<link rel="alternate" type="application/xml" title="RSS Commentaires" href="http://delugio.zeblog.com/rsscom.php" /> <body>

«Une vingtaine» !

http://delugio.zeblog.com/

«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

* * * * * * * * * * * * * * * *


Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


Index



Suite...


Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


* * * * * * * * * * * * * * * *

« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


* * * * * * * * * * * * * * * *

Liens

Catégories

Blog

À consulter :

Billets

Pages

<h3>Calendrier</h3> <table class="calendrier"> <caption class="calendrier-mois"><span class="calendrier-prec"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/11">«</a></span>&nbsp;<a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12">D&eacute;cembre&nbsp;2006</a>&nbsp;<span class="calendrier-suiv"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/1">»</a></span></caption> <tr><th abbr="Lundi">Lun</th><th abbr="Mardi">Mar</th><th abbr="Mercredi">Mer</th><th abbr="Jeudi">Jeu</th><th abbr="Vendredi">Ven</th><th abbr="Samedi">Sam</th><th abbr="Dimanche">Dim</th></tr> <tr><td colspan="4">&nbsp;</td><td>1</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/2">2</a></td><td>3</td></tr> <tr><td>4</td><td>5</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/6">6</a></td><td>7</td><td>8</td><td>9</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/10">10</a></td></tr> <tr><td class="lien-jour-selectionne"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/11">11</a></td><td>12</td><td>13</td><td>14</td><td>15</td><td>16</td><td>17</td></tr> <tr><td>18</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/19">19</a></td><td>20</td><td>21</td><td>22</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/23">23</a></td><td>24</td></tr> <tr><td>25</td><td>26</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2006/12/27">27</a></td><td>28</td><td>29</td><td>30</td><td>31</td></tr> </table>

Rechercher

Rechercher dans tout 'Une vingtaine'

Fils RSS


Page copy protected against web site content infringement by Copyscape

(Ɔ) - Citer avec le lien
«Une vingtaine» !

Page précédente / Page suivante

<a name='e117049'></a>

Deux ouvrages “négrologiques” (I)

Par Delugio :: lundi 11 décembre 2006 à 20:27 :: Livres




Article disparu de blogs.nouvelobs.com (24.02.05) et toujours d'actualité.



Deux livres récents sur l’Afrique ont eu un certain écho. Le premier parce que son auteur a été largement condamné, le second parce que son auteur a été primé.

Le premier livre est celui de Bernard Lugan, God bless Africa. Contre la mort programmée du continent noir, Chatou, Carnot, 2003 ; le second celui de Stephen Smith, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, Paris, Calmann-Lévy, 2003.
Les deux ouvrages sont « négrologiques ». Le premier soutient que la solution pour une Afrique « agonisante » passe par des guerres tribales inévitables, le second laisse à penser qu’il n’y a pas de solution. Les deux se fondent sur le même diagnostic, que les critiques africains s’accordent à reconnaître raciste — ou au moins racialiste — pour les deux, et que les critiques français semblent ne condamner que dans le premier cas, puisqu’ils le priment dans le second !
Est-ce parce que le second, Smith, ressemble à une reprise « light » des arguments du premier ? Est-ce qu’une argumentation que les critiques africains jugent raciste cesse de l’être, en France, quand elle est reprise en termes « lights » ? En l’attente d’une réponse à cette question, qui laisse à penser que la vigilance antiraciste s’est pour le moins relâchée en France, voici quelques données :

 

— Un texte de Didier Daeninckx, écrivain, concernant le négationnisme de Lugan ;

— Une dépêche de la PANA (agence de presse panafricaine) sur le colonialisme de Lugan ;

— Le résumé du livre de Lugan par son éditeur ;

— Un résumé personnel de l’essentiel de son argumentation ;

— La présentation du livre de Smith par Francis Laloupo du Nouvel Afrique-Asie ;

— des extraits d’autres analyses de Smith par Bruno Gouteux.

 

 

_____________________________

 

« Quand le négationnisme s’invite à l'université »
par Didier Daeninckx, écrivain ("Le goût de la vérité", Verdier)

Lundi 7 février 2000

L'affaire Bernard Lugan, le professeur fouetteur de Lyon III

Cité d’après www.amnistia.net.

 

« En 1985, Bernard Lugan, professeur d'histoire à Lyon III, préside la soutenance de thèse d'Abdelhamid Bdioui intitulée "L'image de l'Arabe et du musulman dans la presse écrite (1967-1984)" dans laquelle les arguments développés dans "Les Protocoles des Sages de Sion", le faux antisémite produit par la police secrète tsariste, sont approuvés. En 1987, il est nommé membre du Comité National des Universités, un organisme chargé de gérer la carrière des universitaires. Au cours des années suivantes, il n'est pas rare de voir apparaître le nom de Bernard Lugan près de celui de Régis Ladous dans des jurys comme "Léon Daudet et l'antisémitisme" ou "Destin d'Afrique". En 1990, il diffuse un "Manifeste pour les libertés universitaires" en soutien à son collègue Bernard Notin de Lyon III qui vient de publier un violent article négationniste et raciste dans la revue du Cnrs, Économies et Sociétés. Son initiative est saluée par la Revue d'Histoire révisionniste, et quelques mois plus tard, comme le rapporte Le Monde du 18 mai 1990, la commission des spécialistes de l'Université le classe en tête pour passer du grade de "maître de conférences" à celui de "professeur". Peu après, il assure une causerie sur l'Afrique du Sud pour "l'Association pour la défense de la Mémoire du Maréchal Pétain".

En 1991, Bernard Lugan participe à un curieux pèlerinage, le "Rassemblement de la piété française". Il considère en effet que Charles Martel n'a pas "anéanti" les Arabes à Poitiers en 732, comme le rapportent les manuels d'histoire, mais dans un village du Lot, "lieu de la victoire définitive" auquel il aurait légué son nom ! La manifestation, interdite par le maire de Martel, rassemble en octobre une centaine d'illuminés dont une majorité d'intégristes catholiques, des skinheads et les maigres troupes de l'Oeuvre Française, le groupuscule fasciste fondé après mai 68 par l'ancien collaborateur de la revue Europe Action, Pierre Sidos. L'année suivante, Bernard Lugan livre une contribution au recueil "Rencontres avec Saint-Loup" édité en hommage à l'ancien Waffen SS français. Son texte s'intitule "Une tribu blanche d'Afrique australe". Plume facile bien que redondante, Lugan collabore à Identités, la revue théorique du Front National où il prône la création d'un état blanc d'Afrique du Sud, seul susceptible de garantir la "survie de l'identité blanche". On retrouve ses chroniques dans Minute-la France, Présent, National-Hebdo où, sous le titre "Adieu à un vieux camarade", il pleure Poulet-Dachary, adjoint au maire de Toulon, assassiné par un gamin ramassé nuitamment dans un bar de la ville basse.

