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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

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"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
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Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


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Déchets toxiques et autres afflictions. Vers un état des lieux…

Par Delugio :: lundi 11 septembre 2006 à 17:47 :: Articles de presse




La catastrophe écologique et sanitaire des déchets toxiques prend de plus en plus l’allure de pointe émergée d’un iceberg — ou d’une masse tentaculaire aux ramifications internationales, où se multiplient les groupes, agents divers et autres écrans impliquant jusqu’à plusieurs sociétés européennes, outre les acteurs ivoiriens… Du coup chacun peut se renvoyer plus aisément la balle et les responsabilités, les vrais coupables pouvant s’appliquer à fondre leur culpabilité dans cette dilution générale des responsabilités. Et l’affaire laisse immanquablement apparaître qui est dans quel camp. Tel journal du bloc politico-rebelle nomme en Une Mme Gbagbo ! Les journaux français les plus habituellement acharnés contre la résistance ivoirienne, comme
Libération dont c’est le silence qui a été pour le coup éloquent, ou Le Courrier international, font en sorte, à travers leurs brèves et sibyllines infos sur le sujet, que par «membres du gouvernement ivoirien», on sous-entende, le titre aidant, «Gbagbo»…
À l’heure où le GTI, ou plutôt la majorité françafricaine qui s’en dégage, redouble de mauvaise foi pour couler Gbagbo (cf.
l’article de Sylvie Kouamé), ce sont là autant de signes de ce qu’il n’y a pas là matière à lui chercher de poux dans la tête — sans quoi, l’affaire, n’en doutons pas, eût eu un autre effet que ce silence assourdissant dans les médias français !
Avant les résultats des enquêtes qui détermineront les responsabilités précises, avant de lancer les écrans de fumée des Unes assassines vouées à s’avérer vaines, il s’agit surtout de prendre acte de ce que cette catastrophe dévoile de l’état de pourrissement des
relations internationales et du rôle considérable que peuvent y jouer la corruption et la tentation du lucre. Théophile Kouamouo rédige depuis quelques semaines une série d’articles en forme de bilan, intitulées «Quand l’Etat fout le camp»




«Quand l’Etat fout le camp»
par Théophile Kouamouo, les 28.08, 04.09, 11.09.06 :


Le Courrier d’Abidjan — rubrique «De vous à moi»


Quand l’Etat fout le camp


(1) Parution N° 812 du lundi 28 août 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14584 :


