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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


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Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


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Interview de Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne

Par Delugio :: vendredi 31 août 2007 à 21:18 :: Articles de presse




Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne, vice-président du FPI
,
s'est exprimé à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

 

 

http://news.abidjan.net/videos/video_wm.asp?n=5594&cat=pol

medium_koul_rti.jpg

http://news.abidjan.net/videos/video_wm.asp?n=5594&cat=pol



 

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«Affaire Guy André Kieffer - simple normalisation judiciaire ou nouvelle offensive contre la Côte d’Ivoire?»

Par Delugio :: mercredi 29 août 2007 à 8:27 :: Articles de presse




San Finna
— Hebdomadaire burkinabè — N°428 du 27 Août au 02 Septembre 2007 —
http://www.sanfinna.com/CoalitionIrak.htm

par
V.T :

«
Alors que l’affaire « André Kieffer », à la faveur du témoignage de Berté Seydou, occupe la plupart des médias, deux fenêtres de lecture se dégagent par rapport à l’évènement. Il y a celle qui laisse entrevoir une simple volonté de Nicolas Sarkozy de rétablir la justice dans ses droits et celle qui met en relief une détermination à replonger la Côte d’Ivoire dans la crise.

Si dans un premier réflexe, on s’attache au contexte général de la réhabilitation des institutions républicaines et donc à la redynamisation de la justice prônée par Sarkozy, on ne devrait pas en principe s’étonner outre mesure que le dossier Kieffer revienne au-devant de la scène. Après l’élection du nouveau président français, ne sent-on pas en effet comme une révolution dans la maison de Thémis en France ? Ces chefs d’Etat africains, qui sont l’objet d’enquêtes pour fortunes mal acquises, ce dossier du « Beach » qu’on croyait à jamais scellé et qui est déverrouillé, cet ancien premier Ministre mis en examen et cet ancien président auditionné en tant que témoin assisté, si cela n’est pas significatif d’un tsunami judiciaire, qu’est-ce que c’est alors ?

Reconnaissons à tout le moins qu’il y a là une lame de fond qui pourrait, dans son déroulement, envelopper bien d’autres affaires comme l’affaire Borrel ou l’affaire des ingérences imputées à la France en Afrique. On pourrait ici ne pas être chiche en bons points pour Nicolas Sarkozy, et même à l’étranger, qui se plaindrait de cet accès de justice, d’égalité, de fraternité, qui amène les autorités françaises à s’investir, au-delà de la cause des infirmières libyennes et des ayants droit de Hariri, dans celles de Aun San Suu Kyi, d’Ingrid Betancourt et peut-être demain dans le dossier des ayants droit de Norbert Zongo ? Il y a là tout un chantier qui pourrait valoir une place au Panthéon à Nicolas Sarkozy.

Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux réactions timides de la France par rapport à l’Accord de Ouagadougou, à ses lenteurs à montrer les changements dans sa politique africaine et surtout ivoirienne, on peut se poser des questions sur cette soudaine impulsion de l’affaire Kieffer, cette embardée qui intervient curieusement au moment même ou le patron du RDR, ami supposé de Nicolas Sarkozy, lance son grand meeting de rentrée à Montreuil.

Les questions inquièteront encore plus si on les met en perspective avec certains faits consécutifs à la signature de l’Accord de Ouagadougou : l’attentat de Bouaké qui a fait des morts et des blessés et qui s’est produit au nez et à la barbe des forces impartiales, la grogne récente dans l’armée dont on dit qu’elle aurait été alimentée par des mains extérieures.. Pas étonnant que l’on tende insidieusement à se retrouver à l’époque des grandes suspicions entre la France et la Côte d’Ivoire et à tirer à conclusion, en voyant que dans le même temps que la famille Kieffer était reçue à l’Elysée, les médias faisaient leurs choux gras en reportage et autres commentaires de la déposition de Berté Seydou.

Si l’on voulait en effet donner des preuves à ceux qui n’en ont jamais douté que Sarkozy pourrait à sa façon, perpétuer la politique de Jacques Chirac, on ne s’y serait pas pris autrement. Et en cette période où l’on est à quelques petites encablures de la sortie de crise, cette espèce de projectile politico-médiatique peut apparaître comme tous ces autres actes de plasticage qui ont parsemé les efforts de réconciliation nationale, à chaque fois qu’une perspective heureuse s’annonçait.

Mais encore une fois, la maladresse a dominé. Dans un pays où la présomption d’innocence a valeur constitutionnelle, voir une chaîne de télévision prendre publiquement partie pour l’accusation en parlant de « coups tordus du régime Gbagbo » est tout à fait scandaleux. Scandaleux mais aussi inconséquent car on ne peut pas imaginer qu'un régime qu’on fait passer pour expert en coups tordus de tout genre puisse après un acte aussi grave que l’élimination d’un journaliste franco-canadien, ne pas procéder à un nettoyage en règle et laisser un témoin comme Berté Seydou vaquer normalement à ses occupations jusqu’à ce jour sans chercher à le corrompre ou à le faire disparaître. Ce n’est plus de l’amateurisme, c’est de la pure irresponsabilité !

Mais de la personnalité du témoin et de la valeur à accorder à ses propos, on en saura certainement plus les jours qui viennent. Pour sa part, le Procureur de la République à Abidjan les a balayés du revers de la main comme n’étant pas « constitutifs d’éléments nouveaux » et pire, comme étant des « affabulations ». Et beaucoup dénoncent déjà ses variations dans son témoignage qui pourraient être symptomatiques d’une instrumentalisation. Dans ces temps durs, on est prêt à tout !

Ce qui serait souhaitable eu égard aux efforts accomplis par les uns et les autres jusqu’à présent dans ce dossier ivoirien, c’est qu’enfin, viennent de Nicolas Sarkozy (qui n’est pas jusqu’à preuve du contraire un velléitaire, un homme qui lambine), des signaux forts pour provoquer le dégel tant attendu entre la France et la Côte d’Ivoire et convaincre de sa volonté à être un acteur dynamique et impartial de la paix. C’est ça qui nous fera sortir de cette situation de malaise propice à toutes ces détestables et dangereuses surenchères.»





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Et pourtant, ils ont gagné la guerre!

Par Delugio :: lundi 27 août 2007 à 7:56 :: Articles de presse




Le Courrier d'Abidjan
No: 1093 du Vendredi 24 Août 2007
http://www.lecourrierdabidjan.info/a_la_une.asp?id=15602


(Voir aussi sur Ivoire Forum : http://www.ivoireforum.com/a_la_une.asp?id=1079)  

par Sylvestre KONIN :

« S’il est incontestable que le «Dialogue direct» initié par le Président Laurent Gbagbo a surpris et dérouté une bonne partie de la nébuleuse qui nous fait la guerre depuis le 19 septembre 2002, il est malheureusement tout aussi indéniable qu’il a dérouté nombre de résistants tenus au silence sous peine d’être taxés d’anti-paix par leurs propres camarades. Grisé par les effets de sa potion «magique» sur l’opposition politique interne et sur la communauté internationale qui semblait perdre la main, le chef de l’Etat ivoirien en a multiplié les doses administrées au processus de paix, sans se soucier des effets indésirables. Jusqu’à ce que ces derniers temps, l’un des organes les plus vitaux de notre Nation, notre Armée, en soit malade et attire de façon brutale et «inattendue» l’attention sur elle. Nous savons le sujet sensible. Mais nous le savons tout aussi grave pour qu’aucune analyse sérieuse ne soit de trop pour aider nos décideurs à mieux cerner l’ampleur de la situation et prendre les bonnes décisions en connaissance de cause.

C’est Théophile Kouamouo qui, dans son édito paru dans Le Courrier d’Abidjan du lundi dernier (20/08/2007), décrit le mieux le sentiment d’injustice qui habite nos soldats : «Les militaires qui ont maintenu intacte leur loyauté envers l’Etat s’étranglent de rage lorsqu’ils voient le luxe insolent dans lequel baignent leurs anciens camarades qui ont trahi, ont été absous et jouent les vedettes. Ils se voient comme les “dindons de la guerre”». Pour justifier cet état de fait, le chef de l’Etat ivoirien a reçu les militaires et leur a tenu un discours de vérité : «On n’a pas gagné la guerre !».