L'épopée coloniale le hante, et dans Le Crapouillot il laisse libre cours à sa fascination pour les Boers-Afrikaners, inventeurs de l'apartheid:

"confrontés à des populations noires qui menaçaient de les submerger sous leur nombre, les Boers se crurent prédestinés et eurent bientôt la conviction d'appartenir à la race élue par le Seigneur pour apporter la civilisation à cette partie de l'Afrique".

C'est certainement cette conviction d'être détenteur de la civilisation qui pousse, chaque Mardi Gras, Bernard Lugan, auteur de "L'Occident sans complexe", à paraître devant ses étudiants de première année déguisé en colon, coiffé d'un casque et brandissant un fouet. Parmi les chants qu'il entend faire apprendre par cœur, on se souvient, à Lyon, de celui-ci:

"Nos officiers se tapent des japonaises
Alors que nous pauvres marsouins fauchés
Nous nous tapons ce qu'on nomme la terre glaise
Spécialité de nos girons nhaqués".

Saisie de la protestation du Comité Anti-Fasciste et Anti-Raciste (Cafar), la doyenne de la Faculté de lettres et civilisations, Colette Demaizière, qui militait dans le syndicat étudiant très droitier UNI, rend public un communiqué:

"Il est inadmissible que des éléments extérieurs interviennent pour interdire de parole tel ou tel. Il est intolérable que des cours, même détournés exceptionnellement en plaisanterie carnavalesque, tournent au pugilat. Il est anormal que des étudiants qui n'ont pas la compétence pour le faire, s'érigent en juges de la qualité des cours d'enseignants".

Ainsi l'ordre des choses est-il constitué par le mépris, la vulgarité, le racisme le plus éculé, et le trouble par un sursaut de dignité. Nous sommes en France, à Lyon, à l'Université, dans un siècle qui s'achève. Le XXe. »

 

***

 

Un universitaire français défend la colonisation

PANA
PARIS, 30 octobre 2001

« La colonisation a été une brève parenthèse de paix qui a délivré les peuples dominés de leurs oppresseurs, a estimé lundi à Paris un universitaire français, Bernard Lugan.

"Je persiste à penser que le fait ethnique est la grande réalité de l'Afrique", a déclaré cet enseignant d'histoire de l'Université Lyon III, ajoutant que "l'Afrique noire a toujours été un continent récepteur et non concepteur".

M. Lugan, qui défend l'antériorité de la présence des colons hollandais sur les Noirs en Afrique du Sud, a souligné que "partout dans le monde sauf en Afrique noire, l'homme chercha et réussit à agir sur la nature".

Poursuivant son argumentaire raciste, l'universitaire français, auteur de "De la colonisation philanthropique à la colonisation humanitaire" prétend que "l'Afrique précoloniale ignorait l'écriture, l'usage de la roue, de la poulie, ou de la traction animale". (Ce que l’on retrouve chez Smith !)

La publication des thèses de Bernard Lugan a provoqué une véritable levée de boucliers dans le monde universitaire et la communauté immigrée d'origine africaine vivant en France.

"Qu'il s'agisse de l'Afrique du Sud, du Maroc ou de l'Afrique des Grands Lacs, les travaux de Bernard Lugan ne sont pas considérés comme scientifiques par la plus grande partie de la communauté universitaire", précisent 55 africanistes, dans une pétition dénonçant la nomination de l'historien au grade Maître de conférences hors classe à l'Université de Lyon III.

"C'est proprement inadmissible qu'un universitaire à ce niveau de responsabilité défende publiquement des thèses fondées sur le racisme et la xénophobie", déplore le chercheur Sidibé Mahamane qui dénie toute qualité scientifique aux travaux de Bernard Lugan.

La réprobation avait fini par atteindre le Conseil national des Universités (CNU), instance en charge de la gestion des carrières des enseigants-chercheurs, qui avait initialement refusé la nomination au grade de Maître de conférences de l'historien lyonnais, auteur déjà en 1985 d'un autre scandale pour avoir parrainé une thèse prônant l'anti-sémitisme.

Surnommé "le professeur fouettard", Bernard Lugan a surpris le milieu universitaire, la communauté scientifique ainsi que la diaspora africaine en répondant par le mépris aux critiques portées sur ses thèses.

"Je n'ai rien à retirer de ces phrases car, dans l'état actuel des connaissances , elles traduisent la stricte réalité historique (...) et je mets au défi quiconque de me démontrer le contraire", a-t-il répondu à ses détracteurs. »

 

******

 

À propos de : Bernard Lugan, God bless Africa. Contre la mort programmée du continent noir, Chatou, Carnot, 2003.

 

***

 

Résumé (selon l’éditeur) :

« Selon une étude récente de l’ONU, près de quarante millions d’Africains pourraient mourir de faim dans les prochains mois !
Depuis trop longtemps déjà, l’Afrique est terre de tragédies : guerres, pandémies, famines... La situation ne cesse d’empirer, malgré les milliards de dollars et d’euros qui y sont déversés chaque année. Est-ce sans espoir ?
Bernard Lugan montre avec force que cet espoir existe, à la seule condition que les acteurs, africains comme occidentaux, s’en prennent enfin aux vraies causes, en cessant de s’abriter derrière les discours dogmatiques.
Preuves à l’appui, l’historien rétablit les vérités essentielles de la « question africaine » :
– non, l’esclavagisme occidental n’a pas vidé le continent de ses forces vives ;
– non, les puissances coloniales ne se sont pas enrichies de la sueur et du sang des colonies ;
– oui, des frontières héritées de la colonisation sont cause de massacres et il faut oser les redéfinir ;
– oui, les Etats africains, indépendants depuis une quarantaine d’années, sont largement responsables de leur situation ;
– oui, la démocratie à l’occidentale est génératrice de catastrophes car elle ne tient pas compte des réalités ethniques qui déchirent des nations artificielles;
– oui, les hommes politiques africains ont intérêt à culpabiliser leurs partenaires des pays industrialisés pour mieux percevoir les milliards de l’aide internationale ;
God Bless Africa : un réquisitoire au vitriol qui décape les idées reçues, des solutions qui laminent le « politiquement correct ». Un seul objectif : la prise de conscience, noire et blanche, pour sauver le Continent d’une mort programmée.
Il y a urgence ! »

 

***

 

L’essentiel de l’argumentation :

L’auteur développe ici les fondements de la thèse qui est à la base de sa Revue L’Afrique réelle, à savoir qu’au lieu des frontières « artificielles » héritées de la décolonisation, il existe en Afrique des frontières « réelles », ethniques, qu’il faut privilégier quel qu’en soit le prix. L’idée en soi est pour le moins sujette à caution. Et les fondements sur lesquels elle s’appuie sont pour le moins douteux !

La méthode consiste invariablement à s’appuyer sur un aspect des choses généralement admis par tous, mais monté en épingle : le fait que l’esclavage n’est pas le fait que des seuls Occidentaux, le fait que la colonisation avait aussi des "aspects positifs" (genre routes - cf. infra ; aspects devenus fameux suite à une tentative de législation à ce sujet), le fait que les frontières actuelles sont d’origine coloniale, etc. ; et à caricaturer les acquis de la recherche historique pour les disqualifier.

