<link rel="alternate" type="application/xml" title="RSS Commentaires" href="http://delugio.zeblog.com/rsscom.php" /> <body>

«Une vingtaine» !

http://delugio.zeblog.com/

«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

* * * * * * * * * * * * * * * *


Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


Index



Suite...


Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


* * * * * * * * * * * * * * * *

« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


* * * * * * * * * * * * * * * *

Liens

Catégories

Blog

À consulter :

Billets

Pages

<h3>Calendrier</h3> <table class="calendrier"> <caption class="calendrier-mois"><span class="calendrier-prec"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/2">«</a></span>&nbsp;<a href="http://delugio.zeblog.com/2007/3">Mars&nbsp;2007</a>&nbsp;<span class="calendrier-suiv"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/4">»</a></span></caption> <tr><th abbr="Lundi">Lun</th><th abbr="Mardi">Mar</th><th abbr="Mercredi">Mer</th><th abbr="Jeudi">Jeu</th><th abbr="Vendredi">Ven</th><th abbr="Samedi">Sam</th><th abbr="Dimanche">Dim</th></tr> <tr><td colspan="3">&nbsp;</td><td>1</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/2">2</a></td><td>3</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/4">4</a></td></tr> <tr><td>5</td><td>6</td><td>7</td><td>8</td><td>9</td><td>10</td><td>11</td></tr> <tr><td>12</td><td>13</td><td>14</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/15">15</a></td><td>16</td><td>17</td><td>18</td></tr> <tr><td>19</td><td>20</td><td>21</td><td>22</td><td>23</td><td>24</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/25">25</a></td></tr> <tr><td>26</td><td>27</td><td>28</td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/29">29</a></td><td class="lien-jour"><a href="http://delugio.zeblog.com/2007/03/30">30</a></td><td>31</td><td colspan="1">&nbsp;</td></tr> </table>

Rechercher

Rechercher dans tout 'Une vingtaine'

Fils RSS


Page copy protected against web site content infringement by Copyscape

(Ɔ) - Citer avec le lien
«Une vingtaine» !

Page précédente / Page suivante

<a name='e174087'></a>

«Putsch contre Gbagbo : Pourquoi Chirac est frustré par son échec»

Par Delugio :: vendredi 30 mars 2007 à 8:03 :: Articles de presse




Le Courrier d’Abidjan
— No: 975 du mercredi 28 Mars 2007 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/a_la_une.asp?id=13611

par Saint-Claver Oula :


«Chirac était fier d’avoir envoyé les troupes françaises en Côte d`Ivoire. Il n’a pas réussi à régler cette crise qui secoue depuis 5 ans un pays, vitrine des relations entre la France et l`Afrique. C’est sans doute un motif de frustration, mais il ne regrette à aucun moment d’avoir envoyé sur place notre armée. Le président est convaincu d’avoir fait le bon choix en la dépêchant sur place d’abord pour empêcher le basculement du pays vers la guerre civile, ensuite pour aider les casques bleus des Nations unies. Nous avons pris acte de cet accord et souhaitons qu’il aide la Côte d’Ivoire à retrouver le chemin de la paix. Bien que nous soyons encore prudents en attendant sa mise en oeuvre, nous avons décidé d’alléger notre dispositif militaire en Côte d’Ivoire. Ce retrait va se poursuivre en accord avec l’Union africaine et les Nations unies. La France ne tirera pas les conséquences de l’accord de paix sans concertation avec le reste de la Communauté internationale», dixit un collaborateur du président Chirac, qui a requis l’anonymat, lors d’une rencontre avec un groupe de journalistes. Pourquoi le non règlement de la crise ivoirienne par Chirac peut-il être l’objet de sa frustration ? Décryptage !


