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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Trois temps de la dépossession de la France dans la guerre en Côte d’Ivoire

Par Delugio :: vendredi 11 août 2006 à 18:26 :: Analyses & commentaires




1) Le temps médiatique. Le sentiment d’une ingérence française — depuis 1999, l’affaire Ouattara
2) Le temps politique. L’imbroglio juridique — janvier 2003, Marcoussis
3) Le temps militaire. La belligérance ouverte — novembre 2004, Licorne à Abidjan


(Delugio - 5/11/2005)



1) Le temps médiatique. Le sentiment d’une ingérence française — depuis 1999, l’affaire Ouattara

Été 1999, le dernier Premier Ministre de la Côte d’Ivoire du temps d’Houphouët Boigny, Alassane Ouattara rentre des États-Unis et de son poste de direction pour l’Afrique au FMI.
Il déclare son intention de se présenter à l’élection présidentielle ivoirienne prévue pour juin 2000 malgré un article de la constitution voté par la majorité PDCI du parlement, qui restreint les conditions de nationalité concernant le candidat à l’élection présidentielle (article que le député Laurent Gbagbo n’a pas voté).
Ouattara ne s’était pas présenté aux élections antécédentes du fait de cet article de la loi électorale. Sa candidature en 1999 entraîne des démissions dont celle de Jacqueline Oblé, fondatrice du parti de Ouattara, le RDR (dissidence du parti unique PDCI) et de Matthieu Tagbo, qui préside la section RDR France à Paris.
Jacqueline Oblé explique ses raisons (dans Le Patriote, journal du RDR, le 28.07.1999) : en substance, «la loi sur les conditions de nationalité qui atteint Ouattara est une mauvaise loi, mais elle existe et, considérant les désordres potentiels, il faut la changer avant qu’il ne se présente». Ouattara a passé outre.
C’est ici qu’intervient l’ingérence médiatique française dont les incidences aux origines du conflit actuel resteront difficiles à mesurer, mais difficiles à nier (il faudrait aussi parler des raisons psychologiques de cette ingérence que l’on pourrait quand même suspecter de n’être pas sans rapport avec une volonté de se défausser de la montée du racisme en France sur un pays du Sud. Quand la France qui a élevé Le Pen au 2e tour des présidentielles en sera ne serait-ce qu’à la moitié du taux ivoirien de 30% d’immigration, elle pourra peut-être entamer le début d’un réquisitoire).
En 1999, portés par des médias «de gauche», principalement Libération, quelques pétitionnaires français font valoir leur désaccord avec la loi ivoirienne sur la nationalité, qui, suite à cette pression et sous le nom d’ «ivoirité», deviendra ce que l’on sait. Ouattara, chef de la branche rénovatrice de l’ancien parti unique, est invariablement présenté depuis lors par les médias français comme le principal opposant ivoirien (sans un mot sur la question du programme politique et économique : le même que celui de son adversaire d’alors, Bédié).
D’autres intellectuels français s’opposent à cette ingérence (voir ci-dessous, en annexe, l’article de Bernard Debré dans Le Figaro du 25 novembre 1999), mais ils ne seront pas entendus. La situation s’envenime et débouche sur le coup d’État de décembre 1999.


2) Le temps politique. L’imbroglio juridique — janvier 2003, Marcoussis

Jusqu’alors, si les médias français se sont largement ingérés dans ce qui regarde la souveraineté d’un pays tiers — appuyant des pétitions, des conférences de Ouattara sans droit de réponse exercé, etc., la classe politique et le pouvoir français sont restés discrets.
Cela va changer après le coup d’État raté de septembre 2002. L’impact du pouvoir médiatique a été tel que le pouvoir politique français va le suivre dans ses prises de positions, ou à tout le moins reprendre l’argumentation qu’il a répandue.
Après que le coup d’État de 2002 ait été fomenté au nom du refus de l’«ivoirité», la France officielle va prendre parti comme «force d’interposition». Une prise de partie a en effet bien eu lieu dès lors que «l’interposition» consiste de fait à renvoyer dos-à-dos un pouvoir élu et des groupes armés sans aucune légitimité électorale.
Conformément au discours médiatique français devenu vulgate, on exige de Gabgbo qu’il mette en place ce qu’il a déjà lui-même promu en grande partie avec le forum de réconciliation nationale (qui a alors déjà accordé la nationalité ivoirienne à Ouattara) et la mise en place d’un gouvernement comprenant tous les partis !
L’erreur essentielle consistera, outre le fait de faire fi de la Constitution ivoirienne (votée deux ans avant à 86% des voix et à l’appel de tous les partis), à élever les rebelles au gouvernement avant qu’ils ne désarment ; ils doivent selon Marcoussis désarmer dès leur accès au gouvernement : trois ans après, ils n’ont toujours pas désarmé. Il eût suffi de conditionner, à l’inverse, leur accès au gouvernement à leur désarmement préalable (fût-ce sous garantie militaire de l’armée française d’interposition déjà présente !).
La rébellion élevée au pouvoir sans désarmer préalablement, le problème devenait dès lors insoluble autrement que militairement : les rebelles n’ayant désormais aucune raison de désarmer spontanément !