Les arguments se résument à une disculpation de l’Occident pour l’esclavage, la colonisation, et les théories qui en sont sorties, sauf la mise en place des frontières « artificielles ». Pour le reste l’Afrique n’a qu’à s’en prendre à elle-même, sans négliger au passage de remercier l’Europe pour les « bénéfices » coloniaux. Pour cela :

 

1) Il faut minimiser la réalité de la traite esclavagiste et de ses conséquences. (Ce que l’on retrouve chez Smith de façon plus ou moins « light ».)

Tout d’abord au niveau des chiffres. S’adossant sur le fait qu’ils ont pu être parfois exagérés, l’auteur les minimise outrancièrement, faisant une interprétation a minima des données administratives. Un peu comme si pour évaluer le nombre de viols ou d’agressions racistes au XXe siècle, on s’en tenait aux chiffres déclarés dans les commissariats.

Reste qu’on ne peut évidemment pas connaître la réalité exacte de l’importance quantitative de la traite esclavagiste, les chiffres n’étant que la base a minima. S’appuyant donc sur cela en misant sur le choix arbitraire d’une lecture très minimaliste, l’auteur conclut que la traite n’a pas eu de conséquences économiques sur le développement de l’Afrique. Il n’hésite pas à employer la comparaison de la peste noire en Europe, soutenant contre plusieurs historiens et sociologues, qu’elle n’a pas eu d’impact, voire même qu’elle a eu un impact positif sur le développement économique de l’Europe. D’autres, avec plus d’argumentation, soutiennent au contraire qu’elle a retardé le développement de plusieurs siècles (peste : XIVe siècle, début de essor industriel : fin XVIIIe). De fait le développement capitaliste européen a stagné après avoir émergé fin XIIIe siècle-début XIVe.

L’auteur accentue en faveur de sa thèse le fait avéré que la traite a aussi été pratiquée par les Arabes, et des Royaumes africains. Sur ce second fait, il s’autorise à minimiser l’importance de la « demande » occidentale. Mais s’il n’y avait pas eu de « demande », y aurait-il eu une « offre » ?

Enfin, le plus grave, l’auteur ignore totalement l’impact psychologique inquentifiable, qu’est le racisme issu de la traite, faisant des Noirs des « esclaves par nature », idée qu’il semble bien rejoindre. De là est née la théorie de la hiérarchie des races, qui a eu la faveur de tous, jusqu’aux philosophes des Lumières et aux humanistes de l’époque coloniale (cf. l'analyse de cela par Louis Sala-Molins, Le Code noir ou le calvaire de Canaan, éd. PUF).

 

2) La colonisation était globalement un progrès. (Ce que l’on retrouve chez Smith de façon plus ou moins « light ».)

Pour dire cela il s’appuie sur le fait avéré qu’elle a été promue par des humanistes philanthropes dans le cadre d’un combat anti-esclavagiste — notamment contre la traite musulmane qui se poursuivait. Il rejoint l’affirmation selon laquelle la raison principale de la fin de l’esclavage est le combat philanthropique dans la ligne de Wilberforce, plutôt qu’une cause économique ; voulant que l’esclavage n’aurait plus été rentable.

Il soutient à partir de là de façon quelque peu contradictoire, que malgré la rentabilité persistante qu’il signale concernant l’esclavage, qui devait bien valoir aussi dans les nouvelles colonies, les nations colonisatrices ont cédé par pure bonté à la pression des philanthropes et ont colonisé l’Afrique contre leur propre intérêt !

Bien que cette thèse aille contre les faits vérifiables aujourd’hui encore, notamment dans les rapports France-Afrique, il la soutient ; de même qu’il maintient pour les colonies sa révision (concernant déjà l’esclavage) postulant l’ignorance de l’impact psychologique d’une telle soumission à un projet « civilisateur », extérieur, fût-il humaniste, quand il repose sur la conviction de la supériorité raciale du colonisateur (cf. Alain Ruscio, Le Credo de l’homme blanc, éd. Complexe — que Lugan cite, mais en tirant son sens à son propre avantage).

L’auteur souligne les réalisations effectivement positives (infrastructures routières, scolaires, médicales, etc.), reconnues par les plus radicaux des anti-colonialistes, mais pour dire que la colonisation ne fut que cela, et qu’elle fut donc un poids, qu’elle coûta à l’Europe mais ne lui rapporta pas !

On se demande alors pour quelle raison les entreprises françaises continuent jusqu’à aujourd’hui à gérer l’essentiel de l’économie de pays entiers. Par exemple, en Côte d’Ivoire, Total pour le pétrole, Bouygues pour l’eau et l’électricité, Bolloré pour les transports, Orange pour les communications, la Société Générale et le Crédit Lyonnais pour la Banque, etc.

 

3) La décolonisation a été néfaste. (Ce que l’on retrouve chez Smith de façon plus ou moins « light ».)

Si la colonisation est une si bonne chose, quasiment sans inconvénients, la décolonisation est forcément néfaste !

Elle était inévitable, puisque la colonisation ne faisait que peser sur l’économie des nations qui avaient eu la bonté d’avoir des colonies ! Les nations occidentales finissent donc par se débarrasser de leur poids, pour leur plus grand bénéfice à elles, mais pour le plus grand malheur de celles qui bénéficiaient jusque là de leur bonté !

Seul inconvénient pour les ex-colonisés : les découpages laissés par les colonisateurs… À partir de là, l’auteur peut laisser libre cours au développement de sa thèse centrale : pour un redécoupage tribal et non-démocratique de l’Afrique !

C’est passer rapidement sur le fait que si la décolonisation a eu lieu, au sens où les États occidentaux ont effectivement cessé la promotion d’infrastructures modernes (ce que les États locaux ont donc pris en charge), ils n’ont pas cessé pour autant de gérer les ressources de leurs ex-colonies (cf. supra le cas de la Côte d’Ivoire, mais on pourrait multiplier les exemples à commencer par la célèbre affaire Elf au Congo-Brazzaville).

En fait la décolonisation a consisté à abandonner l’entretien et le développement des infrastructures diverses, tout en maintenant la gestion des biens et ressources, via la mise en place de dirigeants aux ordres moyennant corruption (chose connue et difficilement contestable).

Le seul inconvénient hérité de la colonisation et maintenu dans la décolonisation est selon lui le découpage des frontières : il faut donc le refaire, sur le mode « ethnique » ! À ce compte, pourquoi ne pas redécouper la France, en rendant l’Alsace à l’Allemagne, en donnant l’indépendance à la Corse, au Pays Basque, en rendant Nice à la Savoie indépendante, etc. !

Que de sang versé en perspective, en France y compris, éventuellement, car pourquoi la boucherie de 14-18 ne recommencerait-elle dans l’autre sens pour rendre l’Alsace à son appartenance ethnique naturelle ? Le redécoupage de l’Afrique pourrait donner des idées !

 

4) Caricature des travaux des chercheurs qui ne vont pas dans son sens.

