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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

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"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


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«Sommet de la francophonie à Bucarest - L`ultime combat de Chirac contre Gbagbo»

Par Delugio :: vendredi 29 septembre 2006 à 20:26 :: Articles de presse




L'intelligent d'Abidjan
— 29 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/h/215222.html :

par
G. Bertrand Kuyo :

«Le XIè sommet de la francophonie qui s`est ouvert hier dans la capitale roumaine, se présente comme le dernier combat du dernier gaulliste contre le président ivoirien qui semble rentrer difficilement dans le logique françafricaine, seul répère de bonnes relations avec l`ancien colonisateur. Le discours de Jacques Chirac sur les élections en Côte d`Ivoire à l`ouverture de ce sommet, le premier jamais organisé dans un pays d`Europe de l`Est, faisant foi.

C`est désormais sans ambiguités que les autorités françaises foncent tête baissée dans leur volonté d`en finir avec Laurent Gbagbo, le chef d`Etat ivoirien. Jacques Chirac, prêt à dire ses adieux au peuple français, ne veut s`exécuter sans avoir liquidé "le contentieux Gbagbo" avant la dernière rencontre du conseil de sécurité des Nations unies sur la crise en Côte d`Ivoirre en octobre prochain. Et de toutes les tergiversations qu`a connues le processus de réconciliation dans ce "superbe pays, que le président Félix Houphouët-Boigny avait porté au sommet du développement et de la démocratie, et qui connaît aujourd`hui les affres que nous savons", le chef d`Etat français n`en connaît qu`un seul et unique responsable, Laurent Gbagbo. Le groupe de travail international (Gti) où la France joue un rôle bien plus que celui d`un observateur, n`a pas manqué d`indiquer "les voies de sortie de crise". Une voie qui dépouille le président de la République de Côte d`Ivoire de ses pouvoirs au profit d`un Premier ministre. Et cela en complète contradiction, selon Affi N`Guessan, le président du Front populaire ivoirien (Fpi, au pouvoir) avec la constitution sur laquelle s`arc-boute d`ailleurs à juste titre Laurent Gbagbo. Mais depuis un moment, les listes électorales semblent être "la nouvelle bataille française en Côte d`Ivoire". Instruisant l`opposition politique et armée qui en fait ses choux gras désormais. Jacques Chirac appelle donc à l`organisation d`élections "fiables et rigoureuses en Côte d`Ivoire". Pour lui, "seules des élections ouvertes et fiables, c`est-à-dire fondées sur des listes électorales renouvelées et rigoureuses, peuvent permettre une sortie de crise". Toutes choses jugées en contradiction avec la réalité ivoirienne. De cette réalité, l`on rappelle au président français que c`est avec la liste électorale de l`an 2000 que le Pdci-Rda de Bédié pour les Législatives, les Municipales et les Conseils généraux pour le Rdr d`Alassane Ouattara, tous deux aujourd`hui dans l`opposition et bras séculiers de la rébellion, ont raflé la mise. Mettant ainsi en difficultés, parfois sur ses bases supposées, le Fpi qui venait de remporter la Présidentielle - dans des conditions callamiteuses - face au général Robert Guéi, président de la junte militaire au pouvoir en 2000 et qui en était l`organisateur. "Que s`est-il passé entre temps pour que subitement cette liste de 2000 qui n`attendait qu`à être nettoyée et mise à jour, comme cela se fait même en France et partout en temps d`élections, se trouve être finalement la raison de la prise d`armes par les rebelles?" Interrogeait un observateur qui semblait ne pas suivre la logique désormais admise par le Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, opposition) et la rébellion qui s`en faisaient l`écho dans une de leurs sorties au siège du plus vieux parti ivoirien. Une chose est désormais sûre, la bataille semble désormais se mener à visage découvert, puisque Jacques Chirac donne des instructions très claires à l`Union africaine dont le président Sassou N`Guesso interpellé doit ``prendre les initiatives qui s`imposent", dans "la concertation" et "le respect des traditions". Il n`y a presque plus à se faire d`illusion, "le respect des traditions" étant bien compris comme la méthode habituelle, traditionnelle et françafricaine pour finir.

L`isolement de Laurent Gbagbo est désormais bien une démarche en vigueur pour obtenir son départ du pouvoir en Côte d`Ivoire et les autorités françaises ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Toutes les chapelles ont été mises en branle pour atteindre l`objectif. Après le président gabonais Omar Bongo Ondimba, qui a dit sur le perron de l`Elysée, il y a quelques mois son penchant pour un quatuor au pouvoir, la sortie d`Abdoulaye Wade à ce sommet de Bucarest vis-à-vis du médiateur sud-africain Thabo M`Beki, désormais dans le viseur, se présentait comme le retour de l`ascenseur à Jacques Chirac pour qui "MBéki ne connaît pas la psychologie de l`Afrique de l`ouest". Egalement la sortie du secrétaire général de la francophonie, l`ancien président sénégalais, Abdou Diouf, en réponse à Laurent Gbagbo qui avait affirmé dans une interview dans un quotidien français, de ne plus retenir la force Licorne en Côte d`Ivoire si elle voulait partir, est parue comme la volonté d`affaiblir la président ivoirien face à l`offensive française. Et ce ne sera certainement pas le dernier son discordant dans cette Afrique qui "préfère manger ses propres enfants" pour des intérêts particuliers et pour faire le lit du dépendance extérieure sans nom.

Mais à ce sommet, Laurent Gbagbo n`était certainement pas le seul absent qui avait des problèmes avec le chef d`Etat français. Le président Libanais, Emile Lahoud est bien remonté contre Jacques Chirac qu`il accuse ouvertement de se "mêler des affaires intérieures du Liban", en réaffirmant ne pas avoir été invité au sommet de Bucarest sur ordre du chef de l`Etat français. Il a expliqué que sa "mise à l`écart est une ingérence de droit et de fait dans les affaires politiques internes libanaises et place le président français au rang de partie prenante dans les conflits inter-libanais". L`ingérance française dans les affaires internes libanaises? Gbagbo aurait pu tenir le même langage que personne n`aurait crié au scandale.
»




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Suite au revers élyséen de New York, la presse françafricaine met les bouchées doubles

Par Delugio :: mardi 26 septembre 2006 à 16:08 :: Analyses & commentaires




Les tentatives de déstabilisation de la Côte d’Ivoire républicaine repartent donc de plus belle.

Témoin remarquable ce titre d’une dépêche récente de l’AFP : «
Les Africains s’inquiètent à l’ONU de la situation en Côte d’Ivoire» ! — http://news.abidjan.net/h/214758.html

Voilà les Africains qui se voient prêter, jusque dans les termes, l’ «inquiétude» diplomatique de la «communauté internationale» élyséenne. À lire la suite de la dépêche, on comprend qu’après le revers new-yorkais, alors qu’a triomphé la proposition de Gbagbo : confier la médiation à l’Afrique — les grandes manœuvres ont recommencé. Reste que les références, parmi les Africains «inquiets» tournent largement et sans surprise autour de ceux qui pourraient être fondés en effet à s’inquiéter de la défaite françafricaine en Côte d’Ivoire…


L’AFP s’agite déjà… Et RFI n’est pas en reste :

 

Le Courrier d’AbidjanParution N° 825 du Mardi 26 Septembre 2006 — http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=15071 :

 

«Le blog de Théo : Qui soutient la dictature en Afrique ?»

par Théophile Kouamouo :

«
Bien entendu, on n’en attendait pas mieux de RFI. Mais tout de même ! Quelle hargne ! Adepte du slogan «les amis de mes ennemis sont mes ennemis», la «radio mondiale» tire à boulets rouges sur Thabo Mbeki, le président sud-africain. Coupable, forcément. Coupable d’avoir mené une médiation au terme de laquelle il n’a pas admonesté le président Gbagbo, mais estimé qu’il avait rempli ses obligations et que les rebelles devaient désarmer. Coupable de s’opposer aux visées putschistes de Paris et de ses marionnettes. Coupable d’avoir brisé le complot du 20 septembre dernier, à New York.
Alors, RFI s’en prend à Gbagbo. Bruno Minas, ancien correspondant à Abidjan et aujourd’hui en poste à Johannesburg, y va de son couplet. «D’une manière générale l’Afrique du Sud, exemple de démocratie sur le continent, a tendance à ménager, légitimer, voire soutenir les régimes qui n’en sont pas.»
C’est de bonne guerre. Mais qui est le vrai soutien des dictateurs en Afrique, et ce depuis les indépendances ? Qui a soutenu Bokassa, Mobutu, Habyarimana, Ahidjo, Eyadema père et fils ? Qui a installé Sassou au pouvoir, au terme d’une guerre sanglante financée par Elf ? Qui a protégé Charles Taylor, criminel de guerre multirécidiviste ? Qui vole au secours d’Idriss Déby et de Blaise Compaoré ? Ce n’est pas l’Afrique du Sud.
Pretoria soutient la stabilité, la légalité et la démocratie sur le continent : c’est sa politique affichée, et elle est cohérente. Pretoria se fonde sur l’Acte constitutif de l’Union africaine. Et la France ? Quelle vision de l’Afrique promeut-elle ? Sous Jacques Chirac, son action diplomatique la plus éclatante a été Marcoussis, où elle a imposé au gouvernement des analphabètes complets sortis de leurs maquis, les mains encore sanguinolentes.
La France ou la Grande-Bretagne auraient souhaité que l’Afrique du Sud se mette au service de leurs politiques impériales. Elles prennent mal le fait que Pretoria ne se porte pas volontaire pour servir de base arrière à une rébellion au Zimbabwe, et ne leur serve pas de caution «autochtone» pour un coup d’Etat onusien contre Gbagbo. Mais les temps ont changé. L’Afrique de papa résiste, mais elle mourra.
»




 

Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI : "Licorne doit partir"

Par Delugio :: lundi 25 septembre 2006 à 22:24 :: Articles de presse




SITUATION POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE

DECLARATION DU FPI
(25-septembre-2006) (Source : http://www.macotedivoire.info/ ;

http://www.macotedivoire.info/enbref.php?action=lire_message&id_mnews=4231)


La situation socio-politique en Côte d'Ivoire a été marquée, ces dernières semaines, par de graves développements, notamment : - l'expédition punitive menée par des élèves-policiers contre les étudiants du Campus de Cocody ; - le scandale des déchets toxiques qui a débouché sur la démission du gouvernement du Premier ministre Charles Konan Banny ; - le blocage par le G7 du processus des audiences foraines, la suspension de la participation des mouvements rebelles au dialogue militaire, ainsi qu'au processus DDR, les positions prises par le GTI lors de sa dixième réunion et le voyage à New York de l'opposition politico- armée. Au regard de la brutalité, de l'enchaînement et de la gravité de ces évènements, le Front populaire ivoirien s'était réservé d'intervenir dans la précipitation et s'était imposé le recul nécessaire à une analyse lucide et objective de la situation. Aujourd'hui, nous prenons la parole, au nom du FPI, pour faire, avec l'opinion nationale et internationale, l'analyse de la situation qui prévaut dans notre pays et donner la position de notre parti sur l'évolution du processus de paix…


I. LA SITUATION NATIONALE

1) Les évènements du Campus de Cocody

Souvenons-nous qu'en représailles à un incident qui se serait passé le 29 août à la gare SOTRA d'Adjamé, les étudiants du Campus de Cocody ont subi la furia des élèves-policiers qui ont effectué une expédition punitive soldée par un bilan très lourd : un (1) étudiant tué par balle, plusieurs blessés graves, dont certains par balles, des objets et biens matériels endommagés ou volés. Ce 31 août 2006, de 9 h 30 à 14h, soit pendant plus de 4 heures de temps, les étudiants aux mains nues se sont retrouvés sans défense et sans protection à la merci de la colère de ceux là-mêmes qui sont chargés d'assurer la sécurité publique.

Face à cette grave dérive qui rappelle les tristes évènements de mai 1991, les autorités décident de suspendre le Directeur de l'Ecole de Police et diligentent des enquêtes pour situer les responsabilités afin de prendre les sanctions qui s'imposent. L'opinion attend avec impatience le résultat de ces enquêtes.

Le FPI, pour sa part, réaffirme toute sa solidarité à la grande famille des étudiants, réitère ses condoléances les plus attristées aux parents et amis de feu Asseu Konan Olivier et souhaite beaucoup de courage et prompt rétablissement aux blessés. Il demande que les résultats des enquêtes soient rendus publics dans les meilleurs délais et que les responsables et les coupables soient sanctionnés et punis avec fermeté, afin que de telles situations ne se reproduisent plus.

2) Le scandale des déchets toxiques

Au cours de la même période et alors que les Ivoiriens étaient encore sous le choc de ces évènements douloureux, un autre drame est signalé avec le déversement de déchets toxiques dans plusieurs endroits du District d'Abidjan dans la nuit du 19 au 20 août 2006. Ce scandale écologique et sanitaire, qui constitue un crime au regard de la réglementation nationale et internationale a déjà fait 7 morts, et de milliers de personnes intoxiquées. Face à l'inaction du gouvernement, les populations réagissent violemment et dressent des barricades. Le gouvernement est contraint à la démission ; des enquêtes sont diligentées qui se traduisent par plusieurs arrestations au niveau de l'entreprise importatrice (PUMA Energy), au sein du Port autonome d'Abidjan, à la Douane et au niveau de l'entreprise d'avitaillement commise à la récupération des déchets toxiques (Tommy). Le Premier ministre démissionnaire prononce, à travers une déclaration télévisée, la suspension des Directeurs généraux du Port et de la Douane, et du Gouverneur du District d'Abidjan.

Profondément choqué, peiné et scandalisé par ce douloureux évènement, le FPI adresse sa compassion à toutes les victimes de ces déchets toxiques et ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées. Le FPI attend avec impatience les résultats de cet acte abominable qui traduit la profondeur de la dégénérescence des valeurs humaines dans notre pays et la monstrueuse cupidité de certains de nos compatriotes doit être sévèrement sanctionnée.

3) Les blocages du processus de paix

Ce contexte de traumatisme national est amplifié à l'heure actuelle par l'enlisement du processus de sortie de crise. Les Forces Nouvelles ont rejeté le Guide des audiences foraines élaboré par le Premier ministre et suspendu leur participation au processus DDR depuis le 8 août 2006. Le G7 leur a emboîté le pas le 17 août à Daoukro.

La rencontre de Yamoussoukro II du 5 septembre 2006, qui a réuni le Président de la République et l'opposition politico-armée, a constaté le refus absolu des rebelles de voir la loi s'appliquer sur les questions des jugements supplétifs et de la délivrance du certificat de nationalité. La médiation du Président de l'Union africaine, le Président Sassou Nguesso, les 10 et 12 septembre 2006, n'a apporté aucune évolution à la situation.

Réuni le 8 septembre 2006 à Abidjan, le Groupe de Travail international (GTI), “tout en réaffirmant son plein soutien au Premier ministre, a exprimé sa vive préoccupation quant aux nombreux blocages persistants” qui résulteraient d'après lui, et principalement de : - l'absence de volonté politique des principaux acteurs politiques ;
- le désaccord profond qui prévaut entre les principaux acteurs politiques ivoiriens sur la question fondamentale de la nouvelle liste électorale crédible ;
- la dualité institutionnelle et les conflits d'interprétations juridiques qui paralysent le fonctionnement du gouvernement et rendent difficile la mise en œuvre du processus de paix et de réconciliation et qui fausse la neutralité du processus électoral;
- l'impossibilité pour le Premier ministre d'exercer les pouvoirs qui lui ont été attribués par la Résolution 1633, notamment pour les nominations aux emplois civils et militaires” Tirant les conséquences de l'impossibilité d'organiser les élections présidentielles au 31 octobre 2006, comme prescrit dans la Résolution 1633, le GTI recommande au Nations unies : “d'adopter des mesures exceptionnelles et dérogatoires pour permettre la délivrance du jugement supplétif et du certificat de nationalité ;
- de définir un nouveau cadre de transition propre à apporter remède au blocages identifiés ci-dessus”, c'est-à-dire d'organiser purement et simplement un coup d'Etat constitutionnel qui dépouillerait le Président de la République de toutes ses prérogatives au profit du Premier ministre. En réponse à cette déclaration scandaleuse, le Président de la République a décidé de ne pas se rendre à la rencontre de New York pour protester contre l'attitude partisane du GTI, sa mauvaise foi manifeste et pour ne pas ''cautionner la mascarade''. Faisant le constat du refus des mouvements rebelles de désarmer, le Président de la République a conclu que le processus de Linas-Marcoussis a échoué, il faut en sortir pour en bâtir un autre sous l'égide du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine (U.A).

4) Conclusion

Quatre (4) ans après la signature de l'Accord de Linas-Marcoussis, le processus de paix, parrainé par la France, est à bout de souffle. Comme en 2004 après les Accords d'Accra III, il bute sur la question du désarmement et de la réunification du pays, malgré la clarté de la Résolution 1633 et de la feuille de route du Premier ministre.

L'action du Premier ministre Charles Konan Banny est donc un échec évident :
- le DDR est au point mort ;
- la rébellion est dans la nature toujours armée ;
- la réunification n'est pas encore à l'ordre du jour ;
- les audiences foraines devant préparer à l'identification et au recensement électoral sont bloquées ;
- la situation économique et sociale du pays s'est gravement détériorée ;
- le moral des populations est au plus bas ;
- l'autorité de l'Etat est gravement malmenée ;
- l'indiscipline, l'incivisme et la corruption s'emparent progressivement de tous les rouages de l'administration.

D'où les graves dérives observées ces dernières semaines et dont les populations civiles en sont les victimes innocentes.

II. ANALYSE DE LA SITUATION

Pour le FPI, les évènements douloureux vécus par le pays ces derniers mois n'ont qu'une seule signification et une seule motivation : la poursuite du complot de déstabilisation ourdi de l'intérieur et de l'extérieur et mis en œuvre depuis le 19 septembre 2002. Tirant les leçons de leur échec (militaire et politique), les forces de la déstabilisation néocoloniale ont décidé d'attaquer les trois piliers de la résistance patriotique : le moral de la population, la cohésion et la loyauté des Forces de Défense et de Sécurité et la Constitution, en exploitant leur présence au sein du gouvernement (G7), de l'économie nationale et dans les instances internationales (GTI et Conseil de Sécurité).

