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La gauche française, sa défaite aux élections et la crise franco-ivoirienne

Par Delugio :: jeudi 10 janvier 2008 à 11:59 :: Analyses & commentaires




Question : la gauche française a-t-elle un avenir autrement qu’en étant à gauche ?… Et qu’est-ce qu’être de gauche ? That’s the question, me semble-t-il. Si la question n’est pas posée, ou si la réponse tacite n’est que dans une alternative entre un pragmatisme et une bien-pensance qui se moque du concret, la gauche est de toute façon en mauvaise posture !

Pour apporter une contribution (qui vaut ce qu’elle vaut) au débat, je propose comme pivot incontournable de ce qu’est être de gauche — et je vais essayer d’argumenter — les grandes déclarations de droit issues des révolutions modernes, ce que je résumerai par l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme (DH) et du citoyen : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ».

Voilà qui peut sembler un peu bateau ! pour ne pas dire tautologique… sans compter que j’entend déjà nombre de ceux qui se veulent de droite clamer leur revendication de cette affirmation. Je précise donc que je ne dis pas qu’être de droite implique ne pas se reconnaître dans cette égalité en droit et en liberté de tous les hommes. Je dis simplement qu’on ne peut pas être de gauche si on lâche ce pivot de l’héritage révolutionnaire.

On sait que la gauche, historiquement, est le camp de ceux qui se posent du côté de l’acquis révolutionnaire constitutionnel (éventuellement contre le pouvoir royal) face à ceux qui, à droite, se rangent du côté du pouvoir royal (éventuellement contre l’acquis constitutionnel). C’est ainsi que par la suite la droite sera considérée comme se positionnant en réaction à l’acquis révolutionnaire. Cela selon le vocabulaire hégéliano-marxiste : la droite est le mouvement réactionnaire, le mouvement global en réaction contre le progrès de l’histoire, selon ladite classification hégéliano-marxiste qui se nomme ainsi elle-même progressiste.

On pourrait discuter ce vocabulaire et ses sous-entendus téléologiques. Il reste de cette classification philosophique qu’effectivement, pour longtemps, le camp qui s’oppose au mouvement révolutionnaire n’offre pas d’autre revendication que sa propre réaction. Il est connu que la droite ne se donne pas d’événement fondateur. Elle se veut retour à un passé que les événements fondateurs de la gauche, c’est-à-dire les étapes franchies dans l’extension de l’acquis donné dans la Déclaration révolutionnaire, ont fait perdre.

Dire cela n’empêche certes pas de discuter la légitimité des motifs des réactions simultanées ou successives qui font la droite comme réaction — depuis la réaction contre le désordre induit par la désacralisation de l’autorité royale, jusqu’à la réaction cléricale, en passant par la réaction contre la Terreur, puis plus tard dans l’histoire contre la terreur communiste et le totalitarisme — où paradoxalement la droite se fait porteuse des idées de liberté qu’elle a historiquement combattues.

C’est dans cet ordre d’idées que Sarkozy, au cœur d’une campagne électorale très à droite, a pu sans problème se référer à des figures de gauche comme Jaurès ou Guy Môquet au lendemain de son élection — ici pour cimenter ses propos très marqués à droite, sur l’identité nationale.

Dans tous les cas, la droite se pose comme réagissant à des travers (effectifs ou pas) induits par l’idée fondatrice de la gauche symbolisée dans l’article 1 de la DH : une constitution face au pouvoir absolu. C’est ainsi que la gauche française s’enracine dans la révolution protestante anglaise de 1649 et dans son extension dans la révolution américaine (ce que les révolutionnaires français revendiquaient) — une loi commune et qui vaut pour tous les hommes face à un pouvoir arbitraire. Les grands acquis ultérieurs reposent sur l’exploration, l’extension du contenu de cet article 1 : depuis l’abolition de l’esclavage (que les constituants de 1789 n’avaient pas pris en compte !) jusqu’au droit de vote des femmes (advenu en 1945 en France !).

Quelques moments du XXe siècle sont significatifs, en France, moments qui ont tous ce même rapport avec une prise au sérieux de cet article 1 par la gauche : l’affaire Dreyfus, le refus de Vichy et de ses lois biologiques, la décolonisation, contre une France qui n’a jamais octroyé les droits des citoyens aux « indigènes » (je reviendrai sur ce point). On reconnaît là trois des quatre références de gauche de Bernard Henry-Lévy. Je ne reconnais pas sa quatrième référence, à savoir mai 68, qui n’est à mon sens qu’en partie de gauche : l’aspect de gauche de mai 68 est essentiellement un prolongement de la lutte contre la colonisation (que l’on retrouve dans l’opposition à la guerre du Viet-Nam). Pour le reste qualifier mai 68 de mouvement de gauche est plus que douteux : s’origine dans le mouvement un consumérisme qui débouche dans le sarkozysme via les années Tapie. Les observateurs ne sont pas rares à avoir remarqué que Sarkozy est un pur produit de 68. Il a eu beau jeu d’en faire un repoussoir pour une autre génération de réactionnaires (les « vieux ») quand la gauche a la manie de se réclamer de ce consumérisme censé être libérateur et qui n’est que la pointe avancée d’une autre réaction, celle des grands groupes qui y appuient leurs quasi-monopoles.