Les raisons de la frustration de Chirac

«Je ne me souviens pas de quand date notre dernier coup de téléphone. Mais je crois que j’en ai eu un avec lui en 2005 et probablement en 2006», avait signifié l’an dernier, lors d’un sommet, le numéro un français. En tenant ces propos le 28 septembre, au cours d’une interview à TV5/RFI en marge du sommet de la Francophonie à Bucarest, Chirac a commis ce qu’il est convenu d’appeler un pieux mensonge. Le président Gbagbo, et nul à l’Élysée, d’après un article paru dans Jeune Afrique du 17 octobre 2006, ne se souvient d’un seul coup de fil entre le président français et son homologue ivoirien depuis le 3 novembre 2004, à la veille de l’opération de reconquête du Nord lancée par les forces loyalistes. Ce bafouillage de mémoire s’expliquait sans doute par le contexte : au moment où il s’exprimait ainsi, le président français savait qu’il avait d’ores et déjà perdu le bras de fer qui l’oppose à son homologue ivoirien depuis près de deux ans. Il n’aura pas résolu la crise ivoirienne avant la fin de son mandat en mai prochain et il n’aura pas obtenu ce qui en était à ses yeux la condition sine qua non du retour à la paix en Côte d’Ivoire : la mise à l’écart du président ivoirien. Dans un mois, Chirac laissera à son successeur à l’Élysée le soin de sortir de l’ornière la plus importante intervention militaire française en Afrique après la guerre d’Algérie : l’opération Licorne, ses plus de trois mille hommes et ses milliards de francs CFA dépensés en moins de cinq ans, sans aucun autre résultat que de perdurer la crise ivoirienne.
Paris, soutenu en cela par la Communauté internationale et une bonne partie des chefs d’Etat africains dont ceux-là mêmes qui, en novembre 2004, ont pressé Jacques Chirac de «finir le travail», c’est-à-dire de renverser purement et simplement Laurent Gbagbo ou de réduire au maximum ses pouvoirs. Du GTI aux Casques bleus de l’Onuci en passant par le contingent Licorne et une batterie de représentants spéciaux, un dispositif se met en place contre le président ivoirien démocratiquement élu. Ne manque à ce dispositif international version Chirac qu’un «Premier ministre fort, indépendant et capable de résister à la hâte du numéro un ivoirien». Ce sera Charles Konan Banny, littéralement imposé par Jacques Chirac au sommet Afrique-France de Bamako en décembre 2005. «C’est dans le bureau occupé par le président français dans la capitale malienne que sont rédigées la feuille de route de Banny et la note «de plein effet», véritable lettre de cachet transmise à Gbagbo par une troïka de chefs d’Etat africains», avait révélé Jeune Afrique, très introduit à l’Elysée. La voie est donc dégagée pour le réseau Françafrique, reste alors à l’expert ivoirien de la BCEAO de mériter la confiance placée en lui dans l’accomplissement de sa «mission» : dans un an aura lieu une élection présidentielle à l’issue de laquelle Laurent Gbagbo fera ses valises (nous sommes encore en décembre 2005). C’est tout au moins ce que croit le parrain qui, satisfait, est même prêt pour cela à surmonter sa répulsion. «S’il vient à Bamako, je lui serrerai la main, bien sûr», avait-il confié au pays de ATT. Mais Gbagbo n’effectuera pas le déplacement de Bamako. Chirac a-t-il sous-estimé son homologue ivoirien ? Peut-être.


Chirac baisse les bras, Gbagbo, lui, respire mieux

Le président Gbagbo est un manœuvrier. Cela fait trente ans qu’il est en politique et connaît le terrain mieux que personne, même Chirac bien qu’il est président d’un pays occidental. En plus, son bras de fer avec Chirac ne diminue en rien sa popularité, bien au contraire : il est sans doute, parmi les candidats à l’élection présidentielle, celui qui a le plus progressé depuis trois ans. Conclusion : après une entrée en trombe, le «prince de Môrôfê» manque d’inspiration et de supporters. A la mi-juillet 2006, plus personne ne se fait d’illusions sur la tenue d’élections avant le 31 octobre et même avant le départ de Chirac de l’Élysée ! «Au moins, faisons en sorte que Gbagbo ne me survive pas», rapporte le quotidien panafricain proche du réseau françafricain, rapportant le vœu du président français, qui donne son feu vert au «plan B», élaboré en septembre. Objectif : obtenir de l’Union africaine, puis du Conseil de sécurité de l’ONU, la dévolution complète au 1er novembre de la totalité du pouvoir au Premier ministre Charles Konan Banny, pour une nouvelle période transitoire d’un an. Kofi Annan donne son accord et Banny lui-même y est secrètement favorable. Au sommet de Bucarest, le parrain de Charles Konan Banny s’aperçoit pourtant que la partie est loin d’être gagnée. Ni la Commission de l’Union africaine, ni la présidence de l’UA ne semblent acquises. Cette dernière propose même un autre plan alternatif qui consiste à placer la Côte d’Ivoire sous la quasi tutelle de l’ONU, avec envoi de cinquante mille Casques bleus et le transfert d’une partie des moyens déployés en RD Congo.
Mais à peine formé, le front se délite. C’est à ce plan que le sommet de la Cedeao à Abuja vient de donner un coup d’arrêt. Par rapport à ses propres propositions maximalistes de sortie de crise – départ de toutes les troupes françaises et onusiennes, lesquelles seraient remplacées par un contingent de l’UA composé de Sud-africains, d’Angolais et de Libyens – et à en juger par la contestation de la médiation de Thabo Mbeki, ce n’est pas une victoire pour le camp présidentiel. Mais la légitimité du numéro un ivoirien est reconnue.
Pour le reste, et même si les recommandations des participants au sommet enjoignent en quelque sorte à Konan Banny de prendre toutes ses responsabilités et d’occuper tout son espace politique, les pouvoirs dévolus au Premier ministre figuraient déjà, pour l’essentiel, dans sa feuille de route de décembre 2005 lors de son avènement à la Primature ivoirienne. Echec et mat pour le bavard de «La cage» !
Un peu plus d’un an plus tard, pendant que le président français baisse les bras, son homologue Laurent Gbagbo, lui, respire mieux avec l’accord ivoiro-ivoirien conclu à Ouaga.»





<a href="http://delugio.zeblog.com/174087-putsch-contre-gbagbo-pourquoi-chirac-est-frustre-par-son-echec/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=174087">aucun trackback</a>

Quand la presse française découvre que Soro n’était pas musulman !