En livrant les étudiants sans défense à la colère des forces de l'ordre, les ennemis de la République font d'une pierre plusieurs coups :
- punir la FESCI qui, aux yeux du ministre chargé de la Sécurité jouirait d'une impunité intolérable;
- affaiblir et aliéner un maillon essentiel de la Résistance patriotique ;
- mettre le pouvoir dans l'embarras et saper son autorité.

La dissémination de déchets toxiques sur l'ensemble de la Ville d'Abidjan est une autre forme de guerre, la guerre chimique menée contre ce peuple qui refuse de céder, de capituler, de se soumettre. Mais, en réalité, qu'il s'agisse du G7 ou du GTI, l'expérience de ces quatre années de conduite du processus de paix montre à l'évidence que la force qui opère de plus en plus à visage découvert qui tire les ficelles, qui s'oppose au désarmement, à la réunification du pays et à la paix en Côte d'Ivoire, c'est la France Chiraquienne.

S'étant juré d'étouffer dans l'œuf l'expérience de la démocratie et de la Refondation initiée par le Président Laurent Gbagbo et de perpétuer les rapports néocoloniaux au sein de son pré-carré, la France a décidé de mener la guerre à la Côte d'Ivoire sur tous les fronts. C'est pourquoi, dès le début de la crise (26 septembre 2002), elle a refusé d'activer les Accords de défense qui lient les deux pays, prétextant qu'il s'agissait d'une affaire ivoiro-ivoirienne, alors qu'elle savait bien, de par les puissants moyens d'espionnage dont elle dispose, que les assaillants qui attaquaient la Côte d'Ivoire avaient été regroupés et entraînés dans les pays voisins qui leur servaient en même temps de base arrière. Plus grave, le Président français avait tout mis en œuvre pour empêcher que d'autres pays amis aident la Côte d'Ivoire à mater la rébellion.

Au début de la crise, lorsque nos soldats sont entrés à Bouaké à la poursuite des assaillants qui s'y étaient réfugiés, ce sont les autorités françaises qui ont exigé que les FDS leur accordent 48 heures, le temps d'évacuer leurs ressortissants et ceux d'autres pays occidentaux. Cela a duré une semaine, le temps que la rébellion prenne racine dans la ville de Bouaké.

Les autorités françaises ont organisé l'échec de la médiation ouest-africaine et des négociations de Lomé afin de les transférer à Linas-Marcoussis, parce que feu le Président Eyadéma refusait de prendre en compte une quelconque revendication politique de la rébellion {même lui ! - JD}. Le premier acte de la légitimation de la rébellion au plan international est venu d'une autorité française, Monsieur Dominique De Villepin alors ministre des Affaires étrangères qui, le 4 janvier 2003 s'est rendu personnellement à Bouaké pour rencontrer le MPCI, après qu'il eut exfiltré de Côte d'Ivoire, le 25 novembre 2002, Monsieur Alassane Dramane Ouattara, le cerveau et le financier de la rébellion.

Le 8 janvier 2003, ce sont les troupes françaises qui organisent la prise en compte du MPIGO et du MJP dans les négociations de Marcoussis en signant avec ces mouvements un accord de cessez-le-feu, qu'elles font endosser le 13 janvier 2003 par le Président Fologo aux négociations de Lomé.

C'est à Kléber que les autorités françaises ont organisé ''le coup d'Etat gouvernemental'' en dépossédant le FPI des 3/4 de portefeuilles ministériels au profit de l'opposition politico-armée dont des portefeuilles de souveraineté et Stratégique comme la Défense, l'Intérieur, la Justice et les Affaires étrangères.

C'est avec la complicité des forces françaises basées à Bouaké que les rebelles ont organisé à Bouaké du 24 au 26 septembre 2003, la casse de la succursale de la BCEAO, emportant un butin de près de 20 milliards de FCFA pour améliorer la santé financière de la rébellion. Le 6 novembre 2004, les soldats français détruisent au sol la flotte aérienne de la Côte d'Ivoire et tirent, le 7 novembre, sur les jeunes patriotes aux mains nues faisant une soixantaine de morts et plus de 2000 blessés.

C'est à l'initiative de la France que toutes les Résolutions iniques sont régulièrement prises contre la Côte d'Ivoire et que sont rédigés les communiqués scandaleux du GTI. C'est la France qui a décidé des sanctions contre Blé Goudé et Eugène Djué, deux leaders de la jeunesse ivoirienne, qui luttent pour la réunification de leur pays et pour la défense de la sémocratie. Ces sanctions n'ayant eu aucun effet sur l'ardeur de la lutte patriotique, les autorités françaises tentent désespérément, ces dernières semaines, de s'attaquer au président de l'Assemblée nationale, le Professeur Mamadou Koulibaly et au président du FPI.

La diplomatie française a tout mis en œuvre pour plomber les actions du médiateur de l'Union africaine, le Président Thabo Mbeki et pour enfermer la médiation dans le carcan du GTI qu'elle instrumentalise pour mener sa guerre contre le régime ivoirien. Le Président Chirac a mis en lambeaux les relations historiques entre la Côte d'Ivoire et la France et terni, dans le cœur des Ivoiriens, l'amitié et la fraternité à l'égard de la France.

Le GTI, conçu par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine et reconnu par la Résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'ONU comme un instrument d'assistance au règlement du conflit, est devenu, avec le rôle nocif joué par la diplomatie française, une poche de nuisance. Derrière le rideau de fer de la ligne d'interposition, les troupes françaises participent, avec la rébellion, au pillage des ressources naturelles et minières de notre pays (café, sacao, soton, bois, or, etc.). En Côte d'Ivoire, la France ne travaille pas à la restauration de la paix ; elle est partie en conflit. Sa force Licorne est le bouclier de la rébellion et sa diplomatie est son arme de combat pour orchestrer, à travers des Résolutions et des arrangements, la chute du régime ivoirien et l'accession au pouvoir de ses poulains, la rébellion politico-armée. La paix en Côte d'Ivoire passe par le retrait de la France du processus de sortie de crise.

III. NOTRE POSITION

Le Front Populaire Ivoirien est profondément préoccupé par la division du pays qui perdure malgré toutes les concessions politiques faites par le Chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo. Il s'incline devant les souffrances endurées par les populations ivoiriennes et tient à leur réaffirmer qu'il est à leurs côtés dans la peine, dans la lutte et dans la victoire inéluctable. Déterminé à agir dès aujourd'hui avec vigueur et engagement pour mettre un terme à cette crise artificielle qui n'a que trop duré, le FPI :
- adresse ses sincères félicitations au chef de l'Etat, le président Laurent Gbagbo pour l'acte de responsabilité et de courage politique qu'il vient de prendre, en refusant de cautionner la mascarade politique de New York en en décidant de prendre acte de l'échec du processus de paix de Linas-Marcoussis ;
- soutient pleinement cette décision et s'engage à poursuivre son action en faveur de la restauration de la paix et de l'intégrité territoriale de la Côte d'Ivoire dans un nouveau cadre piloté par l'Union africaine ;
- demande en conséquence la dissolution du Groupe de Travail international et le départ du pays de toutes les forces militaires françaises de l'opération Licorne et du 43ème BIMA ;
- adresse sa profonde gratitude au Médiateur de l'Union Africaine, le Président Thabo Mbeki pour son soutien constant à la cause de la paix en Côte d'Ivoire, à la République Populaire de Chine, à la Fédération de Russie, à tous les pays frères d'Afrique grâce auxquels l'odieux complot ourdi par les autorités françaises pour plonger la Côte d'Ivoire dans le chaos, a été déjoué à New York;
- leur demande de rester mobilisés et vigilants, car le serpent du néocolonialisme n'est pas encore mort ;
- demande que le médiateur de l'Union africaine soit pleinement et exclusivement chargé du règlement de la crise ivoirienne et unique interlocuteur du Conseil de Sécurité de l'ONU et de la communauté internationale;
- adresse ses félicitations renouvelées aux Forces de Défense et de Sécurité, au Général Philippe Mangou, chef d'Etat-Major des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI), pour les actes de loyauté à la République, de bravoure et de don de soi, qu'ils ont toujours posés pour la défense de la patrie ; les assure de sa reconnaissance et de sa solidarité ;
- appelle à la mobilisation, ses militants et militantes, les patriotes et démocrates de tous bords, afin d'engager, dès aujourd'hui, avec vigueur et détermination, la principale bataille, celle du départ de notre pays des Forces armées françaises, forces d'occupation, d'exploitation et d'asservissement. La paix en Côte d'Ivoire est à ce prix.

Fait à Abidjan, le 22 septembre 2006
Pour le Front populaire ivoirien
Le Président Pascal Affi N’Guessan




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Evénements de novembre 2004 : le rapport d’Amnesty International troublerait-il Mme Alliot-Marie ?

Par Delugio :: dimanche 24 septembre 2006 à 19:32 :: Articles de presse




«Sortie inoppinée d’Alliot Marie - Que veut réellement cette Dame ?»


Le Temps - samedi 23 septembre 2006
http://news.abidjan.net/article/?n=214220

par Lucette Neil :

«La ministre française de la Défense, Alliot-Marie, refait surface dans la crise ivoirienne.

Et revoilà Mme Alliot-Marie! La ministre française de la Défense s'est encore fendue d'un monstrueux mensonge. Pour juste donner le change à Amnesty International qui, dans son dernier rapport, a fustigé les actes barbares des soldats français à Abidjan en novembre 2004. L'organisation des Droits de l'Homme n'a pas hésité à accuser les soldats français d'avoir "usé de moyens disproportionnés face à des manifestants aux mains nues"!
En réponse à cette juste accusation, Mme Alliot-Marie n'a pas hésité à recourir à un mensonge grossier pour dédouaner les tueurs de la Force Licorne ! Ainsi, selon elle, "les soldats français ont toujours respecté, partout où ils sont, les règles d'engagement sur le terrain" ! Au surplus, Mme la ministre a affirmé que Amnesty International n'a, au cours de son enquête, pris en compte que les "déclarations de 8 militants du camp présidentiel". Plus que sa grossière tentative de banaliser une accusation plus qu'humiliante pour la grande démocratie qu'est la France, c'est l'animosité dont fait preuve la ministre de la Défense à l'égard de la Côte d'Ivoire de Gbagbo qui intrigue et indigne à la fois ! On en est, quelquefois, face aux déclarations éhontées de cette dame, à se demander si elle n'a pas un problème personnel avec le Président ivoirien et tous ceux qui pourraient avoir quelques rapports avec son parti, le FPI. Qu'un Ivoirien se prenne à demander un minimum d'égard pour son pays, Mme Alliot-Marie bondit aussitôt pour crier aux " partisans " ! Mais non, Madame. Il y a juste qu'aujourd'hui, la grande majorité des Ivoiriens pensent que la France est le principal soutien de la rébellion. La chose est d'autant plus claire que la France, depuis le début de cette crise, n'a mis la pression que sur le seul camp loyaliste. Quand la rébellion tue des soldats français, on met cela sur le compte d'une " tragique méprise ". Quand, par une erreur d'appréciation, des obus de l'aviation gouvernementale frappent un camp français, on y trouve prétexte pour détruire la flotte militaire aérienne de la Côte d'Ivoire légale. Histoire d'amoindrir les " capacités militaires de Gbagbo Laurent " et éviter ainsi, la débâcle des rebelles ! Mme la ministre Alliot-Marie est-elle réellement membre du gouvernement de la France ? De cette France qui, à l'époque, avait lié son appui aux gouvernements africains à l'obligation faite à ceux-ci de s'ouvrir à la démocratie ? C'est à ne rien y comprendre ! Comment peut-on soutenir des rebelles contre un régime démocratiquement élu ? A vrai dire, il faut admettre que la République fout le camp sous le règne des hordes chiraquiennes !»




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«Les clivages musulmans-chrétiens n'existent pas plus que les palabres entre sudistes et nordistes»

Par Delugio :: jeudi 21 septembre 2006 à 22:05 :: Articles de presse




Le Matin d’Abidjan
Jeudi 21 Septembre 2006

PROCESSUS DE PAIX

«
Des jeunes du RDR désormais aux côtés de Koulibaly»

http://www.attieke.com/lematindabidjan.com/visual_article.php?num_actualite=4208 :

par Guillaume N'Guettia :

«La pêche est bonne pour le vice-président du parti présidentiel. Il vient de rallier, pour la énième fois, des partisans du RDR de Port-Bouet II à la cause républicaine.

Le président du parlement peut s'enorgueillir. La moisson est plutôt bonne. Sa croisade pour la paix n'en finit pas d'avoir raison de moult bastions du RDR. Après ses détours à Anyama et à Abobo où des partisans de Ouattara ont tourné casaque, il s'attaque à Port-Bouët II (Yopougon) où il a installé ses bases depuis le 10 septembre. Ainsi à la suite des femmes ressortissantes du Nord qui ont permis à Mamadou Koulibaly d'expliquer les tenants et les aboutissants de la crise, c'est au tour des jeunes de ce quartier. Ce samedi, le vice-président du FPI va donc professer pour la seconde fois. Avant-hier, les initiateurs de la rencontre ont justifié leur option. Selon une des têtes de file de la jeunesse nordiste et/ou RDR de Port-Bouët II, Sidibé Dominique, président du comité de base RDR du secteur ''CHU'', il s'agit pour eux de faire tomber des préjugés. "Nous voulons montrer aux yeux de tous que nous voulons la paix, et que nous sommes investis dans la campagne de paix que mène Mamadou Koulibaly", explique-t-il. Et la cérémonie de ce week-end " est une sortie de confirmation." Comme pour indiquer que le message du député de Koumassi trouve des oreilles attentives dans ce quartier, connu il y a peu pour son solide attachement à ADO et à la rébellion. C'est désormais aux côtés de Koulibaly et des résistants ivoiriens que ces jeunes décident de combattre, pour faire revenir la paix dans leur pays. C'est que Ballo Adam de la ''Cour suprême'', espace d'échanges, Port-Bouët II, et sa jeunesse ne veulent plus demeurer en marge de la paix. C'est pourquoi " nous avons trouvé un homme de grande envergure pour faire passer le message. " Mais aussi, grâce au parlementaire, ils soutiennent avoir compris que des personnes se servent d'eux. Conséquence, déplore Ballo, " notre quartier a pris un coup, du fait de la crise et nous connaissons le chômage, la déchirure entre les habitants et la méfiance", déplore-t-il. Pour sa part, Traoré Ahmed lance un appel à "ceux qui sont encore dans les ténèbres" à les rejoindre. Car, poursuit-il, "nous avons découvert que les clivages musulmans-chrétiens n'existent, pas plus que les palabres entre sudistes et nordistes." Aussi, malgré les tentatives de dissuasion provenant de certains ''durs'' locaux du RDR, ces jeunes entendent mener leur entreprise à bon port. Ils promettent la sécurisation du lieu du meeting, pour prévenir les échauffourées constatées lors du premier passage de Koulibaly il y a deux semaines. Et si Sidibé Dominique, membre de la sécurité du RDR et ses amis confient que la manifestation "est apolitique", il va de soi qu'ils décident néanmoins de s'inscrire dans la logique de la défense des institutions républicaines.
»




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L'affréteur et l'ami de Jacques Chirac?

Par Delugio :: mercredi 20 septembre 2006 à 21:52 :: Articles de presse




Théophile Kouamouo l’a écrit il y a quelques semaines dans Le Courrier d’Abidjan. Puis Le Monde l’a discrètement rejoint (voilà qui est cocasse sachant l’histoire de Théophile Kouamouo avec Le Monde et avec son «Monsieur Afrique», Mister Smith).

À présent,
Libération et Le Nouvel Observateur (cf. infra) publient à leur tour ce que disait Théophile Kouamouo il y a quelque temps : il y pourrait y avoir derrière Trafigura et le Probo Koala vidant sa poubelle dans la capitale ivoirienne, un proche de Jacques Chirac. 

Et sachant à quel point ça fait désordre, et sachant les semaines de silence des médias français, il doit bien y avoir anguille sous roche de ce côté-là pour qu’on publie cela aussi extensivement dans l’hexagone !

Parce que sans cela, il est peu probable que les fruits d’une enquête de Théophile Kouamouo eussent pu être publiés en France. Pensez ! Ce franco-camerounais est une plume du combat panafricain des patriotes ivoiriens ! Autant dire discrédité a priori en France et taxé de xénophobie !


Mais voilà : il a raison, ses enquêtes sont justes — et au-delà de la désinformation hexagonale, il faudra bien un jour l’entendre — et pas seulement sur le Probo Koala. Même si cela aura peut-être commencé par là…


__________________

Le Nouvel observateur
Semaine du jeudi 21 septembre 2006 - n°2185 - Notre époque — http://www.nouvelobs.com/articles/p2185/a317428.html :

«La France complice ?

L'affréteur et l'ami de Jacques Chirac»

par Olivier Toscer :

«L'affaire du « Probo Koala » inquiète en haut lieu. Qui se cache derrière la société Trafigura, impliquée dans le scandale ivoirien ?

