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«Une vingtaine» !

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« Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française » !

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


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À méditer — lu chez Harris Memel-Fotê :

Par Delugio :: mardi 20 mai 2008 à 17:01 :: Livres




Au temps de la conquête coloniale, le système terminologique privilégiant l’euphémisme — « serviteur », voire « non-libre » pour désigner l’esclave intra-africain —
« est
idéologique : par son caractère arbitraire, par sa signification politique et non théorique, par sa fonction de masque.
À la racine d'une telle opération, se trouvait une double contradiction historique : la première contradiction oppose l'impératif moral de l'émancipation des esclaves, proclamé en France par la Révolution de 1848, à l'impératif économique de la colonisation, l'humanisme à l'impérialisme ; la seconde contradiction oppose l'impérialisme colonial à la lutte des classes qui sévit à l'intérieur des sociétés africaines en résistance. Pour établir et consolider le régime colonial, l'État impérial avait besoin, contre les peuples, d'une alliance avec les chefs de la résistance anticoloniale — comme Lat Dior du Sénégal —, chefs patriotes à coup sûr, mais chefs propriétaires d'esclaves aussi, hostiles dans le principe comme dans le fait à toute politique d'émancipation des esclaves. Or, dans la stratégie de l'alliance, l'artifice de langage pouvait avoir trois effets. D'abord, aux maîtres, il a confirmé le droit de propriété sur les esclaves et apporté un nouveau gage juridico-politique. Outre que ce parti pris constituait le premier complot des nouveaux et des anciens maîtres réunis contre les esclaves, les euphémismes et la négation verbale de l'état d'esclave pouvaient ensuite donner aux esclaves une illusion d'émancipation. Enfin, face à l'opinion internationale, cette diversion politique camouflait un déni de justice […].
Quand, pour finir, on passe aux sociétés post-coloniales contemporaines, on s'avise que cette vision idéaliste de l'esclavage interne aux sociétés sans État trouve aussi une justification dans les idéologies de la spécificité socio-culturelle ou idéologies communautaires que les intellectuels produisent pour rallier toutes les classes aux fronts de lutte anticolonialiste. »

Harris Memel-Fotê, L’esclavage dans les sociétés lignagères de la forêt ivoirienne (XVIIe-XXe siècle), CERAP/IRD, 2007, p. 37.




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Commentaires

Le mercredi 27 août 2008 à 12:51, par djé
Salut Délugio, juste une petite parenthèse pour une anecdote que je voulais partager avec toi.
Au hasard d'une conversation que j'ai eu récemment avec un de mes oncles, je viens de découvrir que le professeur Memel-Fotê me connaissait et réciproquement. Pour la simple et bonne raison que nous étions voisins lorsque je vivais à Abidjan. Je n'ai aucun souvenir de lui car j'étais adolescent à l'époque et tu peux imaginer quels étaient mes centres d'intérêt à cet âge.
Tout ça pour dire que c'est par ton intermédiaire que j'ai (re)découvert cet illustre voisin...t'imagines...lol

sinon on attend ton inscription sur BAO lol...

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