<link rel="alternate" type="application/xml" title="RSS Commentaires" href="http://delugio.zeblog.com/rsscom.php" /> <body>

«Une vingtaine» !

http://delugio.zeblog.com/

«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

* * * * * * * * * * * * * * * *


Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


Index



Suite...


Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


* * * * * * * * * * * * * * * *

« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


* * * * * * * * * * * * * * * *

Liens

Catégories

Blog

À consulter :

Billets

Pages

<h3>Calendrier</h3> <table class="calendrier"> <caption class="calendrier-mois"><span class="calendrier-prec"><a href="http://delugio.zeblog.com/2017/11">«</a></span>&nbsp;<a href="http://delugio.zeblog.com/2017/12">D&eacute;cembre&nbsp;2017</a></caption> <tr><th abbr="Lundi">Lun</th><th abbr="Mardi">Mar</th><th abbr="Mercredi">Mer</th><th abbr="Jeudi">Jeu</th><th abbr="Vendredi">Ven</th><th abbr="Samedi">Sam</th><th abbr="Dimanche">Dim</th></tr> <tr><td colspan="4">&nbsp;</td><td>1</td><td>2</td><td>3</td></tr> <tr><td>4</td><td>5</td><td>6</td><td>7</td><td>8</td><td>9</td><td>10</td></tr> <tr><td>11</td><td>12</td><td>13</td><td>14</td><td>15</td><td>16</td><td>17</td></tr> <tr><td>18</td><td>19</td><td>20</td><td>21</td><td>22</td><td>23</td><td>24</td></tr> <tr><td>25</td><td>26</td><td>27</td><td>28</td><td>29</td><td>30</td><td>31</td></tr> </table>

Rechercher

Rechercher dans tout 'Une vingtaine'

Fils RSS


Page copy protected against web site content infringement by Copyscape

(Ɔ) - Citer avec le lien
«Une vingtaine» !

Page précédente / Page suivante

<a name='e72224'></a>

La révolution démocratique ivoirienne en particulier et son ascendance africaine en général

Par Delugio :: jeudi 24 août 2006 à 10:36 :: Analyses & commentaires




«Lumumba, Mandela, Sankara, Gbagbo», chantent les jeunes Africains, et pas seulement Ivoiriens. On pourrait mettre en début de liste (parmi tant d’autres… Nkrumah, Um Nyobé, Moumié, etc.) le Sékou Touré d’avant l’échec, à l’époque inévitable ! Sékou Touré qui affirmait qu’il valait mieux la liberté avec la faim que le ventre plein et l’esclavage. Sékou Touré dont la Guinée accueillait alors des réfugiés du futur FPI — comme le professeur Harris Foté Mémel. Une lignée dont la Françafrique est l’antithèse. Deux lignées que le professeur Mamadou Koulibaly retrouve dans les deux camps par lesquels l’Afrique et la Françafrique s’affrontent en Côte d’Ivoire : la liberté d’un côté, la Pax franca de l’autre (1).