A Abidjan, la catastrophe écologique du « Probo Koala » a déjà viré en crise politique avec le limogeage de deux ministres du gouvernement ivoirien. A Paris, elle commence également à inquiéter sérieusement les plus hautes instances de l'Etat. La mise en cause de la société Trafigura, l'affréteur du navire-poubelle, a en effet mis en alerte plusieurs services de renseignement français.
Cette pieuvre du négoce international aux ramifications multiples et aux contours à première vue insaisissables n'est en effet pas inconnue des services secrets. Immatriculé aux Pays-Bas pour des raisons fiscales, basé en Suisse dans le discret canton de Lucerne, Trafigura est dirigé, depuis Londres, par deux Français, Claude Dauphin, arrêté à Abidjan le 16 septembre, et Eric de Turckheim. Des anciens courtiers réputés très proches d'un ami intime de Jacques Chirac : l'homme d'affaires corrézien Patrick Maugein.
Certains enquêteurs sont même persuadés - sans pouvoir le prouver formellement - que Patrick Maugein possède des intérêts dans Trafigura. L'intéressé le nie farouchement, même s'il avoue connaître ses dirigeants. Et pour cause : Maugein, Dauphin et Turckheim ont été formés à la même école, celle du pape du négoce international de matières premières, Marc Rich, un milliardaire longtemps poursuivi par la justice américaine pour avoir notamment violé l'embargo avec l'Iran, avant d'être finalement gracié par Bill Clinton.
Interrogé par nos soins, le porte-parole de Trafigura n'a pas été en mesure de préciser la nature des relations unissant Patrick Maugein et les dirigeants de la société d'affrètement. Difficile d'en savoir plus : les véritables propriétaires se dissimulent derrière des sociétés-écrans à Malte, à Jersey et dans les Antilles néerlandaises.
Le scandale Pétrole contre Nourriture, dans lequel Trafigura a été impliqué, révèle pourtant certains liens unissant l'ami du président et l'affréteur du « Probo Koala ». L'enquête diligentée par les Nations unies sur cette gigantesque affaire de détournement du pétrole irakien au temps de l'embargo affirme que Patrick Maugein a négocié lui-même avec les autorités irakiennes, et notamment l'ancien ministre des Affaires étrangères Tarek Aziz, les contrats officiels pour le compte de... Trafigura.
»



 

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19 septembre 2002 — 19 septembre 2006. Une autre lecture de ces quatre années : crise ivoirienne ou crise franco-ivoirienne ?

Par Delugio :: mardi 19 septembre 2006 à 22:02 :: Articles de presse




Dans
Le Matin d'Abidjan - mardi 19 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=213413:


«Guerre de la France contre la Côte d’Ivoire - 4 ans après, Gbagbo à la barre, Chirac et Annan s’embourbent»


par Guillaume N'Guettia :


«
Anniversaire de triste mémoire. Cela fait quatre longues années que la Côte d'Ivoire républicaine se dresse sur le chemin des appétits impérialistes de la France chiraquienne.
Souvenirs, souvenirs… 48 mois, c'est le temps que dure la crise ivoirienne. Il y a quatre ans, la Côte d'Ivoire se réveille sous les coups de canons d'une tentative de coup d'Etat, vite muée en rébellion, après que les Fanci ont déployé autant d'efforts que lui permette son arsenal désuet. Bilan, plus de 300 morts à Abidjan, parmi lesquels Emile Boga Doudou et le Gal Robert Guéi. Au finish, un kyste s'est opéré et depuis, le jeune chef visible de l'insurrection et ses bandes armées occupent le Nord et une partie de l'Ouest, au prix d'un drame sans nom. Quatre ans que la classe politique s'est scindée en deux camps, une frange de personnalités, après quelques balbutiements, ayant décidé de soutenir le MPCI. Ainsi le PDCI de Bédié, depuis la signature de l'accord de Linas Marcoussis, s'acoquine avec le RDR, branche politique de la rébellion avec qui ils forment le G7.

2002: levée de boucliers
Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Dès le 30 octobre 2002, les négociations tenues sous les auspices de la CEDEAO ont tôt fait de dévoiler ceux qui, tapis dans l'ombre, tirent les ficelles. Il s'agit de la nébuleuse fançafricaine, conduite par la France. L'objectif visé est bien simple : évincer Gbagbo et installer un homme lige au Palais d'Abidjan. Ouattara, en l'occurrence, est le choix de Paris pour gouverner la Côte d'Ivoire. Et c'est en janvier 2003 que Chirac qui avançait sur des œufs sort ses premières griffes. A Marcoussis, puis à Paris-Kléber, l'on assiste à une OPA sur les règles qui régissent la nation ivoirienne. Tout est dévolu à la rébellion qui n'en est pas à un caprice près. Auparavant, le 22 septembre, le premier contingent militaire français prend pied en Côte d'Ivoire, et opère définitivement la partition du pays.

La partition du pays.
Le MPCI peut ainsi poursuivre en toute liberté les tueries massives et pillages à grande échelle. Il n'empêche. Les ''normes'' marcousistes absolvent. S'ensuit alors la satisfaction des desiderata des insurgés qui sont même amnistiés. Depuis, que de capitales ayant accueilli le Président Gbagbo et le bloc rebelle. En juillet, c'est Addis-Abeba (Ethiopie) qui abrite un mini sommet. A cette tribune, Kofi Annan qui, adoubé par Chirac, s'implique de plus en plus dans la résolution de la crise, décide du premier conclave tenu à Accra au Ghana, pour le 29 juillet. D'importantes résolutions en sortent. Mais comme depuis le debut, le Président Gbagbo satisfait à ses obligations. Mais comme depuis le debut, le désarmement exigé d'ailleurs du bout des lèvres aux rebelles reste une vue de l'esprit. Seydou Diarra s'y est frotté, et s'y est piqué. Un cinglant ''niet'' lui est apposé par Soro, conditionné par ses parrains. Ceci dit, lorsque, à l'invitation de Thabo Mbeki qui venait d'être désigné médiateur de l'Union africaine, Gbagbo, Bédié, ADO et Soro sortent de longs conciliabules à Pretoria le 6 avril 2005, les Ivoiriens poussent un ouf de soulagement. L'accord pris dans la capitale sud-africaine présagent des lendemains qui chantent. Las ! Certes le chef de l'Etat consent à laisser la présidence du conseil d'administration et la direction de la RTI à la rébellion. Certes, la coalition politico-rebelle obtient la modification des composition, organisation et fonctionnement de la commission électorale indépendante ; et cerise sur le gâteau, l'éligibilité d'Alassane Ouattara, présentée quelque temps plus tôt, comme condition de desarmement, est acquise. Ce, par l'application de l'article 48 de la constitution, en lieu et place de l'article 35 de ce texte. L’opération Dignité et l’entrée en scène de Chirac. Mais au grand dam des résistants ivoiriens qui ont pourtant pris ombrage des largesses de Gbagbo, la rébellion refuse de déposer les armes. A chaque jour, sa revendication nouvelle. Pas plus que le désarmement, la diffusion de la RTI est toujours impossible sur l'ensemble du territoire. C'est dans cette grisaille qu'est lancée l'opération ''Dignité'' qui a raison des rebelles. Mais la France choisit, en novembre 2004, de voler au secours de ses filleuls. Paris laisse définitivement tomber le masque, et s'adonne à la destruction de la flotte aérienne de l'armée ivoirienne. Puis se rend coupable de nombreuses tueries à l'hôtel Ivoire, sur des patriotes aux mains nues, venus s'interposer au coup d'Etat que la force Licorne perpétrait. Ce ''haut fait d'armes'' a fini de convaincre les plus sceptiques sur l'implication directe de la France chiraquienne dans la guerre contre la Côte d'Ivoire. Depuis, une ambiance morose est entretenue par l'ancienne métropole qui n'en finit pas de manigancer contre le régime ivoirien. Le médiateur sud-africain ne s'en laisse pas conter, qui produit en octobre 2005 un rapport au conseil de sécurité de l'ONU. Il y est mentionné la part de sacrifices consentis par Gbagbo, et l'impassibilité de la rébellion, face aux nombreuses recommandations. Mais là encore, coup de théâtre ! Pas de satisfecit pour le chef de l'Etat.

La 1633 ou la constitution ?
Pire, une résolution, la 1633, tente d'arracher toutes ses prérogatives au président élu. La 1633 emporte Seydou Diarra et accouche de Konan Banny. Le processus de sortie de crise n'en est pas moins au point mort. C'est un Premier ministre impuissant, malgré quelques illusions, qui conduit cahin caha son train. Une locomotive trop lente au goût de la France, qui veut porter le coup de semonce : dissoudre la constitution dont Gbagbo tire sa légalité. La sale besogne est confiée au Groupe international de travail, une structure de gouvernorat qui ne dit pas son nom, et bien sûr conduite en sous mains par Paris.

Le complot de New York
C'est à cette structure qu'il est revenu de recommander la forfaiture au conseil de sécurité. Le lieu pressenti pour la mise à mort de la loi fondamentale est le siège des Nations unies. Comme pour confirmer la connexion internationale qui se bat contre les patriotes ivoiriens. La date choisie est demain jeudi, au cours d'un mini sommet qui se tient en marge de l'assemblée générale de l'organisation mondiale. Déjà, outre le bloc rebelle ivoirien, la haute mafia françafricaine est prête pour le ''grand saut'' pour la décapitation institutionnelle de la Côte d'Ivoire qu'elle tente de placer sous tutelle onusienne. Et c'est pour contrer la mascarade que Laurent Gbagbo a lancé la contre-offensive jeudi dernier. Le chef d'Etat a nommément accusé le GTI de torpiller le processus de paix. Conséquence, "je n'irai pas à New York pour cautionner cette mascarade", a lâché un Gbagbo très en colère. La présidence de la République n'envisage non plus d'envoyer des émissaires à cette négociation. C'est donc dans cette atmosphère délétère que la Côte d'Ivoire se rappelle qu'il y a quatre ans, Wade, Bongo, Compaoré et leur chef de file Chirac, ont décrété la ''mise à mort'' de Gbagbo, pour assouvir les appétits impérialistes de la France. Ils continuent de patauger dans les eaux boueuses des intrigues, les Ivoiriens ayant choisi de faire corps avec leur président, toujours à la barre. Celui-ci vient d'ailleurs de passer à l'offensive, à la satisfaction de ses supporters qui, longtemps, ont voulu voir Gbagbo tel qu'en lui-même.»





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Pollution des déchets toxiques : vers un premier bilan ?

Par Delugio :: lundi 18 septembre 2006 à 21:31 :: Analyses & commentaires




Voilà un navire-poubelle européen, impliquant des noms déjà en cause dans les affaires à scandales comme «pétrole contre nourriture», qui trouve à larguer ses déchets toxiques à bon prix dans un pays abîmé par la guerre et la corruption, via les bons offices d’un ministre des Transports à son poste du fait de cette guerre.

Rien à tirer politiquement de tout cela, apparemment, pour la guerre en cours, dans un premier temps… Silence total des médias français, alors que l'affaire agite la presse ivoirienne. Premiers à rompre ce silence, les médias français en Afrique, pour s’étonner de ce que les populations victimes ne manifestent pas plus — et pas contre la République. L’exploitation politique de l’affaire pour la guerre en cours a commencé.

Jusque là, le silence se maintient globalement dans l’hexagone — jusqu’à la démission du gouvernement Banny : à ce point le silence devient difficile à maintenir, d’autant plus que ce gouvernement a largement à voir avec la volonté de Paris. Mais à ce point, toujours pas grand chose à tirer politiquement de la catastrophe écologique. Jusqu’à ce que Libération, inspiré par le journal ivoirien d’opposition politico-rebelle Le Jour, trouve un biais d’attaque des patriotes. Une gageure, dans la mesure où ils ne sont évidemment pas en cause. Mais là où la presse rebelle ivoirienne ne fait que guerre psychologique, la presse française peut compter sur l’ignorance du public français, déjà bien entretenue par des années de désinformation : c’est ainsi que le dossier de Libération parvient à occulter totalement le nom et l’appartenance politico-rebelle du principal responsable ivoirien ! — ou plutôt, sans doute, du principal instrument — via le goût du lucre (d’un pauvre lucre) — des desseins bien plus lucratifs de Trafigura. C’est le deuxième lieu d’exploitation politique de la pollution dans la crise actuelle.


À quoi s’ajoute la dimension de guerre psychologique par la dramatisation à outrance d’un drame déjà tragique (nombreux morts et intoxiqués) — dramatisation à outrance par la presse de l’opposition politico-rebelle ivoirienne allant jusqu’à parler de déchets nucléaires portant effets à long terme — ce qui rejoint le premier type d’exploitation, celui de la presse française en Afrique, visant à susciter des émeutes. Où l’ambassadeur de France fait ce qui peut s’apparenter à une gaffe médiatique, en apparaissant en photo sur les lieux pollués sans masque…

À ce point une autre exploitation psychologique apparaît, celle qui est liée à la légèreté des ivoiriens instrumentalisés par Trafigura, qui ont simplement répandu les déchets dans les décharges de la ville — où il est vraisemblable que le déversement ait continué même après qu’il y ait eu les premières victimes : l’effet déstabilisateur s’étant déjà fait jour.

Puis l’usage économique de la dramatisation à outrance est entré en jeu : disqualifier la qualité sanitaire des produits alimentaires ivoiriens en portant la suspicion sur la chaîne alimentaire, avec effet immédiat sur l’économie, et à terme, un deuxième effet économique, accentuer le débouché ivoirien des produits européens de surplus et de mauvaise qualité.

Où, au cœur de tout cela, l’usage des déchets s’est avéré relever finalement d’un type nouveau et particulier de guerre… chimique — visant à démoraliser une population.

Et à ce point, c’est la réflexion de Sylvie Kouamé dans l’article ci-dessous, on est fondé à se demander, sachant la coïncidence chronologique avec les échéances onusiennes — à quoi s’ajoutent les violences policières gratuites de début septembre contre les étudiants, vivier des patriotes — si ce déversement de déchets à ce moment et à ces endroits relève bien du hasard…

Quand, par-dessus le marché, venaient d’être révélés et la manipulation que fut le charnier de Youpougon et le vrai scandale du trafic de cacao franco-rebelle — voilà une pollution qui tombe décidément en temps bien opportun…



L’article de Sylvie Kouamé :


Le Courrier d’AbidjanParution N° 817 du Samedi 16 Septembre 2006 http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14913 :

«Laser - En plein dans la guerre chimique !

Analyse – Le scénario est trop parfait pour être le fruit du hasard. Avec les derniers développements de l’affaire des déchets toxiques, il est désormais évident que la Côte d’Ivoire fait face à une véritable guerre chimique. Dont les stratèges observent, masqués, le déroulement.

Ceux qui pensaient que la crise ivoirienne avait déjà montré toutes ses facettes et ne pouvait plus que reproduire des figures déjà connues en ont pour leur grade. Ceux qui estimaient que l’on avait déjà touché le fond et que l’on ne pouvait plus descendre plus bas, sont obligés de se raviser.
La Côte d’Ivoire vit ses moments les plus complexes depuis le 19 septembre 2002. Encore plus difficiles que ceux de novembre 2004 qui, au moins, donnaient de la visibilité à l’affrontement. Aujourd’hui, les choses sont plus sournoises, l’adversité diffuse et perfide et pourtant bien déterminée à enfin prendre le dessus y compris en causant la mort de milliers de personnes.
Certes, une certaine omerta règne sur le rythme des déversements des déchets toxiques à Abidjan. Les sources officielles ne confirment pas la thèse des disséminations dans la nuit d’avant-hier à hier, et pensent plutôt que c’est la pluie qui a répandu les odeurs et provoqué la sortie des égouts d’une partie du liquide de la mort, désormais à l’air libre – donc plus dangereux.
Il est de toute façon évident que le produit mortel a été disséminé bien après les premières morts enregistrées. Ils savent donc ! Ceux qui sèment la mort le font sciemment ! Ils ont décidé de manière consciente de tuer des dizaines d’Ivoiriens. Mais leur dessein le plus certain est de rendre malade, courbatue, irritée, quasiment toute la population abidjanaise, notamment celle du quartier chic de Cocody, où réside le président de la République.
Que veulent-ils faire ? Prendre aujourd’hui au sérieux l’hypothèse de la guerre chimique, organisée pour décourager, distraire et démobiliser la Résistance ivoirienne au moment où Paris veut passer à la phase supérieure n’est pas de la paranoïa. Estimer que le désastre auquel on assiste est le décor général construit par ceux qui veulent plus que jamais décrire la Côte d’Ivoire en «failed state» (Etat raté prêt pour la recolonisation) n’est pas une vue de l’esprit. Un jour, l’on se rendra compte que la descente des élèves-policiers sur le campus et l’affaire des déchets toxiques faisaient partie d’un vaste plan d’ensemble dont les exécutants, tout à leurs passions pécuniaires et à leurs petites rivalités mesquines, n’ont été que des «idiots utiles» à peine informés du plan d’ensemble. En tout cas, si tous ces faits mis bout à bout relèvent de la coïncidence, c’est inespéré pour le bloc rebelle et surtout la France de Jacques Chirac, désormais directement à la manœuvre !
«La meilleure défense, c’est l’attaque» : cette règle de la stratégie, qui vaut encore plus quand l’on ne dispose pas, en termes de puissance massive, des mêmes atouts que l’adversaire, a toujours été négligée par les «grands chefs» de la Résistance ivoirienne. Ils sont désormais encerclés, et ne peuvent plus compter que sur le secours de la Providence pour combattre à leurs côtés dans les moments difficiles qui s’annoncent !»




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Le «David» ivoirien face au «Goliath» chiraco/onusien

Par Delugio :: dimanche 17 septembre 2006 à 16:10 :: Articles de presse





Lu dans
San Finna
hebdomadaire burkinabè — N°381 du 18 au 24 Septembre 2006 — http://www.sanfinna.com/UMP.htm :



«FACE AU "GOLIATH" CHIRACO/ONUSIEN
LE "DAVID" IVOIRIEN
QUI REFUSE LA HONTE POUR L’AFRIQUE


Quand on analyse les dernières évolutions de la situation en Côte d’Ivoire, marquée par le refus du président ivoirien de se rendre le 20 septembre prochain à l’ONU à une rencontre sur la Côte d’Ivoire, on se dit, de deux choses l’une :

- ou bien la communauté internationale emmenée ici par la Françafrique (qui a juré de régler le problème ivoirien à son goût plutôt qu’à celui des Ivoiriens) a décidé de mettre bas les masques et de donner le coup qui tue au régime ivoirien,

- ou bien, dans son souci d’en finir au plus vite -ou contrariée par la loyauté de l’armée, la résistance des patriotes et démocrates ivoiriens-, le duo franco/onusien a fini par verser dans la haine débridée et perdu tout sens des réalités au point de faire n’importe quoi.