Le plus typique est la caricature de Cheikh Anta Diop. Il s’appuie sur des détails de son œuvre devenus contestables au regard des travaux développés depuis les années soixante pour nier — et sur quel ton ! — ce qui demeure incontestable : par exemple que les Égyptiens des anciennes dynasties étaient noirs. Ce qui aujourd’hui n’est plus — sauf pour Lugan — ni un problème, ni un sujet de trouble. Plus personne n’affirme aujourd’hui, en constatant que les personnages des fresques égyptiennes sont noirs, qu’ils sont « rouge cuivré » ! La couleur « rouge cuivré » est évidemment celle des noirs, et cela ne gêne personne, comme les traits « négroïdes » des statues de haute époque sont un fait, dont Lugan déplore qu’il soit reconnu par l’UNESCO (comment pourrait-elle faire autrement ?).

Élément de caricature qui lui permet de nier l’essentiel : Lugan affirme que dans la ligne de Diop, on soutiendrait que les Grecs étaient noirs ! Ce qui est évidemment insoutenable et n’a jamais été soutenu par personne de sérieux. Cela dit, les philosophes grecs affirment s’être inspirés de l’Égypte. S’ils en ont donc reçu des idées, il n’y a pas lieu d’en conclure qu’ils en auraient reçu aussi la couleur de peau ! Partant de là il ridiculise les acquis concernant l’Égypte. Ce qui entraîne qu’il nie aussi, en affirmant qu’il n’en voit pas les causes, le métissage progressif vers la couleur actuelle des Égyptiens. Mais tous savent que depuis le XVIIIe siècle av. JC, d’importantes pénétrations « blanches » ont eu lieu en Égypte : les Hyksos asiates (XVIIIe), les Grecs (IIIe), les Romains, les Arabes.

 

5) Reprise des poncifs abandonnés par la recherche.

Ex. caractéristique (et tragique) : le Rwanda (voir à ce sujet Smith dans Libération en 1994, qui soutenait le soutien français aux Hutus). Rappelons que la colonisation belge avait soutenu une théorie raciale pour expliquer la distinction (non-ethnique mais sociale) entre Hutus et Tutsis, cela pour placer ces derniers au somment de leur hiérarchie d’administration. Les Tutsis étaient présentés comme supérieurs en ces termes : ils seraient en fait des Blancs (mais de peau noire - sic - !), voués donc à dominer. Ils seraient descendus de la vallée du Nil. Les Hutus seraient des Noirs locaux qui auraient été (naturellement) dominés. Tout cela est (au-delà de l’absurde) parfaitement invérifiable, mais Lugan en reprend l’essentiel, en termes à peine modernisés.

Il faut savoir que cette théorie, encore enseignée au Rwanda dans les années 1990 (je l’ai entendue professée par des jeunes Rwandais !), est à l’origine du génocide. Lors de la décolonisation, la hiérarchie entre les « deux races » a simplement été inversée, sur le modèle (explicite) de la Révolution française qui inversait la hiérarchie entre le peuple (gaulois) et la noblesse (prétendue germanique) ; ce qui au Rwanda, devant l’impasse, a débouché sur le drame que l’on sait. La distinction ethnique (ou raciale) a bel et bien été inventée sur la base de ce qui était distinctions sociales qui ont servi l’administration coloniale (cf. Dominique Franche, Rwanda, généalogie d’un génocide, éd. Mille et une nuits).

 

6) De tout cela Lugan débouche sur sa thèse centrale : en Afrique, la clé de tout est l’ethnie. Avec cet autre vieux poncif : les peuples non-Européens ne sont pas mûrs pour la démocratie. (Ce que l’on retrouve chez Smith de façon plus ou moins « light » et sans la « solution » de Lugan, liée à la nécessité d’un redécoupage.)

Lugan relit ainsi tous les événements africains, enfonçant à l’occasion des portes ouvertes sur le mode des caricatures ethnicistes qui inondent nos médias. Ainsi de sa lecture des événements ivoiriens. Ce faisant il ignore souverainement les faits, montrant que sur le sujet, au-delà de sa clé de lecture ethnique, sa seule source d’information est le discours médiatique grand public. Il ignore par exemple que certains chefs de file des « chrétiens sudistes » sont des « musulmans du Nord » ; ignorance commode pour lui comme pour nos journaux : cela évite de considérer le fond du conflit, qui n’est pas ethnique, mais bien politico-économique (la Côte d’Ivoire est dans la collimateur parce qu’elle a commencé à relever le défis de la prise au sérieux des lois du commerce international ; ce qui dérange certains intérêts).

Sa proposition ressemble comme deux frères à celle de l’Afrique du Sud de l’apartheid : l’idéologie du développement séparé, cela sur la base de l’ethnisme et de la dévalorisation des Noirs ; lesquels, contre les faits, n’auraient pas de dynanisme créateur et seraient essentiellement « récepteurs » ! De telles affirmations gratuites ne valent que sur la base du postulat permanent de Lugan qu’il étaye au prix de contrevérités historiques et d’ « omissions » comme le fait qu’à l’époque des déportations esclavagistes l’Afrique était d’un niveau économique équivalent à l’Europe et que c’est depuis qu’elle n’a cessé de décliner.

 

Contre Lugan, la solution à la misère endémique est évidemment liée à la reconnaissance du dommage subi (le parlement français a commencé à aller heureusement dans ce sens par le vote de la loi Taubira reconnaissant la traite esclavagiste comme crime contre l’humanité). Tout le monde sait que la reconnaissance du tort subi, ne serait-ce qu’à l’échelle individuelle (pour un vol, un viol, etc.) est la base incontournable vers la guérison.

Suite :
.../...




<a href="http://delugio.zeblog.com/117049-deux-ouvrages-negrologiques-i/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=117049">aucun trackback</a>

Deux ouvrages “négrologiques” (II)

Par Delugio :: lundi 11 décembre 2006 à 20:14 :: Livres



À propos de : Stephen Smith,
Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, Calmann-Lévy, 2004.

 

***

 

Ivoire forum Issue numéro: 23  du  Avril 2004

Courriers. L’Afrique menacée par les "négrologues"

« Observatoire de l'Afrique centrale (http://www.obsac.com/)
n°7 — 9-16 mars 2004

« Négrologie. Pourquoi l'Afrique meurt de Stephen Smith : une critique de Francis Laloupo, dans Le Nouvel Afrique-Asie de février 2004

Inutile de vous présenter "Mystère Smith" du journal « Le Monde » (anciennement de « Libération »). C'est le Monsieur afrique des Français, enfin de certains Français et d'une certaine françafrique, y compris de sa fraction services secrets où le personnage a ses entrées... Mais c'est moins du livre de "Mystère Smith" que de la critique qu’en fait Francis Laloupo dont il est question ici. »

 

 

Le Nouvel Afrique-Asie N° 173 - FÉVRIER 2004

(http://www.afrique-asie.com/archives/2004/173fev/173afriq.htm)
AFRIQUE

 

CHRONIQUE

L’Afrique menacée par les “négrologues”
PAR FRANCIS LALOUPO

 

« EN AFRIQUE, NEGROLOGIE (1), LIVRE DE NOTRE CONFRERE STEPHEN SMITH PUBLIE CHEZ CALMANN-LEVY, A SUSCITE, A TOUT LE MOINS, UN SENTIMENT D’INDIGNATION CHEZ NOMBRE DE LECTEURS. PARCE QU’UNE PART DU DISCOURS DEVELOPPE DANS L’OUVRAGE S’INSCRIT DANS UN CLIMAT ACTUEL QUI FAVORISE UNE BANALISATION DU PROPOS RACISTE ET LA RESURGENCE DE THESES REVISIONNISTES ET NEGATIONNISTES DONT L’AFRIQUE DEVIENT UNE CIBLE PRIVILEGIEE. ALERTE ET AVIS DE VIGILANCE.