La crise ivoirienne est-elle condamnée à être un vaudeville répétitif où les mêmes acteurs reproduisent des variantes du même scénario médiocre ? Visiblement, oui. Si l’on s’amuse à comparer les «Unes» des journaux de ces dernières semaines avec ceux de l’année dernière, à la même période, on ne peut s’empêcher d’être frappé par la similarité des thèmes et des objurgations. La presse proche du bloc rebelle est préposée, aujourd’hui comme il y a un an, à l’organisation d’une «ambiance» pré insurrectionnelle. En 2005, elle a brandi «le coup d’Etat publicitaire» du général Mathias Doué comme la menace suprême sur le fauteuil du président Laurent Gbagbo… avec les résultats qu’on sait ! Avec le même enthousiasme, elle nous a vendu de nouveau «le spectre Doué» pour produire le même effet. Manque de pot : effrayé par d’éventuelles sanctions onusiennes, le «Chinois» n’a fait que «pondre» un déni s’adressant, non pas aux journalistes qui vantaient son prochain coup, mais aux «méchants refondateurs» qui seraient, il paraît, à l’origine de la rumeur…
Comme l’année dernière, la presse, toutes tendances confondues, a les yeux rivés vers New York et la «Maison de Verre». Que décidera Kofi Annan pour nous ? Chassera-t-il Gbagbo ? Chassera-t-il Banny ? Les hiérarques du RHDP se fendent en lettres hystériques à un Thabo Mbeki à qui ils avaient juré de ne plus adresser la parole et à un Kofi Annan qu’ils tiennent pour un envoyé de Dieu sur terre. Ils crient, tempêtent, exigent. Une transition. Une transition sans Gbagbo. Ou alors une transition avec Gbagbo, mais un Gbagbo sans pouvoirs.
Transition. Le destin de la Côte d’Ivoire est-il d’aller de transition en transition ? Il est frappant que dans toutes ces revendications désordonnées, l’opposition ivoirienne parle si peu des élections. Comment expliquer cette étrangeté, à part par le fait que la génération politique qui se passionne tant pour les transitions est elle-même une génération de transition ? A cheval entre les pères de l’indépendance, bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne, et les produits de cette indépendance, bien décidés à prendre leur destin en main, elle a des réflexes anachroniques, des névroses insoupçonnées, les attitudes bizarres d’hommes inachevés à qui l’on a volé leur destin.
L’histoire de la Côte d’Ivoire balbutie. Désespérés, pris dans une nasse de contradictions intérieures et internationales, les patriotes les plus sincères finissent par se réjouir de la «prolongation» annoncée du tandem Gbagbo-Banny (intériorisant ainsi les prétentions illégitimes et illégales de l’ONU à mettre la Côte d’Ivoire sous tutelle et à régenter le fonctionnement de ses institutions). Mais même le maintien du statu quo actuel est une sorte de piège, de stratégie à long terme faisant le lit de «l’ingouvernabilité» pratique de la Côte d’Ivoire sur la longue durée. Un pays ne peut pas vivre impunément «en récréation» pendant longtemps, selon la belle expression du président Laurent Gbagbo.
Il est vrai que la profondeur de cette crise (mais aussi des épreuves de force comme celle de novembre 2004, où la France a remplacé les rebelles dans l’adversité contre la Côte d’Ivoire) fait que les décideurs du pays n’ont souvent le choix qu’entre des mauvaises solutions. Mais nous devons porter la situation de la Côte d’Ivoire comme un fardeau, ne jamais laisser loin de nous nos insatisfactions pour nous contenter de rêves rabougris. Nous devons nous astreindre à ne pas avoir le sommeil léger.
Car l’Etat fout le camp. Le vaste trafic qui a conduit à la dissémination de déchets toxiques liquides dans plusieurs communes d’Abidjan, montre que l’autorité de l’Etat n’est plus qu’un vain mot et que les appétits gloutons d’un leadership «de transition» sûr de son impunité car installé aux postes de responsabilité par la «communauté internationale» (c’est-à-dire personne) menace notre survie à tous. L’état de crise nous rend indifférent à tout. Sans la guerre actuelle, le scandale des déchets toxiques ferait la «Une» de tous les journaux. Mais qui s’en préoccupe ? On a les yeux secs, l’indignation fatiguée. Les trafics du «cacao du sang» d’Adama Bictogo ? Bof, on en a vu d’autres ! Les escroqueries des «maisons de placement» d’argent ? Voire. La création d’un vaste marché de la contrefaçon et de la fraude ? Et après ?
La crise continue. L’école ivoirienne se meurt. Le passage en force devient un art de vivre chez nombre de ministres (dont celui de l’Education nationale) et de directeurs généraux (qui savent que des problèmes plus intéressants que leur tyrannie localisée occupent l’opinion). Il faut en sortir ! Nous n’avons pas encore la solution. Mais nous savons que nous devons refuser la pseudo fatalité de la médiocrité et du déclin.


Le Courrier d’Abidjan— rubrique «De vous à moi»  


Quand l’Etat fout le camp


(2)
Parution N° 812 du lundi 4 septembre 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14694 :


