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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Reste-t-il quelques sanctions onusiennes à grappiller contre la résistance panafricaine des patriotes ivoiriens ?

Par Delugio :: jeudi 27 juillet 2006 à 19:30 :: Analyses & commentaires




Le forcing qu’opère le pouvoir français au sein de la jungle onusienne pour obtenir de nouvelles sanctions contre la Côte d’Ivoire républicaine ne trompe apparemment que l’opinion française et ceux qui la font. Tandis que, cas exemplaire, Hoffnung tentait hier dans Libération (http://www.liberation.fr/actualite/monde/195448.FR.php) de nous vendre ce qu’il donne comme sa certitude que les rebelles — c’est juré ! une nouvelle fois, comme depuis trois ans et demi — désarmeront enfin quand l’identification sera terminée, la mobilisation des patriotes a obtenu une temporisation — et un accord qui vise à déboucher sur plus de transparence. Hélas cela s’est fait suite à ce que la volonté onusienne de passer en force contre les patriotes, là où on s’est toujours gardé de montrer quelque autorité que ce soit contre la rébellion françafricaine, ait occasionné des violences mortelles.

Cela dit, que signifie à présent cette énième promesse rebelle de désarmer après avoir quasiment tout obtenu ? Désarmer après le gonflage des listes d’électeurs de quelques millions d’inscrits ? On en sera effectivement presque, avec l’appui franco-onusien, à la réussite du coup d’État raté de 2002. La promesse des rebelles et de l’Onu que Hoffnung annonce sans rire revient à peu près à annoncer que le désarmement de la rébellion se fera après son obtention du pouvoir!

Et pour aider à cela, le pouvoir français fait le forcing à l’Onu pour obtenir des sanctions, tandis que, comme le constate amèrement Hoffnung, «l’Onu réfléchit». Ce que ne se demande pas Hoffnung, c’est ce à quoi peut bien réfléchir l’Onu. On en exige des sanctions nouvelles ! Le problème est que le sac à sanctions est presque vide, et a montré son inefficacité. Les leaders de la galaxie patriotique se sont vus interdire de sortir du territoire et se sont vus «geler leurs avoirs à l’étranger» (que manifestement, ils n’ont pas !). Effet de ces sanctions ? Nul ! et pour cause.

(Notons que pendant que l’Onu a sanctionné des patriotes manifestant à mains nues, elle laisse les mains libres, leurs avoirs à l’étranger et leur droit de circuler ou de parader sur les plateaux-télé parisiens aux auteurs de massacres avérés et reconnus par la même Onu ! Ou encore, après que la France ait détruit le potentiel militaire de l’armée légale et obtenu de l’Onu qu’elle ne puisse réarmer, on s’est bien gardé de fermer les frontières nord par où l’on sait pertinemment que les armes de la rébellion transitent.)


Et l’Onu réfléchit (comme le regrette amèrement Hoffnung qui voudrait qu’elle fasse plus ostensiblement le fond de tiroir de ses sanctions). Outre donc que son sac est presque vide, l’Onu réfléchit vraisemblablement, étant mieux renseignée que l’opinion française, sur l’effet prévisible que cet acharnement pourrait avoir sur l’opinion africaine en général. À titre d’exemple, sur ce blog hier, un article où l’on voit que l’opposition burkinabè soutient les patriotes ivoiriens (Burkinabè pourtant censément, selon les médias français, victimes de ces mêmes patriotes : étrange masochisme !). Toujours à titre d’exemple, voir ci-dessous un article de l’opposition camerounaise, qui elle aussi, soutient les patriotes ivoiriens. Cela sans compter le pouvoir sud-africain.

Contrairement à l’opinion française (et apparemment à Hoffnung), l’Onu n’ignore pas que pousser le bouchon trop ostensiblement trop loin contre la résistance des patriotes panafricains de Côte d’Ivoire pourrait déboucher sur des émeutes anti-françaises dans d’autres capitales d’Afrique !
Témoignage de Nathalie Yamb, journaliste camerounaise (Le Messager,
mardi 13 juin 2006 - cf. http://blogs.nouvelobs.com/Delugio/index.php?afficheFichier=3772_20060614_Delugio) - :
«Hier, à Douala, dans la rue, j’entendais des jeunes Camerounais parler. Ils évoquaient la situation en Côte d’Ivoire. Uni sono, ils affirmaient qu’ils allaient "casser du français" au Cameroun si l’armée de Chirac touchait au président ivoirien Laurent Gbagbo. Afrique, ta nouvelle guerre de décolonisation a commencé.»