Par Delugio :: jeudi 29 mars 2007 à 16:02 :: Analyses & commentaires




Gbagbo a décidément pris tout le monde à contre-pied.

Voilà les «spécialistes de la Côte d’Ivoire» qui ne savent pas comment se dépêtrer du fruit du dialogue direct : Soro Premier ministre — voulant y voir encore et toujours un acte du «boulanger» Gbagbo (cf. quelques cas dans nouvelobs.com.
Par ex : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/afrique/
20070327.OBS9274/lhomme_capable_de_roulerquiconque_dans_la_farine.html
).
Et les «spécialistes» de ne toujours pas comprendre que c’est eux qu’il vient de rouler dans la farine !

Et voilà Hoffnung
de Libération qui ne sait plus où donner de la plume, et qui s’agace contre l’ex-merveille que fut Soro à ses yeux
(http://www.liberation.fr/actualite/monde/243857.FR.php). «Jusqu’ici, il avait toujours assuré que le problème principal du pays, c'était... Gbagbo» se désole Hoffnung. «Il a apparemment changé d'avis», poursuit le «spécialiste».

Mais pas un instant il ne semble soupçonner que Soro n’a pas changé d’avis, mais de camp !

Il est tout bonnement en train de quitter camp de la Françafrique, des Chirac, Ouattara, Bédié, ou autres Smith et Hoffnung, comme on est toujours tenté de quitter un navire en train de tanguer… Tandis que Compaoré indique le chemin de la passerelle de sortie, comme l’y exhortait Mamadou Koulibaly il y a quelques mois, qui y exhortait de même les Bongo, Sassou & Cie…
(http://www.southerncameroonsig.org/2006/06/rver_la_fin_du_.html).

Et les «spécialistes», ne voulant pas lâcher leur hochet, le concept français d’ «ivoirité» — thème (de Bédié !) que Gbagbo n’a jamais fait sien — de repartir sur les probabilités d’échec de l’accord, en regard des questions d’ «identité nationale».

Ironie de l’histoire, c’est la France qui est épinglée aujourd’hui à l’Onu pour l’impunité qui y règne concernant le racisme (affaires Sevran et Frêche), tandis que l’enjeu des élections y glisse à la question de… l’identité nationale, précisément. Mais ça, pas un des «spécialistes» ne le remarque.

Tandis que Hoffnung remarque pour la première fois que Soro n’est pas musulman, mais «catholique» ! — ceci semblant expliquer à ses yeux le fait qu’il ait «accepté d'assumer le poste de Premier ministre»… d’un Gbagbo… protestant soit dit en passant ! — mais ça Hoffnung de ne le note pas. Il est vrai que ça embrouillerait les explications des «spécialistes» qui tiennent décidément à ce que le problème ivoirien ait été un problème «ethno-religieux» — opposant un sud chrétien à un nord musulman !

 

 

 

<a href="http://delugio.zeblog.com/173824-quand-la-presse-francaise-decouvre-que-soro-n-etait-pas-musulman/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=173824">aucun trackback</a>

La Côte d'Ivoire et l'après-Chirac

Par Delugio :: dimanche 25 mars 2007 à 9:31 :: Articles de presse




Le Temps N° 1178 du 24-03-2007 -
http://www.letemps-ci.com/?action=lire&id=2278:

"Parler franchement : L'après-Chirac et nous

Voilà déjà quelques temps que ceux qui avant peu feront de Chirac un ancien Président battent le pavé en France. Ils seraient une dizaine dont une abonnée à cet exercice depuis plus de vingt ans: Arlette Laguiller, candidate extrême gauche. Trois figures de proue se dégagent de ce lot et ce sont Nicolas Sarkozy alias Sarko (pour l'UMP, le parti de Chirac), Ségolène Royal (Parti socialiste, de François Hollande) et enfin, François Bayrou (UDF).

