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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements de Bouaké : Françafrique, panique à bord

Par Delugio :: mercredi 05 juillet 2006 à 12:57 :: Analyses & commentaires


 

Il est devenu à présent incontournable que Paris n’est pas très clair dans l’affaire du bombardement de Bouaké qui a valu le déclenchement d’une guerre de six jours contre la Côte d’Ivoire, approuvée à l’époque par les principaux responsables de la majorité, de l’opposition et de la presse françaises. À présent que la vérité menace chaque jour un peu plus d’éclater, on se tire réciproquement dans les pattes en cherchant à tirer son épingle du jeu.

Depuis 2004, la justice, française comme ivoirienne, malgré les obstacles (j’y reviens) qui lui ont été imposés, a fait son chemin, et débouche sur des zones imprévues du grand public, qui font paniquer le microcosme politique et médiatique de la Françafrique. Et on tente des explications diverses, qui reviennent pour chacun à sauver sinon sa peau, du moins son crédit. Las : on ne veut pas lâcher la fausse prémisse qui depuis 2004, égare tout le monde…

Témoin le dossier de Libération du 3 juillet 2006. Thomas Hoffnung l’affirme d’emblée : le camp français de Bouaké «a été délibérément bombardé par un avion Sukhoï-25 de l'armée du président ivoirien, Laurent Gbagbo». «Sans {qu’en soit} inform{é} le principal intéressé ?» demande faussement naïf Hoffnung, qui répond lui-même à sa question : «Au premier jour de l'offensive, un télégramme diplomatique de l'ambassade de France à Abidjan note l'utilisation des «seuls moyens aériens, dont on sait qu'ils sont directement commandés par la présidence».


Voilà sa prémisse : n'admettre aucun doute sur l'affirmation initiale de Chirac en 2004 voulant que Gbagbo ait décidé de bombarder le camp français. La suite du développement plonge donc dans un embrouillamini qui se dissipe de lui-même si l’on met en question cette prémisse. Hoffnung nous fournit lui-même sans s’en rendre compte (?) tous les éléments pour ruiner cette prémisse !

Qu’est-ce que soutient Hoffnung, à l’instar de ses confrères de l’Express (du 18 mai 2006) qu’il cite et reprend ? Que «la France ménage Gbagbo». C’est là la première conséquence logique si l’on s’en tient à sa prémisse. Le problème est que cela est loin de correspondre aux faits que lui-même était bien contraint d’énoncer en 2004 ! À l’époque, la résidence de Gbagbo à Yamoussoukro avait essuyé des tirs alors qu’on avait détruit ses hélicoptères civils, et sa résidence d’Abidjan s’était trouvée assiégée par des chars français. Hoffnung expliquait alors (Libération 10.12.04) la présence de cette colonne de chars français devant sa résidence, en ces termes, attribués au Col Destremau : «Au lieu de tourner à gauche, notre guide situé à l’avant a fait un tout-droit et nous nous sommes retrouvés devant le palais présidentiel».

Bombarder sa résidence de Yamoussoukro et y détruire ses hélicoptères civils, et placer une colonne de chars devant celle d’Abidjan, fût-ce suite à une «erreur d’orientation», voilà une bien curieuse façon de le «ménager» ! Mais Hoffnung y tient : avant même cela, la rébellion dont tout le monde sait à présent qu’elle a été téléguidée depuis la françafricaine Ouagadougou, l’humiliation de Marcoussis et ses suites (qui pour Hoffnung, reviennent «à soutenir Gbagbo pour sortir de la crise» — sic ! «Paris espère ainsi rapatrier ses 3 500 soldats» ! Ben voyons !),
la guerre de six jours contre la population ivoirienne défendant son Président, les mensonges à répétition pour le discréditer, les menaces de Chirac au sommet France-Afrique de Paris, les tentatives d’écarter Mbeki de la médiation, l’insistance de la diplomatie française jusqu’à aujourd’hui pour le déboulonner, tout cela (et j’en passe), c’est pour «ménager» Gbagbo !


Poursuivons donc l’ «explication» de Hoffnung, qui trouve dès lors naturellement «paradoxal» que «
les autorités françaises semblent peu disposées à faire toute la lumière sur ces événements».

«Mais, jure déplorer Hoffnung, à la mi-octobre 2004, les rebelles refusent une nouvelle fois de rendre leurs armes» — il est vrai, pourrait-on ironiser, que Paris et la «communauté internationale» se sont empressés de faire pression !

Alors, «Paris décide de laisser faire Gbagbo.» «Car les Français n'ignorent rien des préparatifs de son offensive», «l'armée française était parfaitement au courant de ses plans d'attaque» Heureusement que Hoffnung nous l’apprend ! Sans quoi, on aurait pu penser, comme on a voulu nous le suggérer à l’époque (sans qu’alors Hoffnung, apparemment, ne soupçonne rien !) que Paris ne se doutait de rien !

