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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Bouaké : comment sont morts les soldats français ? — «Pièces à conviction» a enquêté…

Par Delugio :: dimanche 04 mars 2007 à 19:57 :: Analyses & commentaires

 

 

 

Vendredi 2 mars - 23h25, France 3 nous proposait un documentaire intitulé « Côte d'Ivoire : roquettes sur nos soldats », suivi d’un moment de discussion sur les événements de Bouaké de nov. 2004 et sur leurs suites (cf. la présentation de l’émission de « Pièces à conviction » sur le site de France 3 :
http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/28472424-fr.php#TOP).

 

L’émission est présentée de 23 h 25 à 1 h 00 et quelques du matin ! Autant dire heure de grande écoute ! Sans compter qu’au même moment, sur l’autre grande chaîne publique, France 2, « Esprits "libres" » nous propose un débat sur le rôle des intellectuels dans la campagne électorale française. Bref, pour voir le reportage de « Pièces à Conviction », il faut le vouloir.

 

Le reportage est pourtant fort intéressant, par ce qu’on y apprend enfin (ce que la presse patriotique ivoirienne tant dénigrée en France nous dit depuis deux ans) et surtout par les conclusions que l’on veut en induire après le reportage, et qui vont à l’inverse de ce que le bon sens conclurait de ce que l’on vient de voir.

 

Parmi les invités de ce bref débat, la mère d’un soldat tué, Me Balan, avocat des familles des soldats, un rapatrié de 2004 et Thomas Hoffnung de « Libération », présenté par son confrère le journaliste Hervé Brusini comme « spécialiste de la Côte d’Ivoire ». Mme Alliot-Marie, invitée, n’a pas souhaité venir, nous dit-il aussi.

 

La mère du soldat, qui, deux ans après, n’est pas remise de ce qu’elle a dû endurer, rappelle que l’on a mis en bière les soldats français avec une telle précipitation que l’on a inversé deux corps (dont celui de son fils ; on a déjà entendu cela, qui a horrifié aussi la juge Brigitte Raynaud, dans le reportage). On apprend aussi qu’on a enterré son fils sans même prendre garde à ses effets personnels ! On a découvert cela lors de son exhumation pour faire l’échange des corps : il avait même encore son paquet de cigarettes sur lui ! Au-delà du scandaleux, voilà qui interroge : parvenir, lors de la mise en bière de neuf corps à en interverser deux ! Ne pas prendre le temps d’apprêter les corps ! Voilà qui donne amplement raison aux Ivoiriens qui s’étonnaient en 2004 d’une telle inhabituelle précipitation et qui se faisaient huer pour tel étonnement. L’avocat d’une association des gendarmes d’Ouvéa, Me Éric Dupont-Moretti, fulminait même à la télévision contre le Président Gbagbo assurant n’avoir pas pu voir les corps. La presse ivoirienne était dénigrée pour les mêmes motifs. Et voilà qu’aujourd’hui, on découvre que cet étonnement est aussi le fait des familles des soldats.

 

À l’époque, la Côte d’Ivoire, par la voix du procureur Ange Kessi, avait demandé l’autopsie des corps. Cela semblait, aux yeux des autorités françaises, une incongruité, voire une indécence. Depuis, la demande du procureur Kessi a été réitérée à plusieurs reprises. En vain. On n’a même pas mis à profit l’exhumation à l’occasion de l’échange des corps pour procéder à cette autopsie. Et voilà qu’on apprend par Me Balan — et par la juge Brigitte Raynaud — que ce qui était donné pour une indécence, est tout simplement la règle, un préalable indispensable à tout début d’enquête sérieuse. Or c’est ce que demande avec insistance la Côte d’Ivoire depuis deux ans, et que refusent systématiquement et avec autant d’insistance les autorités françaises.

 

Quand on sait à la fin de l’émission que la thèse que l’on a tenté de nous vendre par la voix du « spécialiste de la Côte d’Ivoire » Thomas Hoffnung, est que la version française initiale d’explication des événements aurait été la bonne : bombardement délibéré sur ordre de Gbagbo, on est fondé à avoir déjà la puce à l’oreille. Pourquoi, alors, les autorités ivoiriennes insistent-elles tant pour qu’une autopsie ait lieu ? Au pire pour elles, elle confirmerait ce dont tout le monde est convaincu : que la mort des soldats est bien due à un bombardement par les Sukhoï ! Et si c’est bien ce qui s’est passé, pourquoi la France refuse-t-elle cette autopsie que la Côte d’Ivoire réclame à cor et à cri ?