La lignée de la Pax franca se concentre aujourd’hui dans le cas Ouattara, qui a choisi de refuser la lignée que représentait face à lui Thomas Sankara. Une citation : «En 1960, année de l’indépendance de la Haute-Volta, actuel Burkina Faso, et de la Côte d’Ivoire, il était sans conteste aucun ressortissant voltaïque et se reconnaissait tel jusqu’en 1985 (2). N’a-t-il pas fait, jusqu’à cette date fatidique ses études primaires et secondaires, ses études supérieures aux Etats-Unis et entrepris sa carrière de fonctionnaire comme citoyen voltaïque jusqu’à occuper, au titre de la Haute-Volta, le poste de vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ?
Refusant en cette année, pour des raisons insoupçonnées, de mettre ses compétentes au service de la révolution burkinabé lancée par le bouillant capitaine Thomas Sankara, il dut abandonner son poste de vice-gouverneur à la BCEAO pour être récupéré par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny (FH-B) qui n’entendait pas laisser la révolution s’installer en Haute-Volta et faire irruption dans son pays, la Côte d’Ivoire et aux alentours.
Viscéralement hostile à la révolution burkinabé et ennemi juré du Capitaine Thomas Sankara, l’ancien citoyen voltaïque, titulaire du passeport diplomatique voltaïque, se retrouvait, par la bienveillance du père de l’indépendance ivoirienne, nanti du passeport diplomatique ivoirien et fonctionnaire au Fonds monétaire international (FMI). Puis, à la mort brusque, en 1988, de l’Ivoirien Abdoulaye Fadiga, gouverneur de la BCEAO, le président ivoirien, fort de son influence auprès de ses pairs de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et piétinant les dispositions statutaires de la BCEAO pour une direction tournante, imposait par le forcing son poulain Alassane Dramane Ouattara comme nouveau gouverneur à l’étonnement et au grand dam des ses homologues notamment le Béninois Mathieu Kerekou qui avait son propre candidat en la personne de Baba Moussa, son ministre du Plan.
Et, sans être nullement indisposé par la nationalité imprécise du nouveau gouverneur de la BCEAO, le président FH-B, sur les conseils voire sous les pressions des dirigeants des institutions financières internationales notamment le FMI et la Banque mondiale, l’appelait, en tant que technocrate, à prendre en mai 1990 la direction du gouvernement ivoirien.» Atsutsè Kokouvi AGBOBLI, «Alassane Ouattara : de la Haute-Volta à la Côte d’Ivoire, histoire d’un parcours controversé» (23.12.04: http://www.ivoireforum.com/a_la_une.asp?id=710).

La suite est connue. Le conflit avec Bédié pour prendre la tête de la françafricaine Côte d’Ivoire d’alors, le cœur même de la Françafrique. Le conflit prend, en France, l’allure, dans un premier temps, d’un conflit entre pôles d’influence au sein du RPR d’alors. L’ancienne école, représentée par Chirac, soutiendra Bédié. Les «modernes», représentés alors par Balladur, soutiendront Ouattara.

La chose n’est pas particulièrement troublante puisque les deux ont la même politique françafricaine. Les choses vont se corser au moment où Ouattara va, en fin de compte, se présenter à l’élection présidentielle, en août 1999, se réclamant désormais de la nationalité ivoirienne. Bédié a beau jeu de lui opposer la loi sur les conditions d’éligibilité. Loi de circonstance dira-t-on — comme il y en a dans tous les pays —, mais ici, point de départ en forme de point d’Archimède par lequel la Françafrique va connaître bientôt sa plus radicale mise en question.

Point de départ aux allures remarquablement providentielles ! Pourquoi ? Avec une politique similaire à celle de Bédié, en plus «modernement» libérale (avec en outre un certain aval des USA !) — libéralisme tout particulier puisqu’il revient à faire tomber tout le produit ivoirien dans l’escarcelle française… — Ouattara ne dérange donc pas le pré carré.

Est né le RDR, dont on veut nous faire penser qu’il est un parti d’opposition au PDCI, un parti qui en serait radicalement différent. En fait une dissidence modernisatrice, une tentative de dépoussiérage, au fond. Querelle similaire à la querelle Chirac-Balladur, ou aujourd’hui, Chirac-Sarkozy : si ce n’est toi, c’est donc ton frère. Tout pour réjouir Paris, donc.

