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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

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"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
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Une paix déroutante

Par Delugio :: dimanche 29 avril 2007 à 4:45 :: Analyses & commentaires




La paix en Côte d’Ivoire déroute. Le pardon et la réconciliation bouleversent toutes les prévisions. Et posent des questions redoutables sur la justice pour les victimes des crimes comme ceux pour lesquels un Soro demande pardon. Cela ne va pas sans une armertume indéniable.

 

Quant à la presse française, elle est déboussolée. Dans Libération, l’inénarrable Hoffnung cherche un « deal » électoral entre Gbagbo et Soro : « le premier élu en 2007, le second cinq ans après » ! Comme si on était maître des électeurs, surtout à cinq ans d’avance ! Hoffnung ne semble pas mesurer l’absurdité de son hypothèse, qu’il attribue aux Ivoiriens ! Le journal bleu Le Matin d’Abidjan s’en donne à cœur joie en reproduisant in extenso l’article d’Hoffnung pour en souligner le ridicule.

 

Il aurait suffi que Hoffnung pose la question aux Ivoiriens de la rue ou des villages pour savoir que s’il y a eu un « deal », il est d’une toute autre nature. Concernant Soro, il s’agit simplement de sauver sa peau, bien plus menacée au Nord qu’au Sud. Ce pourquoi, il a renoncé sans difficulté à ses 300 soldats burkinabè réclamés (comme dans une dernière coquetterie) pour l’accompagner au Sud pour sa sécurité.

 

Quant à Gbagbo, l’affaire de Ouaga est évidemment tout bénéfice, puisque d’un coup d’un seul, il coupe les fils de la marionnette rebelle de la Sarko-Chiraquie manipulée par le couple Ouattara-Bédié. D’où l’amertume de ces derniers qui en appellent encore à la mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire, que refuse évidemment Ban Ki-Moon qui s’en remet à Gabgbo !

 

En ce sens, il s’agit bien d’un « deal », en effet, accepté en Côte d’Ivoire, malgré l’amertume, parce qu’ « on est fatigué » de cette guerre.

 

Le Figaro pour sa part dans un article (reproduit lui aussi dans la presse ivoirienne) signé (hélas) P. de St-Exupéry (de la part de qui on s’attendrait à mieux) ne retient des événements du week-end dernier en Côte d’Ivoire, que le ridicule pugilat entre deux ministres ex-rebelles, qui prouve pour PSE, que tout n’est pas complètement aplani (qui l’eût cru ?!). Et PSE de préciser que, même si ce n’est pas le cas, ce pugilat aurait aussi pu être le fait de loyalistes (CQFD). PSE oublie toutefois que le même jour, au nord, les partisans du rebelle Koné Zacharia se sont tiré dessus entre eux à l’arme lourde (http://news.abidjan.net/article/?n=246863), divisés entre partisans de la paix et ceux qui la refusent… Autrement troublant qu’un pugilat ministériel.

 

Ce qui confirme donc la part Soro du « deal » : il entend surtout sauver sa peau.

 

Libé comme Le Figaro oublient totalement l’événement central du week-end : la finale de la caravane de la paix des jeunes patriotes à Yopougon. Nous voilà au cœur de la problématique et de ses moyens : la foi du peuple : on est bien obligé d’admettre la force du facteur religieux, quand on entend Mme Gbagbo demander de réciter après elle le Notre Père à une foule de milliers de chrétiens et de musulmans en présence du ministre issu de la rébellion Sidiki Konaté. Un Notre Père avec la demande de pardon sur laquelle elle s’arrête ; et toute la foule, chrétiens et musulmans, qui répète après elle : « pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à tous ceux qui nous ont offensés ; à ceux que nous appelions les rebelles, qui nous ont fait souffrir, qui nous ont humiliés ».

 

L’Humanité, qui sort du lot dans la presse française, a proposé, sous la plume de Jean Chatain, une analyse du livre de Mme Gabgbo, analyse d’une bonne tenue, avec un seul reproche significatif, son « vocabulaire religieux ». Or, c’est bel et bien cet aspect des choses qui joue dans la réconciliation actuelle. On assiste peut-être à l’avènement de la synthèse entre la foi et le combat politique que n’avait pas pu obtenir la théologie de la libération avant la chute du mur de Berlin.