Ils parcourent la France et le monde pour parler, prendre position sur tout. La politique intérieure de Chirac, mais aussi sa politique étrangère. Inévitablement, ils parlent de l'Afrique dont leur pays est, le Gendarme. Ainsi, pour le candidat UMP, " il faut nous débarrasser des réseaux d'un autre temps… ". Royal pense que "depuis bientôt cinq ans, la droite française est en effet, à l'origine de désordres sans précédent sur le continent africain… ". Pour Bayrou, " une attitude condescendante de la part de la France, n'est plus adaptée… ". Ils généralisent, donc sont imprécis pour se camoufler. Ils ont en commun de ne pas dire les choses par leur nom, et cela se ressent sur le thème précis des accords militaires qui lient l'Hexagone à plusieurs pays du continent noir. Sarko pense qu'il ne faut plus considérer l'Afrique comme une chasse gardée et qu'elle n'est pas le pré carré de son pays. Cependant, les termes des accords devront être clarifiés et si besoin renégociés. Autrement dit, il n'envisage pas de les rendre purement et simplement caducs. Les accords qui font de nous, les greniers de la France doivent simplement, être clarifiés. Mais quoi de plus clair que l'obligation faite à la Côte d'Ivoire, de réserver en priorité ses hydrocarbures gazeux et liquides à la France, au terme de ces accords ? En plus, la renégociation de Sarko ne se ferait que si besoin était. Qui de la France et des pays signataires, tranchera sur ce point ? En ce qui concerne la candidate socialiste, il faut juste se souvenir que son patron, au plus fort de notre crise avait déclaré, que le Président Gbagbo est infréquentable. Nous étions sous Marcoussis, Accra etc. et la rébellion crachait du feu pour la Chiraquie. Lui au moins avait dit quelque chose. Les autres sont restés silencieux. Ils sont complices.
Ici, les programmes de gouvernement ne sont plus fonction de ce qui se passe en France. De même, là-bas les gens doivent apprendre à faire des programmes qui ne tiennent pas compte de l'Afrique. Elle ne doit plus être un enjeu électoral. Ce qui nous manquait, en tout cas, pour la Côte d'Ivoire, c'était la volonté politique de rompre le cordon ombilical. C'est fait depuis octobre 2000. Même s'il a fallu ferrailler pour le faire admettre. C'est si vrai que la CEDEAO, l'UA et l'ONU endossent sans modifier le moindre iota, l'Accord de Ouaga. De là, ces timides tendances à nous reconnaître un peu d'humanité. Il faut enfoncer le clou. Car, si en septembre 2002, le régime ivoirien avait été renversé, leurs propos seraient différents. Gbagbo serait resté infréquentable. On n'entend plus Hollande. La droite française balbutie. Nous devons éviter de penser notre futur en fonction de l'Hexagone qui, si l'on s'y oblige à penser à l'Afrique, c'est juste pour un renouvellement des liens coloniaux au-delà desquels les Gaulois sont incapables de concevoir nos relations. De même qu'il est inutile de se demander lequel des candidats fait notre affaire, de même, nous n'avons pas à nous inquiéter de savoir lequel de nos candidats fait leur affaire. Des deux côtés, tout candidat doit avant tout, se préoccuper de savoir s'il fait l'affaire de ses compatriotes. Gbagbo et les Ivoiriens n'ont sollicité l'avis de personne avant de s'entendre pour faire barrage à la guerre françafricaine menée par Chirac et ses suppôts locaux. Qui ont le profil bas et inaugurent les chrysanthèmes maintenant. Que les Français choisissent. Nous aussi, nous choisirons bientôt. Et que les heureux élus se parlent d'égal à égal, sans complexes. Bon week-end à tous."


<a href="http://delugio.zeblog.com/171712-la-cote-d-39-ivoire-et-l-39-apres-chirac/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=171712">aucun trackback</a>

L’accord de Ouagadougou en regard d’un passage de Franz Fanon

Par Delugio :: jeudi 15 mars 2007 à 11:38 :: Analyses & commentaires




Frantz fanon écrit :

 

« [Le colonialisme] tente çà et là et avec succès de redonner vie aux luttes tribales, utilisant les provocateurs, faisant ce que l'on appelle de la contre-subversion. Le colonialisme emploiera pour réaliser ses objectifs deux catégories d'autochtones. Et d'abord, les traditionnels collaborateurs […]. Les masses paysannes plongées, nous l'avons vu, dans la répétition sans histoire d'une existence immobile continuent à vénérer les chefs religieux, les descendants des vieilles familles. La tribu, comme un seul homme, s'engage dans la voie qui lui est désignée par le chef traditionnel. A coups de prébendes, à prix d'or, le colonialisme s'attachera les services de ces hommes de confiance.

Le colonialisme va trouver également dans le lumpen-prolétariat une masse de manœuvre considérable.

Aussi, tout mouvement de libération nationale doit-il apporter le maximum d'attention à ce lumpen-prolétariat. Celui-ci répond toujours, à l'appel de l'insurrection, mais si l'insurrection croit pouvoir se développer en l'ignorant, le lumpen-prolétariat, cette masse d'affamés et de déclassés, se jettera dans la lutte armée, participera au conflit, aux côtés, cette fois, de l'oppresseur. L'oppresseur, qui ne perd jamais une occasion de faire se bouffer les nègres entre eux, utilisera avec un rare bonheur l'inconscience et l'ignorance qui sont les tares du lumpen-prolétariat. Cette réserve humaine disponible, si elle n'est pas immédiatement organisée par l'insurrection, se retrouvera comme mercenaires aux côtés des troupes colonialistes. […A]u Congo, on retrouve le lumpen-prolétariat dans les manifestations régionalistes du Kasal et du Katanga, tandis qu'à Léopoldville il fut utilisé par les ennemis du Congo pour organiser des meetings « spontanés » anti-Iumumbistes.

L'adversaire, qui analyse les forces de l'insurrection, qui étudie de mieux en mieux l'ennemi global que constitue le peuple colonisé se rend compte de la faiblesse idéologique, de l'instabilité spirituelle de certaines couches de la population. L'adversaire découvre, latéralement à une avant-garde insurrectionnelle rigoureuse et bien structurée, une masse d'hommes dont l'engagement risque constamment d'être remis en question par une trop grande habitude de la misère physiologique, des humiliations et de l'irresponsabilité. L'adversaire utilisera cette masse, quitte à payer le prix fort. […] » Frantz Fanon, Les damnés de la terre, Folio, p. 174-175.