 

Me Balan, qui a écouté le « spécialiste », précisera qu’il ne le suit pas jusqu’au bout. Il n’en dira pas plus à ce moment-là. Il en a dit suffisamment, à travers tout le reportage, pour que l’on sache qu’il ne peut que concevoir des doutes quant à cette version !

 

En effet, quand on a suivi le reportage qui a précédé, on a été suffisamment informé sur le fait que ce sont bien les autorités françaises seules qui s’opposent — secret défense — à l’avancée de l’enquête. Et on se souvient que dès 2004, le camp de Bouaké avait été interdit d’accès par ces mêmes autorités françaises à tout enquêteur durant plusieurs semaines, ce dont seuls les journaux ivoiriens de mouvance patriotique osaient s’étonner ! On se souvient que cela ne concernait pas que les enquêteurs ivoiriens, et que la commission Défense de l’Assemblée nationale française avait refusé, par la voix de son Président Guy Tessier, que soit dépêchée une commission d’enquête parlementaire française — « par égard pour nos soldats ».

 

Et les « Russes » ? On savait déjà que les pilotes biélorusses des Sukhoï avaient été… peu surveillés par les autorités françaises qui les avaient eu à disposition à deux reprises, en Côte d’Ivoire, puis au Togo. On apprend par le reportage à quel point ils ont été effectivement… peu surveillés, avec l’aval des autorités françaises. Et Me Balan de s’étonner, alors qu’ils étaient pour de longs jours à la disposition des militaires français, que personne n’ait eu l’idée de poser la moindre question à ceux qui sont censés être les assassins de leurs camarades de Bouaké !

 

Quant aux pilotes ivoiriens, si l’on assiste en direct à l’autorisation qui leur est donnée par le Président Gbagbo de rencontrer les journalistes, ils ne souhaiteront pas s’exprimer. Le procureur Ange Kessi donne une explication qui vaut sans doute mieux que ce qu’en tirent les interviewers : les pilotes ivoiriens, dit-il, n’étaient pas dans les avions qui ont bombardé le camp. Les interviewers concluent à un embarras : apparemment il ne leur vient pas à l’esprit que le procureur ivoirien pourrait être tout simplement en train de les mettre sur une piste qu’ils semblent ne pas soupçonner, et qui confirmerait les questions quant au refus français de toute autopsie, et de toute visite du camp de Bouaké dans les jours qui ont suivi les faits : et si il fallait chercher ailleurs que dans un bombardement par un Sukhoï la cause de la mort des soldats français ?

 

Se poserait alors une autre question, particulièrement grave : quel sens aurait la crise franco-ivoirienne de nov. 2004, si lourde de conséquences, si le motif qui l’a fondée s’avérait douteux ?

 

Si le relâchement, sans qu’ils ne soient interrogés, à deux reprises, des pilotes et des mécaniciens biélorusses, s’expliquait simplement de cette façon ?

 

Tandis que le reportage nous a montré ce qu’il a présenté comme descente d’avion des pilotes de Sukhoï après « l’opération », avec une nonchalance laissant penser à la fin d’une opération de routine, un Français, interviewé, explique qu’ils « couraient comme des dératés » vers la tour de contrôle ! On a vu des « courses de dératés » plus précipitées que la nonchalance que nous montre le film !

 

À ce point, au commandant Beth de la base française de Yamoussoukro, qui explique que s’il n’a pas arrêté lesdits dératés c’est parce qu’il n’était pas au courant de ce qui s’était passé à Bouaké, le reportage oppose le colonel Destremau, du camp de Bouaké, pour qui, au contraire, il ne pouvait qu’être au courant, l’information ayant été divulguée immédiatement sur toutes les radios militaires. Les vingt minutes du trajet Bouaké-Yamoussoukro sont devenues dix minutes pour le Cdt Beth, temps insuffisant, explique-t-il, pour que la diffusion radio parvienne jusqu’à Yamoussoukro... Le reportage ne cache pas ne pas croire cette version.