La semaine dernière, nous vous entretenions, avec une certaine inquiétude, du lent délitement de l’Etat de Côte d’Ivoire, otage d’une classe politique amoureuse des «transitions» et de toutes les formules de gouvernance qui la rendent irresponsable devant le président de la République, l’Assemblée nationale et le peuple tout entier.
Nous évoquions le scandale des déchets toxiques liquides déversés dans plusieurs communes d’Abidjan, comme un exemple des conséquences du cafouillage au sommet occasionné par la pénible situation de ni paix, ni guerre dans laquelle nous sommes plongés.
Au risque de paraître répétitifs, nous revenons sur le même thème ce lundi. En effet, non seulement le scandale des déchets toxiques s’est amplifié et a montré tous les dégâts sanitaires dont il était porteur, mais il a laissé entrevoir de diaboliques complicités au sein de l’administration et du gouvernement ivoiriens.
De plus, la barbare expédition punitive des policiers et des élèves-policiers sur le campus universitaire, qui s’est soldée par un mort au moins et des dizaines de blessés, est une illustration supplémentaire de la lente décomposition de l’Etat en Côte d’Ivoire. Nous sommes en danger !
Sommes-nous conscients qu’il en est des Etats comme des entreprises et des individus ? Savons-nous qu’eux aussi naissent, croissent et peuvent mourir, si ceux qui en ont la charge ou y vivent se complaisent dans l’inconscience, l’égoïsme, la rapacité, l’autodestruction ? Nous vivons une époque où trop de personnes ne voient l’Etat que comme une sorte de vieille dame riche à dépouiller. Cela doit cesser !
Interrogeons-nous profondément : quel est l’objectif de ceux qui mènent la guerre à la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002 ? On peut penser qu’il s’agit principalement d’un coup d’Etat qui a dégénéré en rébellion armée et dont les initiateurs ont trouvé des appuis extérieurs dans leur quête de pouvoir. Nous estimons, pour notre part, que cette guerre vise à achever l’Etat de Côte d’Ivoire, au-delà de celui qui le dirige, afin de le (re)transformer en colonie d’exploitation administrée par l’ancien colonisateur derrière les masques commodes de l’ONU, du GTI, de la CEDEAO ou de l’Union africaine – selon les alliances du moment. Cette tentative de recolonisation s’inscrit dans une logique plus large, en cours en République démocratique du Congo – où l’on s’est arrangé pour piéger les élections afin qu’elles ne soient qu’une étape dans un conflit qui doit encore durer longtemps, mais sous d’autres formes –, au Soudan et au Tchad – où une nauséabonde guerre du pétrole a lieu entre la Chine et les Etats-Unis, avec la France en embuscade –, et même au Liberia, en Sierra Leone et à Haïti – désormais sous tutelle onusienne structurelle.
La guerre en Côte d’Ivoire n’est pas qu’une conjuration momentanée et localisée. Dans leur logique actuelle, les accords de paix signés sous l’égide de la communauté internationale ne visent qu’à accompagner vers le suicide collectif un peuple orgueilleux refusant de se faire appliquer la «solution» alors qu’il marche encore sur ses deux jambes. A ce titre, la tactique politique du président Gbagbo, visant à confondre les comploteurs de l’Elysée et de la Maison de Verre en «faisant le mort» et en jouant de bon cœur le jeu de la cohabitation avec un Premier ministre peu désireux de prendre en main les servitudes du pouvoir, est certes gênante pour les marionnettistes, dont l’édifice démonstratif souffre quelque peu. Mais elle n’est pas imparable. Les quatre années de guerre que nous avons subis nous montrent bien que la honte n’a jamais étouffé les théoriciens de la coalition franco-rebelle, qui changent leur fusil d’épaule idéologique dès qu’ils sont coincés.
Ainsi, pendant qu’à Abidjan, l’on se laisse bouffer par un «nouvel ordre politique» déresponsabilisant tout le monde, on se lèche sans doute les babines dans les laboratoires de la Françafrique, en se disant qu’on les aura bien à l’usure, ces Ivoiriens qui se croient malins !
Le président Gbagbo a sévi de manière exemplaire contre le directeur de l’école de Police et a annoncé des mesures et des enquêtes dont les résultats sont attendus. Il aurait dû monter au créneau de la même manière dans l’affaire des déchets toxiques, pour ne pas donner la désagréable impression que les groupes de pression qui ont une forte capacité de mobilisation voire de nuisance sont prioritaires par rapport à des victimes moins bavardes. Il gagnerait à intervenir plus souvent face à toutes les mafias prospérant à la marge d’un Etat devenu défaillant. La philosophie selon laquelle «on ne reste pas dans les magnans pour enlever les magnans» a ses limites et arrange ses adversaires dans le cas d’espèce. Dans son interview à la télévision camerounaise, il disait que son rôle était «de ressusciter les lois». Il devrait aussi, de manière ferme et assurée, ressusciter l’Etat et son autorité. Son cabinet aura-t-il les réflexes et les automatismes lui permettant de camper ce rôle de contrôleur méticuleux de l’action du gouvernement et de l’administration ?


Le Courrier d’Abidjanrubrique «De vous à moi»

Quand l’Etat fout le camp


(3)
Parution N° 812 du lundi 11 septembre 2006 —
http://www.lecourrierdabidjan.info/page_article.php?id=14818 :