Et voilà que pour une fois, Hoffnung, citant le Gal Poncet, met les guillemets à «communauté internationale», précisant «— autrement dit {…} Paris». Bonne nouvelle : Hoffnung ouvrirait-il enfin les yeux ? Eh non, hélas : c’est sans doute la seule fois où il faudrait faire la distinction : c’est en effet Poncet qui parle, pas un diplomate, un politique, ou un fin journaliste. Et quand Poncet distingue ainsi, c’est bien qu’il y a tension au sein de ladite «communauté internationale».

Quand on sait toutes les tentatives de Paris de déstabiliser Gbagbo, on est fondé à s’interroger sur la nuance de Poncet. Compte tenu de la suite des événements, on peut dès lors lui faire confiance. «Jacques Chirac a tenté, le 3 novembre, de dissuader par téléphone son homologue ivoirien de passer à l'attaque», précise même Hoffnung. Il y a bien eu là un décalage diplomatique qui n’a pas satisfait Paris, qui dès lors guette la moindre bavure pour stopper l’opération «Dignité».

Ce sera les événements de Bouaké. Il n’y a pas lieu de chercher ailleurs. Quand Hoffnung tient à ce que les Sukhoï «ratent parfois leurs cibles, tuant plusieurs dizaines de civils ivoiriens» et constate : «La communauté internationale ne bronche pas», alors qu’il vient d’écrire que selon l’ambassadeur de France Le Lidec «la communauté internationale n'admettrait pas d'exactions contre les populations» avant d’ajouter «et que "les forces impartiales ne pourraient rester sans réaction si elles étaient mises en état de légitime défense, donc attaquées"», on sait ce qui fera poids. Ou bien, les Sukhoï n’ont pas fait de victimes civiles (ou Hoffnung et consorts auraient oublié de les signaler à l’époque, eux qui ne ratent pas l’invention de quelque escadron de la mort pour discréditer la Côte d’Ivoire républicaine), ou bien être victimes collatérales d’un bombardement ne relève pas du domaine des exactions, ou bien il fallait quelque chose comme les événements de Bouaké pour stopper l’opération «Dignité».

Or c’est bien là ce qui la stoppera. Pour Hoffnung, elle sera stoppée de la sorte parce qu’elle avait déjà quasiment échoué ! Voilà un beau tour de force logique ! Logique bien compliquée, et que l’on a certes, de la peine à suivre. Poursuivons toutefois.

Le 6 novembre 2004, «vers 13 heures, comme lors des raids précédents, les forces françaises sont informées en temps réel du décollage des deux Sukhoï». Et certes, «une attaque visant les soldats tricolores paraissait inimaginable». Elle l’est jusqu’à aujourd’hui ! Quel intérêt ?!

Mais, bref, à partir du moment où l’on persiste à refuser que ça l'est jusqu'à aujourd'hui, on est bien contraint de s’enfoncer dans la «logique», compliquée, on le voit, de Hoffnung et consorts.

Pour cela, il faut passer sous silence le fait que quand «Brigitte Raynaud, l'ex-juge près le tribunal aux armées, {est} saisie deux mois et demi après les faits d'une plainte contre X pour "assassinats" et "tentatives d'assassinat"», c’est que toute enquête sur les événements de Bouaké a été interdite par la France pendant deux mois, que le procureur militaire ivoirien ange Kessi s’est vu interdire l’accès au camp de Bouaké, et que la commission parlementaire française à la Défense a refusé toute commission d’enquête — en substance, par la voix de Guy Teissier, «pour ne pas faire de peine à nos soldats».

Aussi quand Hoffnung se contente de remarquer comme un fait sans rapport que «le 10 février dernier{2006}, {elle quitte} ses fonctions pour rejoindre la Délégation interministérielle à la ville», on ose tout de même se demander si cette «promotion» n’est pas en rapport avec l’avancement de son enquête qui contraint aujourd’hui L’Express et Libération à expliquer laborieusement les faits pour le moins troublants qui contredisent les «informations» qu’ils nous livraient en 2004.

Quand Brigitte Raynaud (qui enquêtait aussi sur le Rwanda et débouchait sur des conclusions peu reluisantes sur le rôle de la France) s’en va en déplorant auprès de la ministre de la Défense que «aucun renseignement ne m'a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime, bien qu'arrêtés immédiatement et dans les jours qui ont suivi les faits, avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises sans avoir été déférés devant la justice», il est surprenant de voir la logique de Hoffnung vouloir encore y lire une volonté française de «ménager» Gabgbo.