 

Quoiqu’il en soit, on a bel et bien un effet politique de la religion tout à fait inhabituel pour nos « spécialistes » : ni intolérance, ni violence, ni atteintes à la liberté ou à la laïcité, ni a fortiori terrorisme ou intégrisme, mais pardon et réconciliation, et dialogue islamo-chrétien.

 

Avec un reste d’amertume légitime. Cela aussi nos « spécialistes » l’auraient entendu, s’ils avaient pu écouter des Ivoiriens de la rue ou des villages : amertume parce qu’un tel pardon semble entériner l’impunité ! Quand est-ce que la justice passera, quand seront jugés les responsables des innombrables crimes des rebelles et de la Françafrique ? La question reste en suspens, qui n’empêche pas l’octroi de ce pardon, parce que la guerre doit prendre fin le plus rapidement possible pour le redémarrage du pays, et pour la cessation du pillage françafricain via le nord.

 

Ce goût d’amer est traduit dans la presse ivoirienne. Exemples : les articles de Mahalia Ntebi et Sylvestre Konin.

 

Alors, oui, cela a un goût amer ; c’est un pari lourd de douleurs que se donne la Côte d’Ivoire, et dont la légitimité se verra à l’usage.

 

Théophile Kouamouo propose parmi les premiers tests de la réussite de ce pari, la mise en transparence des revenus pétroliers. Il y aura d’autres tests à mettre en place, nombreux, notamment après les élections, quand le mouvement des réformes sociales du programme de Ggbabo pourra se mettre enfin en place sans que la Françafrique ne lui colle de coup d’État dans les pattes…

 

Voilà la richesse de ce qui se vit en Côte d’Ivoire, qui explique peut-être les attaques incessantes des médias français, noyés dans une platitude qui frise l’infini !

 

 

 

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"Evénements de novembre 2004 - un nouveau livre éclabousse la Chiraquie"

Par Delugio :: lundi 09 avril 2007 à 11:59 :: Livres




À propos du livre de Paul Moreira
Les Nouvelles censures, dans les coulisses de la manipulation de l’information, 288 pages, Editions Robert Laffont.

 moreira

Article dans Le Courrier d'Abidjan No 980 du Mercredi 4 Avril 2007 -
http://www.lecourrierdabidjan.info/
a_la_une.asp?id=13725
:

par Théophile Kouamouo :