 

 

Voilà un texte de 1961 qui donne un éclairage saisissant sur la crise ivoirienne et sur la voie de sa résolution initiée par Gbagbo dans le dialogue direct.

 

On a dans cette page de Fanon, tous les ingrédients :

— Des alliés de la puissance coloniale, « ivoiristes » à la Bédié ou « anti-ivoiristes » à la Ouattara, les deux jouant de la fibre tribale ou religieuse ;

— Un « lumpen-prolétariat », le nord pauvre, qui cèdera momentanément aux trompettes ouattaristes de la fibre ethnique, à l’appui de la puissance (néo-)coloniale, dont les médias s’activent pour stigmatiser comme « ivoiriste » tout ce qui ne cède pas à ces trompettes.

— Le Nord pauvre était prêt à participer à l’insurrection rebelle — en l’occurrence aux côtés de l’oppresseur —, jusqu’à ce que la manipulation soit dévoilée. Mamadou Koulibaly a remarquablement démonté cette tactique de manipulation.

 

Que fait le dialogue direct ? Il met en lumière les protagonistes : contre la nation en processus de libération, une insurrection initiée par la puissance (néo-)coloniale et ses alliés locaux.

Une insurrection avec à sa tête Soro ; et comme pointe avancée de la puissance (néo-) coloniale, le très françafricain Compaoré.

Rien n’exclut à présent (la suite le dira) que Compaoré n’ait entendu l’appel que lançait il y a quelques mois Mamadou Koulibaly aux présidents françafricains : en substance, « il est peut-être encore temps de rejoindre le combat de l’Afrique digne ».

Cela vaut en tout cas, apparemment, pour Soro, au grand dam de ses (ex ?)alliés du G7.

 

Voilà donc que sous nos yeux, Gbagbo met en œuvre ce que préconisait Fanon il y a 45 ans. Mettre les plus pauvres (et leurs « porte-parole » — Soro —) face à la réalité de ce qui se joue, de façon à les faire sortir de leur statut d’instruments au service du (néo-)colonialisme dévoilé comme tel (en la figure de Compaoré) au titre de partie prenante de l’accord de paix.

On a bien là les trois signataires de l’accord, et eux trois seulement : Gbagbo, Soro, Compaoré…

 

 

 

<a href="http://delugio.zeblog.com/166491-l-accord-de-ouagadougou-en-regard-d-un-passage-de-franz-fanon/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=166491">aucun trackback</a>

Bouaké : comment sont morts les soldats français ? — «Pièces à conviction» a enquêté…

Par Delugio :: dimanche 04 mars 2007 à 19:57 :: Analyses & commentaires

 

 

 

Vendredi 2 mars - 23h25, France 3 nous proposait un documentaire intitulé « Côte d'Ivoire : roquettes sur nos soldats », suivi d’un moment de discussion sur les événements de Bouaké de nov. 2004 et sur leurs suites (cf. la présentation de l’émission de « Pièces à conviction » sur le site de France 3 :
http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/28472424-fr.php#TOP).

 

L’émission est présentée de 23 h 25 à 1 h 00 et quelques du matin ! Autant dire heure de grande écoute ! Sans compter qu’au même moment, sur l’autre grande chaîne publique, France 2, « Esprits "libres" » nous propose un débat sur le rôle des intellectuels dans la campagne électorale française. Bref, pour voir le reportage de « Pièces à Conviction », il faut le vouloir.

 

Le reportage est pourtant fort intéressant, par ce qu’on y apprend enfin (ce que la presse patriotique ivoirienne tant dénigrée en France nous dit depuis deux ans) et surtout par les conclusions que l’on veut en induire après le reportage, et qui vont à l’inverse de ce que le bon sens conclurait de ce que l’on vient de voir.

 

Parmi les invités de ce bref débat, la mère d’un soldat tué, Me Balan, avocat des familles des soldats, un rapatrié de 2004 et Thomas Hoffnung de « Libération », présenté par son confrère le journaliste Hervé Brusini comme « spécialiste de la Côte d’Ivoire ». Mme Alliot-Marie, invitée, n’a pas souhaité venir, nous dit-il aussi.

 

La mère du soldat, qui, deux ans après, n’est pas remise de ce qu’elle a dû endurer, rappelle que l’on a mis en bière les soldats français avec une telle précipitation que l’on a inversé deux corps (dont celui de son fils ; on a déjà entendu cela, qui a horrifié aussi la juge Brigitte Raynaud, dans le reportage). On apprend aussi qu’on a enterré son fils sans même prendre garde à ses effets personnels ! On a découvert cela lors de son exhumation pour faire l’échange des corps : il avait même encore son paquet de cigarettes sur lui ! Au-delà du scandaleux, voilà qui interroge : parvenir, lors de la mise en bière de neuf corps à en interverser deux ! Ne pas prendre le temps d’apprêter les corps ! Voilà qui donne amplement raison aux Ivoiriens qui s’étonnaient en 2004 d’une telle inhabituelle précipitation et qui se faisaient huer pour tel étonnement. L’avocat d’une association des gendarmes d’Ouvéa, Me Éric Dupont-Moretti, fulminait même à la télévision contre le Président Gbagbo assurant n’avoir pas pu voir les corps. La presse ivoirienne était dénigrée pour les mêmes motifs. Et voilà qu’aujourd’hui, on découvre que cet étonnement est aussi le fait des familles des soldats.