3) Le temps militaire. La belligérance ouverte — novembre 2004, Licorne à Abidjan

Après la prise de parti médiatique, puis politique de fait, la France dans l’engrenage débouchera fatalement sur la belligérance directe, toujours de fait, en novembre 2004. Quoiqu’il se soit passé à Bouaké, ce que les enquêtes détermineront (intentionnalité ou pas, si oui, à quel niveau, etc. : la voix de la France a plusieurs fois varié à cet égard), de fait l’armée française est entrée dans le conflit en détruisant la totalité des moyens militaires ivoiriens et en tirant sur les manifestants ivoiriens (concernant Abidjan sur le pont de Gaulle le 6 novembre et devant l’hôtel Ivoire le 9 novembre) faisant de nombreux morts et blessés.

À ce point la logique de l’engrenage enclenché au niveau médiatique en 1999 contre la souveraineté de la Côte d’Ivoire (ce qui explique la grande défiance ivoirienne à l’égard des médias français qui n’ont fait depuis que persister et signer) trouvait son aboutissement logique et tragique au plan politique, puis militaire, entraînant le bouleversement que l’on sait des relations franco-ivoiriennes.

À ce point, dès lors, il ne sert à rien de se voiler la face sur le fait que la réconciliation devra aussi être une réconciliation franco-ivoirienne. Le nier ne fait qu’en retarder l’échéance.


********
Annexe

«INGÉRENCE EN CÔTE D’IVOIRE»
PAR BERNARD DEBRÉ, Ancien ministre de la Coopération. — LE FIGARO, 25.11.1999 :

«Exemple flagrant d’ingérence dans les affaires d’un pays africain. Au nom de quoi les Occidentaux s’autorisent-ils à exiger des autorités ivoiriennes une candidature à l’élection présidentielle non conforme à la Constitution ?
Comme si nous étions encore à l’ère coloniale, nous versons de plus en plus dans l’ingérence. L’exemple de la Côte d’Ivoire est caractéristique. Ce pays est l’un des plus démocratiques d’Afrique, les élections se succèdent : législatives, municipales, présidentielle.
La vie économique y est intense. Abidjan est l’une des plus belles villes de ce continent. La paix et la stabilité y règnent comme dans beaucoup de villes occidentales.
En un mot, la Côte d’Ivoire est un État de droit, avec ses forces et ses faiblesses. Voici qu’une bataille d’intellectuels surgit, telle une tempête dans un verre d’eau. Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut être d’origine et de nationalité ivoirienne. La belle affaire ! Est-ce normal ? Comme d’ailleurs aux États-Unis, comme en France, comme la logique démocratique le veut dans tous les pays, il faut avoir la nationalité du pays où l’on veut être candidat.
Un homme d’une grande valeur, ancien Premier ministre, voudrait s’y présenter, mais il semble ne pas être Ivoirien. La loi n’autorise donc pas sa candidature. Alors le monde occidental s’offusque et crie à la dictature. Quelle curieuse bataille.

CURIEUSE BATAILLE
Aux États-Unis, si Henry Kissinger avait voulu être candidat, la Cour suprême s’y serait opposée, bien qu’il ait été ministre des Affaires étrangères, bien qu’il ait été prix Nobel de ta paix. Aurait-il fallu signer des pétitions, organiser des manifestations dans les rues ? Aurait-on imaginé l’ONU ou le FMI adresser des notes incendiaires au président sortant, l’enjoignant d’accepter sa candidature ?

L’AFRIQUE ABANDONNÉE
Pourquoi existe-t-il deux poids deux mesures ? D’un côté, les pays riches et dits développés, qui sont régis par une Cour constitutionnelle irréprochable et, de l’autre, des pays plus pauvres, qui devraient obéir aux Occidentaux et balayer d’un revers de la main les décisions de leurs organes juridictionnels suprêmes ? Arrêtons cette diplomatie pyromane bon marché. Les Occidentaux n’ont pas à choisir le candidat à l’élection présidentielle ivoirienne, fut-il vice-président du FMI.
L’Afrique traverse une période extrêmement difficile. Abandonné, ce continent est de plus en plus oublié par les riches démocraties.
Est-il normal que le sida y fasse tant de morts, alors que nous, nous pouvons nous payer les traitements les plus sophistiqués et les plus chers ? Qui s’est levé pour dénoncer ce scandale ? Est-il normal que les étudiants africains ne puissent plus venir en France terminer leurs études dans nos facultés, alors que la démocratie ne peut se répandre que dans le sillage du savoir ?
Est-il normal que nous laissions mourir de faim des millions d’Africains, tandis que nous brûlons devant les préfectures françaises des tonnes et des tonnes de fruits et légumes ?
Est-il normal que l’égoïsme des pays riches tue les Africains par millions et que nous nous satisfassions d’incantations dérisoires sur le droit à la candidature d’un des protégés du FMI ?
Quelqu’un osera-t-il proposer bientôt de décréter l’embargo économique contre la Côte d’Ivoire, pays phare du développement en Afrique ?
Ces réactions sont plus proches de l’hégémonie néo-colonisatrice que de la morale internationale.
Laissons le peuple ivoirien respecter sa Constitution et aidons-le à se développer économiquement, aidons-le à parcourir le chemin de la démocratie et enfin commençons à réfléchir sur nos comportements égoïstes.
Partageons un peu plus nos richesses et évitons les attitudes ostentatoires de l’homme blanc qui détient la vérité.
PAR BERNARD DEBRÉ»




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