Dans ce contexte, Bédié fait valoir la légitime question citoyenne, la question de l’ «ivoirité», mais en la gauchissant pour rappeler l’inéligibilité de son adversaire dans cette querelle intestine. Mais Ouattara ne va pas se laisser faire si facilement. Et sera dès lors un des inventeurs ignorés, pour s’être donné le beau rôle, de la querelle autour de la définition ultérieure du concept d’ «ivoirité». L’argumentaire de Bédié, à la faveur de la loi, le rend inéligible — le camp chiraquien, qui soutient en cela Bédié, ne s’y est pas trompé (3) —, à ce point Bédié est irréfutable. Alors Ouattara contournera la difficulté en faisant valoir, jusqu’à Paris, que c’est non pas sa citoyenneté, sa nationalité, qui fait problème, mais son appartenance «ethnique». Ce faisant, il a touché la corde sensible. Qu’importe si les fondateurs du RDR, voyant venir l’orage, démissionnent à tour de rôle (4). Les Français, eux, se retrouvent en terrain connu : l’Afrique, c’est les «ethnies» ! Et Ouattara vient de dénoncer le comportement tribal de Bédié. Et l’ «ethnie» dont Ouattara se réclame n’est pas n’importe laquelle, c’est l’ «ethnie» (inexistante en fait) «musulmane du Nord». Or chacun sait qu’en France, on traîne un vieux problème avec les musulmans — problème d’origine coloniale, remontant à la guerre d’Algérie. On est, en 1999, avec un Le Pen à près de 20 % des voix, une «affaire du voile» dont on ne se dépêtre plus depuis déjà 10 ans, une représentation religieuse musulmane impossible à créer, des bornes du politiquement correct qui commencent à sauter… Un malaise que dénonce la gauche, sans pouvoir pour autant régler les choses. Bref, à gauche, fort de cette dénonciation, on est prêt à entendre l’argument de Ouattara, qui vaudrait certes en France, mais qui n’a pas grand sens concernant la Côte d’Ivoire, où (chose inconcevable en France, il y a tout de même eu un Premier ministre «musulman» — Ouattara himself). Et Ouattara deviendra le symbole de la lutte contre la xénophobie. Et peu importe sa politique économique. À ce point, il a rallié à sa cause personnelle, et la droite moderne, et la gauche, au moins dans sa composante «libérale-libertaire».

Voilà donc la France, de droite, «classique» et «moderne», comme de gauche non moins «moderne», réunie comme de tout temps derrière la Françafrique. C’est le fait important, mais qui passera inaperçu — on peut dire jusqu’à aujourd’hui. Et pourtant en la circonstance, c’est le point de départ d’un récurrent déni français opposé au peuple ivoirien tentant de se doter souverainement d’institutions démocratiques. Et c’est, ce faisant, l’origine de la guerre actuelle.

En effet, en Côte d’Ivoire, l’argument ouattariste, appuyé par son poids en France, ne manquera pas de porter aussi. Le Nord est plus pauvre, ne serait-ce que pour de simples raisons géographiques. Ce qui le rend sensible à l’attention qu’on lui porte, qu’on porte aux siens. Et quand Ouattara a fait valoir l’argument de l’ostracisme, il trouve écho, d’autant plus qu’il a trouvé écho dans la France vénérée. Et le concept citoyen et intégrateur d’ «ivoirité», mis en avant par Bédié, va se trouver placé en vis-à-vis «ethnique» du concept de «musulman du Nord» dont Ouattara se veut le représentant.

À l’exception de son pôle chiraquien, pro-Bédié (Chirac, depuis, a rejoint l’autre pôle françafricain), la France va se trouver dans le camp de celui qui est réputé faible, le beau camp, d’autan plus qu’il peut fonctionner comme un faire valoir et un exécutoire de la crainte française des musulmans (où avec une immigration de 5 % seulement — loin des 25 % à 35 % de la côte d’Ivoire —, on adopte des politiques et des comportements qui font qu’à plus de quarante ans de la fin de la guerre d’Algérie, on parle encore de la possibilité ou non d’ «intégrer» les «musulmans»). Les Ivoiriens fonctionneront à ce niveau-là comme bouc-émissaires de la mauvaise conscience française ! Et Ouattara deviendra une sorte de porte-drapeau, d’autant plus irréfutable que nul ne se pose la question de sa politique économique et de la Françafrique.

Ce faisant, imperceptiblement, contre toute attente, se mettait en place le chemin de la libération de la Côte d’Ivoire, et de l’Afrique en général — contre Ouattara, Bédié, et leurs soutiens français. Pourquoi cela ? Parce que depuis les temps officiellement coloniaux, la droite et la gauche française se sont trouvés chacune majoritairement dans le camp du maintien de la Françafrique — au prix de toutes les exactions que retiendra l’Histoire.