En ces temps troublés, où les Ivoiriens ne savent plus où donner de la tête, pris dans la nasse de l’affaire des déchets toxiques et de l’énième coup de boutoir de la France, camouflée derrière le GTI, contre la souveraineté de leur nation, nous soumettons à la méditation collective cette citation du philosophe Ernest Renan. «Une nation est une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices que l’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours.»
La Côte d’Ivoire a-t-elle encore l’envie et la force de demeurer une nation ? On ne peut répondre à cette question qu’en en posant d’autres. L’élite politique ivoirienne égocentrique et rapace qui a montré sa corruptibilité et le peu de cas qu’elle fait de la vie de ses concitoyens est-elle disposée à faire les «sacrifices» dont parle Renan ? Rien n’est moins sûr quand l’on constate qu’aucun des protagonistes mis en cause n’a eu le réflexe de démissionner de lui-même pour permettre un bon déroulement de l’enquête. Rien n’est plus improbable quand on voit les attitudes ultra-politiciennes de l’opposition politico-armée, symbolisée jusqu’à la caricature par la morgue et le cynisme d’Anaky Kobena face à cette affaire.
Le peuple ivoirien est-il prêt au «plébiscite de tous les jours», est-il disposé à mettre le bulletin de vote Côte d’Ivoire dans l’urne que sa conscience politique lui présente chaque matin ? Choisit-il ce bulletin de vote face à ceux qui vantent les bénéfices de son compte en banque, de ses ambitions crypto-personnelles, de ses réflexes ethnicistes, de son sectarisme religieux, de son fondamentalisme partisan ? Chaque citoyen de ce pays aura l’occasion de répondre à cette question. Mais il est évident que celui qui plébiscite la mise sous tutelle, donc la recolonisation de sa nation, choisit de voter «non» au projet d’une vie commune en toute liberté. Il participe de la mise à mort de la nation, de l’Etat-nation. Celui qui chemine avec les patriotes plébiscitant tous les jours l’idée nationale, au péril de leur confort et de leurs vies, mais qui, en réalité, obéit à des logiques d’opportunité pour lui-même, vote lui aussi «non» lors du référendum quotidien que nous propose Renan.
Non ! L’Etat n’est pas une évidence. Oui ! Comme le corps humain, il est régulièrement attaqué par des virus insidieux se nourrissant de sa vie jusqu’à le mettre à mort. Les virus les plus dangereux menaçant les Etats sont les mafias. Elles prospèrent à la marge de l’Etat, en s’appuyant sur des démembrements de l’Etat, contre l’intérêt de l’Etat, en concurrence avec l’Etat, en espérant décapiter l’Etat.
Et elles sont nombreuses, en Côte d’Ivoire, les mafias s’accrochant à l’Etat pour tenter de le déshabiller ! La première et la plus visible de ces mafias est la Françafrique. C’est elle qui a enlevé à la nation son intégrité territoriale, et a tué en novembre 2004 pour garantir sa division artificielle. Le dernier communiqué du GTI (qui est son visage du moment) nous montre bien que c’est elle qui se rebelle contre les institutions de l’Etat, la Constitution et les lois pour imposer une législation ad hoc, pour se garantir l’arbitraire nécessaire à la mise en place de son «nouvel ordre politique», de son inextinguible soif de puissance. C’est cette mafia, dont la particularité est de profiter à un autre Etat – qui la protège et l’entretient – qui a accouché d’autres mafias. Dont celle de la rébellion, qui vend, par l’intermédiaire d’Adama Bictogo, le cacao ivoirien sous un faux label avec la garantie d’une société d’assurance appartenant à l’Etat français. La mafia françafricaine est la plus cohérente. Elle ronge l’Etat ivoirien à petit feu parce qu’elle ne peut pas le tuer en un seul coup. Elle ne pleurera pas le jour de son enterrement.
Mais la Côte d’Ivoire est menacée par d’autres mafias. Celles des hommes d’affaires d’ici et d’ailleurs contents d’exercer dans un pays aux nombreuses potentialités économiques mais qui refusent les règles de droit et la fiscalité, et cooptent des fonctionnaires, des ministres et des élus véreux et tellement insatiables qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis – parce qu’ils la croient incassable. Leur inconscience apparaît dans toute sa crudité avec l’affaire des déchets toxiques. Prêts à tuer tout Abidjan, à s’intoxiquer eux-mêmes, pour des «jetons» ! La corruption a avalé leur instinct de conservation !
La Côte d’Ivoire est menacée par la mafia des hommes en tenue, grassement payés par l’Etat pour protéger la nation, mais qui la dépouillent au quotidien, fabriquent tous les jours, avec leur arbitraire et leur cupidité, le terreau où prospèrent les discours stigmatisant «l’exclusion». Ces gens-là détruisent les biens des transporteurs parce qu’ils ne veulent pas se laisser racketter, tuent des étudiants parce qu’ils ne veulent pas les révérer, laissent s’infiltrer les armes parce que leurs propriétaires les ont soudoyés. Ils sont, eux aussi, les ennemis de l’Etat-nation. Par un comportement citoyen quotidien, par un refus pacifique de nous soumettre à leur arbitraire, par un rappel permanent des règles de droit, nous devons leur montrer à eux aussi que nous ne les laisserons plus sévir.
La théorie des magnans – «on ne peut pas être dans les magnans et enlever les magnans» – pourrait finir par nous engloutir. Refusons à la fois la mafia françafricaine et l’hydre corruptrice locale, même quand elle prétend être des nôtres. Nous n’avons pas le choix : nous nous battrons sur deux fronts ou nous mourrons.




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