On ne peut pas en effet, convoquer des adversaires à des conciliabules (dans les règles de la bonne négociation) et dans le même temps, afficher un parti pris aussi outrageant pour l’un d’entre eux. Plus grave, un médiateur ne peut pas se comporter de façon aussi cavalière, allant jusqu’à annoncer en boucle par ses relais et sous relais médiatiques que l’un des camps verrait ses droits rogner (avec à la clé des sanctions infligées à deux de ses membres éminents) et croire que ce camp ira sagement à cette rencontre pour s’y faire fesser pendant que l’autre camp sera libre ou non de désarmer. C’est pourtant ouvertement, depuis les fameuses propositions faites par Omar Bongo Ondimba sur le pas de l’Elysée, ce que, sur instigation du «parrain» et des capots de la Françafrique, Kofi Annan a projeté de faire en conviant Laurent Gbagbo à une rencontre aussi déséquilibrée. Une rencontre bidouillée mettant face à face deux adversaires : l’un à qui l’arbitre annonce par avance tous les coups qui vont le mettre KO et l’autre, qui est libre de donner tous les coups au-dessous de la ceinture et qui est garanti de sortir victorieux.

Si connaissant Laurent Gbagbo comme ceux de la Françafrique devraient le connaître, l’option a été prise de le heurter et de le blesser encore plus dans sa dignité, c’est qu’ils entendent abattre leurs cartes et aller jusqu’au bout : se défausser sur le recours à la confrontation armée ou placer la Côte d’ivoire sous mandat.

Du coup, les choses étant alors officialisées, la Constitution mise sous le boisseau, le Président Gbagbo, l’armée, les patriotes et Démocrates ivoiriens maîtrisés, la gouvernance onusienne pourra enfin appliquer en toute quiétude, son Plan B.

Mais c’est plus vite dit que fait. La force de Laurent Gbagbo, on s’en rend compte maintenant, c’est qu’il n’est plus aussi seul ; il a de plus en plus d’ amis en Afrique, aux Nations Unies. Mais par-dessus tout, il fait corps toujours, sinon davantage, lui le chef, avec son armée, avec son Peuple, communiant aux mêmes valeurs. Et jamais des valeurs nationalistes, patriotiques et républicaines n’auront été ces derniers temps en Afrique, aussi chauffées à blanc, aussi communicatrices que sous son leadership. Quand, face au Goliath chiraco/onusien, il tonne « Je n'irai pas à New-York, pour protester contre la manière cavalière, impolie, dont le GTI traite les affaires en Côte d'Ivoire, mon pays. Je n'irai pas à New York, pour montrer aux gens que la Côte d'Ivoire est une terre des hommes », ce n’est pas seulement la Côte d’Ivoire qui est traversée par des frissons : c’est une «ola» qui se soulève dans le cœur de beaucoup d’Africains qui sont révulsés par cette manifestation aussi brutale qu’injuste d’aliénation de l’Afrique qu’est celle en œuvre contre la Côte d’Ivoire.
Il pourrait en résulter d’autres humiliations pour la communauté internationale, qui en compte déjà pas mal à son débit, parce que, toute volonté de passage en force, de condamnation par défaut, pourrait déboucher sur des déconvenues, sur une exécution de mise en œuvre difficile, voire impossible. Les peuples ne se laissent plus aussi facilement dominer de nos jours ! C’est aussi une des conséquences de la mondialisation, et on en voit des témoignages dans bien de pays du Tiers Monde.

L’enseignement que le politique mais surtout l’historien Gbagbo donne aux Ivoiriens et aux Africains en ces temps d’adversité, c’est qu’un peuple qui ne sait pas refuser est un peuple qui a vocation à la servitude. C’est le message qu’il a livré à l’armée ivoirienne, au peuple ivoirien, le 14 septembre dernier. Message reçu 5/5 et qui passe, au-delà de la terre éburnéenne, au reste du continent.

Du coup, alors que les patriotes, républicains et démocrates africains se galvanisent de la résistance ivoirienne, y voient un exemple de défi rénovateur pour le continent à suivre, la fatuité de la volonté de la Françafrique (endossée par les Nations Unies) de réduire comme à l’époque de la Coloniale le pouvoir ivoirien, apparaît au grand jour. C’est en cela qu’on est enclin à se dire que cette initiative malheureuse de plus qu’est cette réunion du 20 septembre, n’est que le reflet d’un désemparement de ceux qui ont été à l’origine du complot, et qui ne savent plus à quel Saint se vouer parce qu’il leur éclate au visage.

V.T  » 





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Enjeux du bras de fer d'aujourd'hui entre la résistance panafricaine ivoirienne et la Françafrique

Par Delugio :: vendredi 15 septembre 2006 à 7:34 :: Articles de presse




«Réunion de l’ONU sur la Côte d’Ivoire : Gbagbo : "Je n’irai pas à New York"»



Le Matin d'Abidjan - 9/14/2006 7:50:35 PM — http://news.abidjan.net/h/212803.html :

par
Bidi Ignace

«A cinq jours de la rencontre d’évaluation convoquée par le secrétaire général des Nations unies à New York, le chef de l’Etat annonce son absence à ce sommet. Il en a donné les raisons hier.

Aux Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont allées le rencontrer dans l’après-midi d’hier, au palais présidentiel au Plateau, le président de la République, SEM Laurent Gbagbo a dit ce qu’il pense de la réunion du conseil de sécurité de l’ONU, du 20 septembre prochain sur la Côte d’Ivoire. Cette rencontre se fera sans le N°1 ivoirien. C’est lui-même qui a décliné l’invitation de Kofi Annan hier. « Je n’irai pas à New York», a-t-il coupé court. Pire, le président ne sera pas représenté au pays de l’Oncle Sam. « Je n’y enverrai aucune délégation (…) parce que je ne veux pas cautionner la mascarade que le GTI a faite ici », a déclaré le chef de l’Etat, décidé à adopter la politique de la chaise vide «pour protester contre la manière cavalière et impolie dont le GTI (Groupe de travail international) traite l’affaire de la Côte d’Ivoire ». De cette façon, il entend demander à la communauté internationale de traiter son pays et son peuple avec égards. La dernière réunion du GTI tenue la semaine dernière à Abidjan est la dernière goûte d’eau qui a fait déborder le vase. Car, le président soupçonne le groupe de travail de vouloir accomplir le dessein de la rébellion. Pour le chef de l’Etat, que le GTI demande par deux fois qu’on suspende la Constitution revient à dire aux rebelles :« Comme vous avez échoué, écartez-vous on va gagner pour vous ». La partialité du petit machin dans le processus de sortie de crise est désormais au grand jour : « Le GTI est manipulé par des gens pour lesquels la paix n’est pas importante ». Le président Gbagbo est formel, les parrains du GTI commanditent des communiqués contre tout ce a une base démocratique; à savoir les institutions de la République. D’où le constat que « tout ce qui est élu les (membres du GTI: ndrl) énerve ». Et de conclure : « Moi, ils m’énervent ». Outre son absence à New York, Laurent Gbagbo entend tout mettre en œuvre pour contrecarrer les attaques. « Je ne laisserai pas faire, ça ne se passera pas comme ça », a-t-il assené, déplorant le fait que l’on exporte chaque fois les problèmes ivoiriens. De ce point de vue, « il faut que l’Afrique s’approprie la paix en Afrique et en Côte d’Ivoire ». Cette transition faite, le chef de l’Etat se tourne vers ses pairs africains de l’Union africaine à qui il entend faire des propositions « pour un nouveau processus ». Cela parce que les accords de Marcoussis et Kléber « ont échoué » depuis quatre ans maintenant qu’ils sont appliqués. A l’UA, Gbagbo a fait la mise au point suivante : « Ceux qui ne veulent pas faire le désarmement sont devant nous, on fait quoi ? ». Question essentielle, dira le chef de l’Etat, car l’heure est à la prise de décision claires et non d’autres tractations. « Je ne ferai plus aucun arrangement ; les arrangements sont terminés, les négociations sont terminées », a-t-il martelé, indiquant que sa position sur d’autres discussions est connue du secrétaire général de l’ONU depuis longtemps. « Quand Kofi Annan est venu à Yamoussoukro, a révélé Laurent Gbagbo, je lui ai dit que les arrangements sont terminés. Il m’a donné raison, on a écrit cela. C’est consigné ». Ce refus est la conséquence de quatre ans de concessions qui ont vu le chef de l’Etat « opérer vingt trois changements (arrangements) dans notre corpus législatif », à la demande de l’opposition rebelle et politique. Sans que le désarmement, « la seule revendication » du camp présidentiel, ne soit exaucé. Pire, les commanditaires de la rébellion « ont suspendu la venue de la paix au bon vouloir des rebelles », sous prétexte que le désarmement doit se faire « de façon volontaire ». La passivité de la communauté internationale devant ce que Gbagbo qualifie de « caprices » est, selon lui, la résultante d’un mauvais diagnostic des médiateurs de la cause principale de la guerre. « Ils diagnostiquent, regrette-il, un problème identitaire alors que c’est un coup d’Etat pour des gens qui voulaient s’emparer du pouvoir ». Et le chef de l’Etat de couper court : « les temps sont proches où il faudra prendre des décisions », Il a déjà prévenu que conformément à la Constitution ivoirienne, il reste aux affaires et n’en partira que par la seule volonté du peuple qui l’a élu. « Gbagbo est venu ici (au pouvoir : ndrl) par le vote des Ivoiriens, il partira par le vote des Ivoiriens », a martelé le président qui se dit déterminé à protéger la loi fondamentale. « Le premier rôle du président, a-t-il rappelé, c’est de défendre la Constitution de son pays » et Laurent Gbagbo entend jouer son rôle jusqu’au bout : «Je défendrai la Constitution sur laquelle j’ai prêté serment ».
»




«Sommet sur la Côte d`Ivoire à l`ONU/ Chirac, Annan, Soro : la guerre de survie»


Le Temps — 15 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=212804 :


par
Simplice Allard :

«La résolution de la crise en Côte d'Ivoire sert de prétexte à certains protagonistes plus ou moins impliqués de régler leur compte. Le 20 septembre prochain, l'ONU leur servira une fois de plus de champ de bataille, au détriment du peuple ivoirien.

Ils seront plusieurs invités le 20 septembre à l'ONU, à prendre la parole pour trouver une " issue heureuse " à la crise qui déchire la Côte d'Ivoire depuis quatre ans. Mais beaucoup y seront avec la ferme conviction que leur survie politique dépend du départ de Laurent Gbagbo du pouvoir. Parmi ces personnalités, il y a le Président français Jacques Chirac, le Secrétaire générale de l'Organisation des Nations unies Kofi Annan, le Secrétaire général des factions rebelles Guillaume Soro. Les deux premiers jouent leur destin politique dans une crise ivoirienne qui est loin de leur être étrangère.

La fin du mandat de Chirac doit coïncider avec la chute du Président Gbagbo

Dessous de table dans les contrats Elf au Gabon, émeutes dans les banlieux, affaire claerstream, crise ivoirienne, etc. Beaucoup trop pour un patriarche. Chirac veut sortir de la scène politique française sur une bonne note. En fin de mandat, le président français Jacques Chirac prépare un fauteuil bien douillet à son successeur au palais de l'Elysée. C'est un euphémisme que de dire que le chef de l'Etat français manœuvre dur pour maintenir l'emprise de son pays sur son ancienne colonie, la Côte d'Ivoire. Pays dont la richesse continue d'alimenter les caisses du trésor français et ne cessent de maintenir la France au rang de cinquième puissance mondiale économique et militaire. Jacques Chirac s'en voudra jusqu'à la fin de ses vieux jours de n'avoir pu préserver l'héritage de la métropole. Tout comme il se refuse de porter le chapeau de l'échec latent à la grande famille des Gaullistes dont il a hérité les intrigues. Le sommet du 20 septembre à l'ONU est donc pour lui, un corps-à-corps avec le régime ivoirien dont il voudrait sortir vainqueur. Le ballon d'essai à quatre têtes, lancé par son homologue gabonais Omar Bongo prévoit Gbagbo dans le statut d'un maître de cérémonie sans réel pouvoir décisionnaire et une montée en puissance de l'opposition civile et armée dans les centres de décisions. L'ancien maire de Paris qui n'est pas dupe sait que sa tâche n'est pas du tout aisée. Grâce divine ! Le scandale des déchets toxiques arrive à point nommé. Comme lors du charnier de Yopougon ou à défaut, Chirac devra adapter sa stratégie au scénario roumain. Qui a consisté à préparer un soulèvement populaire comme à Bucarest, suite à une banale affaire de cadavres des victimes présumées du régime roumain qui a dégénéré et provoqué la chute de Nicolae Chauscescu. Les stratèges et médias français pourraient exploiter abusivement les déchets toxiques. Et intoxiqué le monde entier sur les "dérives fascistes du régime Gbago". Il est donc à craindre les jours prochains, les rues abidjanaises jonchées de cadavres sortis de nulle part et brandis comme des victimes des déchets toxiques. Et les militants du RHDP joueront leur partition en descendant dans la rue. Pendant ce temps, un autre scénario se joue au Conseil de sécurité de l'ONU. La France demanderait le retrait de ses troupes de la Côte d'Ivoire. On prêche le faux pour avoir le vrai. Comment dans une telle situation de " soulèvement populaire ", est-ce possible que Paris veuille retirer ses troupes ? S'offusquerait alors l'ONU. Une résolution prolongeant le mandat de la force française Licorne est vite prise. Le tour est joué. Dans un désordre que Chirac aura suscité, son armée Licorne entrerait en jeu pour frapper.

Kofi Annan : La place de Kufuor, mais Gbagbo doit partir d'abord

Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU) ne finit pas de se convaincre que, le meilleur cadeau que puisse mériter un ancien haut fonctionnaire international, c'est de finir sa carrière au poste de Président de la République de son pays d'origine. L'après Kufuor se prépare depuis les couloirs de la maison de verre et s'est accru, depuis que le SG est en fin de mandat. Ses connexions dans la haute finance y travaillent. Mais entre le rêve d'accéder au pouvoir d'Etat et la réalité, il y a parfois des écueils qu'il faudra vaincre au préalable. Parmi ces obstacles, se trouve un certain Laurent Gbagbo dont l'amitié avec John Kufuor n'est plus à démontrer. La crise ivoirienne a beaucoup raffermi les liens entre les deux hommes. Il est clair que la complicité entre les deux hommes dérange beaucoup Annan. La dernière sortie du président ivoirien au Ghana qui date du 9 avril 2004, a forcément laissé des traces qu'il faudra du temps à Kofi Annan pour effacer. C'était à l'occasion de la commémoration de l'accession au trône du 16e roi Ashanty, sa Majesté Nanan Otumfuo Osei Tutu II Asantehene. En présence du Président John Kufuor. Célébration grandiose marquée de discours en hommage au Président Laurent Gbagbo qualifié par les officiels ghanéens de " digne fils africain qui mène le bon combat du panafricanisme ". Ce tandem Gbagbo-Kufuor n'est pas fait pour arranger le clan Annan. Ce dernier ne bouderait non plus le plaisir de voir Gbagbo partir ou d'aider ceux qui désirent la déchéance du régime ivoirien. D'où la mollesse d'action du SG de l'ONU en faveur de la paix en Côte d'Ivoire avec Gbagbo toujours au pouvoir.

Soro : un exil américain qui tourne au chantage

L'avenir politique du Secrétaire général des factions rebelles du Nord de la Côte d'Ivoire dépendra des faveurs demandées aux autorités des Etats- Unis d'Amérique. Cette grâce que recherche Soro depuis de longs mois à la limite de l'obsession, est un visa américain pour un exil au pays de l'Oncle Sam. Le jeune rebelle voudrait mettre à profit des conseils reçus ici et là. Lesquels conseils voudraient qu'il se mette un peu au vert pour une dizaine voir une quinzaine d'années afin de se faire oublier et faire oublier toutes les atrocités dont il est le commanditaire. Après la tentative échouée au Burkina Faso auprès du consul américain de ce pays, les démarches se poursuivent. Ses dernières pérégrinations l'ont conduit en Afrique centrale et du Nord. Rien n'est encore précis. Mais ses réseaux s'activent à faire entendre raison aux autorités américaines sur les bien- fondés de l'accueil d'un "ancien" rebelle sur leur sol. Pas facile de convaincre le Congrès américain très pointilleux sur ce genre de cas. Selon une source diplomatique américaine basée dans la sous-région ouest-africaine, " les USA entendent mettre à profit leur aide à Soro. S'ils le font languir, c'est parce qu'ils ne savent pas encore de quoi demain sera fait en Côte d'Ivoire. " D'ailleurs, il reste à savoir ce que propose en contrepartie Guillaume Soro ? A raillé notre source. Qui estime que le sommet sur la Côte d'Ivoire qui se tient le 20 septembre prochain, bien que qualifié de "sommet de nerf ne fera pas bouger d'un seul iota, le Président Gbagbo". Malgré " une résolution injuste contre la Côte d'Ivoire, bien au contraire ", a rassuré une autre source diplomatique.»