Concernant la droite, personne n’en doute. Du massacre des Bamiléké du Cameroun ou de la tentative de déstabilisation du Nigeria par la tentative de sécession biafraise jusqu’aux plus récentes affaires togolaises ou centrafricaines, les choses sont certaines. Mais ce que l’on remarque moins — parce que la gauche prend systématiquement, quels que soient ses faits, la pose humaniste, la pose de la bienveillance envers les pays pauvres —, ce que l’on remarque moins, c’est la constance de la politique françafricaine et de ses réseaux aux moments même où la gauche est au pouvoir, depuis les positions de Mitterrand ministre de l’Intérieur pendant la guerre d’Algérie, jusqu’à ses positions comme Président de la République pendant le génocide rwandais.

La libération de l’Afrique requérait une clarification de cela. Cette clarification s’est faite à l’occasion du conflit entre Bédié et Ouattara, qui a vu ce dernier devenir le protégé de la Françafrique bien-pensante. Du coup, le chemin était libre pour une libération débarrassée de son parasitage françafricain.

C’est sur ce chemin qui part de Sékou Touré ou Lumumba, et qui passe par Mandela, Sankara, et d’autres, que se trouve aujourd’hui, presque comme malgré lui, Gbagbo — le FPI, les patriotes ivoiriens et tous ceux qui les rejoignent.

Cela ne s’est pas fait sans soubresauts, ni sans ces dérapages verbaux que guettent goulûment les médias français ; cela ne s’est pas fait sans violence et moments regrettables, voire «calamiteux» ; cela n’est pas terminé, mais on en est là, quoiqu’en veuillent les parangons de la bien-pensance française. Il sera temps pour la France, le plus tôt possible, de renouer avec l’Afrique, mais désormais enfin d’égal à égal.

Les choses se sont précipitées paradoxalement… grâce à la France — quoique malgré elle ! Cela en 1999. Le remue-ménage parisien autour de l’affaire Ouattara, avec ses échos amplifiés en Côte d’Ivoire, a largement servi de levier au coup d’État du Général Guéi. Le remue-ménage parisien, le parti pris français apparemment majoritaire en faveur de Ouattara, donc contre Bédié, avait tout pour ressembler à un blanc-seing pour un coup d’État. Ouattara ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui est rentré de Paris à Abidjan en parlant de « révolution des œillets », apparemment à son profit, pensait-il probablement, et sans doute à juste titre. Gbagbo ne s’y est pas trompé non plus, parlant pour sa part de coup d’État RDR — ce qui lui permettra d’obtenir un rééquilibrage des ministères plus équitable pour le FPI.

En France, on fait mine de s’y tromper : n’intervenant pas en faveur de Bédié, le gouvernement laisse penser que s’est mise en place une «nouvelle politique africaine» de la France, que l’étau françafricain s’est desserré, que les choses ont changé. En fait, quel besoin d’intervenir dans ce cas de figure ? Intervenir en faveur d’une politique françafricaine contre une autre qui en est la copie quasiment conforme ?

Lorsque le Général Guéi, mesurant la réalité du terrain d’Abidjan, aura le réalisme de coller le plus possible au PDCI, le schéma précédent Bédié-Ouattara se reproduira au point que Guéi cherchera l’investiture du PDCI. Ce que n’obtenant pas de gré, il recevra par le biais des décisions de la Commission nationale électorale, évinçant, certes Ouattara — toujours pour les mêmes raisons renforcées par la Constitution de la deuxième République votée à une très large majorité à l’appel de tous les partis, RDR inclus ! —, mais aussi Bédié, pour corruption. À ce point les observateurs français sont unanimes à se tromper (leur ordinateur n’est pas programmé pour comprendre les faits ivoiriens, comme le dira Gbagbo au congrès panafricain de la jeunesse le 18.12.04). Ils s’imaginent tous que «Guéi a éliminé tous ses adversaires !», et, oh surprise, il en restait un !