 

Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, de Stephen Smith, aurait pu être rangé dans la masse indistincte d’ouvrages publiés de nos jours et dont l’intérêt littéraire demeure souvent improbable. Pour l’éditeur, l’opération devait, dès l’origine, tenir ses promesses commerciales. La recette tenait à quelques ingrédients : un journaliste “spécialiste de l’Afrique” du grand quotidien français Le Monde, appelé à plancher sur les misères du continent – qui font recette de nos jours –, avec, de préférence, une “accroche novatrice”, quelque chose d’inédit qui frappe le sens commun, et garantisse le “succès médiatique”. L’auteur allait trouver, dans cette dernière exigence, l’occasion de coucher sur le papier quelques humeurs personnelles révélant une inspiration aux ressorts obscurs. En guise de réponses à des situations aussi diverses que complexes auxquelles se trouve confronté le continent africain, Stephen Smith s’est donc lancé dans une entreprise manifestement impossible pour lui-même. En effet, on peut lire dès les premières lignes d’introduction de l’ouvrage : “C’est seulement au cours de cette rédaction que j’ai découvert que le journalisme, même spécialisé, ne prépare guère à répondre aux questions essentielles.” Une marque de lucidité qui aurait dû dissuader l’éditeur de se lancer dans cette aventure.

 

Ainsi, l’ouvrage se présente comme une étrange navigation entre un essai géopolitique impossible, une chronique journalistique incongrue et un traité historique douteux. Le tout relié par une compilation de faits et de chiffres, destinée à servir de support à une démarche analytique désespérément inexistante. Mais au-delà de la forme, on découvrira que certaines affirmations – ou des interrogations de style – développées par l’auteur pour étayer son propos constituent en réalité la somme de ses réponses, celles qu’il a décidées, avec le “courage” dont il se réclame, de verser au compte de l’intelligence universelle. Dans l’exposé des motifs du livre et dans sa conclusion, on retient que le livre de Stephen Smith devrait faire date, car, refusant d’être “gentil” (sic), il a voulu ici se départir de toute complaisance et entreprendre une démarche critique à l’endroit des Africains, en soulignant leur part de responsabilité dans les drames qui déchirent leur continent.

 

Aurait-il échappé à Stephen Smith que l’Afrique et sa diaspora hébergent depuis plusieurs années un courant littéraire et une presse parmi les moins complaisants à l’égard des dirigeants et, plus généralement, des conditions d’existence de leurs compatriotes ? En même temps que les Africains – citoyens, journalistes, écrivains – se sont montrés singulièrement critiques à leur égard, les dirigeants africains sont devenus, par un processus d’imprégnation, ouverts à la critique la plus virulente. Ainsi, l’observation des paradoxes – et l’Afrique actuelle en abonde – nous permet de constater que c’est sur ce continent que l’on trouve aujourd’hui l’une des plus vives expressions de la critique citoyenne et intellectuelle, de même qu’une remarquable inclinaison des responsables politiques à la reconnaître et l’intégrer à leur gestion de l’espace public et des opinions.

 

L’auteur de Négrologie devrait le savoir, car, non seulement le “courage” dont il se prévaut peut s’exercer davantage en Afrique qu’ailleurs, mais il trouve dans ce continent, qui selon lui “se meurt”, de quoi renforcer sa notoriété. Non, les Africains ne découvriront pas la critique grâce à ce livre qui, de ce point de vue, ne révèle rien de bien nouveau, car des milliers d’écrits rapportent quotidiennement, en Afrique et dans le monde, des faits qui appartiennent désormais aux lieux communs de l’actualité africaine. Ce qu’il faut dire, c’est qu’alors que la critique exprimée par les Africains – avec une absence de complaisance rare – participe, nécessairement, de la reconstruction d’un destin collectif, il est à craindre que cette perméabilité de l’Afrique à la critique ne serve, par ailleurs, de fonds de commerce facile à tous ceux pour qui l’espace africain actuel ne constitue qu’une terre d’aventures, dispensatrice de jouissances diverses, tour à tour soumise aux pulsions passionnelles les plus fantasmatiques, puis aux plus ignobles marques de mépris.

 

Toujours dans l’exposé des motifs, l’auteur de Négrologie oppose à l’afro-optimisme de ceux qui ne chercheraient qu’à “positiver” les nouvelles venant d’Afrique, sa propre clairvoyance, son implacable réquisitoire. Mais la clairvoyance dont il se réclame a ceci de particulier qu’elle emprunte invariablement au registre du Jugement dernier. Partout, dans le livre, une obsession quasi névrotique de la mort, celle du continent africain. L’Afrique est, sans la moindre précaution intellectuelle, décrite comme un “Ubuland, sans frontières, terre de massacres et de famines, mouroir de tous les espoirs”. A défaut d’apporter un éclairage nouveau sur l’histoire immédiate ou ancienne du continent, Négrologie innove essentiellement par la violence et l’excès. Pas de doute, “l’Afrique agonise, quoi qu’en disent, une fois l’an, au creux de l’actualité, les optimistes forcenés des dossiers spéciaux sur ‘l’Afrique qui bouge. […]’ Et si l’auteur concède que le cadavre “bouge encore», c’est pour rétorquer aux optimistes qu’“à long terme, nous serons tous morts…

 

Pour Stephen Smith, l’histoire de l’Afrique, celle-là même qui la condamne à ce destin tragique, se base sur une période de… dix ans. La vie et la mort d’un continent seraient donc appréciées à l’aune des faits s’étendant sur cette période durant laquelle l’auteur a pu, grâce à son métier de journaliste, observer tous les drames annonciateurs de l’Apocalypse, qu’il énumère, souligne et rappelle encore : le génocide rwandais avec le bilan de huit cent mille morts, trois millions de victimes de la guerre en République démocratique du Congo, trois cent mille morts au Burundi…

 

LE PROPOS NE SACRIFIE A AUCUNE NUANCE. RIEN QUI VIENNE RAPPELER QUE TOUTE L’AFRIQUE N’EST PAS A FEU ET A SANG, ET QUE LA VIE ORDINAIRE EXISTE AUSSI, EN D’INNOMBRABLES LIEUX, SUR CE CONTINENT, ET QUE DES MILLIONS DE PERSONNES S’ATTELLENT CHAQUE JOUR A LA FAIRE TRIOMPHER.