«Sanctions onusiennes contre Affi et Koulibaly/ Un autre complot de la France pour affaiblir Gbagbo»

Le Temps — 15 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=212805 :

par
Simplice Zahui :

«C'est soit de la provocation soit un simple acte de névrose. C’est l'expression juste pour qualifier la bêtise de Jacques Chirac contre un mythique Laurent Gbagbo mais mystérieux pour son régime. Faute d'intelligence et de moyens politiques pour l'abattre, c'est de la plus puissante organisation du monde que le Président français s'est saisi en vue de frapper le régime d'Abidjan. Le samedi prochain, une suite positive sera donnée à la requête que la France a introduite au Conseil de Sécurité de l'ONU pour sanctionner deux personnalités de l'entourage de Laurent Gbagbo. L'information sur la cabale a été donnée hier sur RFI, un des relais médiatiques de l'Elysée. Elle fait ainsi cas de deux personnalités ivoiriennes proches du Président Laurent Gbagbo qui doivent tomber en fin de semaine sous le coup des sanctions de l'ONU pour entrave au processus de paix. Et l'information de préciser sans aucune exactitude réelle que "le comité des sanctions a reçu dans la soirée, une demande officielle de la part de quatre membres (lesquels ?) d'inscrire l'ancien Premier ministre, Pascal Affi N'Guessan, chef du parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI) et le Président du Parlement, Pr. Mamadou Koulibaly sur la liste des sanctionnés " . Il reste que les quinze (15) membres du conseil de sécurité se prononcent en vue d'une suite au projet machiavélique de la France. Mais avant même que la suite au projet de résolution de la France au conseil de l'ONU ne soit donnée, les propagandistes de RFI et de l'AFP ne se font aucune gêne quant à la formule et à la conjugaison utilisées pour annoncer la nouvelle. "MM. Affi et Koulibaly sont sanctionnés pour leur rôle présumé dans les violences qui ont secoué la Côte d'Ivoire en juillet". De deux choses l'une, Affi et Koulibaly seront sanctionnés si les autres membres du Conseil de Sécurité donnent un avis favorable au projet. Après?»




Déchets toxiques — Après des semaines d’embarras, la presse française a trouvé un biais pour lever son silence

Par Delugio :: jeudi 14 septembre 2006 à 11:51 :: Analyses & commentaires




Ce matin (14.09.06), Libération met la pollution des déchets toxiques à Abidjan à profit pour passer à l’attaque contre la Côte d’Ivoire. Il y avait urgence : les échéances onusiennes approchent. Mais on ne voyait pas comment utiliser la catastrophe pour salir les patriotes.

Libération a trouvé ! La matière du dossier qu’il nous assène aujourd’hui provient d’un article du journal ivoirien d’opposition Le Jour qui lance le 11 septembre dernier, à titre de scoop, une Une provocatrice nommant Mme Gbagbo. Manifestement à Libération, on a lu Le Jour, qui lui, depuis, a discrètement reculé sans s’en donner l’air
(
http://news.abidjan.net/article/?n=212439) — sa Une ayant décidément trop prêté le flanc à l’attaque en diffamation. L’article du Jour, lui, allait bien moins loin que son titre (http://news.abidjan.net/article/?n=212001).

Résumé des faits, qui, après avoir été derrière l’article du Jour, sont derrière le dossier de Libération : un ministre de la mouvance de l’opposition politico-rebelle et françafricaine (ça, Libération ne le dit à aucun moment de son dossier), le ministre des transports Anaky Kobena, décide de créer une société d’affrétage — Tommy — en juillet 2006. Le Président de la République est renseigné sur cela de la part du directeur du port autonome d’Abidjan et du gouverneur d’Abidjan, via son épouse — semble-t-il. Il n’a aucune raison de s’opposer au projet de Kobena, non plus que de s’opposer par la suite à la mise en œuvre de son premier contrat significatif, la réception de la cargaison du Probo Koala.

C’est cela qui est rapporté dans les colonnes du Jour (11.09.06) en ces termes : «
participation de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo aux débuts des opérations avec son concours pour la formation de la société Compagnie Tommy. En complicité avec le DG du Port Autonome d’Abidjan Marcel Gossio et le Gouverneur du District d’Abidjan Djédji Amondji Pierre.»

N’était le vocabulaire choisi — comme, notamment, «en complicité» — qui invite naturellement à la suspicion, rien d’extraordinaire à la nouvelle : une autorisation pour la création d'une société. Mais Le Jour se permet pour cela sa Une du 11.09.06 : «Mme Gbagbo au cœur du scandale» !

Ce qu’un peu de bonne foi est porté à considérer comme frisant — au minimum — le diffamatoire. Les tribunaux sont naturellement fondés à inquiéter le journal !

Le Jour passe au stade du recul stratégique (le 13.09.06) sans avoir l’air d’y toucher, et en se donnant même, toujours en Une, l’air de contre-attaquer à ce saisissement de la justice. Le Jour semble adopter la même stratégie que Le Monde face à la justice française dans l’affaire des «escadrons de la mort» : si la Une est provocante, le contenu ne dit pas grand chose. On sait que cette stratégie a échoué pour Le Monde qui a perdu ses procès contre le couple Gbagbo : même si les articles sont plus nuancés que la Une, on n’a pas le droit de diffamer en Une pour «nuancer» après !

Même si le titre du Jour ne dit pas la part de Mme Gbagbo dans le scandale — et pour cause s’il ne s’agit que de ne pas faire obstacle à ce qu’un ministre crée une société d’affrétage — et même si le contenu de l’article ainsi annoncé est insignifiant, le mal est fait.

Et Le Jour a beau reculer deux jours après, dans des rodomontades apparentes, parlant désormais d’ «article litigieux {…} dénonçant certaines légèretés dans la gestion du dossier», et en rajouter dans le recul en précisant : «Le Jour plus a publié lundi dans ses colonnes un article, non pas accusateur, mais dénonçant la mauvaise information du chef de l’Etat» — Le Jour a beau reculer de la sorte, le mal est fait, selon le principe qui a si bien joué dans les escadrons de la mort, le charnier de Yopougon, etc., principe dont la paternité est attribuée au ministre de la propagande de Hitler, Goebbels : «calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose».

C’est ainsi que cette «participation de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo aux débuts des opérations avec son concours pour la formation de la société Compagnie Tommy {…} en complicité avec le DG du Port Autonome d’Abidjan Marcel Gossio», devient dans les colonnes de Libération : «
Gossio est partie prenante avec l'épouse du Président, Simone, dans la société écran — Tommy».

Le propos est attribué, via interview, à un «spécialiste» de la Côte d’Ivoire (Christian Bouquet
— qui manifestement a lu Le Jour) — http://www.liberation.fr/actualite/monde/204344.FR.php. Du Jour à Libération, on a glissé carrément du soupçon insinué depuis une autorisation non-refusée à une prise de partie à une société écran ! À l’appui du «spécialiste» et du titre donné à son interview par Judith Rueff : «Le port d'Abidjan est une pompe à finances pour le régime» (extrait d’un autre propos du «spécialiste») — le lecteur ne manquera pas d’entendre : «la société écran Tommy» est une création de Mme Gbagbo !!!

Et on est naturellement fondé à se demander si ce n’est pas le but recherché, puisque le fondateur de ladite société, le ministre des transports et chef du MFA, parti de la coalition d’opposition politico-rebelle et françafricaine, Anaky Kobena, n’est jamais nommé dans tout le dossier de Libération !

Ou plutôt — que le lecteur se tienne bien —, la seule fois où il pointe son nez dans ce dossier c’est de la sorte — http://www.liberation.fr/actualite/monde/204356.FR.php  : «Le ministre des Transports accuse le gouverneur de la ville, Pierre Amondji, un fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat, d'être complice des pollueurs. Ses services ont ouvert cette nuit-là la principale décharge d'Akouédo aux camions-citernes de la société Tommy. D'autres noms circulent dans la presse : Marcel Gossio, le directeur général du port autonome d'Abidjan, considéré comme l'un des financiers du pouvoir ; le patron de la douane, le colonel major Gnamien Konan, un autre homme de confiance de Gbagbo».

Bref voilà un Innocent — c’est le prénom d’Anaky Kobena, ministre des transport et créateur de la société Tommy pour laquelle création il ne s’est pas vu opposer d’obstacle par les proches de Gbagbo énumérés ici comme dans un chapelet.  Voilà un Innocent dont les accusations qu’il a lancées contre ceux, proches de Gabgbo, qui n’ont pas eu le flair de faire obstacle à son projet, deviennent les éléments-clés du réquisitoire anti-Gbagbo de Libération.

— Quand l’éditorial de Libération a précisé qu’ «il faudra que toute la lumière soit faite, et que, à affaire exemplaire, il y ait aussi châtiment exemplaire, même s'il est politiquement explosif, comme cela pourrait être le cas à Abidjan», sous-entendant : «suivez mon regard» ! (
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204355.FR.php) ;

— Quand le «spécialiste» convoqué, à la question inévitable de Judith Rueff «Le scandale éclabousse-t-il le Président ?» a répondu : «Laurent Gbagbo, une fois de plus, a su transformer l'affaire en coup politique, en démissionnant en bloc le gouvernement du Premier ministre Charles Konan Banny. Ce qui va lui permettre une nouvelle fois de repousser les échéances, alors que l'ONU examine dans quelques jours la question du désarmement et de l'identification des électeurs, et que son mandat expire en principe fin octobre»…

On connaît, si l’on avait encore des doutes, le propos qui est derrière ce dossier : ruiner le plus possible, à coup de conditionnels, qui seraient insoutenables à l’indicatif, et de contre-vérités, le crédit de Gbagbo en vue des échéances onusiennes d’octobre.

Cela tandis que — ça c’est habituel dans la presse française — la charge de nous expliquer les conséquences politiques de l’affaire est confiée à… Alassane Ouattara ! Lequel, naturellement, a confirmé par avance les dires du «spécialiste» pour lequel, on vient de le lire, en substance, «Gbagbo a démissionné le gouvernement Banny» ! — démission que Ouattara a, on s’en souvient, et Libération le répète, qualifiée de «non-événement». 


Et le «spécialiste» vient de nous redire encore quasi explicitement ce qu’on nous rabâche depuis des mois, à savoir que c’est Gbagbo qui souhaite repousser les élections — et qu’importe si il les remporterait haut la main ! : il est comme ça, mauvaise tête !

C’est ainsi que le fait persistant que l’opposition françafricaine continue de refuser de désarmer ; le fait qu’elle n’entend pas que l’identification se fasse en présence des autorités préfectorales, mais sous la seule garantie des kalachnikovs (c’est que Chirac a bien expliqué qu’il faut confectionner de nouvelles listes électorales) ; tout cela est passé par pertes et profits : c’est Gbagbo qui bloque : qu’on le fasse savoir à l’Onu ; en n’oubliant pas de préciser qu’on a nommé ses proches dans
Le Jour
et Libération concernant le pollution !


C’est ainsi que la presse pro-française en Côte d’Ivoire et la presse française, ce serpent qui se mord le queue, donnent dans l’ «objectivité», Libération amplifiant Le Jour qui s’autoproclame dans ses colonnes «journal indépendant». Indépendant de quoi ? «Indépendant» comme l’est Libération ?

Libération s’est bien donné le beau rôle, avec une ou deux dénonciations vertueuses et théoriques à tonalité écologique contre les pollueurs du nord des pays du sud. Ça ne mange pas de pain. (
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204350.FR.php ;
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204354.FR.php)

Libération nous a bien dit —
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204345.FR.php : «Trafigura, qui n'en est pas à ses premiers déboires avec la justice, tente de limiter les dégâts de cette nouvelle affaire sur son image. Une autre enquête est en cours, aux Pays-Bas, sur les opérations du groupe de négoce dans le cadre du scandale provoqué par le programme des Nations unies «Pétrole contre nourriture» en Irak. Des cargaisons illégales de pétrole irakien, acheminées par plusieurs intermédiaires, parmi lesquels Trafigura, ont en effet servi à financer l'armement du régime de Saddam Hussein.»

Mais Libération s’est bien gardé d’entrer dans certaines proximités du pouvoir français dans Trafigura (cf. 
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14764 ;
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14845).
Proximités autrement compromettantes, celles-là, que celles des «proches du pouvoir ivoirien» que Le Jour n’accuse plus à présent que d’avoir manqué de vigilance !





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Mieux vaut lire un tel article que d’être aveugle !

Par Delugio :: mercredi 13 septembre 2006 à 14:08 :: Analyses & commentaires




Lu dans Le Figaro (et commenté en vert — avec quelques aveux remarquables surlignés en bleu)

«Le premier ministre ivoirien contesté par l'opposition»

Karène Bassompierre (À Abidjan)

Le Figaro Publié le 13 septembre 2006 — Actualisé le 13 septembre 2006 —
06h00http://www.lefigaro.fr/international/20060913.
FIG000000084_le_premier_ministre_ivoirien_conteste_par_l_opposition.html :


«Côte d'Ivoire. "En voulant régler un problème, Banny a ouvert une autre crise, plus grande", commentait samedi dernier un journaliste ivoirien {probablement d’un journal "indépendant"!}. Le premier ministre, en annonçant la démission de son gouvernement suite au scandale de la pollution qui touche Abidjan, a voulu frapper fort. Mais il n'a fait peut-être que compliquer la crise ivoirienne, à l'approche de la déjà très complexe échéance du 31 octobre, terme de la prolongation du mandat de Laurent Gbagbo par l'ONU. {CQFD}
 
Des discussions sont en cours pour constituer un nouveau gouvernement, acceptable à la fois par le président et par l'opposition {re-belote !}. Elles n'ont pas encore abouti, ce qui n'a rien d'étonnant {certes !} quand on sait que, à la fin 2005, il avait fallu un mois pour obtenir un consensus sur le nom du premier ministre, et encore trois semaines pour obtenir un gouvernement. La difficile bataille pour les ministères de souveraineté risque à nouveau de s'ouvrir {dur pour la Chiraquie !}.

Mais Charles Konan Banny s'est mis à dos l'opposition, regroupée au sein du G 7, qui estime que le premier ministre, qui a été nommé par la communauté internationale {suivez mon regard}, n'aurait pas dû remettre sa démission au président {sic ! Mais à qui alors ? — comme il l’a demandé lui-même à Brigitte Girardin qui le lui reprochait}. Car il contribue ainsi à le remettre au centre de la vie constitutionnelle du pays, alors que l'on avait cherché à l'en écarter. {Voilà un aveu qui vaut son pesant d’or !}

La communauté internationale {suivez mon regard} semble pourtant bien décidée à maintenir Konan Banny dans ses fonctions après le 31 octobre {quoiqu’il semble moins docile que prévu !}. En vidant la fonction présidentielle de toutes ses prérogatives, elle espère neutraliser le président Gbagbo, et mettre ainsi toutes les cartes entre les mains de Banny. {Voilà qui est clair !}

La suspension de la Constitution ivoirienne est envisagée. Un pari qui pourrait se révéler risqué. Depuis plus d'un an, Gbagbo base toute sa légitimité sur ladite Constitution, selon laquelle il conserve ses pouvoirs jusqu'aux élections suivantes. La sienne, mais également celle de l'Assemblée nationale, qu'il a réussi à maintenir, malgré l'opposition du GTI {sic ! Voilà le GTI participant de l’opposition !}. Le pouvoir de nuisance {sic} du camp présidentiel reste donc intact.

Avant les âpres négociations du 20 septembre, qui permettront à tous les responsables ivoiriens de discuter de l'avenir du pays, Banny doit faire face à la crise sanitaire qui touche Abidjan. Six personnes sont mortes, et près de 10 000 personnes se sont rendues à l'hôpital. La psychose enfle alors que l'État {français ? *} continue à garder le silence.»



{* Car l’État ivoirien, à en lire la presse ivoirienne (y compris d’opposition) est loin d’être silencieux !}


À bon entendeur…





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À trop tirer sur la corde, elle finit par casser…

Par Delugio :: mardi 12 septembre 2006 à 4:02 :: Articles de presse




«Résolution de la crise ivoirienne - L`entêtement suicidaire de Chirac»


Notre Voiemardi 12 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=212025 :

par Guillaume T. Gbato :

«La dernière réunion du GTI a remis au goût du jour le vieux débat sur la volonté manifeste des autorités françaises d'opérer en Côte d'Ivoire, et au grand jour, un coup d'Etat. Après avoir échoué dans la tentative de renversement des institutions ivoiriennes en utilisant des déserteurs de l’armée le 19 septembre 2002, la Chiraquie a tenté un coup d'Etat plus en douceur à Marcoussis. C'est de là qu'est partie en effet la fameuse idée selon laquelle, face à la grave crise déclenchée dans le pays par le coup d'Etat manqué de septembre 2002, il fallait dessaisir le président de la République de ses pouvoirs constitutionnels, au profit d'un super Premier ministre. C'est cette idée de base qui a conduit à la nomination de Seydou Diarra. Malheureusement pour Chirac et ses amis, effrayés certainement par la grossièreté d'un tel schéma, ils ont admis que tous les accords se faisaient conformément à la Constitution. C'est ainsi que tout en introduisant une nouvelle réalité dans la situation politique ivoirienne à travers la nomination d'un Premier ministre qui ne soit pas le choix exclusif du président de la République, Marcoussis reconnaissait la Constitution comme norme devant régir la vie des institutions qui n'ont pas disparu malgré la rébellion. D'où les déboires de la France, qui avait naïvement compté sur une abdication des patriotes ivoiriens et du président de la République. Mal lui en prit puisqu'au contraire, plus que jamais solidaires, les patriotes ivoiriens ont fait corps avec le président de la République et les institutions qu'il incarne pour faire échec à l'imposture. Déjà dans son adresse à la Nation après son retour de Marcoussis, le président Laurent Gbagbo avertissait que chaque fois que les accords entreraient en contradiction avec la Constitution, il appliquerait la Constitution. Trois années durant, c'est cette ligne de défense que le chef de l'Etat et tous les patriotes ont adoptée pour neutraliser Paris et ses rebelles. Quand est arrivé le terme constitutionnel de la fin du mandat du président de la République, alors que les rebelles en violation flagrante de tous les accords ont toujours refusé de déposer les armes, Paris s'est cru en droit de demander la mise à l'écart du chef de l'Etat. On a alors entendu les rebelles et leurs parrains élyséens parler de vide constitutionnel, de transition sans Gbagbo etc. Cette manœuvre a échoué. Puisque, quelques jours avant octobre 2005, le médiateur de l'Union africaine, le président Thabo Mbeki avait clairement expliqué au Conseil de sécurité de l'Onu que le président Gbagbo avait rempli toutes les obligations mises à sa charge par les différents accords. Perturbés dans leurs plans, la France et tous ses valets africains avaient alors rué dans les brancards contre le chef de la nation arc-en-ciel et tenté sa mise à l'écart par la remise en selle de la CEDEAO. Il avait fallu un discours magistral du président Gbagbo, disqualifiant l'organisation sous- régionale, pour faire échouer le plan de Paris. Par la suite, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA, sur la base du rapport du président sud-africain, avait accouché du squelette de ce qui sera plus tard la résolution 1633. Bien entendu, cette résolution demandait le désarmement des rebelles sans délai, la nomination d'un Premier ministre ayant tous les moyens pour faire le travail de préparation des élections. Puisque Seydou Diarra avait marmonné pendant longtemps qu'il n'avait pas les moyens de faire son travail. Mais, pour le grand malheur des Ivoiriens, la France réussira, avec la complicité du Premier ministre, à vider la résolution 1633 de sa force contraignante pour les rebelles, pour focaliser l'attention de tous sur des problèmes secondaires comme ceux de l'identification, la confection des listes électorales. Maintenant que le Premier ministre a passé le clair de son temps à faire tout sauf l'essentiel, revoilà Paris avec sa vieille rengaine. Mettre Gbagbo à l'écart. Comme si Chirac et ses amis n'avaient tiré aucune leçon de tous les évènements qui se sont déroulés, en Côte d'Ivoire, ces quatre dernières années. En effet, il est particulièrement affligeant d'entendre les officiels français parler de la suspension de la Constitution d'un pays tout simplement parce que des bandits ont pris les armes contre ce pays. Mais, ce que Chirac et ses amis devraient savoir c'est que, dans une démocratie et dans un pays qui se respecte, c'est le peuple, à travers des élections, qui donne des pouvoirs à tel ou tel individu. Et cela se passe à l'occasion des élections. Après tout ce temps et toute le démonstration dont les Ivoiriens ont fait preuve pour s'opposer au coup d'Etat de la France, penser encore aujourd'hui que l'on peut, par divers subterfuges, donner aux rebelles ce qu'ils n'ont pas eu par les armes procède, de la part de Chirac, d'un entêtement qui peut s'avérer suicidaire pour la France.»