 

À l’époque, la Côte d’Ivoire, par la voix du procureur Ange Kessi, avait demandé l’autopsie des corps. Cela semblait, aux yeux des autorités françaises, une incongruité, voire une indécence. Depuis, la demande du procureur Kessi a été réitérée à plusieurs reprises. En vain. On n’a même pas mis à profit l’exhumation à l’occasion de l’échange des corps pour procéder à cette autopsie. Et voilà qu’on apprend par Me Balan — et par la juge Brigitte Raynaud — que ce qui était donné pour une indécence, est tout simplement la règle, un préalable indispensable à tout début d’enquête sérieuse. Or c’est ce que demande avec insistance la Côte d’Ivoire depuis deux ans, et que refusent systématiquement et avec autant d’insistance les autorités françaises.

 

Quand on sait à la fin de l’émission que la thèse que l’on a tenté de nous vendre par la voix du « spécialiste de la Côte d’Ivoire » Thomas Hoffnung, est que la version française initiale d’explication des événements aurait été la bonne : bombardement délibéré sur ordre de Gbagbo, on est fondé à avoir déjà la puce à l’oreille. Pourquoi, alors, les autorités ivoiriennes insistent-elles tant pour qu’une autopsie ait lieu ? Au pire pour elles, elle confirmerait ce dont tout le monde est convaincu : que la mort des soldats est bien due à un bombardement par les Sukhoï ! Et si c’est bien ce qui s’est passé, pourquoi la France refuse-t-elle cette autopsie que la Côte d’Ivoire réclame à cor et à cri ?

 

Me Balan, qui a écouté le « spécialiste », précisera qu’il ne le suit pas jusqu’au bout. Il n’en dira pas plus à ce moment-là. Il en a dit suffisamment, à travers tout le reportage, pour que l’on sache qu’il ne peut que concevoir des doutes quant à cette version !

 

En effet, quand on a suivi le reportage qui a précédé, on a été suffisamment informé sur le fait que ce sont bien les autorités françaises seules qui s’opposent — secret défense — à l’avancée de l’enquête. Et on se souvient que dès 2004, le camp de Bouaké avait été interdit d’accès par ces mêmes autorités françaises à tout enquêteur durant plusieurs semaines, ce dont seuls les journaux ivoiriens de mouvance patriotique osaient s’étonner ! On se souvient que cela ne concernait pas que les enquêteurs ivoiriens, et que la commission Défense de l’Assemblée nationale française avait refusé, par la voix de son Président Guy Tessier, que soit dépêchée une commission d’enquête parlementaire française — « par égard pour nos soldats ».

 

Et les « Russes » ? On savait déjà que les pilotes biélorusses des Sukhoï avaient été… peu surveillés par les autorités françaises qui les avaient eu à disposition à deux reprises, en Côte d’Ivoire, puis au Togo. On apprend par le reportage à quel point ils ont été effectivement… peu surveillés, avec l’aval des autorités françaises. Et Me Balan de s’étonner, alors qu’ils étaient pour de longs jours à la disposition des militaires français, que personne n’ait eu l’idée de poser la moindre question à ceux qui sont censés être les assassins de leurs camarades de Bouaké !

 

Quant aux pilotes ivoiriens, si l’on assiste en direct à l’autorisation qui leur est donnée par le Président Gbagbo de rencontrer les journalistes, ils ne souhaiteront pas s’exprimer. Le procureur Ange Kessi donne une explication qui vaut sans doute mieux que ce qu’en tirent les interviewers : les pilotes ivoiriens, dit-il, n’étaient pas dans les avions qui ont bombardé le camp. Les interviewers concluent à un embarras : apparemment il ne leur vient pas à l’esprit que le procureur ivoirien pourrait être tout simplement en train de les mettre sur une piste qu’ils semblent ne pas soupçonner, et qui confirmerait les questions quant au refus français de toute autopsie, et de toute visite du camp de Bouaké dans les jours qui ont suivi les faits : et si il fallait chercher ailleurs que dans un bombardement par un Sukhoï la cause de la mort des soldats français ?

 

Se poserait alors une autre question, particulièrement grave : quel sens aurait la crise franco-ivoirienne de nov. 2004, si lourde de conséquences, si le motif qui l’a fondée s’avérait douteux ?

 

Si le relâchement, sans qu’ils ne soient interrogés, à deux reprises, des pilotes et des mécaniciens biélorusses, s’expliquait simplement de cette façon ?

 

Tandis que le reportage nous a montré ce qu’il a présenté comme descente d’avion des pilotes de Sukhoï après « l’opération », avec une nonchalance laissant penser à la fin d’une opération de routine, un Français, interviewé, explique qu’ils « couraient comme des dératés » vers la tour de contrôle ! On a vu des « courses de dératés » plus précipitées que la nonchalance que nous montre le film !

