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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

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"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
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Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


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In memoriam Harris Memel-Fotê (1930-2008)

Par Delugio :: lundi 12 mai 2008 à 23:26 :: Articles de presse




Harris Memel-Fotê né en 1930 à Mopoyem (Dabou), en Côte d’Ivoire, est décédé le 11 mai 2008.


Pleinement d'actualité, la contribution d’Harris Memel-Fotê à l’étude de l’esclavage est particulièrement précieuse. Un article sur son travail, par Marie-Josée Hourantier :

Notre Voie —
http://www.notrevoie.com/

jeudi
3 Avril 2008 —
http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=288052 :

« La célèbre femme de culture d'origine française, Marie-Josée Hourantier, ouvre à travers ce texte à la fois saisissant et d'actualité, un débat sur l'épineuse question de l'esclavage. Un texte inspiré de la thèse de l'éminent anthropologue Harris Mémel-Foté : l'esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (17°-20° siècle), publié aux Editions du Cerap et Ird Editions. » :

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La "rédemption" de l'esclave

« Dans sa volumineuse thèse, Harris Memel-Foté a rigoureusement analysé l'esclavage dans les sociétés lignagères tant sur le plan économique que politique et sociologique. Il l'a étudié sous le contrôle de neuf sociétés différentes, Abè, Abidji, Abouré, Alladjan, Bété, Dida, Kweni, Neyo et Adjoukrou durant deux siècles. Ainsi nous a-t-il fourni une documentation riche et stimulante tout en alimentant une réflexion sur notre époque encore imprégnée par ce que nous considérons comme une atteinte aux droits de l'homme. Le chapitre sur lequel nous voulons nous pencher plus particulièrement est celui qui traite de la "rédemption" de l'esclave, le passage de son état de sous-homme à son rachat. Comment part-on d'une relation d'inégalité et d'instrumentalisation à un état d'homme social avec un nom, un totem, une famille ? Les esclaves totalement réifiés étaient traités comme les instruments de la reproduction des maîtres, de la société. Ils n'étaient qu'outils de production, exploités absolus, à qui échappait la majeure partie du produit de leur travail. Utilisés aussi comme offrandes en sacrifices, désignés pour une mort rituelle, ils exaltaient la richesse des maîtres et aidaient au rétablissement de l'harmonie sociale perturbée. Déjà l'exigence d'une abolition définitive de l'esclavage avait été invoquée par la France pour légitimer la conquête coloniale. Mais sur le terrain, on rencontrait bien des difficultés quand les mesures brutales d'abolition risquaient de perturber gravement l'économie locale qui utilisait la main-d’œuvre servile. Avec le principe de "rédemption", même s'il fut limité en extension et parfois en durée, on n'en retenait pas moins un effort d'humanisme et une première rupture, si minime soit-elle: Aucune condition sociale n'étant définitivement arrêtée, certains esclaves grâce à certaines circonstances ont donc obtenu un statut social supérieur, une "promotion", une sorte de "rachat". Dans la masse des déchus, ils ont pu accéder au statut "des gens du commun", grâce à leur mérite, à une part de chance, et surtout pour les besoins de la société.

Les valeurs sociales pour une "rédemption"

Ces rédemptions ont reposé sur la plupart des valeurs qui expriment les fonctions essentielles de la vie en société : La première valeur est le savoir, savoir du devin ou du prêtre, savoir du thérapeute, connaissances traditionnelles telles que le seke (connaissance de la force vitale). La deuxième valeur est le courage, vigueur physique et bravoure chez les agriculteurs - chasseurs. Cet idéal avait une fonction économique et sociale, stratégique et politique. La troisième valeur est la beauté qui résume les précédentes et dont l'exemple le plus connu est le bagnon bété, beauté physique et morale de l'homme. Du bel homme, la société exigeait qu'il soit aussi homme de bien, généreux et solidaire, un artiste au sens parfait du terme. Pour qu'il réalise ce modèle, le bagnon recevait une éducation touchant à son alimentation, aux soins du corps, aux coutumes et à l'art.