*


Ayant dit cela, il ne faut pas ignorer que les zones-frontières entre la gauche et la droite ne sont pas étanches, loin s’en faut ! Il y a même un fréquent, pour ne pas dire quasi constant, phénomène d’imprégnation réciproque. Pour être très fréquent, le phénomène connaît des périodes, comme la nôtre, où cette imprégnation devient très forte.

Dans ces temps-là, des temps comme le nôtre, cette imprégnation est déterminante lorsqu’il s’agit de gagner ou de perdre des élections. Est déterminant en l’occurrence le sens dans lequel s’effectue cette imprégnation : si la droite imprègne l’opinion et la gauche, la gauche finit par perdre, si les valeurs de gauche dominent dans l’opinion, la droite est emportée.

Il me semble évident que nous sommes en phase d’imprégnation intensive de la gauche par des caractéristiques héritées de la droite. Or la gauche officielle n’oppose aucune, ou quasiment aucune résistance perceptible à ces caractéristiques.

Un cas historique exemplaire d’imprégnation de la gauche par la droite : le jules-ferrysme colonial. « Il est du devoir des races supérieures de porter leurs lumières aux races inférieures » dixit Ferry. Idée de gauche : des valeurs universelles — portées par une imprégnation de la réaction contre ces mêmes valeurs : la hiérarchie des races : résultat : un mélange explosif, une impasse pour l’universalisme des DH et une gauche fourvoyée dans des combats perdus qui déboucheront sur un fait historique : c’est un homme de droite, De Gaulle, qui décolonisera.


*


La droite comme alliance hétéroclite des réactions : si la gauche tient sur un pivot essentiel, ce qui n’exclut pas sa diversité, la droite est essentiellement protéiforme. Elle peut unir la réaction monarchique (à l’origine), la réaction cléricale, et donc catholique (tandis que le catholicisme pourrait être non monarchiste). Il faudra attendre la 2e moitié du XXe siècle pour que le catholicisme dépasse en partie son fonctionnement réactionnaire, son fonctionnement en réaction, et en vienne à ne plus mettre en question les Droits de l’Homme ! Où une gauche conséquente se doit d’être aussi imperturbable face à la réaction islamiste qu’elle le fut face à la réaction catholique.

La droite peut unir à ces réactions la réaction « biologiste », raciste, en principe inacceptable en catholicisme (comme en tout christianisme en général) : où l’on retrouve nazisme et pétainisme. Cette forme de la réaction a été abattue en théorie en 1945 avec la défaite du nazisme, mais continue à faire des ravages, notamment sous la forme du racisme anti-« noirs » : l’apartheid durera jusqu’à la fin du XXe siècle en Afrique du Sud, mais en outre, le scandale de l’antisémitisme a été mieux perçu depuis 1945 (et pour cause) que les autres formes de racisme (notamment, pour la France, le racisme anti-« noirs » et le racisme anti-Arabes).

C’est ainsi que le racisme fait régulièrement retour sous des formes plus ou moins subtiles. Dernière mouture : le concept d’origine lepeniste de « racisme anti-"blancs" », qui a fini par séduire jusqu’à des personnalités de gauche ! Pourtant le concept est intenable si l’on y regarde de près. Il repose sur une confusion, probablement intentionnelle, entre un rejet communément partagé du dissemblable et une idéologie structurée et développée dans l’histoire, le racisme selon le terme explicitement revendiqué avant 1945, idéologie invariablement européenne (on n’a pas vu l’idéologie raciste placer au sommet de la hiérarchie des « races » quiconque d’autre que le mâle « blanc » !).

Le rejet du dissemblable, qui produit toutes sortes de xénophobies, est commun, peut être basé sur la religion, la couleur de peau, ou que sais-je ; il affecte évidemment indifféremment les
« blancs », les
« noirs », ou d'autres, mais ne peut fonder une inversion de la réalité historique des idéologies racistes !