 

À ce moment, plutôt que d’arrêter les criminels et de saisir les avions, ou de bloquer la piste par des camions (ce qui selon le chef rebelle Guillaume Soro, interviewé un peu avant, aurait suffi à empêcher la mise en place de l’opération Dignité), on s’affaire à détruire les avions (« l’arme du crime » selon Me Balan dénonçant un tel illogisme) — et les boîtes noires pour la même occasion. Et tant qu’à faire, on détruit aussi les hélicoptères civils du Président Gbgabo, bombardant du coup le palais présidentiel de Yamoussoukro… Cela, assure-t-on, pour empêcher que l’affaire de Bouaké ne se reproduise. Sur ces entrefaites, on descend sur Abidjan, dont on prend l’aéroport — au prix de plusieurs heures de mitraillage (sous les caméras de Canal+) des manifestants tentant de s’interposer —, et, se trompant de route, on se retrouve avec une colonne de chars face à la résidence présidentielle de Gbagbo à Abidjan ! Les « dératés », eux, continuent à courir, au point qu’ils se retrouvent au Togo, d’où ils filent vers la Biélorussie, où personne n’a, jusqu’à ce jour, l’idée d’aller les interroger…

 

Et le « spécialiste » Hoffnung d’expliquer que c’est Gbagbo qui a commandité ledit bombardement parce que l’opération Dignité, qui n’avait commencé que deux jours avant, était en train d’échouer, et qu’il a donc tenté un coup d’éclat ! Cela tandis les rebelles interviewés, Soro et Wattao eux-mêmes, ont contredit Hoffnung dans le reportage en se réjouissant explicitement de ce que la France ait alors enfin stoppé l’opération Dignité — en train de réduire à néant leurs infrastructures (« il a fallu la mort de soldats français, alors que cela aurait été si simple »). On serait fondé à se demander : à qui profite le crime ?

 

Mais Hoffnung tient à cette version que Chirac a abandonnée assez rapidement. Elle n’a eu d’usage qu’au moment où étaient détruites les infrastructures aériennes militaires ivoiriennes et les hélicoptères civils de Gbgabo et où Abidjan était investie, l’aéroport pris et la résidence présidentielle cernée par les chars. Si, comme le soutien Hoffnung, ledit bombardement de Bouaké était un quitte ou double de Gbgabo, il a fait plus que doubler la mise. Nombre d’observateurs internationaux ont trouvé la réaction française « disproportionnée ». Et tandis que les responsables français fulminent et menacent, tandis que Chirac traite Gbagbo de « fasciste », tandis qu’on ne cache pas espérer qu’il soit dégommé du pouvoir, on abandonne la version que soutient encore Hoffnung et qui suppose que malgré le discrédit dont on tente de charger Gbagbo, on voudrait le ménager…

 

C’est sans doute pour cela — alors que l’on clame jusqu’à aujourd’hui qu’il s’agit bien d’une attaque de Sukhoï —, que l’on enterre les soldats avec précipitation, que l’on exfiltre les Biélorusses, que l’on refuse autopsies et enquêtes, que l’on scelle le tout sous le secret Défense : tout cela risquerait de prouver que l’on avait raison et qu’il s’agissait bien d’une attaque délibérée des Sukhoï ! Voilà qui est d’une logique imparable !

 

Il a fallu deux ans pour en arriver là : constater ce que les patriotes ivoiriens, leurs journaux et les autorités ivoiriennes, disent depuis deux ans ; et qui était considéré comme indécent de leur part. Ne manque à présent plus que l’effort logique pour poser la question incontournable en l’état actuel des informations : et si le présumé (on ne devrait pouvoir ôter l’épithète qu’après clôture de l’enquête) bombardement aérien de Bouaké cachait autre chose que ce que l’on nous assène ? Après ce reportage une question ne peut que commencer à tarauder le téléspectateur, qui doit aussi depuis quelques temps tarauder les familles des soldats : si les choses ne s’étaient pas produites comme on exige qu’on le croie ?

 

Ou que l’on permette à l’enquête d’avancer et que l’on prouve ce que jusqu’à présent, chaque nouvelle découverte ne fait qu’infirmer.

 

 

 

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