C’est sur cette assertion que bon nombre de nos concitoyens ressortent dans les discussions autour de la grogne de notre Armée, que j’aimerais m’arrêter un tout petit peu. Lancée au visage de notre Armée, cette évidence sonne comme un reproche fait à cette dernière de n’avoir pas pu mener à bien sa mission. Or cela n’est pas tout à fait vrai. Au contraire, on peut même se permettre d’affirmer que notre Armée a gagné la guerre ! Nos militaires ont gagné la seule guerre qu’ils avaient à faire, c’est-à-dire celle contre les rebelles. C’est parce qu’ils ont gagné la guerre malgré les moyens rudimentaires qu’ils avaient en leur possession le 19 septembre 2002, que nos institutions sont restées debout jusqu’à aujourd’hui. Il est juste et bon de rappeler que nos soldats ont vaincu les agresseurs qu’ils ont pourchassés jusqu’à Bouaké, avant que les forces françaises ne les arrêtent en prétextant l’évacuation de leurs ressortissants pour en réalité réarmer les assaillants et les installer en rébellion. Il est aussi juste et bon de rappeler que même après que la rébellion ait été solidement installée à Bouaké, nos militaires ont réussi à les y mettre en déroute plus d’une fois. Il est enfin juste et bon de rappeler que c’est parce que les rebelles avaient été battus par nos militaires loyalistes en novembre 2004 que la France s’est précipitée pour se substituer à eux. La seule guerre qu’«on» n’a pas gagné, c’est la guerre contre la France ! Mais cette guerre n’était pas celle de nos militaires. Quand en novembre 2004, l’Armée française s’est substituée aux rebelles pour tenter de finaliser son coup d’Etat, ce ne sont pas nos militaires qui lui ont fait échec, mais la révolution populaire ! La guerre contre la France est une guerre de révolution. C’est une révolution populaire qui aurait pu nous donner la victoire définitive sur la France. La résistance patriotique ivoirienne était prête pour cette révolution, mais aucun de ses leaders n’en a voulu. Il aurait simplement suffi, au moment où la France était au plus bas (octobre-novembre 2006), que le chef de l’Etat, chef suprême de la résistance, ordonne le départ des troupes françaises de notre territoire et/ou la rupture des relations diplomatiques avec Paris pour qu’un tsunami populaire les balaie.

En lieu et place de cela, nous avons décidé de faire le dialogue direct, c’est-à-dire négocier, voire acheter la paix (exactement comme nos grands-parents il y a près d’un demi siècle avec l’indépendance). Le prix ? Konaté Sidiki ministre ; Soro Guillaume Premier ministre avec un budget de plus de 14 milliards ; Wattao et ses acolytes, les grades ; Compaoré, son blason redoré au point même que certaines de nos promotions de corps habillés portent son nom ; la France, 2 milliards pour la réhabilitation de ses écoles, et certainement plein d’autres choses encore qu’on continuera à découvrir…

Le comble, c’est que maintenant, quand nous faisons des sacrifices, nous ne réclamons pas le désarmement (qui est quelque chose de concret, palpable et vérifiable), mais plutôt la «paix», une nouvelle trouvaille vague qui ne recouvre aucune réalité. Nous avons eu «La flamme de la paix» qui, c’est vrai, avait quelques aspects émouvants. Mais et après ? Le désarmement a-t-il eu lieu ? On nous a parlé de 2000 armes brûlées ; cela aurait été plus crédible si quelques jours ou quelques semaines avant, nous avions vu les Forces nouvelles arracher quelques armes à quelques uns de leurs soldats et que cela avait été médiatisé. Mais non ! Comme dans un tour de magie, du jour au lendemain, 2000 armes étaient collectées on ne sait trop comment pour le bûcher (la presse ayant même fait état d’armes appartenant aux FDS, c’est-à-dire payées avec nos impôts, également mises au bûcher, un vrai anti-symbole comme il y en a eu beaucoup à cette cérémonie). Et naturellement, on a informé les Ivoiriens qu’ils pouvaient maintenant circuler librement. Sauf que le mercredi 1er Août, le quotidien Notre Voie relatait les mésaventures de quelques infortunés qui avaient pris cela à la lettre et se sont vus refoulés aux «frontières» des zones rebelles parce que n’ayant pas de laissez-passer signé par un com’zone !
Nous faisons donc maintenant des sacrifices pour rien. Nous n’osons même plus demander en échange le désarmement. Quiconque évoque ce mot craint de se voir taxé d’ennemi de la «paix». Le chef de l’Etat avait annoncé il y a peu qu’il optait pour des élections en décembre de cette année. Si on compte à rebours, cela signifie désarmement immédiat, là et maintenant ! Sauf qu’il n’a pas voulu le présenter ainsi, «paix» oblige.

C’est parce que le chef de l’Etat a montré une incroyable et inattendue disposition à céder à tous les caprices des rebelles au nom de cette paix virtuelle que nos militaires ont accordé du crédit aux ragots des oiseaux de mauvais augure à propos d’argent à verser aux rebelles. Cette foire aux récompenses posait manifestement un problème de justice et d’équité. Il y a quand même une différence entre pardon et récompense ! On peut nous demander de pardonner à ceux qui ont trahi, pillé et massacré. Mais on ne peut pas nous demander d’accepter qu’on les récompense ! En principe, ce sont nos militaires qui sont restés loyaux qu’on devrait tous récompenser et honorer, sans oublier les vaillants résistants qui ont fait échec de leurs corps aux assauts de nos agresseurs. On ne l’a pas fait, ou en tout cas pas assez (par exemple pour les gendarmes massacrés à Bouaké et les martyrs de novembre 2004). S’ils ne le sont pas faute de moyens ou autres raisons, il n’est pas normal que ceux qui ont moins (ou pas) de mérite le soient à leur place. On ne cultive pas la vertu en récompensant le vice ! Les gens vertueux sont ceux qui réussissent à dominer et à dompter leurs vices, et cela est beaucoup plus facile dans un environnement où on sait punir les vices et récompenser les vertus. Un environnement dans lequel on ne suppose pas fatalement que la vertu est une chose acquise pour de bon et à laquelle on ne doit aucune attention. Là est la responsabilité du leadership. Sans leadership, aucune chance d’avoir un bon «followership» !

Il est donc urgent de rectifier le tir si on ne veut pas voir notre société sombrer dans un désordre physique et moral sans précédent. Nous proposons pour cela deux solutions au sommet de la pyramide de notre Etat.

Premièrement, nous conseillons au chef de l’Etat de mettre un terme sec, ferme et définitif aux six glorieuses (j’entends par là les 6 mois de tolérance, de gloire et d’encensement à l’excès) dont ont bénéficié les rebelles de mars à août 2007. Nous avons suffisamment donné pour être en droit, au jour d’aujourd’hui, d’exiger avec beaucoup plus de fermeté les contreparties qui vont avec. Il n’est pas bon de continuer à faire croire aux rebelles que tout ce qui leur a été jusqu’ici accordé est sans contrepartie. Et il ne faut pas non plus que nous croyons nous-mêmes que demander une contrepartie aux rebelles pourrait remettre en cause le processus de paix. Si tel était le cas, alors il faudra se rendre à l’évidence que cette paix n’en était pas une. Eux aussi ont quelque chose à perdre et il est temps de leur demander d’en payer le prix. Le Président Gbagbo doit d’abord commencer par son Premier ministre. S’ils sont en équipe, alors ce dernier n’a pas le droit de le regarder se démerder tout seul avec le problème des grades qui risque d’être la goutte d’eau qui fera déborder un vase déjà trop plein. Si Soro donne un sens à son poste de Premier ministre soumis au président de notre république, alors il peut et doit rappeler ses éléments et leur retirer leurs fameux grades. Il faut également que le Président obtienne de son Premier ministre un programme de désarmement clair, précis et daté (assorti d’un fétichisme des dates !).