 

À ce point, au commandant Beth de la base française de Yamoussoukro, qui explique que s’il n’a pas arrêté lesdits dératés c’est parce qu’il n’était pas au courant de ce qui s’était passé à Bouaké, le reportage oppose le colonel Destremau, du camp de Bouaké, pour qui, au contraire, il ne pouvait qu’être au courant, l’information ayant été divulguée immédiatement sur toutes les radios militaires. Les vingt minutes du trajet Bouaké-Yamoussoukro sont devenues dix minutes pour le Cdt Beth, temps insuffisant, explique-t-il, pour que la diffusion radio parvienne jusqu’à Yamoussoukro... Le reportage ne cache pas ne pas croire cette version.

 

À ce moment, plutôt que d’arrêter les criminels et de saisir les avions, ou de bloquer la piste par des camions (ce qui selon le chef rebelle Guillaume Soro, interviewé un peu avant, aurait suffi à empêcher la mise en place de l’opération Dignité), on s’affaire à détruire les avions (« l’arme du crime » selon Me Balan dénonçant un tel illogisme) — et les boîtes noires pour la même occasion. Et tant qu’à faire, on détruit aussi les hélicoptères civils du Président Gbgabo, bombardant du coup le palais présidentiel de Yamoussoukro… Cela, assure-t-on, pour empêcher que l’affaire de Bouaké ne se reproduise. Sur ces entrefaites, on descend sur Abidjan, dont on prend l’aéroport — au prix de plusieurs heures de mitraillage (sous les caméras de Canal+) des manifestants tentant de s’interposer —, et, se trompant de route, on se retrouve avec une colonne de chars face à la résidence présidentielle de Gbagbo à Abidjan ! Les « dératés », eux, continuent à courir, au point qu’ils se retrouvent au Togo, d’où ils filent vers la Biélorussie, où personne n’a, jusqu’à ce jour, l’idée d’aller les interroger…

 

Et le « spécialiste » Hoffnung d’expliquer que c’est Gbagbo qui a commandité ledit bombardement parce que l’opération Dignité, qui n’avait commencé que deux jours avant, était en train d’échouer, et qu’il a donc tenté un coup d’éclat ! Cela tandis les rebelles interviewés, Soro et Wattao eux-mêmes, ont contredit Hoffnung dans le reportage en se réjouissant explicitement de ce que la France ait alors enfin stoppé l’opération Dignité — en train de réduire à néant leurs infrastructures (« il a fallu la mort de soldats français, alors que cela aurait été si simple »). On serait fondé à se demander : à qui profite le crime ?

 

Mais Hoffnung tient à cette version que Chirac a abandonnée assez rapidement. Elle n’a eu d’usage qu’au moment où étaient détruites les infrastructures aériennes militaires ivoiriennes et les hélicoptères civils de Gbgabo et où Abidjan était investie, l’aéroport pris et la résidence présidentielle cernée par les chars. Si, comme le soutien Hoffnung, ledit bombardement de Bouaké était un quitte ou double de Gbgabo, il a fait plus que doubler la mise. Nombre d’observateurs internationaux ont trouvé la réaction française « disproportionnée ». Et tandis que les responsables français fulminent et menacent, tandis que Chirac traite Gbagbo de « fasciste », tandis qu’on ne cache pas espérer qu’il soit dégommé du pouvoir, on abandonne la version que soutient encore Hoffnung et qui suppose que malgré le discrédit dont on tente de charger Gbagbo, on voudrait le ménager…

 

C’est sans doute pour cela — alors que l’on clame jusqu’à aujourd’hui qu’il s’agit bien d’une attaque de Sukhoï —, que l’on enterre les soldats avec précipitation, que l’on exfiltre les Biélorusses, que l’on refuse autopsies et enquêtes, que l’on scelle le tout sous le secret Défense : tout cela risquerait de prouver que l’on avait raison et qu’il s’agissait bien d’une attaque délibérée des Sukhoï ! Voilà qui est d’une logique imparable !

 

Il a fallu deux ans pour en arriver là : constater ce que les patriotes ivoiriens, leurs journaux et les autorités ivoiriennes, disent depuis deux ans ; et qui était considéré comme indécent de leur part. Ne manque à présent plus que l’effort logique pour poser la question incontournable en l’état actuel des informations : et si le présumé (on ne devrait pouvoir ôter l’épithète qu’après clôture de l’enquête) bombardement aérien de Bouaké cachait autre chose que ce que l’on nous assène ? Après ce reportage une question ne peut que commencer à tarauder le téléspectateur, qui doit aussi depuis quelques temps tarauder les familles des soldats : si les choses ne s’étaient pas produites comme on exige qu’on le croie ?

 

Ou que l’on permette à l’enquête d’avancer et que l’on prouve ce que jusqu’à présent, chaque nouvelle découverte ne fait qu’infirmer.