«Au cœur de la réunion du GTI: Les vérités de Banny à la France»

Notre Voie11 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=211955 :

par Boga Sivori :

«Le Premier ministre Charles Konan Banny a craché ses vérités à la ministre française déléguée à la Coopération au cours de la réunion du GTI tenue en fin de semaine dernière.

Le Groupe de travail international (GTI) a tenu sa réunion mensuelle, en fin de semaine vendredi, à Abidjan, au siège de l'Onuci à l'ex-hôtel Sébroko.
Dans son communiqué final, ce groupe, co-présidé par le ministre congolais de Affaires étrangères, Rodolphe Adada, et le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Pierre Schori, tirant les conséquences de son échec et sans énumérer les causes, demande au Conseil de sécurité des Nations unies de mettre en place “de nouveaux arrangements institutionnels et de gouvernance pour la période postérieure au 31 octobre”. Le GTI demande , notamment, qu'on dépouille le président de la République de ses pouvoirs au profit du Premier ministre. Sur ce point, le GTI n'a fait qu'endosser les desiderata du chef de la rébellion Alassane Ouattara. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, les choses n'ont pas été aussi faciles pour les pro-français.

Les vérités de Banny à Brigitte Girardin

Selon des sources dignes de foi, dès le début de la réunion, la ministre française déléguée à la Coopération Brigitte Girardin a interpellé le Premier ministre Charles Konan Banny pour qu'il s'explique sur le dépôt de sa démission dans les mains du président Gbagbo. Banny entre dans une colère noire et répond énergiquement en ces termes: “Dans les mains de qui devrais-je déposer ma démission Madame la ministre? Je suis Premier ministre de la République de Côte d'Ivoire et, face à une situation grave, je veux déposer ma démission pour donner un signal fort. Dans les mains de qui dois-je le faire à votre avis? La Côte d'Ivoire est un Etat souverain qui a un président de la République. Et c'est dans les mains de celui-là que j'ai déposé ma démission. Et si c'était à recommencer, j'aurais fait exactement la même chose”.
Sur ces entrefaits, le représentant du secrétaire général de l'ONU demande, selon nos sources, une suspension de séance pour calmer les esprits. Et la plupart des participants ont profité de ce break pour se décontracter un tout petit peu. Mais le Premier ministre, lui, est resté dans la salle.
Au retour, la question a été classée et la réunion a abordé son ordre du jour.
Le Premier ministre, en faisant le point de l'application de la feuille de route, a dit qu'il est confronté à la difficile cohabitation de deux législations. A savoir la Constitution et la résolution 1633 de l'ONU. Il a donc demandé que le GTI l'aide à régler le problème lié à cette difficile cohabitation. C'est en réponse à cette difficulté évoquée par le Premier ministre Banny que la ministre française déléguée à la Coopération a proposé la suspension de la Constitution au profit d'une nouvelle résolution que le Conseil de sécurité de l'ONU devra prendre. C'est alors que la ministre sud-africaine des Affaires étrangères aurait demandé sur quoi l'ONU s'appuierait pour suspendre la Constitution d'un pays souverain comme la Côte d'Ivoire. Elle aurait, par ailleurs demandé pourquoi la France s'acharne sur les autorités ivoiriennes alors qu'au cours de toutes les négociations qui ont été menées, il n'a jamais été question de la dissolution de la Constitution ivoirienne. Un débat s'est alors instauré sur la question. Au cours du débat, la ministre sud-africaine a eu le soutien de l'ambassadeur des Etats- Unis. Mais les pro-français étant plus nombreux que ceux qui se battent pour la dignité de l'Afrique, leur point de vue l’a emporté. C'est ce qui explique que le communiqué final demandant le renforcement des pouvoirs du Premier ministre en violation de la Constitution a été adopté. Toujours selon nos sources, Banny, qui nourrissait discrètement un arbitrage en faveur de la Constitution, n'a pas donné sa caution à ce communiqué.
En tout état de cause, le président de la République, qui a reçu samedi Pierre Schori et Rodolphe Adada, à sa résidence à Cocody a catégoriquement rejeté le communiqué du GTI.
»





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Déchets toxiques et autres afflictions. Vers un état des lieux…

Par Delugio :: lundi 11 septembre 2006 à 17:47 :: Articles de presse




La catastrophe écologique et sanitaire des déchets toxiques prend de plus en plus l’allure de pointe émergée d’un iceberg — ou d’une masse tentaculaire aux ramifications internationales, où se multiplient les groupes, agents divers et autres écrans impliquant jusqu’à plusieurs sociétés européennes, outre les acteurs ivoiriens… Du coup chacun peut se renvoyer plus aisément la balle et les responsabilités, les vrais coupables pouvant s’appliquer à fondre leur culpabilité dans cette dilution générale des responsabilités. Et l’affaire laisse immanquablement apparaître qui est dans quel camp. Tel journal du bloc politico-rebelle nomme en Une Mme Gbagbo ! Les journaux français les plus habituellement acharnés contre la résistance ivoirienne, comme
Libération dont c’est le silence qui a été pour le coup éloquent, ou Le Courrier international, font en sorte, à travers leurs brèves et sibyllines infos sur le sujet, que par «membres du gouvernement ivoirien», on sous-entende, le titre aidant, «Gbagbo»…
À l’heure où le GTI, ou plutôt la majorité françafricaine qui s’en dégage, redouble de mauvaise foi pour couler Gbagbo (cf.
l’article de Sylvie Kouamé), ce sont là autant de signes de ce qu’il n’y a pas là matière à lui chercher de poux dans la tête — sans quoi, l’affaire, n’en doutons pas, eût eu un autre effet que ce silence assourdissant dans les médias français !
Avant les résultats des enquêtes qui détermineront les responsabilités précises, avant de lancer les écrans de fumée des Unes assassines vouées à s’avérer vaines, il s’agit surtout de prendre acte de ce que cette catastrophe dévoile de l’état de pourrissement des
relations internationales et du rôle considérable que peuvent y jouer la corruption et la tentation du lucre. Théophile Kouamouo rédige depuis quelques semaines une série d’articles en forme de bilan, intitulées «Quand l’Etat fout le camp»




«Quand l’Etat fout le camp»
par Théophile Kouamouo, les 28.08, 04.09, 11.09.06 :


Le Courrier d’Abidjan — rubrique «De vous à moi»


Quand l’Etat fout le camp


(1) Parution N° 812 du lundi 28 août 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14584 :


La crise ivoirienne est-elle condamnée à être un vaudeville répétitif où les mêmes acteurs reproduisent des variantes du même scénario médiocre ? Visiblement, oui. Si l’on s’amuse à comparer les «Unes» des journaux de ces dernières semaines avec ceux de l’année dernière, à la même période, on ne peut s’empêcher d’être frappé par la similarité des thèmes et des objurgations. La presse proche du bloc rebelle est préposée, aujourd’hui comme il y a un an, à l’organisation d’une «ambiance» pré insurrectionnelle. En 2005, elle a brandi «le coup d’Etat publicitaire» du général Mathias Doué comme la menace suprême sur le fauteuil du président Laurent Gbagbo… avec les résultats qu’on sait ! Avec le même enthousiasme, elle nous a vendu de nouveau «le spectre Doué» pour produire le même effet. Manque de pot : effrayé par d’éventuelles sanctions onusiennes, le «Chinois» n’a fait que «pondre» un déni s’adressant, non pas aux journalistes qui vantaient son prochain coup, mais aux «méchants refondateurs» qui seraient, il paraît, à l’origine de la rumeur…
Comme l’année dernière, la presse, toutes tendances confondues, a les yeux rivés vers New York et la «Maison de Verre». Que décidera Kofi Annan pour nous ? Chassera-t-il Gbagbo ? Chassera-t-il Banny ? Les hiérarques du RHDP se fendent en lettres hystériques à un Thabo Mbeki à qui ils avaient juré de ne plus adresser la parole et à un Kofi Annan qu’ils tiennent pour un envoyé de Dieu sur terre. Ils crient, tempêtent, exigent. Une transition. Une transition sans Gbagbo. Ou alors une transition avec Gbagbo, mais un Gbagbo sans pouvoirs.
Transition. Le destin de la Côte d’Ivoire est-il d’aller de transition en transition ? Il est frappant que dans toutes ces revendications désordonnées, l’opposition ivoirienne parle si peu des élections. Comment expliquer cette étrangeté, à part par le fait que la génération politique qui se passionne tant pour les transitions est elle-même une génération de transition ? A cheval entre les pères de l’indépendance, bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne, et les produits de cette indépendance, bien décidés à prendre leur destin en main, elle a des réflexes anachroniques, des névroses insoupçonnées, les attitudes bizarres d’hommes inachevés à qui l’on a volé leur destin.
L’histoire de la Côte d’Ivoire balbutie. Désespérés, pris dans une nasse de contradictions intérieures et internationales, les patriotes les plus sincères finissent par se réjouir de la «prolongation» annoncée du tandem Gbagbo-Banny (intériorisant ainsi les prétentions illégitimes et illégales de l’ONU à mettre la Côte d’Ivoire sous tutelle et à régenter le fonctionnement de ses institutions). Mais même le maintien du statu quo actuel est une sorte de piège, de stratégie à long terme faisant le lit de «l’ingouvernabilité» pratique de la Côte d’Ivoire sur la longue durée. Un pays ne peut pas vivre impunément «en récréation» pendant longtemps, selon la belle expression du président Laurent Gbagbo.
Il est vrai que la profondeur de cette crise (mais aussi des épreuves de force comme celle de novembre 2004, où la France a remplacé les rebelles dans l’adversité contre la Côte d’Ivoire) fait que les décideurs du pays n’ont souvent le choix qu’entre des mauvaises solutions. Mais nous devons porter la situation de la Côte d’Ivoire comme un fardeau, ne jamais laisser loin de nous nos insatisfactions pour nous contenter de rêves rabougris. Nous devons nous astreindre à ne pas avoir le sommeil léger.
Car l’Etat fout le camp. Le vaste trafic qui a conduit à la dissémination de déchets toxiques liquides dans plusieurs communes d’Abidjan, montre que l’autorité de l’Etat n’est plus qu’un vain mot et que les appétits gloutons d’un leadership «de transition» sûr de son impunité car installé aux postes de responsabilité par la «communauté internationale» (c’est-à-dire personne) menace notre survie à tous. L’état de crise nous rend indifférent à tout. Sans la guerre actuelle, le scandale des déchets toxiques ferait la «Une» de tous les journaux. Mais qui s’en préoccupe ? On a les yeux secs, l’indignation fatiguée. Les trafics du «cacao du sang» d’Adama Bictogo ? Bof, on en a vu d’autres ! Les escroqueries des «maisons de placement» d’argent ? Voire. La création d’un vaste marché de la contrefaçon et de la fraude ? Et après ?
La crise continue. L’école ivoirienne se meurt. Le passage en force devient un art de vivre chez nombre de ministres (dont celui de l’Education nationale) et de directeurs généraux (qui savent que des problèmes plus intéressants que leur tyrannie localisée occupent l’opinion). Il faut en sortir ! Nous n’avons pas encore la solution. Mais nous savons que nous devons refuser la pseudo fatalité de la médiocrité et du déclin.


Le Courrier d’Abidjan— rubrique «De vous à moi»  


Quand l’Etat fout le camp


(2)
Parution N° 812 du lundi 4 septembre 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14694 :


La semaine dernière, nous vous entretenions, avec une certaine inquiétude, du lent délitement de l’Etat de Côte d’Ivoire, otage d’une classe politique amoureuse des «transitions» et de toutes les formules de gouvernance qui la rendent irresponsable devant le président de la République, l’Assemblée nationale et le peuple tout entier.
Nous évoquions le scandale des déchets toxiques liquides déversés dans plusieurs communes d’Abidjan, comme un exemple des conséquences du cafouillage au sommet occasionné par la pénible situation de ni paix, ni guerre dans laquelle nous sommes plongés.
Au risque de paraître répétitifs, nous revenons sur le même thème ce lundi. En effet, non seulement le scandale des déchets toxiques s’est amplifié et a montré tous les dégâts sanitaires dont il était porteur, mais il a laissé entrevoir de diaboliques complicités au sein de l’administration et du gouvernement ivoiriens.
De plus, la barbare expédition punitive des policiers et des élèves-policiers sur le campus universitaire, qui s’est soldée par un mort au moins et des dizaines de blessés, est une illustration supplémentaire de la lente décomposition de l’Etat en Côte d’Ivoire. Nous sommes en danger !
Sommes-nous conscients qu’il en est des Etats comme des entreprises et des individus ? Savons-nous qu’eux aussi naissent, croissent et peuvent mourir, si ceux qui en ont la charge ou y vivent se complaisent dans l’inconscience, l’égoïsme, la rapacité, l’autodestruction ? Nous vivons une époque où trop de personnes ne voient l’Etat que comme une sorte de vieille dame riche à dépouiller. Cela doit cesser !
Interrogeons-nous profondément : quel est l’objectif de ceux qui mènent la guerre à la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002 ? On peut penser qu’il s’agit principalement d’un coup d’Etat qui a dégénéré en rébellion armée et dont les initiateurs ont trouvé des appuis extérieurs dans leur quête de pouvoir. Nous estimons, pour notre part, que cette guerre vise à achever l’Etat de Côte d’Ivoire, au-delà de celui qui le dirige, afin de le (re)transformer en colonie d’exploitation administrée par l’ancien colonisateur derrière les masques commodes de l’ONU, du GTI, de la CEDEAO ou de l’Union africaine – selon les alliances du moment. Cette tentative de recolonisation s’inscrit dans une logique plus large, en cours en République démocratique du Congo – où l’on s’est arrangé pour piéger les élections afin qu’elles ne soient qu’une étape dans un conflit qui doit encore durer longtemps, mais sous d’autres formes –, au Soudan et au Tchad – où une nauséabonde guerre du pétrole a lieu entre la Chine et les Etats-Unis, avec la France en embuscade –, et même au Liberia, en Sierra Leone et à Haïti – désormais sous tutelle onusienne structurelle.
La guerre en Côte d’Ivoire n’est pas qu’une conjuration momentanée et localisée. Dans leur logique actuelle, les accords de paix signés sous l’égide de la communauté internationale ne visent qu’à accompagner vers le suicide collectif un peuple orgueilleux refusant de se faire appliquer la «solution» alors qu’il marche encore sur ses deux jambes. A ce titre, la tactique politique du président Gbagbo, visant à confondre les comploteurs de l’Elysée et de la Maison de Verre en «faisant le mort» et en jouant de bon cœur le jeu de la cohabitation avec un Premier ministre peu désireux de prendre en main les servitudes du pouvoir, est certes gênante pour les marionnettistes, dont l’édifice démonstratif souffre quelque peu. Mais elle n’est pas imparable. Les quatre années de guerre que nous avons subis nous montrent bien que la honte n’a jamais étouffé les théoriciens de la coalition franco-rebelle, qui changent leur fusil d’épaule idéologique dès qu’ils sont coincés.
Ainsi, pendant qu’à Abidjan, l’on se laisse bouffer par un «nouvel ordre politique» déresponsabilisant tout le monde, on se lèche sans doute les babines dans les laboratoires de la Françafrique, en se disant qu’on les aura bien à l’usure, ces Ivoiriens qui se croient malins !
Le président Gbagbo a sévi de manière exemplaire contre le directeur de l’école de Police et a annoncé des mesures et des enquêtes dont les résultats sont attendus. Il aurait dû monter au créneau de la même manière dans l’affaire des déchets toxiques, pour ne pas donner la désagréable impression que les groupes de pression qui ont une forte capacité de mobilisation voire de nuisance sont prioritaires par rapport à des victimes moins bavardes. Il gagnerait à intervenir plus souvent face à toutes les mafias prospérant à la marge d’un Etat devenu défaillant. La philosophie selon laquelle «on ne reste pas dans les magnans pour enlever les magnans» a ses limites et arrange ses adversaires dans le cas d’espèce. Dans son interview à la télévision camerounaise, il disait que son rôle était «de ressusciter les lois». Il devrait aussi, de manière ferme et assurée, ressusciter l’Etat et son autorité. Son cabinet aura-t-il les réflexes et les automatismes lui permettant de camper ce rôle de contrôleur méticuleux de l’action du gouvernement et de l’administration ?