Mais si le Président estime ne pas pouvoir ou vouloir exiger des contreparties à la rébellion, et pense devoir continuer à choyer nos nouveaux “amis”, alors (c’est notre deuxième et dernier conseil) qu’il en fasse de même pour nos militaires loyalistes. Ils ne l’auront pas volé; ils l’auront bien mérité. »





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Le discours inacceptable de Nicolas Sarkozy, par Boubacar Boris Diop

Par Delugio :: vendredi 24 août 2007 à 0:11 :: Articles de presse




« Il est peut-être écrit quelque part qu´entre Paris et ses anciennes colonies d´Afrique noire rien ne doit se passer selon les normes admises par le reste du monde. La brève visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal aurait pu passer inaperçue : elle lui a au contraire servi de prétexte à un discours inacceptable, que jamais il n´aurait osé tenir hors du pré-carré, devant le plus insignifiant de ses pairs. En Tunisie et en Algérie, il a bien compris qu´il ne lui serait pas permis de se comporter comme en pays conquis.

Par Boubacar Boris Diop, Intellectuel, Ecrivain et Journaliste sénégalais


Il n´a d´ailleurs pas eu droit au Maghreb à l´accueil populaire, folklorique à souhait et dégradant, qui lui a été réservé à Dakar. Dans cette atmosphère rappelant le temps des commandants de cercle, il a prononcé une sorte de discours sur l´état de l´Union… française, sans même qu´on puisse lui reprocher de s´être trompé d´époque. Car il ne faut pas s´y laisser prendre : bien qu'il ait prétendu s´adresser à l´Afrique entière, Sarkozy n´est pas naïf au point de s´imaginer que la voix de son pays porte aussi loin que Johannesburg, Mombasa ou Maputo. Si les intellectuels de cette partie du continent ont, pour une fois, prêté attention aux propos d´un président français, c´est parce qu´on leur en avait préalablement résumé le contenu. Depuis quelques jours, ils le découvrent par eux-mêmes avec stupéfaction en même temps que les réalités de la Françafrique.
 
On comprend leur colère : même dans les pays francophones où on croyait avoir touché le fond depuis longtemps, tout le monde est d´avis que cette fois-ci la mesure est comble.

Etre un chef d´Etat relativement jeune et inexpérimenté ne donne à personne le droit d´être aussi puéril. Lorsqu´on dirige un pays important, on ne peut pousser trop loin le jeu du “moi-je-ne-suis-pas-comme-les-autres”. Ce manque d´humilité d´un homme que l´on dirait encore choqué d´avoir si aisément atteint son but l´a amené à aligner, devant un auditoire particulièrement averti, les plus désolants clichés de l´ethnologie coloniale du dix-neuvième siècle. La science politique s´intéressera peut-être un jour à ce cas de figure unique : un président étranger faisant, du haut de son mètre soixante quatre, le procès de tous les habitants d´un continent, sommés d´oser enfin s´éloigner de la nature, pour entrer dans l´histoire humaine et s´inventer un destin. Remises au goût du jour par des auteurs français surtout soucieux de flatter la négrophobie ambiante, ces thèses servent à conforter une lecture révisionniste de la colonisation, du génocide des Tutsi du Rwanda et de la Traite négrière. La phrase “Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d´autres Africains” est d´une colossale ineptie, elle est tout simplement indigne d´un président de la République. C´est une insulte à la mémoire des victimes et une infâme relativisation de la violence fondamentale du commerce triangulaire. Jamais, dans toute l´histoire de l´humanité, une nation n´en a opprimé une autre sans avoir bénéficié de la complicité, voire du zèle des élites du pays conquis. Aux dires de Robert Paxton – dont le travail sur Vichy est une référence absolue – Adolf Hitler n´était pas spécialement intéressé par l´occupation totale de la France : il lui suffisait de la neutraliser et d´en faire une simple base arrière. Ce sont les autorités étatiques françaises de l´époque qui l´auraient vivement pressé de se montrer un peu plus ambitieux, que diable. Et qui donc, sinon l´écrivain Charles Maurras, a salué comme une “divine surprise” l´entrée des chars allemands dans Paris le 14 juin 1940 ? Le constat vaut pour d´autres parties du globe. Sans les coupables hésitations de Moctezuma – un homme de faible caractère à la tête du puissant empire aztèque – et le concours des caciques de nombreuses tribus indiennes, Hernàn Cortès et sa poignée de conquistadors n´auraient pas réussi à soumettre à leur loi la quasi-totalité de l´actuelle Amérique latine.

Le président francais a dépassé les limites du tolérable et – bien au-delà des fameux “pays du champ “ – beaucoup de descendants d´esclaves vont se demander comment on en est arrivé à une situation oú un responsable européen peut se permettre de tenir publiquement, sur le lieu même du crime, de tels propos sur la Traite négrière. La référence à Césaire n´y changera rien. Comparaison n´est certes pas raison mais Sarkozy n´a pas de chance : au moment même où il évoquait avec une émotion feinte “ le bruit d´un qu´on jette à la mer”, un Nègre – ou un Arabe - était enchaîné et roué de coups à l´aéroport de Roissy.

A Dakar, le président de la République française a refusé d´appeler l´université par son nom, parce qu´il lui en coûtait sans doute de prononcer celui de Cheikh Anta Diop. Cette attitude ne le grandit pas, pour dire le moins. Elle met à nu les limites d´un homme pourtant visiblement décidé à montrer ce jour-là qu´il était capable de parler d´autre chose – et sur un autre ton – que de “racaille” et de “karcher”. Son désir de proximité avec un public qu´il devait savoir hostile l´a peut-être un peu perdu. Le rôle de composition qu´il s´est inventé (“Je suis jeune et je te parle à toi, jeune d´Afrique“) témoignait de toute façon – soit dit au passage – d´un réel manque de délicatesse à l´égard de son vénérable hôte.
On n´aura pas la cruauté de faire remarquer à Sarkozy que le tutoiement nous rappelle, à nous autres, de bien mauvais souvenirs. Cela importe en définitive moins que son recours répété a un “je” plein de présomption. Il en faut pour s´imaginer que ni la vie, ni leurs parents ou leurs professeurs n´ont jamais rien appris aux jeunes Africains, qu´il y a toujours eu un abîme entre la Vérité et eux et que, lui Nicolas Sarkozy, allait une fois pour toutes le combler ce 26 juillet 2007. Mais l´étudiant le moins averti de l´assistance avait déjà maintes fois décortiqué "Discours sur le colonialisme" et entendu Césaire y réfuter l´un après l´autre, avec clarté et précision, les arguments servis par Sarkozy. Ce dernier ne le sait peut-être pas mais son discours de Dakar est bien plus vieux que lui-même. On peut se croire résolument tourné vers l´avenir alors qu´on a seulement les yeux rivés sur le rétroviseur de sa propre histoire.

Nicolas Sarkozy a en outre cru devoir inviter son auditoire à distinguer entre les “bons” et les “mauvais” colonisateurs. Admettrait-il qu´un Allemand applique la même grille de lecture à l´histoire de son pays ? La France n´a été occupée par l´Allemagne que pendant cinq ans – et dans des conditions infiniment moins cruelles que la colonisation – mais on attend le jour où, au lieu de réfléchir sur un système de domination étrangère, violent et illégitime par sa nature même, quelqu´un aura l´audace de faire le tri entre les nazis de bonne volonté et les autres.