 

Mais ce que veut dire et démontrer Stephen Smith, c’est que les tragédies qui ont cours en Afrique relèvent d’une spécificité africaine. Résumé de la “pensée” et l’“explication” de l’auteur de Négrologie : les violences dans cette Afrique qualifiée de “paradis de la cruauté” et où les Africains “se bouffent entre eux” (sic) procéderaient d’une forme de déterminisme. L’Afrique – celle du Sud du Sahara, précise-t-on, avec une obsession raciale manifeste tout au long du livre – détiendrait donc, dans l’histoire de l’humanité, le funeste monopole de la violence avec une prédisposition “naturelle” à l’exercer...

 

Stephen Smith ignore-t-il volontairement l’infinie variété de violences commises par l’Occident – pour ne citer que cet exemple – contre les siens et les autres ? Devrait-on rappeler les horreurs si récentes de la Deuxième Guerre mondiale, la morbide comptabilité des horreurs et des victimes, sans compter les traumatismes et les rancœurs qui en sont issues et perdurent ? Quelle différence entre les “horreurs” des guerres en Afrique et celles du Kosovo ou de la Tchétchénie ? Si l’on se référait, ainsi que le fait Stephen Smith, aux violences commises par les hommes pour juger de l’imminence de la mort d’un pays ou d’un continent, l’Europe aurait plusieurs fois disparu de la surface du globe. Dans la compétition de l’horreur, nul ne sort gagnant…

 

Que veut donc démontrer Stephen Smith ? Devrait-on rappeler ici que l’Afrique est une terre d’humains, et que les Africains ne sont ni pires ni meilleurs que les autres ? A moins que l’auteur de Négrologie ne soit, comme d’autres avant lui, victime d’un syndrome bien connu : une forme de racisme tendant à angéliser les Africains, à “aimer l’Afrique” à tout prix, comme un paradis perdu et, donc, disposé à toutes les désillusions. Décidément aux prises avec ses obsessions, l’auteur de Négrologie indique, au nombre des dangers qui menacent l’Afrique, la résurgence de “fléaux ataviques” (sic), parmi lesquels… la tuberculose ! Opposant une “modernité”, dont l’Occident détient le modèle, à l’obscurantisme des traditions africaines, il fustige tout au long du livre l’émergence d’une revendication identitaire – “le mythe de l’homme noir” – qu’il estime être le seul argument que les Africains opposent à leur échec… Et l’on se demande dans quel songe tourmenté Stephen Smith a vu se répandre dans le monde cette nouvelle revendication qu’il qualifie de “repli identitaire” et qu’il juge néfaste et régressif en l’assimilant à “un racisme à l’envers” (cherchez l’endroit !).

 

On atteint des sommets, lorsque l’auteur écrit : “Si l’on remplaçait la population – à peu près équivalente – du Nigéria pétrolier par celle du Japon pauvre, ou celle de la République démocratique du Congo par celle de la France, il n’y aurait plus guère de souci à se faire pour l’avenir du ‘géant de l’Afrique noire’, ni de l’ex-Zaïre. De même, si six millions d’Israéliens pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et une Mésopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entre le Logone et le Chari. Qu’est-ce à dire ? Que les Africains sont des incapables pauvres d’esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement, leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement…Stephen Smith se “lâche”. Expression délibérée d’un racisme ordinaire, “réhabilité”, rendu au domaine du politiquement correct ? A défaut d’une analyse sérieuse – replacée dans une rigoureuse historicité – des situations actuelles en Afrique, l’auteur de Négrologie a choisi d’user des poncifs les plus primaires pour dire “sa” vérité. Et, à le lire, les difficultés et drames auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui s’expliquent par la nature, les Noirs étant ontologiquement prédisposés à l’échec, comme d’ailleurs, à la violence. Les négrologues sortent du bois…

 

Si la critique la plus utile aujourd’hui consiste à ne pas exonérer les Africains de leurs responsabilités, il est par ailleurs suspect de voir comment le propos de Négrologie évacue ou minore toutes les causes extérieures – pourtant majeures et déterminantes – du mal africain. Insidieusement, puis grossièrement, l’interprétation personnelle de l’histoire se transforme en une série de contre-vérités pour aboutir au pur révisionnisme, voire au plus scandaleux négationnisme. Le colonialisme ? Stephen Smith reprend à son compte, notamment, une citation d’Anatole France datant de 1906 et rendant hommage aux administrateurs coloniaux “qui, sous un climat perfide, se sont gardés de la mélancolie, de la fureur, des perversions mentales, des terreurs et des hallucinations homicides, ont su rester justes et modérés”. Selon Smith, “cet hommage a le mérite de mettre en relief la folie propre à un continent…” A coups de manipulations de citations d’auteurs détournés de leur contexte, il extirpe d’un livre du Centrafricain Jean-Paul Ngoupandé cette phrase: “Cette école coloniale ne valait-elle pas mille fois mieux que l’analphabétisme et l’ignorance dans lesquels nous étions plongés depuis des siècles dans certaines parties reculées du continent ?

 

Conclusion de l’auteur de Négrologie : “La soumission de si vastes étendues outre-mer n’a été possible qu’en raison de l’important écart de civilisation entre colonisateurs et colonisés. Ceux-ci ne sont pas en retard parce qu’ils sont passés sous le joug colonial, mais l’inverse : ils ont été conquis aisément parce qu’ils étaient sous-développés…

 

On pourrait donc en dire autant de tous les peuples dans le monde qui, à travers l’histoire, furent vaincus par des expéditions coloniales dévastatrices… La colonisation, cette violence systémique fondée sur la négation absolue de la liberté et de la détermination d’autrui, et qui constitue une des formes lourdes de la violence humaine – à l’instar de la guerre – se trouve, sous la plume de Stephen Smith, enfin justifiée et réhabilitée dans son droit et sa raison. Par ailleurs, Stephen Smith fait étrangement l’impasse sur le mensonge des indépendances et la structuration du système néo-colonial en Afrique francophone, avec ses implications dans le quotidien africain… Simplisme coupable, ignorance haineuse, ou vulgaire ignominie ? Voire. Révisionnisme, certainement.