Le Courrier d’Abidjanrubrique «De vous à moi»

Quand l’Etat fout le camp


(3)
Parution N° 812 du lundi 11 septembre 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14818 :


En ces temps troublés, où les Ivoiriens ne savent plus où donner de la tête, pris dans la nasse de l’affaire des déchets toxiques et de l’énième coup de boutoir de la France, camouflée derrière le GTI, contre la souveraineté de leur nation, nous soumettons à la méditation collective cette citation du philosophe Ernest Renan. «Une nation est une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices que l’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours.»
La Côte d’Ivoire a-t-elle encore l’envie et la force de demeurer une nation ? On ne peut répondre à cette question qu’en en posant d’autres. L’élite politique ivoirienne égocentrique et rapace qui a montré sa corruptibilité et le peu de cas qu’elle fait de la vie de ses concitoyens est-elle disposée à faire les «sacrifices» dont parle Renan ? Rien n’est moins sûr quand l’on constate qu’aucun des protagonistes mis en cause n’a eu le réflexe de démissionner de lui-même pour permettre un bon déroulement de l’enquête. Rien n’est plus improbable quand on voit les attitudes ultra-politiciennes de l’opposition politico-armée, symbolisée jusqu’à la caricature par la morgue et le cynisme d’Anaky Kobena face à cette affaire.
Le peuple ivoirien est-il prêt au «plébiscite de tous les jours», est-il disposé à mettre le bulletin de vote Côte d’Ivoire dans l’urne que sa conscience politique lui présente chaque matin ? Choisit-il ce bulletin de vote face à ceux qui vantent les bénéfices de son compte en banque, de ses ambitions crypto-personnelles, de ses réflexes ethnicistes, de son sectarisme religieux, de son fondamentalisme partisan ? Chaque citoyen de ce pays aura l’occasion de répondre à cette question. Mais il est évident que celui qui plébiscite la mise sous tutelle, donc la recolonisation de sa nation, choisit de voter «non» au projet d’une vie commune en toute liberté. Il participe de la mise à mort de la nation, de l’Etat-nation. Celui qui chemine avec les patriotes plébiscitant tous les jours l’idée nationale, au péril de leur confort et de leurs vies, mais qui, en réalité, obéit à des logiques d’opportunité pour lui-même, vote lui aussi «non» lors du référendum quotidien que nous propose Renan.
Non ! L’Etat n’est pas une évidence. Oui ! Comme le corps humain, il est régulièrement attaqué par des virus insidieux se nourrissant de sa vie jusqu’à le mettre à mort. Les virus les plus dangereux menaçant les Etats sont les mafias. Elles prospèrent à la marge de l’Etat, en s’appuyant sur des démembrements de l’Etat, contre l’intérêt de l’Etat, en concurrence avec l’Etat, en espérant décapiter l’Etat.
Et elles sont nombreuses, en Côte d’Ivoire, les mafias s’accrochant à l’Etat pour tenter de le déshabiller ! La première et la plus visible de ces mafias est la Françafrique. C’est elle qui a enlevé à la nation son intégrité territoriale, et a tué en novembre 2004 pour garantir sa division artificielle. Le dernier communiqué du GTI (qui est son visage du moment) nous montre bien que c’est elle qui se rebelle contre les institutions de l’Etat, la Constitution et les lois pour imposer une législation ad hoc, pour se garantir l’arbitraire nécessaire à la mise en place de son «nouvel ordre politique», de son inextinguible soif de puissance. C’est cette mafia, dont la particularité est de profiter à un autre Etat – qui la protège et l’entretient – qui a accouché d’autres mafias. Dont celle de la rébellion, qui vend, par l’intermédiaire d’Adama Bictogo, le cacao ivoirien sous un faux label avec la garantie d’une société d’assurance appartenant à l’Etat français. La mafia françafricaine est la plus cohérente. Elle ronge l’Etat ivoirien à petit feu parce qu’elle ne peut pas le tuer en un seul coup. Elle ne pleurera pas le jour de son enterrement.
Mais la Côte d’Ivoire est menacée par d’autres mafias. Celles des hommes d’affaires d’ici et d’ailleurs contents d’exercer dans un pays aux nombreuses potentialités économiques mais qui refusent les règles de droit et la fiscalité, et cooptent des fonctionnaires, des ministres et des élus véreux et tellement insatiables qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis – parce qu’ils la croient incassable. Leur inconscience apparaît dans toute sa crudité avec l’affaire des déchets toxiques. Prêts à tuer tout Abidjan, à s’intoxiquer eux-mêmes, pour des «jetons» ! La corruption a avalé leur instinct de conservation !
La Côte d’Ivoire est menacée par la mafia des hommes en tenue, grassement payés par l’Etat pour protéger la nation, mais qui la dépouillent au quotidien, fabriquent tous les jours, avec leur arbitraire et leur cupidité, le terreau où prospèrent les discours stigmatisant «l’exclusion». Ces gens-là détruisent les biens des transporteurs parce qu’ils ne veulent pas se laisser racketter, tuent des étudiants parce qu’ils ne veulent pas les révérer, laissent s’infiltrer les armes parce que leurs propriétaires les ont soudoyés. Ils sont, eux aussi, les ennemis de l’Etat-nation. Par un comportement citoyen quotidien, par un refus pacifique de nous soumettre à leur arbitraire, par un rappel permanent des règles de droit, nous devons leur montrer à eux aussi que nous ne les laisserons plus sévir.
La théorie des magnans – «on ne peut pas être dans les magnans et enlever les magnans» – pourrait finir par nous engloutir. Refusons à la fois la mafia françafricaine et l’hydre corruptrice locale, même quand elle prétend être des nôtres. Nous n’avons pas le choix : nous nous battrons sur deux fronts ou nous mourrons.




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Crise des déchets toxiques : le piège?

Par Delugio :: dimanche 10 septembre 2006 à 9:01 :: Articles de presse




À côté de lectures comme celle, par ex., de Paul D. Tayoro, qui écrit  dans Notre Voie  : "Une seule chose n'avait pas été prévue : l'honnêteté du Premier ministre Charles Konan Banny, qui, devant l'ampleur de la catastrophe et la preuve du laxisme coupable du gouvernement, a choisi de démissionner. Le bloc rebelle et ses commanditaires sont pris de court" ; à côte de ce type de lectures qui apprécie comme positif le geste de Banny de remettre sa démission, un autre type de lectures, comme, par ex. celle de Sylvie Kouamé, dans l'analyse ci-dessous :



Le Courrier d’AbidjanParution N° 811 du Samedi 9 Septembre 2006 http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14796 :

«
Laser - Crise des déchets toxiques : le gros piège !
»

par Sylvie Kouamé :

«Analyse – La démission collective du gouvernement annoncée par Charles Konan Banny risque de tourner au cauchemar. Face à la plus grosse crise écologique de son histoire, la Côte d’Ivoire n’a plus d’équipe gouvernementale, mais des ex-ministres gérant les affaires courantes. Si Banny se plie aux caprices du RHDP, on va vers une aggravation du syndrome de «l’ingouvernabilité» de la Côte d’Ivoire.



Le mélange d’euphorie et de consternation consécutif à l’annonce de la décision du Premier ministre Charles Konan Banny de présenter la démission de son gouvernement au président Laurent Gbagbo est passé. La Côte d’Ivoire retourne à ses petites médiocrités ordinaires. La politique politicienne reprend ses droits, comme dans une sorte de théâtre d’ombres se jouant comme si de rien n’était dans un décor en pleine décomposition.
Cela fait déjà plus de 48 heures que le Premier ministre a «autodétruit» l’équipe qui jusqu’ici travaillait sous sa conduite et a reçu instruction du président de la République de former un nouveau gouvernement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la manière dont les choses se déroulent n’augure de rien de bon.

Un pays embourbé dans une crise humanitaire… sans gouvernement !

Si Banny avait l’intention de continuer à se soumettre à la dictature des partis politiques héritée des accords de Linas-Marcoussis (que la Résolution 1633 avait tenté d’atténuer en affirmant qu’il avait «pleine autorité» sur son équipe et pouvait donc limoger certains ministres), il aurait dû tout simplement limoger les ministres directement concernés par le scandale, demander à leurs partis de désigner leurs remplaçants. En cas de refus de ces partis, il aurait pu nommer des intérimaires. Le problème serait moins lourd à gérer que de nouvelles négociations pinailleuses avec les rebelles, le PDCI, l’UDPCI, le FPI, le MFA, l’UDCY, le PIT, etc…
La décision de Banny de présenter la démission de son gouvernement et de ne rien lui substituer assez rapidement s’apparente à de l’irresponsabilité. Nous voici donc dans un pays en pleine crise humanitaire, qui fait appel à la communauté internationale pour l’aider… et qui ne dispose même pas de gouvernement pour faire face au sinistre.
Certes, les ministres de la précédente équipe sont censés gérer les affaires courantes. Mais la responsabilité de prendre des décisions importantes pour juguler une crise d’une ampleur inédite dépasse, à n’en point douter, le simple cadre des «affaires courantes». Et l’on est assez stupéfait de se rendre compte que ce sont les membres du gouvernement démissionnaire qui, au quotidien, gèrent la crise sans la moindre clarification. Un flou artistique dangereux et encore plus déresponsabilisant pour certains ministres que le sens de l’Etat n’étouffait déjà pas, de toute façon. L’heure n’est pas aux contorsions politiciennes ! Banny doit nommer de toute urgence une nouvelle équipe avec des personnes «vierges» dans les ministères où il y a eu faute, pour créer la nécessaire confiance entre le gouvernement et les populations et booster la procédure d’urgence visant à circonscrire les dégâts et à réparer le sinistre.

Le piège d’un affaiblissement encore plus grand de l’Etat

Le G 5 (selon l’appellation que le bloc rebelle se donne lui-même, après avoir liquidé les différentes succursales du MPCI, le MJP et le MPIGO) aurait pu profiter de cette crise pour prendre de la hauteur et s’humaniser quelque peu. Mais il s’est engagé dans une étrange opération de défiance envers le président de la République et le Premier ministre. L’opposition politico-militaire applique à Banny la stratégie qu’elle avait essayé avec Mbeki : elle prend acte de sa prétendue «démission» et demande à la communauté internationale un nouveau Premier ministre.
Pendant ce temps, la France officielle, de plus en plus soucieuse, essaie de tenir le «Primus» à la ceinture à travers la ministre de la Coopération, Brigitte Girardin, qui a quasiment élu domicile à Abidjan et la cellule africaine de l’Elysée, qui téléphone sans arrêt. Paris a deux fers au feu : se rallier au G7 en soutenant progressivement la campagne anti-Banny si ce dernier continue de faire tandem avec «le grand méchant Gbagbo», ou le ramener sur la bonne voie en prêchant la bonne nouvelle des liens indéfectibles de la Françafrique.
Dans ce contexte fait d’intrigues et se drapant derrière les bons sentiments de l’humanitaire, la réunion d’évaluation de New York risque d’arriver alors que la Côte d’Ivoire, sans équipe dirigeante, aura atteint le «seuil d’ingouvernabilité» ! Une aubaine pour les partisans de la mise sous tutelle du pays.

Une pseudo-démission collective pour solde de tout compte ?

Et si le Premier ministre, désireux de s’extraire du discrédit qui avait frappé son gouvernement, avait imaginé un tour de passe-passe formidable pour se blanchir à peu de frais ? En effet, l’annonce spectaculaire de la démission du gouvernement reste purement rhétorique – les ministres incriminés restent en place et peuvent même utiliser le temps qu’on leur donne en sus pour détruire un certain nombre de documents compromettants. Aucun responsable de premier plan n’a encore été directement incriminé, par la police, la justice ou le gouvernement – même si l’on peut noter que le président Gbagbo a saisi personnellement le procureur de la République avant-hier «spécialement à l’effet de diligenter une enquête exhaustive dans les plus brefs délais, de saisir les tribunaux et de me tenir régulièrement et personnellement informé».
N’empêche, on fait du surplace. La routine ivoirienne, faite d’impunité et des caprices incessants d’états-majors politiques indignes, a recommencé.
Le Premier ministre Charles Konan Banny doit terminer ce qu’il a commencé. S’il ne le fait pas, le président élu par les Ivoiriens doit l’y contraindre. Sinon, il serait responsable du chaos qui ne tardera pas à (re)prendre le dessus.»




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«Message de la France aux jeunes Africains : faites un coup d’État»

Par Delugio :: jeudi 07 septembre 2006 à 9:36 :: Articles de presse




«Aujourd’hui, la France est en train d’envoyer un message aux jeunes africains : faites un coup d’État béni par la France et ensuite on vous créera une commission de réconciliation»


Ce titre est une citation de la présidente de Survie (cf. ci-dessous) lors de la manifestation contre la réception officielle du dictateur togolais à Paris. C’est un résumé parfait de ce que le pouvoir français a fait en Côte d’Ivoire et ratifié à Marcoussis légitimant la rébellion contre le pouvoir élu — et réussissant alors à emporter une large adhésion y compris parmi les partis politiques qui protestent heureusement aujourd’hui contre l’entérinement du coup d’Etat togolais…


«La France déroule un tapis rouge à Faure Gnassingbé arrivé au pouvoir sur un tapis de sang»

Agence de Presse Africaine (APA) 5 septembre 2006 publié sur ufctogo.com le 6 septembre 2006

http://www.ufctogo.com/article.php3?id_article=1481 :

«Des partis français dénoncent la visite de Faure Gnassingbé à Paris

Des partis politiques de la gauche française ainsi que des ONG ont dénoncé, mardi à Paris, au cours d’une conférence de presse, la visite officielle que doit effectuer à partir de mercredi en France, le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé.

« Les partis de gauche s’associent pour dénoncer cette visite. Cette réception très officielle qui est réservée à Faure Gnassingbé témoigne d’une volonté de la France de couper l’herbe sous les pieds de l’Union européenne qui a une autre lecture de la situation politique au Togo », a déclaré le député des Verts, Noël Mamère.

Le député français estime que la présence du président togolais en France est la preuve du parti pris affiché par le chef de l’État français, Jacques Chirac, dans la gestion de la crise politique au Togo.

Selon M. Mamère, les autorités françaises « ont légitimé le pouvoir illégitime d’un homme arrivé au pouvoir par les armes ». Mais, c’est fait à dessein, a-t-il fait remarquer.

« La politique de la France consiste à aider les dictateurs africains, à les armer contre les peuples. Nous pensons qu’il est temps que la France change de politique sur le continent », a-t-il notamment indiqué, appelant par ailleurs « à la mort de la Françafrique » et la dissolution de la cellule africaine de l’Élysée.

« Nous sommes scandalisés de voir la France, chantre de la démocratie, dérouler un tapis rouge à Faure Gnassingbé qui est arrivé au pouvoir sur un tapis de sang ».

« Tous les dictateurs doivent être déclarés persona non grata », a pour sa part déclaré la présidente de l’ONG Survie.

« Aujourd’hui, la France est en train d’envoyer un message aux jeunes africains : faites un coup d’État béni par la France et ensuite on vous créera une commission de réconciliation », a-t-elle déclaré, se désolant par ailleurs du fait que l’accord politique global intertogolais signé le 20 août dernier n’ait pas pris en compte la question « capitale de la justice et de l’impunité ».

« Il faut que Chirac cesse d’apporter sa caution à ces régimes dictatoriaux. La France doit, au contraire, aider les peuples africains à s’affranchir et non à soutenir des régimes qui les enfoncent », a déclaré pour sa part le Parti communiste français.

Pour se faire entendre, les partis de gauche et les ONG ont prévu d’organiser mercredi à 18 heures, à la Place du Chatelet à Paris, un grand rassemblement « pour dire à Chirac que nous ne voulons pas de Faure Gnassingbé en France ». Une trentaine d’associations africaines et françaises devraient y prendre part aux côtés des organisations de la diaspora togolaise.
»



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Conférence de Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne

Par Delugio :: mercredi 06 septembre 2006 à 19:11 :: Articles de presse




Le Matin d'Abidjan


Compte rendu de la conférence

par Mireille Abié :

«
Le président de l'Assemblée nationale était hier le point focal de la célébration du 1000ème numéro du quotidien Le Temps. Au cours de la conférence-débat qu'il a animée à cet effet, le Pr Mamadou Koulibaly a révélé à l'auditoire l'une des raisons essentielles de la guerre que la France mène contre la Côte d'Ivoire.

"De Seydou Diarra à Charles Konan Banny, le regard de Mamadou Koulibaly sur le processus de sortie de crise et la nouvelle Côte d'Ivoire par rapport à ses défis économiques". C'est le thème à partir duquel le président du parlement ivoirien a instruit tous ceux qui ont effectué le déplacement de l'hôtel Ivoire hier, pour prendre part à la célébration du 1000ème numéro du quotidien ''Le Temps''.

Pendant plus de deux heures d'horloge, le Professeur Mamadou Koulibaly qui n'est pas habitué à la langue de bois ne s'est pas débiné. Avec le franc-parler qu'on lui connaît, le président de l'Assemblée nationale a livré les tenants et les aboutissants de la crise. Et partant, donné son avis sur le processus de sortie de crise enclenché depuis Marcoussis jusqu'à la résolution 1633.

Selon lui en effet, la Côte d'Ivoire, du moins le régime de Laurent Gbagbo, est attaquée parce que la France n'est pas prête à renégocier les accords de coopération signés du temps de la colonisation. A l'en croire, les autorités ivoiriennes ont déjà soumis à la France leur désir d'une relecture de pacte signé du temps de la colonisation et qui contraint la Côte d'Ivoire à payer une sorte d'impôt d'inquisition au trésor français.