Mais quand la gauche elle-même cède à ce genre de sophismes, il ne reste plus à la droite
qu’à
s’ouvrir à l’extrême droite (« pour la faire rentrer dans la norme républicaine ») et elle a déjà gagné à ce point. C’est essentiellement ce qui s’est produit et qui fait se demander à juste titre : quelle différence avec l’extrême-droite ? La droite au pouvoir laisse transpirer son « ouverture » à l’extrême-droite, du discours de Dakar au symbole de l’ADN.

Deuxième composante : la réaction cléricale, donc, infiniment moins nocive, ne nous leurrons pas, puisqu’elle porte en elle, jusqu’au cœur de son dogme, l’anti-biologisme, mais qui est prête à entrer parfois dans l’alliance en réaction, contre un ennemi commun, comme Pie XII contre le communisme.

Une troisième composante est le consumérisme / audimat / people / monopoles sur la presse, qui laisse la main aux groupes boursiers sous prétexte de refus des méfaits des économies planifiées.

On a reconnu là trois composantes du sarkozysme.

On aussi là trois lieux d’imprégnation de la gauche via la discours de l’ « antirepentance », qui n’a jamais été questionné de front !

Il faut reconnaître que la gauche porte un lourd passé d’imprégnation qui a été très peu dévoilé et qui correspond à la profondeur des ralliements de la gauche et de personnalités de gauche au pouvoir actuel.

Un signe remarquable est le lâchage de la révolution ivoirienne par la gauche au moment précis où l’armée française venait de tirer, à Abidjan, sur des manifestants désarmés.


*


De quoi est-il question dans la révolution ivoirienne (actuellement dans une phase en temps mort — voire en risque de décomposition) ? Il est question de la reprise exacte du conflit révolutionnaire français. Une constitution (votée à l’appel de tous les partis et à une majorité écrasante avec un taux exceptionnellement fort de participation) contre un décret imposé depuis Marcoussis-Kléber.

Le lieu d’expression du droit et de la constitution est, comme pour la révolution française, la nation. Ce qu’en France on va transformer en xénophobie… À l’heure où en France on fricotait avec de moins en moins de vergogne avec l’extrême-droite, on a justifié cette tentative de coup d’État constitutionnel contre une ancienne colonie en l’accusant de xénophobie ! Où le vocabulaire remplace le contenu, et où le sophisme du concept de « racisme anti-"blancs" » trouve un usage militaire !

Les responsables socialistes français ne s’y sont pas trompés qui, alors, persistent à soutenir leurs camarades ivoiriens, malgré les pressions de la presse française (et malgré les passages en boucles de reportages sur les « escadrons de la mort » — à propos desquels la presse française perdra devant la justice française tous les procès en diffamation que lui a intentés le couple Gbagbo).

Les socialistes français ne se leurrent pourtant pas et soutiennent leurs camarades ivoiriens, tous sauf un… Éric Besson (alors inconnu), qui demande qu’on les lâche. Le PS tient bon, jusqu’en 2004, où le lâchage intervient, par la voix de Hollande, au moment où la Côte d’Ivoire est en train de remporter la victoire qui scelle sa révolution comme étape de la deuxième phase, économique, de la décolonisation. Le choix du PS revient à une sorte d’anti-dreyfusisme : la raison d’État (avec tirs sur la foule) contre la lutte pour la souveraineté de la constitution !

Le PS va jusqu’à produire par la voix de quelques-uns des siens — porte-parole Montebourg — une demande d’excommunication (publiée par le Nouvel Obs) du FPI socialiste de l’Internationale Socialiste, après une « enquête » où ils sont allés trouver en Côte d’Ivoire ce qu’ils cherchaient pour appuyer leur lâchage.

Soyons juste : tous n’ont pas cédé. Mélenchon, Emmanuelli, Labertit (auxquels il faudrait ajouter, parmi d’autres, le Suisse Jean Ziegler) refusent de se laisser emporter par la propagande dont on nous inonde et continuent de soutenir leurs camarades ivoiriens.

Il n’empêche que ces jours-là, le PS a raté un moment historique. Il n’est pas jusqu’aux porte-paroles de la Françafrique Stephen Smith et Antoine Glaser pour reconnaître que « la France a perdu l’Afrique en novembre 2004 à Abidjan ». Et pourtant, le PS aurait pu…

C’est là hélas, un signe tragique d’un ralliement du PS à la logique du troisième pôle mentionné ci-dessus comme composante de la réaction actuellement au pouvoir : le pôle consumériste / médiatique / audimat / people.

Quand le PS est si profondément rallié (peu de résistance au « biologisme », soumission au pouvoir économique monopolistique), comment ne rallierait-il pas carrément le pouvoir, à commencer, symbole éloquent, par Éric Besson ?

Voilà qui laisse à penser que la gauche française ne pourra pas faire l’économie d’une sérieuse réflexion !





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