Alors Hoffnung nous ressort l’idée qui a fait long feu, que les Fanci ont été mises en échec en 2002 devant les rebelles, passant sous silence le fait que la contre offensive loyaliste avait alors été stoppée à la demande de la France et suite à l’interposition française. Il est vrai que Hoffnung a besoin de cela pour engoncer sa thèse centrale : alors, il n’hésite pas : «en octobre 2002, une première offensive loyaliste sur la ville s'était soldée par une défaite cuisante face aux rebelles. Gbagbo peut-il se permettre une nouvelle humiliation ?»

Et puisque, dit-il, l’opération «Dignité», menée pourtant, selon lui, avec la complicité — certes tacite ! — de la France (sic – on l’a lu) est en passe d’échouer, on passera à la phase surprise — dans une logique presque aussi compliquée que celle de Hoffnung — : le bombardement du camp français !

Tous les «Slaves», techniciens et pilotes, sont alors exfiltrés — avec la complicité de Gbagbo (dont on bombarde toutefois le palais), affirme Hoffnung à l’appui de la DGSE. Cela tandis qu’on détruit les moyens militaires ivoiriens (malgré l’affirmation d’Alliot-Marie voulant que l’aéroport de Yamoussoukro ait été alors sous contrôle ivoirien et inaccessible aux Français !). Saura-t-on qui a pris cette décision ? Hoffnung nous donne aujourd’hui une nouvelle (troisième) version : après Chirac himself selon les médias français unanimes en 2004, après Poncet, une fois lâché, selon les mêmes médias en 2005, c’est aujourd’hui, en 2006, Bentégeat qui, selon Hoffnung, a donné l’ordre. Que le lecteur à qui il reste un peu de mémoire se débrouille.

Et tandis qu’on détruit ainsi les avions à Yamoussoukro, on prend l’aéroport d’Abidjan, on bombarde les manifestants du Pont de Gaulle, on se trompe de route en cherchant à récupérer les ressortissants français vers le palais de Gabgbo sur lequel on tire (pour le «ménager»), puis à l’hôtel Ivoire, où l’on n’en trouve pas, mais où l’on trouve (avec surprise, selon Hoffnung 2004) l’infrastructure du gouvernement de Gbagbo et où l’on finit par tirer sur la foule.

On a voulu, pourtant, par tout cela, nous assure-t-on encore, protéger les ressortissants français des exactions. On se souvient en effet des reportages en boucle sur les chaînes françaises à propos desdites exactions, avec le cortège des violences et des viols. «Aucun mort, trois viols», admet aujourd’hui Hoffnung — trois viols, c’est-à-dire, effectivement, l’horreur (tout comme les centaines de viols et autres éventrements par la rébellion, pour lesquels manifestement la France et ses médias sont plus discrets). Si l’on sait que la même nuit, cinq mille prisonniers ont été lâchés dans les rues d’Abidjan — à l’insu, naturellement, de la ministre de la justice installée à son poste par les accords gérés par la France à Marcoussis —, s’il l’on ajoute qu’une des femmes violées nie clairement qu’elle l’ait été par des patriotes, si l’on compare ce chiffre désormais officiel de trois viols aux statistiques des viols en France, on découvre qu’il y a eu au bas mot la nuit du 6 nov. 2004, cinq à six fois plus de viols à Paris qu’à Abidjan : viols en France : 50 000 / an selon
http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=416 — soit 140 env. / jour. Si l’on sait que l’agglomération parisienne compte env. 10 millions d’habitants, soit plus de 10 % de la population française, cela fait au moins 15 femmes violées par jour à Paris.

Reste de cet imbroglio hoffnunguien que les autorités françaises ont laissé volontairement partir les «Slaves» — cela, selon Alliot-Marie, parce que le pouvoir français est juridiquement tatillon. Il est vrai que les autorités françaises ont l’habitude de s’embarrasser du droit dans leurs rapports avec l’Afrique !

Et tout cela, Hoffnung n’en doute pas, pour «ménager» un Gbagbo dont on ne néglige par ailleurs jusqu’à aujourd’hui aucun moyen, médiatique, militaire, diplomatique (et j’en passe), pour essayer, en vain, de le dégommer…

La laborieuse explication de Hoffnung n’explique toutefois pas pourquoi la France a interdit en son temps toute enquête française, et a fait barrage à l’enquête ivoirienne en refusant l’entrée du camp de Bouaké. Elle n’explique surtout pas les faits qu’il notait lui-même par la bande en 2004.

Et enfin — puisqu’il présente cela comme enjeu central de son article — quelle est cette logique que Hoffnung et l’éditorial de Libération prêtent à la Chiraquie : vouloir s’éviter l’inimitié des familles des soldats pour ce qui serait un dérapage de l’opération «Dignité», dérapage dont Hoffnung dit qu’il n’est en aucun cas le fait de Paris ?!

L’enjeu n’est-il pas alors plus simplement, encore et toujours, la mise en cause de la Côte d’Ivoire républicaine qui, comme malgré elle, a remué les eaux troubles d’une Françafrique aux abois ?

 

 

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