"Ce sont des jours et des nuits qui resteront gravés dans la mémoire de nombreux Ivoiriens. Le 6 novembre 2004, l’armée française interrompt l’opération «César» (ou «Dignité») lancée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes pour libérer une partie du territoire national pris en otage depuis plus de deux ans par des mouvements rebelles coalisés soutenus par des pays voisins. Raison invoquée? L’armée ivoirienne aurait bombardé une position française à Bouaké. Très vite, la force Licorne engage une opération d’occupation d’Abidjan, principale métropole du pays, et se heurte à la résistance civile d’un peuple qui refuse d’être recolonisé. Sur les deux ponts d’Abidjan, les hélicoptères français mitraillent des manifestants voulant aller libérer l’aéroport, aux mains des hommes du général Henri Poncet. Les militaires français se positionnent notamment sur le parking de la tour de l’Hôtel Ivoire, à moins d’un kilomètre d’une résidence présidentielle se situant dans la ligne de mire des nervis de l’ancien colonisateur. Ils finissent par ouvrir le feu sur une foule désarmée venue les empêcher d’attenter à la vie du président Laurent Gbagbo. Des dizaines de personnes sont tuées. Des caméras filment les forfaits de l’armée française. Une armée française qui, contre toute évidence, nie les faits, en accord total avec le gouvernement qui lui donne des ordres. Les médias français restent muets et étouffent la vérité, malgré toutes les preuves dont ils disposent. Seule Canal + et I-Télé, qui appartient au même groupe, diffusent les images qui prouvent la réalité des crimes de guerre hexagonaux. Le scandale éclate. Il est très vite étouffé par la complicité du silence entre les médias dominants et le pouvoir incarné par Jacques Chirac.
Plus de deux ans après, Paul Moreira, ancien responsable et présentateur de l’émission 90 minutes de Canal + (qui avait édifié l’opinion française sur ce qui s’était passé sur les ponts et sur l’esplanade de l’Ivoire), a publié, il y a quelques semaines, un livre qui revient, entre autres choses, sur ces «jours de feu». Le titre ? «Les nouvelles censures, dans les coulisses de la manipulation de l’information». Il dénonce l’amnésie organisée par les médias français sur «le crime de guerre» perpétré par les autorités de leur pays. «En Côte d'Ivoire, pendant les émeutes de novembre 2004, l'armée française a tiré à balles réelles sur des manifestants civils. Des caméras vidéos ont tout filmé. Pourtant, cette bavure a été couverte par une immédiate et étonnante amnésie. Une amnésie audiovisuelle...», écrit Paul Moreira. A l’inverse des militaires, des politiques et des journalistes français aux ordres, Paul Moreira affirme clairement que le jeune Jean-Louis Coulibaly Kouassi et les autres ont été tués par les snipers qui se trouvaient au sixième étage de l’Hôtel Ivoire. «... A 15 heures, les manifestants sont à moins de deux mètres des blindés français. Certains jeunes s'amusent, par défi, à aller toucher le canon des chars. Ils sont acclamés. A la suite d'un mouvement de foule plus important que la caméra ne parvient pas à capter, l'ordre de tirer est donné. En une minute, les soldats français brûlent 2000 cartouches. De l'autre côté du dispositif, en surplomb d'un bâtiment, les caméras de télévision ivoirienne filment la scène. Des soldats, bien campés sur leurs jambes, tirent en rafales. Certains au-dessus des têtes, d'autres à tir tendu, le fusil au niveau de la poitrine. Ils tirent sans même la protection de leurs véhicules blindés, qui sont rangés en rempart juste derrière eux... Apparemment les soldats savent qu'ils ne risquent pas de riposte. Quand les tirs cessent, les