L'idéal esthétique impliquait une conception globale de l'être humain, une quête d'équilibre et de perfection dans l'individu et la société. La beauté pouvait apporter à l'esclave l'épanouissement qui l'exposait moins au risque d'être exclu ou vendu. Pour la société, la beauté était une force de rayonnement, d'attraction et de renforcement. C'est la synthèse des arts et le spectacle de la beauté pure, loin d'être banalisé s'inscrivait dans le registre de l'exceptionnel, de la fête libératrice. Dans ces moments de contemplation, de communion, le peuple était dans une joie esthético-religieuse de l'affirmation de soi à travers l'identification à ce mythe solaire de l'apollon incarné. La société avait compris qu'il était bon de cohabiter avec le bagnon pour obtenir la grâce d'une joie esthétique perpétuelle.

Enfin la quatrième valeur est le talent, que la société a retenu dans deux domaines stratégiques, l'art et le commerce. Cette valeur met l'accent sur l'excellence technique, effet conjugué d'une prédisposition naturelle et d'une disposition culturelle. Mise au service de l'art, elle manifeste la fonction centrale de ce dernier dans la vie de la communauté. L'art est consubstantiel, est l'unité et l'identité de substance avec tous les actes créateurs, cultuels, ludiques etc. Les échanges d'artistes et d’œuvres d'art entre villages, les échanges de savoir et de produits alimentaires, sont indispensables à la survie de la société, à l'ouverture, symbole de richesse.

Le processus de "rédemption"

Ce processus de rédemption est caractérisé par deux modalités essentielles : la promotion au rang d'"homme du commun" et l'accession au rang de chef, compte tenu que les esclaves rédimés restent minoritaires. Si l'esclave se fait ainsi remarquer par son mérite, une connaissance médicale ou s'il est beau, il prend un nom et reçoit une épouse. Il est donc sauvé de la mort, de l'exclusion et de la servitude. Ses vertus l'ont transformé et lui ont permis l'accession à une nouvelle vie. La promotion au rang de chef est plus rare. Par un acte souverain du maître, l'esclave peut bénéficier de cette dévolution. Quand le lignage était menacé de dissolution physique, on pouvait recourir à la reproduction des esclaves, de même en l'absence de direction ou de représentation officielle. Tout cela sans que ce fut une révolution. Ainsi malgré leur exemplarité, ces rédemptions ont été néanmoins marqués par deux limites : les fondements que nous avons évoqués restent exclusifs et partiaux. Ils ont exclu la valeur économique proprement dite, la richesse, la valeur politique et la sagesse.

Pourquoi la richesse ? Parce que les biens de l'esclave appartenaient au lignage possesseur. Ensuite elle conduisait au pouvoir politique, richesse et pouvoir s'entretenant mutuellement tandis que la domination politique était le rempart des hommes libres. La sagesse, gouvernant l'activité politique, impliquait la connaissance de l'histoire et de la culture du peuple, l'esprit de justice pour rétablir la vérité et le droit quand ils sont violés, l'esprit de concorde pour restaurer la paix, l'autorité morale de l'homme cultivé, juste et pacifique, qui peut être écouté et obéi. En déniant cette qualité aux esclaves, les maîtres consolidaient sur le plan idéologique la hiérarchie sociale et la fonction de moyens de la production dévolue aux esclaves. Les rédemptions portaient ainsi la marque de la précarité, de la réversibilité : certains esclaves promus pouvaient connaître la rétrogradation et la vanité d'une élévation dont seuls les petits-fils devaient jouir avec une relative sérénité.

Certes l'esclavitude a toujours servi les intérêts de la société, d'une société fondée sur la hiérarchie de ses membres, chacun occupant la fonction de sa caste. L'esclave avait sa place dans un système cohérent qui privilégiait l'efficacité, la stabilité selon les lois traditionnelles. Le maître gardait un pouvoir qu'il devait exercer sur l'autre, exhibait ses richesses en hommes et en productions, la tradition perpétuait ses cultes, rites sacrificiels, rites funéraires, rites de boucs émissaires. Et la vie se déroulait à l'ombre tutélaire des Ancêtres. Combien est source d'interrogations, de commentaires, cette immense recherche qui interpelle notre conscience troublée, à l'heure des devoirs de mémoire. Un débat s'impose, une prise de conscience de notre actualité, encore esclave de ce passé, s'annoncerait ! »






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