Dressant la liste des fléaux du continent, Sarkozy fait une discrète mention, “des génocides” dont la colonisation n´aurait en rien été “responsable”. Il faut s´y arrêter, comme chaque fois que l´on voit le mot “génocide” utilisé au pluriel par un représentant de l´Etat français. Le nouveau président est arrivé au pouvoir dans un contexte de très forte tension entre Paris et Kigali. L´implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda est si avérée que l´on sent parfois chez certaines autorités de l´Hexagone comme une tentation de passer aux aveux. C´est en réalité la seule option rationnelle dans ce difficile dossier. Malheureusement Paris court le risque, en créant un tel précédent, de voir s´ouvrir la boîte de Pandorre des sanglantes dérives de la Françafrique. Pour se tirer d´affaire, on essaie d´accréditer l´idée que le Rwanda n´était, tout bien considéré, qu´un génocide africain de plus et qu´on aurait tort d´en faire une grosse histoire. Avant Sarkozy, François Mitterrand et Dominique de Villepin – pour ne citer que ces deux-là – avaient essayé de se débarrasser, d´un haussement d´épaules désabusé, du million de morts rwandais. Or, cette étrange théorie des solutions finales quasi routinières en Afrique ne résiste pas à l´examen. Il se trouve en effet que le génocide, perçu comme le crime absolu par la communauté des nations, a été défini de manière particulièrement stricte par la Convention de Genève de 1948. Et au sens où l´entend celle-ci, le seul génocide sur le continent, au vingtième siècle, est celui des Tutsi du Rwanda en 1994. Les deux autres – la Shoah et le génocide arménien – ont eu lieu en Europe et le quatrième au Cambodge. Sarkozy ne pouvait ignorer cela. C´est donc à dessein qu´il a tenté de semer la confusion sur ce sujet douloureux, qui mérite mieux qu´un dérisoire traitement politicien.

Plus soucieux, curieusement, d´évoquer notre passé le plus lointain que le présent, l´orateur s´est gardé de la moindre allusion à la Françafrique, “le plus long scandale de la République”, selon le mot du regretté Francois-Xavier Verschave. Sarkozy était pourtant très attendu sur le sujet, car il aurait eu bien des choses à dire sur la politique africaine de la France depuis le début des années soixante. Il sait bien qu´après des independances de façade Paris a continué, entre coups d'Etat, soutien à des régimes dictatoriaux et contrôle total des leviers économiques et du personnel dirigeant, à faire la loi dans ses anciennes colonies. Il en est ainsi depuis le temps du général de Gaulle et ses successeurs, de gauche ou de droite, s'en sont toujours tenus à une ligne de conduite en fin de compte si profitable : langue de bois lénifiante sous les ors des palais et, dans l'ombre, le langage de la force avec son lot de coups tordus de divers réseaux et services, d'interventions militaires et d'assassinats ciblés de personnalités politiques.

On n'attendait certes pas de Nicolas Sarkozy qu'il regrette publiquement l´implication de son pays – qui ne fait plus l'ombre d'un doute – dans le génocide des Tutsi du Rwanda ; il n'allait pas non plus, dans un brusque accès de sincérité, se laisser aller à des états d'âme sur le rôle d'Elf et de certains grands groupes financiers – auxquels on le dit très lié – dans le pillage des ressources du continent. Personne, même dans ses rêves les plus fous, n'a jamais espéré le moindre aveu de cette nature : dans le monde tel qu'il va, les choses ne se passent pas ainsi. Qui ne s´est malgré tout surpris à guetter, ces dernières semaines, l´indice d´un début de changement ? La relation françafricaine a atteint, au sommet, un tel degré de putréfaction qu´elle se sait condamnée à terme. Du Rwanda à la Côte d´Ivoire – en passant par les péripéties de la succession d´Eyadéma – les avertissements n´ont pas manqué depuis bientôt quinze ans. Il eût été habile pour Sarkozy de se donner une aura de réformateur hardi en faisant de nécessité vertu. Mais même ce petit pas en avant, dicté par une prise en compte lucide des réalités du monde et des mutations de l´Afrique dite francophone, a paru d´une audace inouïe aux parrains de la Françafrique. Le candidat Sarkozy avait cru pouvoir déclarer que “la France n'a pas besoin de l'Afrique” mais il n´a pas dû être difficile de démontrer au président l´imprudence de tels propos. Son mutisme remarqué sur la Francafrique montre clairement qu´il n´a pas l´intention d´opérer une rupture qui mettrait dans l´embarras Idriss Deby, Sassou Nguesso et surtout son vieux complice Omar Bongo. Sans parler des amis qu´il ne va pas tarder à se faire : présidents en poste et jeunes dauphins encore imberbes se bousculent, paraît-il, au portillon…

Ceux-là l´ont entendu écarter toute idée de repentance le soir même de son élection et ils n´oseront jamais le fâcher par l´évocation de ce sujet, délicat entre tous. De toutes les anciennes puissances européennes, la France est la seule à avoir ce rapport quasi obsessionnel à son passé colonial. Le parlement y vote, avec une incroyable candeur, des lois négationnistes et sa classe politique semble faire de la question de la repentance une affaire d´Etat d´une importance exceptionnelle. On a envie d´inviter toutes ces personnes à plus de sérénité. Regretter les crimes de ses ancêtres est un acte que seule sa conscience peut dicter à un être humain. C´est, par ce fait même, un acte qui perd toute valeur s´il résulte d´une injonction extérieure. Il ne pourra certes jamais ressusciter les morts ou même guérir complètement les blessures de jadis mais il peut grandir celui qui est capable de s´élever à une telle hauteur et aider, parmi les nouvelles générations, à la réconciliation des coeurs et des esprits. Mais si on n´a pas la force de se repentir, on doit au moins avoir la décence de se taire. Lorsque Nicolas Sarkozy lance : “Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance”, il commet une grave inversion des rôles. C´est le privilège de la victime et non du bourreau de décider s´il faut évoquer ou non des crimes si abominables. La réaffirmation constante par le second de son refus du repentir est une véritable maladie de l´âme. Une société dont les dirigeants et tant de citoyens n´ont avec leur passé que ce rapport de dénégation, compulsif et grimaçant, révèle à son insu le malaise qui le tenaille et mérite, en vérité, plus de compassion que de haine.

A entendre Nicolas Sarkozy en prendre ainsi à son aise avec la Traite négrière, on peut perdre de vue qu´elle a fait, sur plusieurs siècles, au moins deux cents millions de victimes. Ce dernier chiffre est donné par Senghor - dans l´important ouvrage qui lui est consacré par l´universitaire américaine Janet G.Vaillant. Peu porté à l´exagération en la matière, l´ancien président sénégalais explique très sobrement dans une lettre à sa biographe en quoi le “trafic de bois d´ébène” continue à peser à la fois sur le présent et sur le destin de l´Afrique.

Le poète de Joal a été cité à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy en des termes élogieux. Le plus ironique c´est que, quoi que l´on puisse penser de Senghor, il n´est pas certain qu´il aurait laissé un invité du Sénégal dire de telles énormités ce 26 juillet sans lui porter la réplique d´une façon ou d´une autre. Etre un habile politicien ne l´empêchait pas d´avoir, lui, de la fierté et le sens de l´Histoire.

Au-delà des rapports de suzerain à vassal que Sarkozy peut entretenir avec ses obligés de la Françafrique, ce qui est arrivé à Dakar interpelle aussi une certaine intelligentsia africaine francophone. Les désillusions nées des Indépendances – partis uniques, Guides-Infaillibles-de-la-nation. épidémie de coups d´Etat militaires et corruption – ont amené certains auteurs à soumettre l´Afrique à une critique sans complaisance. A partir de la fin des années 80 de nombreux textes ont été publiés par nos sociologues, historiens ou philosophes, avec l´intention louable de diagnostiquer le mal africain et de susciter les conditions psychologiques d´un sursaut. De façon moins élaborée mais souvent mus par la même volonté de favoriser un électrochoc, les romanciers faisaient de leur côté, avec la démesure et les effets de dilatation que seule autorise la fiction, le procès des systèmes politiques post-coloniaux. Les uns et les autres avaient malheureusement tendance à confondre Etat africain et société africaine. Celle-ci était soupconnée de couver, par le simple fait qu´elle restait elle-même, les germes de sa propre destruction, plusieurs fois annoncée à l´époque – puis aussitôt reportée sine die. C´était là l´exemple achevé d´une vision purement essentialiste de la réalité africaine, tournant autour d´elle-même, comme le serpent qui se mord la queue, avec une lassante monotonie. Négligeant les rapports de force politiques réels et l´impact décisif de l´Etat francais sur les luttes de pouvoir dans chaque pays de son ex-Empire d´Afrique subsaharienne, la réflexion se polarisait, avec une singulière obstination, sur les effets visibles du désastre au détriment de ses causes profondes, moins spectaculaires il est vrai. Cette littérature, en principe destinée aux Africains, a été en fait beaucoup plus lue par les Occidentaux. Ceux-ci en ont fait leurs délices et elle leur a procuré un exquis sentiment d´innocence. Ces auteurs balisaient à leur insu la voie à une négrophobie que l´on voit chaque jour un peu plus paisible et décomplexée mais qui sait être vulgaire et injurieuse à l´occasion. En quelques années, l´afro-pessimisme a été pour ainsi dire racialisé et vidé de l´énergie libératrice dont elle était potentiellement porteuse. En France et dans le reste de l´Occident, des essayistes africanisants s´en sont largement servis pour donner une seconde vie aux préjugés les plus incongrus sur le continent. Et très souvent ils se sont abrités derrière ces ouvrages pour convaincre de la pureté de leurs intentions un public assez peu averti. Il était en effet difficile de les accuser de racisme puisqu´ils ne faisaient que reprendre les analyses de leurs homologues de Dakar, Yaoundé ou Abidjan.