Cela demande quelque brève explication : contrairement à ce que l’on fait mine de croire jusqu’à aujourd’hui, Guéi a décidé de représenter l’houphouëtisme à lui tout seul — l’houphouëtisme, qui depuis beau temps est devenu, en France, synonyme… de Paris. Et contrairement à ce que l’on fait mine de croire, PDCI et RDR sont les deux faces de la même médaille (depuis, l’histoire et le «G7» l’ont bien montré), et ne représentent évidemment pas à eux deux 70 % à 80 % de l’électorat comme d’aucuns se l’imaginent — la preuve par Guéi en a été faite (qui vaut mieux que les sondages inexistants !). Certes l’houphouëtisme a jusqu’à récemment pesé considérablement, et Guéi, il faut lui rendre cette justice, a souhaité affronter réellement sa seule opposition, qui est le FPI de Gbagbo. Et à sa surprise (moins délirante que celle de Paris, certes) il a perdu : l’houphouëtisme a perdu. Ce qu’il n’a pas accepté, on le sait. Et la prémisse de guerre civile qui a suivi est une volonté de prise en tenaille du FPI, l’houphouëtisme de Guéi d’un côté, celui de Ouattara de l’autre : dans les deux cas, à l’heure d’alors : Paris. Paris qui a dû reconnaître sa défaite (la reprise des élections n’aurait rien changé à ce fait). On a assisté en 2000 à rien d’autre qu’à un duel classique en démocratie, un duel droite-gauche, où la gauche l’a emporté, à la surprise des observateurs — qui continuent à ne pas l’accepter, fussent-ils une bonne part de la gauche française (Françafrique oblige — Françafrique pas nécessairement économique, mais Françafrique morale, parce que la Françafrique a aussi cette dimension-là : une certaine propension à s’imaginer être le modèle universel de la vertu, modèle valant pour les Africains).

Pour l’heure, il est temps pour les Français, du moins ceux qui sont enfin éveillés, de faire leur deuil de cette relation transcoloniale — effective, malgré les arguments, comme celui, récurrent de nos jours, par lequel on nous assène que le PIB de la Côte d’Ivoire serait équivalent à celui de Toulouse… Quoiqu’il en soit, et même si la réalité des chiffres pouvait appuyer ce genre d’arguments ! (la France, qui gère toutes les ressources ivoiriennes, est mal venue de se vanter d’un tel chiffre-argument !) — l’enjeu économique n’est pas là exactement ni précisément, mais en ce que derrière le gâteau ivoirien, qui n’est de toute façon sans doute pas si négligeable que cela, se tient toute la Françafrique, en son entier. Si la Côte d’Ivoire sort de l’escarcelle françafricaine, et il faudra qu’elle en sorte, c’est toute la Françafrique qui prendra sa liberté. Pas négligeable, ne serait-ce que stratégiquement — et sans compter le fait que de toute façon l’essentiel de l’économie est gérée par des groupes français — : entre le port d’Abidjan, premier d’Afrique (au moins d’Afrique de l’Ouest) et les quatorze voix à l’Onu (outre notre bonté qui veut à elle seule que l’on entretienne une armée de quatre à cinq mille hommes là où tous les autres grands de l’Onu font ce genre de choses ailleurs par simple intérêt !). À ce point la France devrait avoir le courage d’accepter le plus vite possible les faits, en vue de la paix en Côte d’Ivoire et en Afrique, et pour un renouement, mais vrai cette fois, d’égal à égal, avec l’Afrique.

La foule de non-Ivoiriens, jusqu’à la représentation de la jeunesse socialiste internationale (Le Courrier d’Abidjan - 12/23/2004), qui contre les grimaces des Montebourg (et autres socialistes signataires d’un fameux appels à l’excommunication du FPI de l’Internationale Socialiste — cf. http://www.ivoireforum.com/a_la_une.asp?id=707 censuré sur blogs.nouvelobs.com), a compris cela, ne s’y trompe pas. L’histoire se joue là, en ce moment même — et il est très vexant pour la bien-pensance française de l’avoir déjà ratée (5) — ce qui explique en grande partie son attitude amère, ses accusations vengeresses, sa vigilance à l’égard des dérapages (verbaux avant tout — puisqu’il y en a peu d’autres, notamment contre les Français, centre de toutes les attentions —, et quand il y en a, on ne rate pas les Ivoiriens ! — voir le traitement de l’affaire Jean Hélène, de celle des Sukhoï et de Bouaké, ou du saccage de biens français).