Les autorités ont opposé un niet à cette doléance, estimant que le régime ivoirien issu de la deuxième République n'est pas légitime. Le Président Laurent Gbagbo, voulant prendre la France à son propre piège, attendait donc les élections de 2005 pour enfin dénoncer cet accord de dupe, briser le monopole français et ouvrir le marché à d'autres partenaires. La France en est consciente. Et c'est donc pour retarder l'échéance qu'elle a actionné une rébellion qui se bat en réalité pour défendre ce pacte colonial.

Un accord pris en compte par les Nations Unies place en effet la Côte d'Ivoire et la plupart des pays d'Afrique francophone sous les chapitres 11 et 12 de la Charte de l'Onu qui disent en substance que ces pays ne sont pas encore totalement autonomes. Par conséquent, poursuit-t-il, à l'Onu la Côte d'Ivoire est considérée comme ''un titre de portefeuille français '', géré par la cellule africaine de l'Elysée.

A ce titre, c'est à la France que revient le droit de parler au nom des Ivoiriens. Elle se donnera donc toujours le droit d'imposer qui elle veut à la Côte d'Ivoire. Parce que le véritable problème du pays de Laurent Gbagbo, c'est d'avoir pour protagoniste la France qui est en même temps membre du conseil de sécurité. Mais le député de Koumassi, optimiste quant à l'issue de la crise, a soutenu qu'en dépit de toutes les manigances, " la Côte d'Ivoire sortira nécessairement du giron français ".

Et pour y arriver, il revient selon lui aux Ivoiriens et même aux Africains de faire en sorte que le pouvoir ne puisse pas s'obtenir par la force. Mais pour y arriver, Mamadou Koulibaly soutient qu'il faut que certains leaders politiques arrêtent de penser que "pour diriger la Côte d'Ivoire, il faut nécessairement être aimé de l'Elysée". Pour l'honorable parlementaire, Laurent Gbagbo ne partira du pouvoir que par les élections et non par les armes. Aussi soutient-il que le désarmement des rebelles se fera à la méthode ivoirienne si la bande de Soro ne veut pas se soumettre au DDR. Cette méthode consiste, selon lui, a coupé la rébellion de ses soutiens locaux. Et à en croire Koulibaly, ce travail est en cours : " Une bonne partie de la jeunesse du RDR a fini par comprendre qu'elle été trompée. Elle travaille en ce moment avec Konaté Navigué et Blé Goudé pour faire avancer les choses ".

Parlant des différents médiateurs qui ont eu à intervenir dans le cadre de la résolution de la crise, le conférencier estime que tous sauf Mbeki sont trop longtemps restés sous influence française. Le président sud africain aura été de loin le meilleur parce qu'il a travaillé avec méthode pour aboutir à des résultats concrets, a-t-il précisé. Malheureusement, ajoute Koulibaly, toujours au nom du chapitre 11 de l'Onu, la France, par la mise en place du Gti, s'est donnée un autre moyen d'exacerber la crise.

Il estime aussi que si Eyadema, en dépit des nombreux contre-pieds de la Chiraquie, a "mouillé le maillot" pour aider la Côte d'Ivoire, ce n'est pas le cas du président sénégalais. A en croire l'honorable député, Wade doit être classé au rang de bon dernier des trois médiateurs parce qu'au lieu d'aider la Côte d'Ivoire, "il a plutôt essayé de semer davantage de trouble".

Parenthèse : une précision donnée par Vincent Deh dans Notre Voie
No. 2481 — mercredi 6 septembre 2006 — http://news.abidjan.net/presse/notrevoie.htm :
«
Mamadou Koulibaly a révélé que feu le président Eyadéma du Togo a, dès sa prise du pouvoir, cherché à savoir où allait l’argent du phosphate togolais. Il s’est rendu compte qu’une infime partie seulement des recettes de cette matière première apparaissait au guichet du Togo. L’ex-président togolais a donc exigé que l’on nationalise l’exploitation de ce minerai. “Quelque temps après, il était dans son avion allant ou revenant de Kara, son avion a été abattu. Il s’en est tiré, mais, en toute confidence, il était convaincu que c’était l’œuvre des services français. Et c’est depuis ce jour qu’il est devenu très prudent par rapport à certaines questions relatives à la coopération française”, a révélé Mamadou Koulibaly.
Parlant des différents médiateurs de la crise ivoirienne, le conférencier a classé le président sud-africain Thabo Mbeki en tête de tous ceux qui étaient censés ramener la paix. Selon lui, le président sénégalais Abdoulaye Wade a, quant à lui, semé le trouble dans les esprits. Il a indiqué que bien qu’étant avocat, Me Wade est resté sous influence française. Par contre, feu Eyadéma a “mouillé le maillot”. Mais quand ils ont senti qu’il allait prendre de la hauteur vis-à-vis des contraintes françaises, feu Eyadéma a été remplacé par Me Wade. Pour lui, Me Wade est classé dernier en matière de médiation dans la crise ivoirienne et feu Eyadéma occupe la 2e place après le président Mbeki.»

(Vincent Deh, article : «Pr. Mamadou Koulibaly à l’Hôtel Ivoire hier : “La France doit comprendre que nous ne sommes pas prêts à céder notre souveraineté”», Notre Voie No. 2481)

Mireille Abié :
«Ceci dit, pour le premier des parlementaires ivoiriens, " nous nous battons contre une nébuleuse qui a plusieurs facettes. Cela ne cessera que lorsque le pouvoir sera ancré chez nous ". Pour revenir à l'actualité marquée par la rencontre de Yamoussoukro, Mamadou Koulibaly n'a pas voulu s'attarder sur les enjeux de cette rencontre qui comme celle qui, l'on précédée, n'a apporté aucune solution concrète. Puisque le Président Laurent Gbagbo est le seul qui a tenu les engagements pris jusque-là. Le numéro 2 ivoirien a plutôt donné son avis sur l'appellation "rencontre des 4 grands". Le président Koulibaly a en effet souhaité qu'on dise " rencontre entre le président Gbagbo et ses opposants politique " parce que pour lui en ce moment le seul grand en Côte d'Ivoire, c'est le Président de la République incarné en ce moment par Laurent Gbagbo. Il estime donc que c'est faire une injure au Chef de l'Etat que de le mettre sur le même pied d'égalité qu'un chef rebelle, un ancien Premier ministre et un ancien chef d'Etat. A cette rencontre parrainée par Cheick Amadou Sylla, plusieurs personnalités politiques étaient présentes pour apporter leur soutien à la célébration du 1000ème numéro du quotidien ''Le Temps''.»




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Françafrique : le silence complice des intellectuels et des médias français

Par Delugio :: lundi 04 septembre 2006 à 12:53 :: Articles de presse




(Dans le contexte des 'coupures' ayant entraîné la disparition des annonces de la visite de Gnassingbé et des appels à manifester - cf. plus bas...)


«Le blog de Théo : "Combattez-vous toute la France ?"»



Le Courrier d’Abidjan — Parution N° 806 du samedi 2 Septembre 2006 — http://news.abidjan.net/presse/courrierabidjan.htm :


par Théophile Kouamouo :

«
La question m’est souvent posée lors des conférences que je donne en Côte d’Ivoire et ailleurs. Elle vient souvent de jeunes sincèrement universalistes ou de Français se percevant progressistes, effrayés de l’amalgame qui pourrait être fait entre eux et le gouvernement de leur pays. Elle sort aussi de la bouche d’adversaires sournois, qui aimeraient bien que je leur donne un prétexte pour me traiter d’infâme raciste pathologiquement anti-français. «Combattez-vous toute la France ?».
Bien entendu, la réponse est non. Mais elle revient, d’une certaine manière, à n’accuser, au fond, qu’une minorité absolue de politiciens ou de militaires, là où toute une élite administrative, médiatique, culturelle, économique, est complice par son silence du «plus grand scandale de la République.» Répondre non, tout simplement, revient à réinstaller, à peu de frais, le peuple français dans son ensemble dans un confort moral dans lequel il ne peut pas se complaire pendant qu’on commet des crimes en son nom.
Il y a près de cinquante ans, Frantz Fanon disait déjà, dans Peau noire, masques blancs : «oui, la civilisation européenne et ses représentants les plus qualifiés sont responsables du racisme colonial.» Dans le cadre de sa démonstration, il faisait appel à Francis Jeanson, qui avait écrit, dans la revue Esprit de janvier 1950, un article frappant sur la barbarie coloniale en Algérie et sur l’indifférence bien opportuniste du peuple français. Selon Jeanson, tout ressortissant d’une nation est responsable des agissements perpétrés au nom de cette nation. Ses écrits nous rappellent la lâcheté avec laquelle tout le corpus intellectuel hexagonal détourne les yeux quand la Licorne tue devant l’Hôtel Ivoire, sur le pont Charles-de-Gaulle ou au corridor de Duékoué. «Jour après jour, ce système développe autour de vous ses conséquences pernicieuses, jour après jour ses promoteurs vous trahissent, poursuivant au nom de la France une politique aussi étrangère que possible, non seulement à vos véritables intérêts, mais aussi à vos exigences les plus profondes. Vous vous faites gloire de vous maintenir à distance d’un certain ordre de réalités : ainsi laissez-vous les mains libres à ceux que les atmosphères malsaines ne sauraient point rebuter, puisqu’ils les créent eux-mêmes par leur propre comportement. Et si vous parvenez, apparemment, à ne pas vous salir, c’est que d’autres se salissent à votre place. Vous avez des hommes de main, et tout compte fait, c’est vous les vrais coupables : car sans vous, sans votre négligente cécité, de tels hommes ne pourraient pas suivre une action qui vous condamne autant qu’elle vous déshonore.»
Je ne combats pas toute la France, mais assurément je combats celle du silence.»


 

Est-ce un signe de cela ? - : l’annonce même de ce que l’on signale ailleurs que Faure Gnassingbé vient en France et qu’il existe une opposition à cette venue a été 'coupée' sur blogs.nouvelobs.com !
Cf. http://unevingtaine.hautetfort.com/


L'annonce 'coupée' :

medium_mine_verte.2.JPGLe cercle des chroniques disparues...

Apparemment, il ne fait pas bon de mettre en ligne certaines choses en France (?)
La chronique de
blogs.nouvelobs.com/delugio considérant les événements franco-parisiens récents autour de la Côte d’Ivoire en regard de la venue en France de Faure Gnassingbé a sauté. On la retrouvera au lien suivant :
http://unevingtaine.hautetfort.com/

L’appel à manifester contre la réception à l’Élysée du dictateur togolais, publié sur le blog de Brigitte
(http://blogs.nouvelobs.com/brigitte/) a disparu aussi.
On le retrouvera ici : http://www.ufctogo.com/article.php3?id_article=1475
Ou ici : http://medda.over-blog.com/




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Les arcanes du plan élyséen pour la Côte d’Ivoire dévoilés ?

Par Delugio :: vendredi 01 septembre 2006 à 9:18 :: Analyses & commentaires



(Annonce de cet article CENSURÉE SUR blogs.nouvelobs.com
On la retrouvera sur
http://unevingtaine.hautetfort.com/ - 02.09.06)



Est-ce par naïveté ? Car on n’ira pas jusqu’à penser qu’il est chargé de mission pour cela ! Toujours est-il que Thomas Hoffnung de Libération nous livre ce qui ressemble fort au motif de l’agitation de ces derniers jours contre le pouvoir élu ivoirien — entre l’affaire Kieffer, le plan Bongo, et la proposition chiraquienne de changer l’électorat.

Affaire Kieffer. Hoffnung reprend le thème de l’ «avancée» au conditionnel propagée depuis RFI et reprise depuis trois jours par les médias français et ceux du bloc rebelle ivoirien surenchérissant les uns sur les autres. L’article de Hoffnung vient trois jours après couronner le phénomène : le titre de Libération (
http://www.liberation.fr/actualite/monde/201700.FR.php) a fait sauter tout verbe, et donc a fait sauter le conditionnel. Y aurait-il donc du nouveau depuis avant-hier ? Hoffnung nous livrerait-il un scoop ? À lire l’article, il apparaît que si le titre est sans verbe, les conditionnels, eux, sont toujours là, qui tournent comme depuis deux ans «autour du beau-frère –de –Simone –Gbagbo –l’épouse –du –Prédisent –Gbagbo». La nouveauté essentielle ? Outre quelques nouveaux lampistes qui nous sont livrés, au conditionnel, on la cherche depuis deux jours. Et Hoffnung nous la livre sur un plateau. Cela non sans avoir souligné que parmi les nouveaux lampistes, un qui n’est pas nouveau, Oulaï, «ne veut pas porter tout seul un chapeau trop grand pour lui», Hoffnung designe pour la énième fois depuis deux ans cette sempiternelle nouveauté jusqu’à nouvel ordre au conditionnel : «le –beau-frère –de –Simone –Gbagbo –l’épouse –du –Prédisent –Gbagbo».

Toutes ces nouveautés au conditionnel bien rappelées, Hoffnung, dans un bref nouvel article en vient au fond (
http://www.liberation.fr/actualite/monde/201699.FR.php) : finalement cette vérité on ne la saura pas avant que Gbagbo ait sauté, «passé la main, de gré ou de force» (sic !). Hoffnung disant cela affirme développer lui-même ce que, dit-il, pensent les proches du journaliste disparu.

Et Hoffnung de développer sa pensée à lui, que Gabgbo passe la main, «de gré ou de force» : «La première option, écrit-il, qui suppose des élections libres et transparentes, s'éloigne un peu plus. Comme le représentant de l'ONU à Abidjan, la ministre française de la Coopération, Brigitte Girardin, a reconnu, hier, que le scrutin présidentiel prévu en Côte-d'Ivoire le 31 octobre, et déjà reporté d'un an par l'ONU, ne pourrait avoir lieu, faute de progrès dans le processus de paix.» Pas un mot sur le fait que l’impossibilité d’organiser les élections vient du refus rebelle de désarmer — tant ils y ont été encouragés par la «communauté internationale» représentée ici par «la ministre française de la Coopération, Brigitte Girardin» — refus qui implique l’impossibilité du déploiement de l’administration et donc des élections. Cela, puisque, pour la plus grande amertume de la «communauté internationale» et de Hoffnung, les patriotes se sont opposés efficacement à la confection de nouvelles listes électorales qui seraient établies sous la seule garantie des kalachnikovs des rebelles.

L’espérance que nous assène Hoffnung de voir Gbagbo évincé par les urnes n’emporte manifestement pas la conviction de la «communauté internationale». Il y a un mois, le Gal Bentégéat s’avouait, dans une interview au Matin d’Abidjan, convaincu que Gbagbo était le seul à même de gagner les élections :
«Nous avons 4 principaux acteurs que sont Soro, Bédié, Ouattara et Gbagbo. Déjà, Soro n'est pas candidat. Ouattara, lui, on n'en parle pas. Quant à Bédié, avec quelques soutiens encore de son parti il n'a aucune chance de gagner les élections. Il reste un qui a toutes les chances de gagner mais qui n'y croit pas lui-même. Je veux parler du Président Gbagbo. Il suffit qu'il y croit et fasse quelques concessions et vous verrez que les choses vont aller très vite».

Aujourd’hui — est-ce sans rapport avec ces propos ? — Bentégeat vient d’être limogé. Le
Matin d’Abidjan
, mouture d’hier, est convaincu que ce limogeage est en rapport précis avec cette sortie (http://news.abidjan.net/h/210139.html) — qui effectivement vient contrecarrer la propagande élyséenne, dont Hoffnung se fait en permanence le fidèle porte-parole, voulant que Gbagbo soit minoritaire. «Minoritaire» au point qu’on ne fait rien pour presser le désarmement des rebelles qui permettrait le redéploiement de l’administration nécessaire aux élections. «Minoritaire» au point qu’on concède un plan, le «plan Bongo», que Ouattara et son journal Le Patriote applaudissent ce main, à l’instar de tout le bloc rebelle — et de Hoffnung —, avec enthousiasme : mettre les apparatchiks de l’ancien régime et leurs créatures au pouvoir réel avec (à titre postiche) ceux qui y sont par les urnes et confier à… Bédié le soin de rédiger une nouvelle constitution (Bédié qui, nous avaient dit nos médias, avait introduit l’ «ivoirité» dans la constitution de la 1ère République). Le tout au mépris de la constitution actuelle votée à 86% des voix à l’appel de tous les partis. Il est vrai que Bongo, pour se maintenir au pouvoir depuis une quarantaine d’années, a fait tripatouiller celle de son pays un nombre incalculable de fois. C’est cela qu’un responsable FPI a appelé, pour le plus grand plaisir d’un Hoffnung croyant pouvoir se livrer à une ironie amère, une «hérésie» constitutionnelle. Un peu de bonne foi suffit pour concéder que le mot est faible !

Et outre le plan Bongo, c’est Jacques Chirac lui-même qui nous livre le bouquet final — comme quoi il semble moins convaincu que Hoffnung que Gbagbo ne serait pas réélu — : puisque les électeurs ivoiriens ne sont pas de son avis, il faut confectionner d’autres listes d’électeurs… Cela à l’heure où Chirac, après Bongo, s’apprête à recevoir en grande pompe Faure Gnassingbé… pour lequel il est vrai,
Hoffnung fait preuve de plus de réserve

Derrière toute cette agitation médiatico-politique, l’échéance d’octobre et la rencontre prochaine de l’Onu concernant le fait que les élections ne pourront pas avoir lieu — puisque le non-désarmement de la rébellion — n’a pas permis le déploiement de l’administration en zone occupée. Ce qui ressemble fort au but recherché puisqu’il n’est pas jusqu’au chef d’État major de l'armée française (désormais démis) à admettre que les urnes ne pourraient que reconduire Gbagbo.


 
(image sur Le Courrier d’Abidjan -
http://www.lecourrierdabidjan.info/images/images_journal/Karlos802G.gif)




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