caméras ivoiriennes continuent d'enregistrer : les victimes, la terreur, la chair entamée par les balles, une main arrachée, les os brisés par le métal. "Qu'est-ce qu'on a fait à la France?", hurle un homme. Une image choque particulièrement : un corps sans tête. La boîte crânienne a explosé et la cervelle s'est répandue autour d'elle. Ca ne peut pas être une balle de fusil d'assaut FAMAS. Le calibre - est trop mince. Un seul type de munitions est capable de faire autant de dégât : la 12,7 millimètres. De celles qui équipent certains fusils de snipers...»
Les médias français étaient-ils sous informés sur ce qui se tramait à Abidjan ? Non, répond Paul Moreira. «En France, le soir même, aux journaux télévisés, c'est le black-out. TF1 ne fera rien. France 2 relate l'incident avec une sorte de bouillie visuelle, bougée, floue, informe et de couleur principalement verte, où l'on entend simplement les coups de feu à distance...Beaucoup plus tard nous découvrirons que toutes les rédactions nationales (françaises, ndlr) avaient eu très vite en leur possession les images explicitées de la télé ivoirienne. Que les journalistes français présents sur place avaient bel et bien enquêté....Dans les directions de l'information du service public, on ne diffuse rien, "par sens des responsabilités". A la notable exception de la chaîne info i-télé, les rédactions font le choix délibéré de ne pas montrer ces images...» Paul Moreira compare l’indifférence des médias français face aux massacres d’Abidjan au scandale des Algériens jetés dans la Seine le 17 octobre 1961. «L'histoire bégaie. Depuis longtemps, je suis fasciné par l'amnésie collective autour d'un massacre commis en octobre 1961 par la police française sous les fenêtres des Parisiens. Ce jour-là, le 17 octobre 1961, deux cent Algériens ont été tués, jetés à la Seine pour la plupart, sans que l'événement soit relaté. Sans qu'il trouve une place dans notre mémoire. Certains de ces Algériens avaient été assassinés sur les Grands Boulevards, quasiment au pied des sièges des grands journaux parisiens. Ceux-ci avaient choisi de ne pas voir. Et voilà que sur les ponts de la Lagune d'Abidjan, ça recommençait. J'étais pourtant convaincu de ne jamais plus assister à un octobre 1961. C'était bien avant la télévision de masse, la vidéo et les caméras légères. L'ORTF était aux ordres, totalement soumise à l'effort de guerre».
Les médias complices de la Chiraquie tentent de minimiser l’impact du livre de Paul Moreira. Il est, ces derniers jours, la victime des «nouvelles censures» qu’il dénonce. «Certains, comme VSD, ont bloqué un papier sur le livre, malgré l’enthousiasme qu’il avait suscité chez l’auteure de l’article. Télérama voulait un grand entretien pour l’hebdomadaire papier, qui n’a finalement été publié que sur le site Internet sans qu’il soit fait mention du livre. Ils avaient pourtant demandé l’exclusivité. Le climat n’est pas à la méfiance. Mon livre provoque plutôt de la gêne. Je n’assiste pas à un tir de barrage contre le bouquin. Personne ne conteste les faits. Ce que je raconte est établi : je source, je donne des références officielles. C’est probablement le chapitre sur la Côte d’Ivoire qui pose problème. Ce qui expliquerait le manque d’enthousiasme des médias qui se sont contentés de la version officielle, comme Libération par exemple», confie Paul Moreira dans une interview.
Le pouvoir français a eu raison de l’émission 90 Minutes, qui dérangeait et faisait l’objet de beaucoup de «pressions». Elle a été supprimée de la grille de Canal + sans grand bruit. Mais le livre de Paul Moreira est là, et il témoignera pour l’Histoire. Nous en reparlerons."