Les propos de Nicolas Sarkozy viennent en droite ligne de cet univers vaguement africanisant, si prompt à fustiger la concurrence mémorielle et une soi-disant tendance des Nègres à se présenter comme d´éternelles victimes des autres. Son meeting d´Agen le 25 juin 2006 est particulièrement révélateur de cette intime filiation. Sarkozy y avait été très dur contre : « ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu'eux-mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout tout de suite sans rien faire, ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l'histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard et qu'à leurs yeux elle n'aurait pas réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires, pour exiger une compensation que personne ne leur doit, plutôt que de chercher à s'intégrer par l'effort et par le travail, ceux qui n'aiment pas la France, ceux qui exigent tout d'elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu'ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national.» Quatre jours plus tôt, il était l´invité de Franz-Olivier Giesbert à l´émission “Culture et dépendances”. Il y disait textuellement ceci : « J'ai reçu le père malien et le frère [d'un des deux jeunes électrocutés dans un transformateur EDF, origine des émeutes de novembre 2005]. Le père, qui est depuis trente ans en France, ne parlait pas français. Le fils, qui est né en France et va au Mali seulement pour les vacances, était en boubou.»

Que ce leader politique ait pu en vouloir à des émigrés maliens en train de faire le deuil de leur enfant d´être “en boubou” ou de ne pas parler français, donne la mesure de son mépris pour les Africains et pour leur culture. On aurait cependant tort d´oublier que cette façon de penser est aujourd´hui assez répandue en France. La sortie dakaroise de Sarkozy a retenu l´attention parce qu´il est un chef d´Etat mais il n´a rien dit que l´on n´ait lu ou entendu, au cours de la décennie écoulée, de la part de nombre d´intellectuels européens mais aussi, il faut bien le dire, de la part des penseurs africains eux-mêmes. Pour l´afro-pessimisme, qui a d´ailleurs toujours été un courant philosophique diffus et quasi insaisissable, l´heure devrait être à une révision déchirante. D´une partie de l´Afrique à une autre, voire d´un pays à un autre, des processus historiques singuliers et complexes sont à l´oeuvre. Il n´est pas raisonnable de s´en interdire l´examen minutieux, loin des a priori réducteurs. Autrement dit, le choix n´est pas seulement entre une glorification béate du continent africain et sa diabolisation à outrance. Ce sont là deux façons identiques de s´enfermer dans un tête-à-tête pernicieux avec un monde occidental trop souvent pris à témoin – au nom de quoi ? – de nos “temps glorieux” ou de notre “malédiction”. Instruire le procès des sociétés africaines est légitime mais il est essentiel de savoir très précisément à qui l´on parle. Et si l´on ne trouve pas un moyen sûr de s´adresser en priorité aux Africains, les choses resteront encore longtemps en l´état, au grand dam de nos populations.

On aimerait bien connaître le bilan que le président francais lui-même a fait, en son âme et conscience, de sa visite à Dakar. Se peut-il qu´il n´ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés ? D´un point de vue rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s´en rendre compte : les Africains et les Nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais. La bonne vieille langue de bois aurait mieux servi les intérêts de son pays. Elle lui aurait en outre évité ces effets oratoires si empruntés qu´ils en étaient parfois un peu pathétiques. A l´arrivée on a presque envie de remercier Nicolas Sarkozy d´être venu nous apporter, bien malgré lui, la bonne nouvelle : en Françafrique, depuis le 16 mai 2007, le Roi est nul. »





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Jules Ferry - «Les fondements de la politique coloniale» - Sur le site de l’Assemblée nationale française

Par Delugio :: jeudi 23 août 2007 à 8:54 :: Général


Grands moments d'éloquence parlementaire


Jules FERRY


© Bibliothèque de  l'Assemblée nationale

Discours prononcé à la Chambre des députés : le 28 juillet 1885

« 
Les fondements de la politique coloniale »


M. Jules Ferry. Messieurs, je suis confus de faire un appel aussi prolongé à l'attention bienveillante de la Chambre, mais je ne crois pas remplir à cette tribune une tâche inutile. Elle est laborieuse pour moi comme pour vous, mais il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser, sous forme d'arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui justifient la politique d'expansion coloniale, bien entendu, sage, modérée et ne perdant jamais de vue les grands intérêts continentaux qui sont les premiers intérêts de ce pays.

Je disais, pour appuyer cette proposition, à savoir qu'en fait, comme on le dit, la politique d'expansion coloniale est un système politique et économique, je disais qu'on pouvait rattacher ce système à trois ordres d'idées ; à des idées économiques, à des idées de civilisation de la plus haute portée et à des idées d'ordre politique et patriotique.

Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés.

Est-ce que c'est quelque chose de chimérique ? est-ce que c'est une vue d'avenir, ou bien n'est-ce pas un besoin pressant, et on peut dire le cri de notre population industrielle ? Je ne fais que formuler d'une manière générale ce que chacun de vous, dans les différentes parties de la France, est en situation de constater.

Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigé dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. Pourquoi ? parce qu'à côté d'elle l'Allemagne se couvre de barrières, parce que au-delà de l'océan les États-Unis d'Amérique sont devenus protectionnistes et protectionnistes à outrance ; parce que non seulement ces grands marchés, je ne dis pas se ferment, mais se rétrécissent, deviennent de plus en plus difficiles à atteindre par nos produits industriels parce que ces grands États commencent à verser sur nos propres marchés des produits qu'on n'y voyait pas autrefois. Ce n'est pas une vérité seulement pour l'agriculture, qui a été si cruellement éprouvée et pour laquelle la concurrence n'est plus limitée à ce cercle des grands États européens pour lesquels avaient été édifiées les anciennes théories économiques ; aujourd'hui, vous ne l'ignorez pas, la concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la liberté des échanges, l’influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. (Très bien !  très bien !)

C'est là une grande complication, une grande difficulté économique.

[…]

C’est là un problème extrêmement grave.

Il est si grave, messieurs, si palpitant, que les gens moins avisés sont condamnés à déjà entrevoir, à prévoir et se pourvoir pour l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud, qui nous appartenait de temps en quelque sorte immémorial, nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il n'y a rien de plus sérieux, il n'y a pas de problème social plus grave ; or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale.

[…]

Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.

Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.

Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : c'est de la métaphysique politique...(Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)

Voix à gauche.Parfaitement !

M. Jules Ferry.... et je vous défie – permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan –, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

[…]

Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)

M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme !

M. de Guilloutet. Cest la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !

M. Jules Ferry.Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche el à droite. – Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

M. Raoul Durai, Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !

M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !

M. Georges Perin. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !

M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche – Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)

M. Joseph Fabre.C'est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l'abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.

M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d'en user ! (Bruit.)

M. le président. N'interrompez pas, monsieur Vernhes !

M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...

M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)

Voix à gauche. N'interrompez donc pas !

M. JulesFerry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...

M. Vernhes. Allons donc !

M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquit­tent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.

M. Paul Bert. La France l'a toujours fait !

M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l'Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l'histoire de cette conquête, il y a aujourd'hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d'ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu'auparavant ?

