe sportif de Yopougon, avec la communauté burkinabé vivant en Côte d’Ivoire.

Les craintes que j’avais depuis 1990 (année de l’instauration de la carte de séjour. Ndlr), ces craintes-là se sont avérées justes. A savoir que la carte de séjour ne nous met pas assez d’argent dans les caisses de l’Etat et deuxièmement, elle induit des fraudes sur l’identité ivoirienne. Alors, il faut faire quelque chose. Moi, je propose la suppression pure et simple de la carte de séjour. Je propose et je proposerai très très bientôt la suppression pure et simple de la carte de séjour». Par cette déclaration qu’il a faite hier au Complexe sportif de Yopougon, le Président Laurent Gbagbo a accédé à la seule et unique doléance que lui a présentée la communauté burkinabé vivant en Côte d’ivoire: la suppression de la carte de séjour. On comprend donc que cette annonce du Chef de l’Etat ait été accueillie par un véritable tonnerre d’applaudissements et de cris de joie dans ce stade qui a refusé du monde. De fait, devant plusieurs milliers de Burkinabé, le Président de la République a rappelé que la carte de séjour a été instaurée en Côte d’Ivoire en 1990 par une proposition de loi faite par Alassane Dramane Ouattara, alors premier ministre. Une proposition à laquelle, a-t-il souligné, son parti, le FPI, s’était opposé.
Certes, avec son élection en 2000, a-t-il expliqué, il a réduit les frais de cette pièce de moitié (elle était vendue à 15 000 francs par an et par personne depuis son instauration). Mais il n’en demeure pas moins qu’elle est «toujours nocive et dangereuse», a-t-il fait remarquer. «L’essentiel, ce n’est pas de faire payer les gens, mais c’est de savoir qu’untel est en Côte d’Ivoire, qu’il habite à tel endroit et que s’il est coupable d’un délit, on peut le retrouver. Ce ne sont pas les tracasseries. La carte de séjour induit des tracasseries policières et administratives. Ça ne met pas l’argent dans les caisses de l’Etat. Ça induit qu’on fabrique surtout de fausses pièces d’identité. Il faut mettre fin à ça ; et je vais me battre pour que très bientôt, la carte de séjour soit supprimée, purement et simplement», a répété Laurent Gbagbo, particulièrement ovationné. En tout état de cause, pour lui, «Il n’est pas normal que des Ivoiriens et des Burkinabè se battent à cause de la carte de séjour qui ne leur apporte rien et qui ne nous apporte rien. Ça ne nous apporte rien». Pour autant, le Chef de l’Etat ne promet pas aux étrangers qu’ils vivront en Côte d’Ivoire sans aucune pièce d’identité. Mais il préconise que chacun ait la carte d’identité de son pays d’origine. «Ayez un papier, leur a-t-il recommandé. Que ce papier-là soit ivoirien, ou qu’il soit burkinabé, guinéen, malien, ghanéen, libérien, ayez un papier. On ne va plus vous fatiguer avec les cartes de séjour. Je vais veiller à ce que cela soit supprimé». La suppression de la carte de séjour aux yeux du numéro ivoirien, restaure l’image de la Côte d’Ivoire qui est un pays d’immigration. «Quand on est un pays d’immigration, on prend des mesures équitables et non pas des mesures qui vous créent des problèmes», a-t-il soutenu. […] »


Pendant ce temps, le même jour, en France :


Libération — lundi 29 octobre 2007 —
http://www.liberation.fr/actualite/societe/287977.FR.php

« […] Des dispositions de plus en plus restrictives imposées dans le cadre de la loi sur l’immigration de Brice Hortefeux, parmi lesquelles les tests ADN pour le regroupement familial. L’enjeu : développer une politique d’immigration choisie et non d’immigration subie, selon les termes de Nicolas Sarkozy, politique qui est supposée déboucher sur une meilleure maîtrise des flux migratoires. »


Ivoirité ? Francité ?… Sans commentaire !




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Un quatrain de Baudelaire - Au lecteur

Par Delugio :: samedi 27 octobre 2007 à 17:43 :: Général





« Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. »

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal, « Au lecteur ».






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