Les Nouvelles censures, dans les coulisses de la manipulation de l’information, 288 pages, Editions Robert Laffont.

 

 

 

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Dans les journaux ivoiriens, l’hommage de la presse française à Gbagbo !

Par Delugio :: vendredi 06 avril 2007 à 14:57 :: Articles de presse




«Lu dans le quotidien “Le Monde” - Côte d’Ivoire, les comptes du règlement»

L'intelligent d'Abidjan
— vendredi 6 avril 2007 —
http://news.abidjan.net/article/?n=244767 

La Une du Temps : La Une du Temps

Article du Monde
par Jean-Pierre Tuquoi :

«Comme par enchantement, la crise ivoirienne se dissout rapidement sous les yeux d'une communauté internationale stupéfaite et dubitative. Ce qu'elle tentait en vain d'imposer depuis le putsch raté de septembre 2002 - l'organisation d'une élection présidentielle honnête - est désormais prévu pour la fin de l'année, au plus tard début 2008.
Pour mettre sur pied le scrutin, le président Laurent Gbagbo, prenant tout le monde de vitesse, a fait appel à son adversaire le plus symbolique, Guillaume Soro, le chef des rebelles du Nord, qui a été nommé, le 26 mars, premier ministre d'un gouvernement de cohabitation en cours de formation. Il y a quelques semaines, personne n'aurait imaginé possible un tel arrangement. Maintenant chacun s'y rallie, la France, les organisations africaines et, dernier en date, le Conseil de sécurité de l'ONU. Comment faire autrement ?
Le plan a le mérite d'éloigner le spectre d'un démembrement de la Côte d'Ivoire, le poids lourd de l'Afrique de l'Ouest francophone. La séparation, tant redoutée, entre la partie sud, peuplée et riche de son café, de son cacao et d'un peu de pétrole - la Côte d'Ivoire utile -, et le Nord, déshérité et peu peuplé, tombant dans l'orbite du Burkina Faso, n'aura pas lieu.
Il a suffi d'un mois de discussions à Ouagadougou pour que tous les obstacles sur la voie d'un règlement politique de la crise s'évanouissent les uns après les autres. L'élaboration de listes électorales fiables faisait figure de problème insoluble. Il ne l'est plus. Des millions d'Ivoiriens sans papiers se verront délivrer sans tarder par la justice des documents d'identité grâce auxquels ils pourront voter.
Le désarmement des "rebelles" et le retour des "soldats perdus" au sein d'une armée républicaine empoisonnaient aussi le dossier. Tout est désormais réglé entre ceux qui hier se faisaient la guerre. Les officiers supérieurs des deux bords vont cohabiter au sein d'un état-major intégré tandis que les soldats auront le choix entre rester dans l'armée ou retourner à la vie civile munis d'un petit pécule. Les miliciens qui tenaient le haut du pavé dans certaines zones du pays, proches du Liberia, vont également rentrer dans le rang.
La zone dite de confiance qui séparait les deux belligérants n'a donc plus sa raison d'être. Le démantèlement progressif de cette zone tampon est acquis, et avec lui le départ des milliers de casques bleus et de militaires français de l'opération Licorne. D'ici peu, la Côte d'Ivoire sera donc réunifiée et il sera possible de se rendre d'Abidjan, la capitale économique, en zone gouvernementale, à Bouaké, la "capitale" des anciens rebelles, sans devoir franchir des barrages militaires où l'argent était le meilleur des viatiques.
Grand ordonnateur du bouleversement en cours, le président Gbagbo ne tente pas là un quelconque coup de poker. C'est davantage une partie d'échecs, commencée en 2002, qu'il joue, avec pour objectif ultime d'être reconduit à la tête de la Côte d'Ivoire, si possible dans de meilleures conditions qu'en 2000, où il n'avait été élu qu'avec seulement 600 000 suffrages. La partie s'annonce serrée - le corps électoral est estimé à 8 millions de personnes -, mais elle peut-être gagnable. Le chef de l'Etat ivoirien a retourné la situation, en décembre 2006, quand il a proposé aux rebelles qui l'acceptèrent un dialogue direct pour sortir de la crise. Ce fut là le coup de maître.
Si le président ivoirien a pris cette initiative c'est parce qu'un mois auparavant, lassée de voir M. Gbagbo court-circuiter les préparatifs du scrutin, la France avait tenté, sans y parvenir, de faire voter au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution contraignante pour Abidjan. Elle visait à "ligoter" le chef de l'Etat et à réduire ses prérogatives à celles de la reine d'Angleterre, la réalité du pouvoir revenant ainsi au premier ministre, Charles Konan Banny. Pour des raisons différentes, plusieurs pays membres du Conseil de sécurité n'ont pas voulu aller aussi loin dans ce qui a été perçu comme une atteinte à la souveraineté d'un Etat. La résolution finale, laborieusement votée, n'allait être en définitive qu'une pâle copie de celle souhaitée par la France. Laurent Gbagbo était remis en selle.

DIALOGUE DIRECT
En fin politique, il a poussé son avantage. En proposant un dialogue direct, sans interférence de l'ONU et des organisations régionales africaines, il s'est replacé au centre de l'échiquier politique. Plus personne aujourd'hui ne lui conteste son titre de chef de l'Etat et les prérogatives qui vont avec. De plus, il s'est réconcilié avec Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, qui a joué le rôle de facilitateur du dialogue direct. De ce renversement de situation, M. Gbagbo va tirer profit pour assurer sa réélection à la présidence de la République. Aux yeux d'une partie de ses compatriotes, il devient l'homme par qui la paix est revenue, et le réconciliateur de la nation. Relayé par son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), son discours trouvera un écho même dans un pays où le vote ethnique reste une donnée de base.
Guillaume Soro est l'autre gagnant. En quelques mois, la tête politique des rebelles a acquis un brevet de respectabilité. Il est âgé de 34 ans, n'a jamais rien fait en dehors de la politique, mais son ambition est immense, son carnet d'adresses épais et les moyens financiers dont il dispose substantiels. S'il a pris l'engagement de ne pas être candidat à l'élection présidentielle, Guillaume Soro, même fugace premier ministre, s'est toutefois installé durablement dans le paysage politique ivoirien. Il faudra compter avec lui.
Dans ce jeu complexe, la France fait figure de perdant incontestable. Depuis l'affaire de Bouaké et la mort de soldats français en novembre 2004, l'Elysée - contre l'avis de certains diplomates du Quai d'Orsay - s'était lancé dans une guerre feutrée contre Laurent Gbagbo en s'appuyant sur le premier ministre Charles Konan Banny. Mais miser sur le chef du gouvernement, un ancien banquier égaré en politique, pour déstabiliser le président, c'était mal apprécier les rapports de force entre les deux hommes.
La France a donc échoué, et le président ivoirien ne se prive pas, à chacune de ses interventions, de souligner que l'accord conclu à Ouagadougou avec les anciens rebelles ne doit rien à l'ancienne puissance coloniale. Il a été négocié entre acteurs africains. Au moins Paris, en passe de sortir du bourbier ivoirien, peut se consoler en se disant qu'en cas d'échec il sera impossible, cette fois, d'incriminer la France.»