Voilà qui donne à réfléchir partout, sauf, apparemment, dans la presse française !




*******

Le Messager (Douala - Cameroun) — 25-07-2006 — http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=29&code_art=13254 :


«Côte-d’Ivoire. Les audiences de la discorde


L’identification de la population avant les élections, sans désarmement, relance la guerre des tranchées.

Les audiences foraines ouvertes en Côte-d’Ivoire pour l’identification de la population en vue de l’élection présidentielle attendue, tournent au drame. Dimanche, elles ont été au centre de violents affrontements entre partisans du pouvoir et ceux de l’opposition dans la ville de Divo, au centre ouest du pays, à près de 200 km d’Abidjan. Selon le maire de la ville, Dadié Kodé, ces affrontements qui ont commencé samedi et se sont poursuivis dimanche, auraient fait “ quatre morts et 17 blessés au moins, dont neuf par balles ”. On se rappelle que le Front populaire ivoirien (Fpi), parti dont est issu le président ivoirien Laurent Gbagbo, a lancé le 14 juillet, un mot d’ordre de boycott actif, pour s’opposer et même empêcher la tenue de ces audiences foraines, dans les conditions actuelles de leur organisation. Ce boycott a atteint un point critique avec l'opération " Ville morte" qui a paralysé la ville d'Abidjan mercredi dernier. Depuis, les audiences foraines sont non seulement perturbées, mais aussi accompagnées d’actes de violences ici et là.
Des 50 sites ouverts sur l’ensemble du pays, seule une vingtaine sont opérationnels, essentiellement en zone sous contrôle de la rébellion. Ailleurs, c’est pratiquement le chaos. Les audiences foraines n’ont pas pu avoir lieu dans 30 des 34 localités retenues en zone gouvernementale où elles ont souvent viré au pugilat. Dans la localité de Sinfra, le véhicule de liaison des magistrats a été incendié. A Abobo, quartier d’Abidjan sous contrôle du Rassemblement des républicains (Rdr) de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, des affrontements ont opposé des militants de ce parti aux Jeunes Patriotes. D’autres affrontements ont laissé quatre blessés sur le carreau dans la localité de Abengourou. Et rien n’indique que la liste des victimes ne pourrait pas s’allonger dans les prochains jours, puisque le Rassemblement des houphouëtistes qui regroupe les principaux partis de l’opposition, invite désormais ses militants à se “ mobiliser partout et en permanence pour débloquer les audiences foraines ”.

Le bien fondé des audiences
Comme les chemins de l’enfer, généralement pavés de bonnes intentions, à l’origine des audiences foraines, il y a une idée noble : identifier les personnes vivant en Côte-d’ivoire sans papiers et leur établir des pièces d’identité, cartes nationales d’identité pour les Ivoiriens, cartes de résident pour les originaires d’Afrique de l’Ouest et cartes de séjour pour les étrangers non originaires d’Afrique de l’Ouest ; les premiers devant prendre part aux élections ivoiriennes. L’opération qui concerne 3.5 millions de personnes dont près de deux millions sont dans le nord du pays, selon l'Institut national de la statistique, devrait durer deux mois et coûter quelque 20 milliards de francs Cfa à l’Etat ivoirien. En pratique, des équipes de magistrats et fonctionnaires de l'état civil se rendent dans les quartiers et villages pour établir des actes d'état civil aux personnes qui en sont dépourvues. Ces équipes ont notamment recours à des témoignages du voisinage pour établir qui est ivoirien et qui ne l’est pas. Au vu de la loi, toute personne âgée de treize ans ou plus, peut prétendre à la nationalité ivoirienne, si elle prouve qu’un de ses parents est né sur le territoire ivoirien.
Toute la classe politique ivoirienne reconnaît le bien fondé de l’identification de la population vivant en Côte-d’Ivoire, y compris le Fpi. Devant l’histoire, le Front populaire ivoirien est l’initiateur des audiences foraines en Côte-d’Ivoire. Du temps où il était dans l’opposition, Laurent Gbagbo fut en mars 1998 le premier homme politique ivoirien à poser publiquement le problème crucial des personnes sans papiers dans leur propre pays et à souligner la nécessité de donner une existence juridique à des milliers d'Ivoiriens dont la naissance n'a pas été déclarée à l'état civil. Ce qui avait conduit le gouvernement Pdci (Parti démocratique de Côte-d’Ivoire) de l’époque, sous la pression de l’Union européenne, à procéder à une vaste campagne d’identification, notamment en baissant considérablement le coût de la carte nationale d’identité. Parvenu au pouvoir, le Fpi a fait voter une loi sur l’identification, la loi 2002-03 du 3 janvier 2002, dite ‘’Loi Boga Doudou’’, qui consacre notamment les audiences foraines dans le processus d’identification de la population.