 

 

 

<a href="http://delugio.zeblog.com/160919-bouake-comment-sont-morts-les-soldats-francais-pieces-a-conviction-a-enquete/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=160919">aucun trackback</a>

Gbagbo : "C'est un point de rupture entre les grandes puissances et nous"

Par Delugio :: vendredi 02 mars 2007 à 9:52 :: Articles de presse




Le Matin d'Abidjan
Vendredi 2 Mars 2007
http://www.lematindabidjan.com/visual_article.php?num_actualite=6299

A PROPOS DE LA CRISE IVOIRIENNE   Le Président Laurent Gbagbo :
"C'est un point de rupture entre les grandes puissances et nous"

Propos recueillis par Solange ARALAMON :

« 
A la faveur de la dédicace de l'ouvrage " Côte d'Ivoire : un air de changement " de Michel Gbagbo, le Président Laurent Gbagbo, venu soutenir l'auteur qui est par ailleurs son fils, a saisi l'occasion pour faire une réflexion sur la crise qui secoue la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002.

"Un air de changement", c'est le titre de l'ouvrage. Mais je pense qu'effectivement, c'est un vrai bouleversement. Je dirai que c'est un bouleversement pour toute l'Afrique. Quand je discute avec les hommes d'Etat africains, je me rends compte que ce qui se passe en Côte d'Ivoire aujourd'hui marque un point de rupture, pas seulement entre la France et la Côte d'Ivoire, mais entre les grandes puissances et toute l'Afrique noire. Ce qui se passe ici aujourd'hui, c'est une conception totalement différente des rapports entre nos anciennes puissances colonisatrices et nous-mêmes. Je ne sais pas pour quelles raisons ceux qui ont déclenché cette crise l'ont fait; je continue à m'interroger, à interroger ceux que je rencontre, à fouiller des documents pour savoir au juste pourquoi ils ont déclenché cette crise. Mais en la déclenchant en tout cas, ils ont donné l'opportunité à l'Afrique noire de poser le problème entre l'Afrique noire et l'Occident. Aujourd'hui, ce débat est posé partout. Moi je n'ai pas été surpris de la rupture des rapports diplomatiques entre le Rwanda et la France puisque quelques semaines auparavant, j'avais discuté avec des Rwandais qui ont parlé de ce même Ambassadeur en des termes très durs. Donc les choses ne peuvent plus être comme avant. Même si en Afrique noire francophone, nous avons des pays pauvres qui ont besoin d'assistance quotidienne pour évoluer rapidement, vous voyez les points de vue qui sont développés. Les gens sont aujourd'hui totalement libres vis-à-vis de l'ancienne puissance colonisatrice. En Afrique australe et orientale, les gens sont grands, puissants, et riches. Donc ils sont libres. Ils n'attendent rien de ces forces. Ils discutent d'égal à égal avec leurs puissances colonisatrices. Mais tout ça c'est parce qu'ils sont libres dans leurs caisses. Je pense qu'en déclenchant cette crise, ceux qui l'ont fait ont pensé que la Côte d'Ivoire n'était pas libre dans sa caisse. Ils ont pensé qu'ils allaient nous essouffler et que nous ne pourrions plus payer nos fonctionnaires. Mais nous payons et nous paierons nos fonctionnaires. Je veux dire que ça ce n'est plus un débat. Comme tous les pays au monde, nous avons signé des rapports de coopération pour construire nos pays. En tant qu'homme d'Etat, j'ai fait deux découvertes depuis l'avènement de cette crise. Le premier, c'est que la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens peuvent faire fonctionner leur Etat sans apports extérieurs. La deuxième découverte, c'est les Ivoiriens eux-mêmes. Les Ivoiriens ont été métamorphosés. Beaucoup écrivent aujourd'hui. Et dans tous les domaines de l'art, que ce soit dans la musique, dans le sport, etc., les Ivoiriens sont arrivés à se démarquer. Cette crise a donc fouetté l'orgueil des Ivoiriens qui se sont brusquement réveillés. Mais j'espère qu'elle n'a pas fini de faire couler de l'encre. J'espère que les Ivoiriens vont continuer d'écrire afin de laisser un témoignage à la postérité ". »




<a href="http://delugio.zeblog.com/159367-gbagbo-c-39-est-un-point-de-rupture-entre-les-grandes-puissances-et-nous/">aucun commentaire</a> :: <a href="http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=159367">aucun trackback</a>
Page précédente / Page suivante

</div> </td> </tr> <tr> <td colspan="2" id="pied">Copyright © <a href="http://delugio.zeblog.com/"> «Une vingtaine» !</a> - Blog créé avec <a target="_blank" href="http://www.zeblog.com">ZeBlog</a> </td> </tr> </table> </div> <script type="text/javascript"> var gaJsHost = (("https:" == document.location.protocol) ? "https://ssl." : "http://www."); document.write(unescape("%3Cscript src='" + gaJsHost + "google-analytics.com/ga.js' type='text/javascript'%3E%3C/script%3E")); </script> <script type="text/javascript"> try { var pageTracker = _gat._getTracker("UA-12959590-2"); pageTracker._trackPageview(); } catch(err) {}</script> </BODY> </HTML>