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L’accord de Ouaga questionné…

Par Delugio :: jeudi 05 avril 2007 à 15:26 :: Articles de presse




… par
Mahalia Nteby


http://saoti.over-blog.com/article-6250584.html :


« Soro à la Primature : Lobotomisation souhaitée »



«En politique, il faut moins résoudre les problèmes que faire taire ceux qui les posent.» (Henri Queuille)

«
Ainsi donc, cela est vrai. Guillaume Soro est le nouveau Premier Ministre de Côte d’Ivoire. Déprimante pour les uns, risible pour les autres, la décision de Laurent Gbagbo de nommer le chef rebelle aux mains souillées de sang à la tête du gouvernement ivoirien suscite surtout une perplexité croissante quant aux véritables desseins du chef de l’Etat éburnéen. Est-il prêt à tout, juste pour conserver son fauteuil le plus longtemps possible, comme le laissent supposer ses récentes actions et prises de paroles, ou ces dernières s’inscrivent-elles dans le cadre d’un savant et sinueux plan d’émancipation et de développement de la Côte d’Ivoire ?

Le décret de nomination que Guillaume Soro est venu, tout sourire, chercher à la Présidence de la République la semaine passée met fin au pitoyable interlude Charles Konan Banny. Mais il n’est pas certain pour autant que les Ivoiriens y gagnent au change. Un bouffon contre un criminel. En effet, en dépit des intéressants exercices de style auxquels se livrent depuis quelques temps les médias proches du pouvoir, se pliant aux injonctions d’un Laurent Gbagbo qui a nouvellement endossé les atours bien peu seyants de censeur de presse, la réécriture de l’Histoire demeure une tâche ardue. Même si toute une armada de journalistes et conseillers en communication, autrefois symboles de patriotisme et d’intégrité intellectuelle, est mise à contribution, rien n’y fait : la pilule ne passe pas. Et tout le matraquage médiatique qui consiste à refaire un curriculum au nouveau Primus n’arrive pas à faire oublier les actes barbares et sanglants dont Guillaume Soro a été l’auteur et l’instigateur. N’est-il pas vaudevillesque de se remémorer l’unanime levée de boucliers de ces mêmes intervenants lorsqu’au sortir de Kleber en 2003, Soro exigeait les ministères de la Défense et de l’Intérieur ? Et pourtant, le voilà nommé à la tête de tout le gouvernement, seulement quatre ans plus tard. Qui eut cru que l’accord de Linas Marcoussis serait un jour amèrement regretté sur les berges de la lagune Ebrié ? Morale de l’histoire : Prends des armes, tue un grand nombre de tes prochains et Premier Ministre tu seras.

Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié, Seydou Diarra, Charles Konan Banny… La liste des victimes politiques de la sale guerre de la France contre la Côte d’Ivoire ne fait que s’allonger. Difficile de s’en plaindre. Mais s’il ne fait aucun doute que Guillaume Soro sera lui aussi «cannibalisé» par Laurent Gbagbo, il n’en demeure pas moins qu’aucune avancée notable n’a été faite concernant une résolution pérenne de la crise. Banny, Ouattara, Soro et même Compaoré ne sont que des marionnettes. Le vrai adversaire des Ivoiriens, c’est la France. Et si l’aboutissement du processus de libération de la Côte d’Ivoire devait réellement passer par un dialogue direct, alors les signatures au bas de l’accord de Ouagadougou auraient dû être celles de Jacques Chirac et de Laurent Gbagbo.