 

Négationnisme aussi, lorsque l’auteur revisite les lieux de la traite négrière. Classique de la pensée négationniste, Stephen Smith met en doute les chiffres d’esclaves noirs victimes de cette entreprise : “La ponction démographique que les traites négrières ont représentée pour l’Afrique est disputée…” La traite négrière se résume, sous sa plume, au fait que “ce sont les Africains qui ont vendu d’autres Africains”. La maison des esclaves située sur l’Ile de Gorée, au Sénégal, est qualifiée d’“imposture” et de “falsification au profit d’une rente de situation”…

 

Autrement dit, la colonisation, la traite négrière ne sont, au regard de la situation actuelle de l’Afrique, qu’un “détail” de l’histoire, terme employé en France par Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national (extrême droite), pour qualifier les chambres à gaz où furent exterminés des millions de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Au terme de la lecture de ce livre, on pourrait conclure au drame de l’inculture, à l’imposture intellectuelle, à l’ineptie ou à une régression de la pensée. Mais, l’obsession raciale et raciste – que ne renierait pas, par endroits, le comte de Gobineau, auteur, en 1853, d’un Essai sur l’inégalité des races humaines – qui traverse tout le livre, et à laquelle s’ajoute une révision tendancieuse de l’histoire, semble relever d’une entreprise orientée. Et il n’échappera à personne que nombre de propos inscrits dans cet ouvrage édité en France tombent, normalement, sous le coup de la loi. On peut alors légitimement se demander si la communauté noire est aujourd’hui la seule à l’encontre de laquelle on peut exprimer les pires provocations et abjections en étant assuré de l’impunité ? Autre interrogation : à quelle “pensée”, montante ou rampante, ce livre est-il destiné ?

 

Car il est vrai que l’on sent se développer ici et là un courant négationniste, dont le but est d’absoudre les nations puissantes de certaines de leurs responsabilités dans l’histoire passée et, partant, au regard de l’état actuel du monde. L’Afrique, continent vaincu, en phase de pénible reconstruction, pauvre et démunie quant à sa capacité de “riposte médiatique”, serait alors une cible idéale pour une opération universelle de révision et de “blanchiment” de l’histoire. La conférence sur la traite négrière à Durban en 2000 illustrait bien ce refus des puissances occidentales de “reconnaître” cette massive agression perpétrée contre un continent et qui non seulement relevait du crime contre l’humanité, mais fut conçue et mise en œuvre sur des fondements idéologiques. Justifiée par le postulat de la “race (noire) inférieure”, la traite négrière fut conçue comme l’un des vecteurs participant de l’épanouissement du capitalisme…

 

Le livre Négrologie aurait pu être inutile. Il est dangereux, notamment dans une France où on assiste en certains lieux, à une réécriture insidieuse de l’histoire. En guise d’exemple, le manuel d’histoire actuellement à l’usage des élèves de classe de Première, dans les lycées français. Un manuel édité en 2003, dirigé par Guillaume Bourel et Marielle Chevalier. En page 60, en introduction au chapitre consacré à la colonisation, ce titre : “Pourquoi coloniser ?” Jules Ferry, père de l’école française et présenté comme l’un des maîtres à penser de la colonisation, est mis à contribution avec un texte intitulé “Jules Ferry justifie la colonisation”. Morceaux choisis : “Ce qui manque de plus en plus à notre grande industrie, ce sont les débouchés. […] Or ce programme est intimement lié à la politique coloniale. […] Il y a un point que je dois aborder, c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur…” Page suivante, un texte daté de 1877, livré ici sans le moindre commentaire ou renvoi à un contexte déterminé, et ayant pour titre “une certaine vision des ‘races’ humaines”. Extrait : “C’est en vain que certains philanthropes ont essayé de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche. Quelques rares exemples ne suffisent point pour prouver l’existence chez eux de grandes facultés intellectuelles. Un fait incontestable qui domine tous les autres, c’est qu’ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l’espèce blanche, et comme, dans toute série animale, l’intelligence est en raison directe des dimensions du cerveau, du nombre et de la profondeur des circonvolutions, ce fait suffit pour prouver la supériorité de l’espèce blanche sur l’espèce noire…” Le reste à l’avenant, pour “éclairer” les élèves de France. Il y a vingt-cinq ans, ces écrits étaient archivés dans un excellent Dictionnaire de la bêtise. Aujourd’hui, en 2003, ils servent en France de support à une lecture “orientée” de l’histoire et du monde. Banalisation insidieuse des pans tragiques et des horreurs de l’histoire, promotion des tentations révisionnistes et des provocations irresponsables. Prenons garde aux conséquences toujours imprévisibles de ces aventures de l’esprit.

 

(1) Contrairement à ce qu’affirme Stephen Smith, le terme Négrologie, ne provient pas de son invention personnelle. S’il l’assimile volontiers à une provocation “personnelle”, le mot “négrologue” fut employé il y a plusieurs années par l’écrivain Stanislas Spero Adotevi dans son livre Négritude et Négrologues, dans lequel le terme est mis au service d’un travail d’une toute autre envergure. »


FRANCIS LALOUPO
le nouvel afrique-asie

 

 

***

 

Autres analyses critiques :

«  Les recherches portant sur les groupes inégalitaires montrent comment les sujets provenant des groupes dominants sont portés à imputer la responsabilité de l'inégalité aux individus provenant des groupes dominés, arguant de lacunes et défauts attachés à leurs personnes, plutôt qu'en incriminant le système social (et historique) porteur de ces inégalités. Une stratégie de naturalisation permet de déculpabiliser le dominant, tout en assurant la pérennité de son statut privilégié.  »
Geneviève Vinsonneau,
Inégalités sociales et procédés identitaires, A. Colin, 1999.

 

Négrologie, livre « racialiste ». Explications : Alors que le raciste prétend que les différences observables entre groupes humains sont le fait de leurs races (ce qui a été largement infirmé par la biologie), le racialiste pense que "c'est notre culture ou notre civilisation qui s'est affirmée comme supérieure, et non plus «la race». Mais en profondeur, la conviction reste intacte que, pour avoir façonné cette culture jugée supérieure, il fallait que Nous soyons une race supérieure, une sorte d'humains plus doués pour la rationalité, la science, la connaissance, la création." (D. Blondin) Racistes et racialistes n'essaieront pas de s'interroger sur les causes de l'inégalité aujourd'hui flagrante entre les pays occidentaux et les pays africains, chacun se contentant d'en attribuer la responsabilité à la « nature » des africains (naturalisation du social).

 

Le livre de Stephen Smith nous montre, encore une fois, que seul le vocabulaire pour exprimer cette prétendue infériorité naturelle de « l'Autre », du « nègre » a changé.

 

Dire des Africains que leur flegme atavique et leur culture les prédisposent à la pauvreté et à la dictature, c'est nier les luttes et les combats d'hier et d'aujourd'hui entrepris par la plupart d'entre eux pour conjurer l'Histoire (esclavagisme, colonialisme) et combattre les régimes tyranniques que nous soutenons militairement (Accords de "coopération militaire" notamment). C'est un révisionnisme que semble valider certaines lectures orientées de l'Histoire…

 

Certains hommes politiques français, journalistes ou « intellectuels » besogneux osent encore dire que "les droits de l'homme ne sont pas applicables en Afrique ", que "l'Afrique n'est pas prête pour la démocratie". Ces derniers accueillent cependant à bras ouverts ces dictateurs qui enferment et tortures... Faut-il rappeler qu'aucun dictateur n'est fréquentable, qu'aucun d'entre eux ne devrait se prévaloir du titre "d'ami de la France".