Le Fpi pas d’accord
Aujourd’hui, les audiences foraines sont devenues un gros enjeu électoral. Les 3.5 millions de personnes à identifier pèsent lourd et peuvent faire pencher l’élection présidentielle cruciale attendue, dans un sens comme dans l’autre. Justement, le Fpi accuse ses adversaires politiques de vouloir se servir de l’identification pour nationaliser des étrangers, et ainsi, gonfler l’électorat et “ transformer artificiellement la minorité en majorité par des audiences foraines ”, selon les mots de Laurent Gbagbo. Redoutant des fraudes massives dans le nord de la Côte-d’Ivoire sous contrôle de la rébellion, véritable no man’s land interdit à toutes les forces politiques autres que le parti d’Alassane Ouattara, le Fpi avait demandé que l’identification de la population soit précédée du désarmement qui devrait permettre le retour de l’administration dans cette zone, et par conséquent rassurer les fonctionnaires chargés de mener les audiences foraines, et les populations qui y sont invitées, mais qui ont peur d’agir sous le diktat des rebelles toujours armés. Seulement, ce préalable qui relève objectivement du simple bon sens, n’a pas trouvé grâce auprès des médiateurs de l’Union africaine, le Congolais Sassou Nguesso notamment, qui a, en revanche, ordonné que l’identification et le désarmement se fassent concomitamment, donc en même temps.
Cette concomitance a, depuis, été reléguée aux calendes grecques. La communauté internationale a oublié le désarmement, il n’est plus question que de l’identification et des audiences foraines. Et, ceux qui osent revendiquer le désarmement ou demander une meilleure organisation des audiences foraines sont qualifiés d’ “ ennemis du processus de paix ” par la diplomatie française et menacés de sanctions individuelles par le Gti, groupe international de travail à qui le Conseil de sécurité de l’Onu a confié la tutelle de la Côte-d’Ivoire. Or, sans désarmement et retour de l’Etat dans le nord du pays, y a-t-il la moindre garantie de fiabilité de l’opération d’identification ? Les audiences foraines y sont cornaquées par les rebelles qui disent avoir pris les armes pour que Alassane Ouattara puisse être candidat et président, et par des responsables politiques du Rdr. Déjà, en zone gouvernementale, des militants du Rdr ont été arrêtés en possession de faux cachets des services et administrations, d’imprimés de certificats de nationalité, d’attestations de nationalité, de photocopies d’extraits de naissance, etc. Ce qui n’est pas pour délégitimer les craintes du Fpi quant aux possibilités de fraudes à la nationalité en zone sous contrôle de la rébellion.
La bataille des audiences foraines vient ainsi rappeler que le désarmement est la clé de la paix en Côte-d’Ivoire. Sans ce désarmement, il sera difficile d’organiser des élections crédibles dont les résultats n’annonceront pas de nouvelles guerres. Mais, y a-t-il véritablement du monde au sein de la communauté internationale pour vouloir ce désarmement, tant de fois ordonné mais jamais réalisé ?
Par Ambroise EBONDA
Le 25-07-2006»




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