M. Clemenceau. C'est très douteux !

M. Georges Perin. Rappelez-vous donc le discours de Burke !

M. Jules Ferry. Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? Est-ce que notre premier devoir, la première règle que la France s'est imposée, que l’Angleterre a fait pénétrer dans le droit coutumier des nations européennes et que la conférence de Berlin vient de traduire le droit positif, en obligation sanctionnée par la signature de tous les gouvernements, n'est pas de combattre la traite des nègres, cet horrible trafic, et l'esclavage, cette infamie. (Vives marques d’approbation sur divers bancs.)

[…]

M. Jules Ferry. Voilà ce que j'ai à répondre à l'honorable M. Pelletan sur le second point qu’il a touché.

Il est ensuite arrivé à un troisième, plus délicat, plus grave, et sur lequel je vous demande la permission de m'expliquer en toute franchise. C’est le côté politique de la question.

[…]

Messieurs, dans l'Europe telle qu'elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, les uns par les perfectionnements militaires ou maritimes, les autres par le développement prodigieux d'une population incessamment croissante ; dans une Europe, ou plutôt dans un univers ainsi fait, la politique de recueillement ou d'abstention, c'est tout simplement le grand chemin de la décadence !

Les nations, au temps où nous sommes, ne sont grandes que par l'activité qu'elles développent ; ce n'est pas « par le rayonnement des institutions »... (Interruptions à gauche el à droite) qu'elles sont grandes, à l’heure qu'il est.

M. Paul de Cassagnac. Nous nous en souviendrons, c'est l'apologie de la guerre !

M. de Baudry d'Asson. Très bien ! la République, c'est la guerre. Nous ferons imprimer votre discours à nos frais et nous le répandrons dans toutes les communes de nos circonscriptions.

M. Jules Ferry. Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure, toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième. (Nouvelles interruptions sur les mêmes bancs. – Très  bien ! très bien ! au centre.) Je ne puis pas, messieurs, et personne, j'imagine, ne peut envisager une pareille destinée pour notre pays.

Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque la politique d'expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l'heure qu'il est toutes les puissances européennes, il faut qu'il en prenne son parti, autrement il arrivera... oh ! pas à nous qui ne verrons pas ces choses, mais à  nos fils et à nos petits-fils ! il arrivera ce qui est advenu à d’autres nations qui ont joué un très grand rôle il y a trois siècles, et qui se trouvent aujourd'hui, quelque puissantes, quelque grandes qu'elles aient été descendues au troisième ou au quatrième rang. (Interruptions.)

Aujourd'hui la question est très bien posée : le rejet des crédits qui vous sont soumis, c'est la politique d'abdication proclamée et décidée. (Non ! non !) Je sais bien que vous ne la voterez pas, cette politique, je sais très bien aussi que la France vous applaudira de ne pas l'avoir votée ; le corps électoral devant lequel vous allez rendre n'est pas plus que nous partisan de la politique de l'abdication ; allez bravement devant lui, dites-lui ce que vous avez fait, ne plaidez pas les circonstances atténuantes ! (Exclamations à droite et à l’extrême gauche. – Applaudissements à gauche et au centre.) … dites que vous avez voulu une France grande en toutes choses…

Un membre. Pas par la conquête !

M. Jules Ferry. ... grande par les arts de la paix, comme par la politique coloniale, dites cela au corps électoral, et il vous comprendra.

M. Raoul Duval. Le pays, vous l’avez conduit à la défaite et à la banqueroute.

M. Jules Ferry. Quant à moi, je comprends à merveille que les partis monarchiques s’indignent de voir la République française suivre une politique qui ne se renferme pas dans cet idéal de modestie, de réserve, et, si vous me permettez l'expression, de pot-au-feu... (Interruptions el rires à droite) que les représentants des monarchies déchues voudraient imposer à la France. (Applaudissements au centre.)

M. le baron DufourC’est un langage de maître d'hôtel que vous tenez là.

M. Paul de Cassagnac. Les électeurs préfèrent le pot-au-feu au pain que vous leur avez donné pendant le siège, sachez-le bien !

M. Jules Ferry. Je connais votre langage, j'ai lu vos journaux... Oh ! l'on ne se cache pas pour nous le dire, on ne nous le dissimule pas : les partisans des monarchies déchues estiment qu'une politique grande, ayant de la suite, qu'une politique capable de vastes desseins et de grandes pensées, est l'apanage de la monarchie, que le gouvernement démocratique, au contraire, est un gouvernement qui rabaisse toutes choses...

M. de Baudry d'Asson. C’est très vrai !

M. Jules Ferry. Eh bien, lorsque les républicains sont arrivés aux affaires, en 1879, lorsque le parti républicain a pris dans toute sa liberté le gouvernement et la responsabilité des affaires publiques, il a tenu à donner un démenti à cette lugubre prophétie, et il a montré, dans tout ce qu'il a entrepris...

M. de Saint-Martin. Le résultat en est beau !

M. Calla. Le déficit et la faillite !

M. Jules Ferry. ...aussi bien dans les travaux publics et dans la construction des écoles... (Applaudissements au centre et à gauche), que dans sa politique d'extension coloniale, qu'il avait le sentiment de la grandeur de la France. (Nouveaux applaudissements au centre et à gauche.)

Il a montré qu'il comprenait bien qu'on ne pouvait pas proposer à la France un idéal politique conforme à celui de nations comme la libre Belgique et comme la Suisse républicaine, qu'il faut autre chose à la France : qu'elle ne peut pas être seulement un pays libre, qu'elle doit aussi être un grand pays exerçant sur les destinées de l'Europe toute l'influence qui lui appartient, qu'elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. (Applaudissements au centre et à gauche.)

Quand vous direz cela au pays, messieurs, comme c'est l'ensemble de cette œuvre, comme c'est la grandeur de cette conception qu'on attaque, comme c'est toujours le même procès qu'on instruit contre vous, aussi bien quand il s'agit d'écoles et de travaux publics que quand il s'agit de politique coloniale, quand vous direz à vos électeurs : « Voilà ce que nous avons voulu faire » soyez tranquilles, vos électeurs vous entendront, et le pays sera avec vous, car la France n’a jamais tenu rigueur à ceux qui ont voulu sa grandeur matérielle, morale et intellectuelle (Bravos prolongés à gauche et au centre.  – Double salve d'applaudissements  – L'orateur en retournant à son banc reçoit les félicitations de ses collègues.)

 

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À un commentateur du blog Saoti (dénommé « Mise au point »)…

Par Delugio :: dimanche 12 août 2007 à 18:45 :: Analyses & commentaires




Suite aux articles d’Achille Mbembe —
http://saoti.over-blog.com/article-11748222-6.html#anchorComment
(cf. aussi ce blog hier :
http://delugio.zeblog.com/2007/08/11)…

L’aplomb qu’il manifeste dans ses certitudes n’en laisse aucun doute : « Mise au point » a lu avec assiduité tous les auteurs que cite Achille Mbembe et en a conçu des réfutations qu’il lui eût été opportun de nous livrer. À défaut d’un développement explicite de son argumentaire contre ces auteurs, « Mise au point » nous laisse sur notre faim. En ce qui me concerne, jusqu’à plus ample informé de sa part, je ne puis que m’en tenir à l’apport de Mbembe. Il y fournit une ouverture culturelle indispensable, quand on ne fait qu’entendre ressasser des poncifs hémiplégiques ; quand on semble se contenter de réaménager une assise idéologique remontant au XIXe siècle européen.

Cette culture-là, Mbembe la possède manifestement au moins aussi bien que l’auteur qui est derrière le discours de Dakar ; il la possède jusqu’à la discerner chez ceux qu’elle a influencés parmi les intellectuels africains, comme Senghor. Mais en outre Mbembe maîtrise cet autre pan de la culture qui semble faire défaut à nombre d’intellectuels européens, celle dont « Mise au point » ne nous a pas donné sa réfutation.