Certes, il ne fait aucun doute que la France a été partie prenante de l’accord «historique» tant vanté et si peu critiquable ces dernières semaines. Le ballet des missi dominici qui se sont succédés à Abidjan, puis dans la capitale burkinabé depuis la fin du mois d’Octobre 2006 est on ne peut plus explicite. Mais comment se fait-il que personne ne se soit offusqué du rôle de médiateur attribué à Blaise Compaoré, alors qu’il est clairement établi que la France lui avait précédemment sous-traité tout le volet militaire de ses attaques contre l’Etat de Côte d’Ivoire ? Et quid des intérêts économiques qui ont motivé les diverses tentatives de renversement du régime Gbagbo par Jacques Chirac ? Quid des investissements effectués par la France au Burkina Faso pour la mise en place d’une sanglante filière détournée du cacao ? Quid de l’exploitation du pétrole, du gaz et de toutes les ressources naturelles qui a justifié l’envoi et le maintien onéreux de milliers de soldats français au sein de la force Licorne et l’extermination de citoyens ivoiriens par l’armée française en mondovision ? Pourquoi, en signant l’accord de Ouagadougou, Gbagbo a-t-il choisi de ne pas donner le coup de grâce au système françafricain pérennisé par une Chiraquie qui n’avait jamais été dans une telle position de faiblesse ? Pourquoi Laurent Gbagbo privilégie-t-il la cosmétique là où une intervention chirurgicale paraît de mise ?

A première vue, la stratégie de gestion de crise de Laurent Gbagbo semble se réduire à un enchainement d’actes inconséquents. Ceci est certainement trompeur, puisque l’homme vaut bien mieux que cela. Laurent Gbagbo a réussi à se hisser en première ligne des héros contemporains de l’indépendance africaine, comme Paul Kagame ou Thabo Mbeki. Mais la nomination de Guillaume Soro au poste de Premier Ministre est tout sauf anodine. L’engagement des populations ivoiriennes aux côtés de Laurent Gbagbo découle d’un choix de conscience. Leur imposer comme chef de gouvernement un individu qui, depuis cinq ans, est coresponsable de leurs souffrances, de leurs misères et de leurs malheurs, en assortissant cette décision d’une interdiction de penser, de critiquer ou de s’exprimer est irrecevable. Si ce décret fait effectivement partie d’un plan complexe ourdi par le président ivoirien pour extraire son pays de la mainmise française, il est évident que des explications – et non des oukases – sont attendues par ceux qui, depuis 2002, se sont engagés sans faillir dans une lutte contre des adversaires puissants, visibles et invisibles.


«A chaque fois que tu entends un homme dire qu’il veut la liberté, mais en même temps énoncer ce qu’il ne fera pas pour l’avoir, sache qu’il ne croit pas à la liberté. Un homme qui croit à la liberté fera n’importe quoi dans ce monde pour l’acquérir ou pour la préserver.» Paroles de Malcolm X à méditer. »




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"L'accord de Ouaga est une défaite pour Paris"

Par Delugio :: mardi 03 avril 2007 à 8:39 :: Articles de presse




Gbagbo plus que jamais président »

Le Journal du Dimanche - Dimanche 01 Avril 2007 -
http://www.lejdd.fr/cmc/international/200713/
gbagbo-plus-que-jamais-president_5572.html


par Antoine MALO et Gilles DELAFON
 

 
 
intell ouaga


Article repris sous le titre :

« Lu dans la presse française -
Gbagbo plus fort que Chirac
 »


par L’Intelligent d Abidjan - 3 avril, 2007 -
http://www.lintelligentdabidjan.org/
Actualites/?p=2211


« L'accord survenu le 4 mars dernier entre le président Laurent Gbagbo et le chef rebelle Guillaume Soro constitue "une défaite pour Paris", de l'avis des experts. Gbagbo reprend la main et s'apprête a former un nouveau gouvernement, avec le soutien de son homologue sud-africain Thabo M'Beki. Et les troupes francaises commencent leur retrait.