Reste que la lignée Sékou Touré, Lumumba, Mandela, Sankara, est en train, malgré le black out médiatique tenté par la Françafrique, de se trouver une succession panafricaine — Thabo Mbeki ne s’y est pas trompé (6) — avec le FPI et Gbagbo, comme l’a montré de façon incontournable Mamadou Koulibaly.

(Delugio – déc. 2004 / sur le forum de Mihou 1 et 2)


__________________________
(1) Cf. Mamadou Koulibaly, «Pourquoi j’ai choisi de résister», Abidjan.net, Lettre ouverte n° 6344 (http://www.abidjan.net/lettreouverte/lettre.asp?ID=6344), 2.06.2003. Et « Ivoireforum.com », décembre 2004.
(2) Ainsi dans Jeune Afrique — aujourd’hui : L’intelligent — n° d’août 1984.
(3) Cf. Bernard Debré, dans Le Figaro du 25.11.1999.
(4) De Jacqueline Oblé, fondatrice du RDR (dans Le Patriote, journal du RDR, 28.07.1999), à Matthieu Tagbo, représentant du parti à Paris.
(5) Il n’est cependant jamais trop tard pour s’amender. L’ONG Survie, qui pensait encore pouvoir justifier l’attitude de Paris et Marcoussis en 2003 (Billets d’Afrique n°111 et 112 - février et Mars 2003) en est venue à dénoncer sa nature clairement françafricaine et néocoloniale (Le Courrier d’Abidjan - 12/23/2004).
(6) N’oublions pas que la Françafrique soutenait l’apartheid au moment où elle emprisonnait Gbgabo en CI, ou l’en exilait, et tandis que Chirac traitait Mandela de «chef de tribu Xhosa».





<h2 style="margin-top:10px;">Trackbacks</h2> <div id="trackbacks"> Pour faire un trackback sur ce billet : http://delugio.zeblog.com/trackback.php?e_id=72224</div> <h2>Commentaires</h2> <div id="commentaires"> Aucun commentaire pour le moment. </div> <h2>Ajouter un commentaire</h2> <div id="commentaires"> <form action="http://delugio.zeblog.com/blog/post_comment.php" method="POST" name="info"> Nom ou pseudo :<br /> <input type="text" name="nickname" value=""><br /><br /> Email (facultatif) :<br /> <input type="text" name="mail" value=""><br /><br /> Site Web (facultatif) :<br /> <input type="text" name="site" value="http://"><br /><br /> Commentaire :<br /> <textarea rows="7" cols="35" name="contents"></textarea><br /><br /> <script type="text/javascript" src="http://www.google.com/recaptcha/api/challenge?k=6LcHe78SAAAAACvNmn8r7o_IvU9s8JslHKL-6Sc9"></script> <noscript> <iframe src="http://www.google.com/recaptcha/api/noscript?k=6LcHe78SAAAAACvNmn8r7o_IvU9s8JslHKL-6Sc9" height="300" width="500" frameborder="0"></iframe><br/> <textarea name="recaptcha_challenge_field" rows="3" cols="40"></textarea> <input type="hidden" name="recaptcha_response_field" value="manual_challenge"/> </noscript> <input type='submit' class='button' value='Envoyer'>&nbsp; <input type='hidden' name='task' value='dopost'> <input type='hidden' name='u' value='delugio'> <input type='hidden' name='e_id' value='72224'> <input type='hidden' name='titre' value='La révolution démocratique ivoirienne en particulier et son ascendance africaine en général'> <input type='hidden' name='IP' value='54.221.73.186'> <input type='hidden' name='temps_secs' value='D/*;%59-F' /> </form> </div>
Copyright © «Une vingtaine» ! - Blog créé avec ZeBlog