Mais l’a-t-il vraiment assimilée, quand il se contente de nous dire que Sarkozy n’est pas (certes !) à l’origine de ce qu’à fait Foccart ? Il ne suffit pas de n’être pas l’initiateur d’un système pour être son opposé. Comme il ne suffit pas à « Mise au point » de nous jurer que Bongo n’est pas au rang de Mugabe pour exempter le Gabon du statut de dictature et faire sans transitions des dictateurs les seuls interlocuteurs avec qui traiter. Il ne suffit pas de mentionner Habré — qui doit tout au système que Verschave a appelé Françafrique, qui lui évite d’être jugé — pour décréter que l’Afrique est hors la marche du monde ! Il ne suffit pas de nommer Mugabe pour que soit passée à la trappe de l’histoire le fait que 80% des terres de son pays appartiennent aux descendants de ceux qui les avaient décrétées vierges — lesquels ont échappé à une réforme agraire qui n’a effectivement que trop tardé ; ce qui mieux que les déclarations indignées, explique les difficultés actuelles du Zimbabwe. Il ne suffit pas non plus de reprendre les approximations du juge Bruguière pour faire que le génocide rwandais n'ait pas été perpétré contre les « Tutsis » et assimilés. Il ne suffit pas de ne pas réfuter les nombreux chercheurs que cite Mbembe pour que le poncif-prétexte, hérité d’avant 1885, d’une Afrique qui n’apporterait rien à l’histoire devienne vrai !

C’est cela que « Mise au point » appelle le refus de la langue de bois ? Ça laisse songeur…
L’envergure culturelle de Mbembe reste, me semble-t-il, d’une autre trempe et d’une autre pertinence. Jusqu’à plus ample informé, donc, les précisions qu’il apporte au débat de l’humanité commune, demandent encore réfutation.

À l’inverse, l’affirmation que « les anglicans » — affirmation bien imprécise, quand les « anglicans » en question étaient essentiellement dissidents contre l’anglicanisme comme les quakers et les méthodistes — et les philanthropes français seraient « l
es vrais initiateurs de l'abolition de l'esclavage », garde la charge de la preuve ; au-delà des affirmations péremptoires.

L’Angleterre a bien emboîté, difficilement et tardivement, le pas de ses dissidents, mais au regard des révoltes de plus en plus fréquentes qui avaient fini par imposer (en 1794 seulement) l’abolition à la France révolutionnaire. Il avait fallu rien moins la pression des révoltes antillaises pour que l’effet de la
philanthropie française débouche sur la prise de conscience que les Droits de l’Homme n’étaient pas que ceux des « blancs ».
C’est, par la suite, en regard de la raclée prise en Haïti par son ennemi Bonaparte que l’Angleterre s’est résolue à l’abolition de la traite et a rejoint ses dissidents qui, contre l’anglicanisme officiel, soutenaient les « nègres ».

La même chose vaut pour la décolonisation : il suffirait à « Mise au point » de relire Frantz Fanon, par exemple (tiens, il ne l’a pas réfuté non plus, celui-là !).

Et on pourrait en rajouter sur « l’embargo », par exemple, que personne ne propose contre les entreprises françaises… Mamadou Koulibaly, publié quelques jours avant sur le même blog Saoti, expliquait au contraire qu’il s’agit d’en venir au libre commerce !

Bref, « Mise au point », encore un effort si vous voulez atteindre, dans ce débat, à la dimension d’Achille Mbembe.

Et quiconque est attaché à un avenir humain commun ne demande pas mieux : encore un effort intellectuel et culturel.





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L’intellectuel camerounais Achille Mbembe répond à Nicolas Sarkozy

Par Delugio :: samedi 11 août 2007 à 7:07 :: Articles de presse




Extraits de deux articles parus dans Le Messager (journal camerounais) :

«Demander que la France reconnaisse […] que le gouvernement colonial fut un “gouvernement dur, violent, arbitraire et grossier” [Tocqueveille], ou encore lui demander de cesser de soutenir des dictatures corrompues en Afrique, ce n’est ni la dénigrer, ni la haïr. C’est lui demander d’assumer ses responsabilités et de pratiquer ce qu’elle dit être sa vocation universelle.
[…] Si donc la France veut jouer un rôle positif dans l’avènement de ce monde commun, il faut qu’elle renonce à ses préjugés. Il faut que ses nouvelles élites opèrent le travail intellectuel nécessaire à cet effet. […] Tant que cet aggiornamento n’est pas réalisé, ses clients et affidés locaux continueront de l’utiliser pour de tristes fins. Mais personne, ici, ne la prendra vraiment au sérieux et, encore moins, l’écoutera.»

L’article en entier :
http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=142&code_art=19943



«Si la France persiste dans son autisme, c’est-à-dire son refus de comprendre le monde et d’avoir du génie dans son rapport avec l’Afrique, alors nous ne l’écouterons point. Pour l’heure, le projet néo-conservateur français pour l’Afrique tel qu’énoncé par Nicolas Sarkozy à Dakar n’est pas une invitation à bâtir une société humaine, un langage commun, encore moins un monde commun. Parce qu’il se contente de reproduire les sottises qui divisent, ce projet n’est pas une invitation à faire ensemble l’expérience de la liberté.»

L’article en entier :
http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=110&code_art=20103





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À Mahalia Ntebi, sur la réponse de l’économiste Mamadou Koulibaly au discours de Nicolas Sarkozy

Par Delugio :: lundi 06 août 2007 à 9:00 :: Analyses & commentaires



Chère Mahalia,

Vous me faites l’honneur de me demander, à moi qui ne suis pas économiste,
mon avis sur la réponse d’un docteur en économie, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne Mamadou Koulibaly, au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar.

Ma réponse sera donc à la mesure de mes humbles réflexions en ce domaine : simplement quelques questions qui me viennent et quelques éléments que je relève…

La critique de Mamadou Koulibaly s’inscrit dans la ligne économique dont on sait qu’elle est la sienne — le libéralisme.

Le terme, en France, est presque… un gros-mot, synonyme de « capitalisme sauvage ». À partir de là on attribue généralement en France précisément au libéralisme les difficultés économiques de l’Afrique, et on y inclut les méfaits du néo-colonialisme. Remède envisagé, dans cette perspective : remettre de l’État-Providence, ou prolonger et développer le système de l’État-Providence à la française.

Le décalage est donc complet. Le remède proposé s’identifie largement avec le mal, aux yeux de Mamadou Koulibaly : démobilisateur, entraînant le cercle toujours plus vicieux de la dépendance.

La critique de Mamadou Koulibaly, fort dérangeante, est aussi, du coup, fort pertinente.

Sa critique est d’autant plus pertinente qu’elle est portée à une époque où le pouvoir français, celui de Sarkozy dont Mamadou Koulibaly répond au discours de Dakar, se réclame d’un certain… libéralisme précisément, « libéralisme social » certes, mais libéralisme.

Il me semble que dans l’absolu une (bonne) dose d’État-Providence ne nuit pas (l’assurance maladie universelle ou l’école obligatoire gratuite que voulait mettre en place Gbagbo — avant que la tentative de coup d’État de 2002 ne casse son programme — en relèvent ; et je ne doute pas que Mamadou Koulibaly n’est pas contre).

Cela dit, sa critique met le doigt sur les points où le bât blesse. Je relève quelques-uns de ces points.

Le « libéralisme » tel que le pratiquent les pays dominants est un leurre : qu’est-ce que cette économie du libre marché (selon cet aspect du libéralisme) où les pays riches subventionnent leurs produits, surtaxent les autres, organisent le dumping, etc. ? C’est un libéralisme faux-nez, un libéralisme tricheur. Le même Mamadou Koulibaly a montré précédemment que la prise au sérieux du libéralisme du libre-échange mondial par la Côte d’Ivoire FPI est une des causes de la guerre qui lui a été infligée.

Où apparaît un deuxième point où le bât blesse — et Mamadou Koulibaly y insiste — : ce libéralisme là triche jusqu’en ce qu’il ne vaut pas pour les pays du Sud : les ex-colonies (de la France entre autres) n’y ont pas droit, puisque le débouché des produits est tout indiqué (sous peine de coups d’État) !

Un signe incontestable de cela, et de l’absence de tout desserrement de l’étreinte (chose que Mamadou
Koulibaly n’évoque pas ici, mais qu’il a traitée précédemment) : le maintien du Fcfa.