L'accord survenu le 4 mars dernier entre le président Laurent Gbagbo et le chef rebelle Guillaume Soro constitue "une défaite pour Paris", estiment différents spécialistes du dossier ivoirien. Pour eux, la France, présente pourtant en Côte d'Ivoire dès les premières heures de la crise en septembre 2002 et impliquée depuis dans la recherche d'une solution politique, a été cette fois complètement tenue à l'écart. Pis, elle apparaît même comme le seul perdant, alors que le président ivoirien doit former cette semaine son nouveau gouvernement.

"La tactique de Jacques Chirac et Brigitte Girardin (la ministre française de la Coopération) qui consistait à écarter définitivement Gbagbo a échoué", estime Gilles Yabi, spécialiste de la région au think tank "Crisis Group". Une analyse largement partagée. Pourtant, le 1er novembre dernier, la France pensait avoir fait le plus dur avec l'adoption de la résolution 1721 par le Conseil de sécurité de l'ONU. Celle-ci prévoyait que Laurent Gbagbo soit progressivement dépossédé de ses pouvoirs, à la faveur du Premier ministre, Charles Konan Banny soutenu par l'Elysée. Mais, signe avant-coureur, les Français qui souhaitaient mentionner le départ de Laurent Gbagbo dans la résolution, avaient dû reculer sur ce point.

La ténacité du président ivoirien a fait le reste. "Encore une fois, les Français ont sous-estimé sa capacité de résistance et surestimé leur pouvoir d'influence sur les autres chefs d'Etats africains", souligne Gilles Yabi. Car Gbagbo reprend la main en élaborant un plan alternatif, une solution purement africaine qui inclut un dialogue direct avec les ex-rebelles. Son homologue sud-africain Thabo M'Beki l'y encourage, d'autant qu'il n'apprécie pas ce qu'il considère comme une ingérence française dans les affaires ivoiriennes. Il soutient les discussions entre Gbagbo et le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, longtemps accusé par Abidjan de soutenir la rébellion. Le président ghanéen John Kufuor, à la tête de l'Union africaine depuis fin janvier, appuie aussi l'initiative.

Beaucoup de questions restent encore à régler

Les ultimes tractations, fin février à Ouagadougou (Burkina Faso), se déroulent en comité restreint. Gbagbo a missionné son porte-parole, Désiré Tagro. Côté rebelle, c'est le numéro 2, Louis Dacoury-Tabley, qui négocie. Le tout sous le patronage de Blaise Compaoré et de son ministre de la Sécurité, Djibril Bassolé. "Depuis le début de la crise, c'est Compaoré qui tire les ficelles. Il est l'un des maillons essentiels", confie une source diplomatique. A aucun moment, la France n'est associée aux discussions, même si la ministre Brigitte Girardin multiplie les voyages dans la région.

Résultat, l'accord du 4 mars voit se maintenir un Laurent Gbagbo dont Jacques Chirac réclamait la mise à l'écart, allant jusqu'à en faire une question personnelle, et le départ d'un Charles Konan Banny censé pourtant diriger le pays. Jeudi, le "boulanger d'Abidjan" (surnom donné à Laurent Gbagbo en raison de son habileté à rouler ses adversaires dans la farine) a confirmé son ancien ennemi, Guillaume Soro, chef des Forces nouvelles, au poste de Premier ministre. Beaucoup de questions restent encore à régler, comme celle du désarmement des ex-rebelles ou le processus d'identification de la population en vue d'élection, mais pour la première fois depuis 2002, la crise ivoirienne semble trouver un début de solution. Ce dont la France ne peut qu'officiellement se réjouir. Le Quai d'Orsay annonçait ainsi vendredi accueillir "favorablement cette nouvelle étape du processus de paix".

Paris annonce désormais le retour "dans les prochaines semaines" de 500 des 3.500 soldats déployés au centre du pays, aux côtés de 7.000 casques bleus de l'ONU. Ce mouvement devrait s'accélérer à partir de juin, quand le mandat des troupes aura été rediscuté à New York. "Plus vite nous retirerons nos militaires, mieux nous nous sentirons", confie un officiel. Le budget aussi: ce déploiement coûte chaque année 250 millions d'euros à la France. »





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