 

Dire des Africains qu'ils ne sont pas prêts pour la démocratie, c'est tuer une seconde fois tous ceux qui sont morts pour elle, c'est désavouer le combat de tous les journalistes et opposants enfermés, en exil, torturés, mais c'est aussi exprimer clairement et définitivement son mépris pour les Africains. Ce que fait brillamment Stephen Smith…

Bruno Gouteux (http://bruno.gouteux.free.fr/textes/negrologues.htm) »


 

 *

Négrophobie, de Boubacar Boris Diop, Odile Tobner, François-Xavier Verschave, éd. Les Arènes, 2005, 200 pages, Prix : 19,80 €

Présentation sur le site de l’éditeur — Les Arènes

http://www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=116 :


«Négrophobie
Boubacar Boris Diop, Odile Tobner, François-Xavier Verschave

Réponse aux "Négrologues", journalistes françafricains et autres falsificateurs de l’information.

Dès lors qu’il s’agit d’un pays d’Afrique «noire», la République a pris l’habitude de s’octroyer tous les droits. Et d’abord celui de mentir. L’information est devenue une arme. De RFI au Monde, son traitement est surveillé, filtré, parfois même organisé.

L’un de ces «ingénieurs de l’âme» s’appelle Stephen Smith, maître des faux scoops qui arrangent Paris. Responsable de la rubrique Afrique au Monde après avoir tenu celle de Libération, il est aussi l’auteur d’un best-seller inquiétant, Négrologie, qui ressuscite les pires clichés coloniaux.

Trois auteurs de référence ont mêlé leurs plumes pour décortiquer le discours pervers de Négrologie, qui joue avec le feu du racisme pour mieux masquer la face honteuse de la République. Ils mettent à nu, preuves à l’appui, dix ans de désinformation, à Libération et au Monde.


*


Ouvrage indispensable pour comprendre et l’Afrique et la dérive raciste banalisée des faiseurs d’opinion français. Ci-dessous les deux premières pages :

«Avertissement de l’éditeur

Imaginons un instant qu’un journaliste décide d’écrire un essai délicatement intitulé Bougnoulogie qui comporte - entre autres - ces lignes: « Le monde arabe est un paradis naturel de la cruauté . Des Arabes se massacrent en masse, voire - qu’on nous pardonne! - se "bouffent" entre eux . Ils sont habités par un refus d’entrer dans la modernité autrement qu’en passagers clandestins ou en consommateurs vivant aux crochets du reste du monde. Si 6 millions d’Allemands pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Marocains, le désert fleurirait. »

Peut-on concevoir qu’il se trouve en France un éditeur réputé pour décider de publier un tel ouvrage, qui reléguerait aussitôt les pamphlets antimusulmans d’Oriana Fallaci au rang de bluettes? Que cet essai soit salué par la critique? Que des hommes politiques de premier plan tressent des couronnes à son auteur? Qu’il obtienne un prix littéraire décerné par un média de service public? Peut-on imaginer que se propagent sans réactions de telles énormités où le mépris le dispute aux descriptions apocalyptiques, ravalant «les Arabes» au niveau d’une sous-humanité?

C’est pourtant ce qui est arrivé en France.

L’auteur du livre, Stephen Smith, est alors rédacteur en chef au Monde, après avoir passé dix ans à Libération. L’éditeur est l’une des plus vieilles et prestigieuses maisons d’édition françaises, Calmann-Lévy, à l’histoire douloureuse (elle a été «aryanisée» pendant la guerre). Le président du jury du prix Essai France Télévisions, Bernard Pivot, est une figure respectée et populaire entre toutes, qui n’a jamais commis d’impair en quarante ans de critique littéraire.

Il n’est, bien sûr, pas question des «Arabes», dans le livre de Stephen Smith, mais d’une autre boîte à fantasmes: les «Africains» (1). Et là, tout change. En France, dès qu’il s’agit d’Afrique «noire», ce qui paraît inimaginable devient aussitôt acceptable. Pourquoi? C’est tout l’enjeu de ce livre.

Pourquoi des dizaines de milliers de lecteurs français (avec un jury littéraire prestigieux en guise de cerise sur le gâteau) acceptent-ils sans broncher d’avaler un discours racialiste, des simplifications ridicules (600 millions d’hommes traités comme un seul) et l’agitation du spectre du «Noir», où l’indigène prend bien évidemment les traits d’une brute sanguinaire et anthropophage, tandis que la femme fait une apparition sous les traits d’une dactylo paresseuse? Pourquoi tout ce que notre pays compte de vigies antiracistes et d’associations des droits de l’Homme sont-elles restées muettes face à des pages qui auraient pu paraître telles quelles dans La Revue coloniale en 1883 et être saluées par le Congo de Léopold II (2) ? Quelle nostalgie d’empire nous habite donc dès lors qu’il s’agit de l’Afrique?

À ces questions, les initiés de la Françafrique sont tentés d’en ajouter une autre: à quoi sert ce livre?

Car l’auteur de Négrologie, Stephen Smith, n’est pas n’importe quel journaliste. Depuis le génocide des Tutsi au Rwanda, le rédacteur en chef des pages Afrique du Monde n’a eu de cesse de jeter un rideau de fumée sur la culpabilité française dans ce (etc. La suite dans Négrophobie p. 3 sq.)»

«1. Les citations exactes de Négrologie sont donc: «L’Afrique est un paradis naturel de la cruauté . Des Africains se massacrent en masse, voire - qu’on nous pardonne! - se "bouffent" entre eux . (Ils sont habités par un refus) refus d’entrer dans la modernité autrement qu’en passager(s) clandestin(s) ou en consommateur(s) vivant aux crochets du reste du monde. Si 6 millions d’Israéliens pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Tchadiens, à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait. »
2. En 2005, la secrétaire du prix Essai France Télévisions a admis avoir fait pression sur le jury pour qu’il évite de couronner l’ouvrage de Serge Bilé Noirs dans les camps nazis (Le Serpent à Plumes), après avoir été alertée par des historiens des lacunes de l’ouvrage. L’absence de réactions à propos de Négrologie apparaît d’autant plus cruelle.»


Date de publication : juin 2005
200 pages
Prix : 19,80 €
Disponible»




<a href="http://delugio.zeblog.com/117045-deux-ouvrages-negrologiques-ii/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=117045">aucun trackback</a>
Page précédente / Page suivante

</div> </td> </tr> <tr> <td colspan="2" id="pied">Copyright © <a href="http://delugio.zeblog.com/"> «Une vingtaine» !</a> - Blog créé avec <a target="_blank" href="http://www.zeblog.com">ZeBlog</a> </td> </tr> </table> </div> <script type="text/javascript"> var gaJsHost = (("https:" == document.location.protocol) ? "https://ssl." : "http://www."); document.write(unescape("%3Cscript src='" + gaJsHost + "google-analytics.com/ga.js' type='text/javascript'%3E%3C/script%3E")); </script> <script type="text/javascript"> try { var pageTracker = _gat._getTracker("UA-12959590-2"); pageTracker._trackPageview(); } catch(err) {}</script> </BODY> </HTML>