Puis, point où en théorie l’État-Providence est merveilleux : Mamadou Koulibaly rappelle les avantages sociaux procurés par l’État-Providence en France… et leur contrepartie, l’effet démobilisateur. À ce point la critique est classique : c’est un argument récurrent de la droite en France. Mais à ce point aussi, ce en quoi Mamadou Koulibaly ouvre une perspective innovante c’est que sa critique rappelle indirectement que ces droits, ne valant totalement, à terme, que pour les citoyens, se heurtent au dualisme impérial de la République des Droits de l’homme : citoyens / non-citoyens ; antan : citoyens / sujets — en rapport à présent avec la crise politique autour de l’immigration (soupçonnée de rechercher indûment ces avantages).

En d’autres termes, un État-Providence ne vaut que si ses avantages sont au bénéfice de tous. Sans quoi son socialisme est un socialisme nécessairement… national, portant les inconvénients que dénonce Mamadou Koulibaly.

L’essentiel qui ressort de sa critique, à mes yeux, est de savoir si la certitude de tout Français normalement constitué correspond bien à la réalité : à savoir cette certitude que ce serait le néo-libéralisme qui enfermerait l’Afrique dans la misère.

Tout d’abord le libéralisme a-t-il été jamais appliqué quand les pays riches (France en tête pour l’Afrique) le font tricher ? (Mais ici, dans un autre sens — une question à Mamadou Koulibaly —, le libéralisme est-il autre chose qu’une utopie : quel pays qui tient les règles du jeu va accepter de ne pas tricher ?)

Ensuite cette certitude à la française n’est-elle pas l’alibi d’une bonne conscience néo-coloniale qui s’évite ainsi de creuser le problème du dualisme qu’induit l’État-Providence (jusqu’à son extension mondiale — autre utopie) : ceux qui y ont droit / et les autres. Avec en outre cet effet pervers : l’organisation de l’État-Providence des pays riches se fonde souvent sur la captation des richesses potentielles des autres…

Ici, Mamadou Koulibaly met incontestablement Nicolas Sarkozy en porte-à-faux, en évoquant les inconséquences de son discours — qui reste inscrit dans le paternalisme d’une providence néo-coloniale dont un libéralisme conséquent ne peut pas vouloir.

Mamadou Koulibaly mérite incontestablement d’être entendu en France — et en Europe en général… à l’heure de l’ « Eurafrique » !



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Côte d’Ivoire - France. Les choses bougent mais il ne faut pas s’emballer

Par Delugio :: vendredi 03 août 2007 à 11:42 :: Analyses & commentaires




Événements du jeudi 2 août :

1) Selon l’AFP, Sarkozy a téléphoné à Gbagbo pour le féliciter. Voilà qui est considérable, en fait de mouvement de plaques tectoniques. Apparemment fini le black-out insensé chiraquien et post-chiraquien. Cela seul est déjà remarquable : Sarkozy fait un pas, et quel pas, après la glaciation ! Cela dit, il n’est pas opportun de s’emballer. La dépêche se termine sur le rappel que le ton pontifiant n’est nullement abandonné. Rien de surprenant de la part du professeur en africanité du discours de Dakar. (La dépêche ci-dessous*.) L’homme de l’anti-repentance devra, conformément à sa propre théorie, donner des signes bien plus concrets, et notamment de ce qu’il ne s’agit pas simplement (son discours de Dakar n’était pas encourageant) de reconduire des relations néo-coloniales et paternalistes.

2)
Une interview de Gbagbo à Yamoussoukro au lendemain de «la flamme de Bouaké» est accordée pour Le Figaro (reproduit dans la presse ivoirienne par L'intelligent d'Abidjan, par Notre Voie, par Le Courrier d'Abidjan) et Le Parisien (reproduit dans la presse ivoirienne par Fraternité Matin) — interview, ou plutôt, précise Le Parisien, «conversation à bâtons rompus».

Remarquable, la façon dont est rapportée la rencontre, et ce qu’en dégagent les deux journaux parisiens. Il y apparaît nettement qu’à l’ère sarkozienne, Chirac et Villepin pourraient faire les frais de leur politique ivoirienne. Le Figaro ne nous avait pas habitués à un ton aussi critique à leur égard ! On y lit tout de même, certes sous couvert de citation : «Chirac et Villepin n'ont eu qu'une seule politique : se débarrasser de Gbagbo, explique le président de la Côte d'Ivoire. Mais aujourd'hui, ils sont partis et je suis toujours là !»

Cela dit, Adrien Jaulmes, qui écrit l’article, ne se départ pas vraiment de ses convictions et des raccourcis par lesquels il les appuie : il tient à ce que Gbagbo, alors que l’armée ivoirienne avait repoussé les rebelles jusqu’à Bouaké, ait été sauvé «in extremis» par l’armée française, qui avait alors bloqué leur poursuite à Bouaké
(cf. aussi à ce sujet l’article de Notre Voie). De même qu’il présente la crise diplomatique qui s’en est suivi comme façon de «le contraindre à partager le pouvoir avec ses adversaires» — à la trappe le gouvernement d’union qu’il avait mis en place et que la rébellion avait attaqué. De toute façon, Jaulmes en est convaincu, mais cette fois il se nuance un peu lui-même, il a été «élu dans des circonstances troublées».

Et Jaulmes d’insister sur son affirmation que le salut de Gbagbo est dû à Licorne, et de laisser penser que donc il est de mauvaise foi quand il voit l’action chiraquienne «comme autant de manifestations d'un insupportable néocolonialisme français» — action chiraquienne, ou pour être précis chiraco-villepinienne : et on ne mentionne pas Alliot-Marie, qui ne l’oublions pas, est dans le gouvernement Sarkozy. Une nouvelle ligne probable se confirme : Chirac et Villepin porteraient le chapeau du fiasco français en Côte d’Ivoire.

Bref, au milieu du patch-work habituel d’inexactitudes historiques et théoriques quelque chose de neuf se dégage. Jaulmes nous re-suggère bien la thématique de l’ivoirité, mais avec bien plus de modération qu’on ne le fit avant ; et pour en dégager enfin (relativement) Gabgbo : elle «sera selon lui réglée avec le temps».

Last but not least, on nous concède enfin que le présumé bombardement de Bouaké a pu être autre chose que ce qu’on nous a asséné avec tant d’insistance. Ici Philippe Duval, du Parisien, nuance nettement Jaulmes, qui par son extrait laisse à penser que Gbagbo reconnaît c'est par un bombardement de Sukhoï (quoiqu’opéré à son insu) que les soldats français ont été tués. Duval est convaincu lui aussi, malgré l’absence d’enquête et d'autopsie, que leur mort est bien due à un bombardement de Sukhoï, mais il n’en attribue pas l’affirmation à Gbagbo : on comprend clairement sous sa plume que cet aspect du propos de Gbagbo relève de sa part de la rhétorique.

Il est vrai que Philipe Duval nous a habitués à se spécifier dans la presse française par des efforts journalistiques sérieux quant à la Côte d’Ivoire. Cela ressort à nouveau de son compte rendu.

On semble pouvoir penser désormais, qu’à terme (dans l’après Alliot-Marie ?), la France autorise une enquête sur ce qui s’est passé à Bouaké — Chirac et Villepin étant désormais dans la ligne de mire…


* AFP :
« 
Sarkozy a félicité Laurent Gbagbo d`être allé en zone rebelle
jeudi 2 août 2007

PARIS - Nicolas Sarkozy s`est entretenu jeudi au téléphone avec Laurent Gbagbo, président de Côte d`Ivoire, qui a effectué lundi à Bouaké (centre) sa première visite dans le nord du pays contrôlé par ses anciens ennemis de la rébellion depuis 2002, a indiqué l`Elysée.

Le président "souhaitait lui exprimer sa satisfaction après la cérémonie de la Flamme de la Paix qui s`est tenue à Bouaké le 30 juillet en présence du Premier Ministre, Guillaume Soro, de Blaise Compaore, président du Burkina Faso et facilitateur de l`Accord politique de Ouagadougou, et d`autres chefs d`Etat africains", a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la présidence, David Martinon.

"Nicolas Sarkozy a appelé Laurent Gbagbo à rechercher de nouveaux progrès conduisant à des élections libres et transparentes et à la mise en œuvre complète de l`accord politique de Ouagadougou", a-t-il ajouté. »





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