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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Le FPI parle aux dirigeants africains: “Agissez pour le triomphe de la démocratie”

Par Delugio :: vendredi 06 octobre 2006 à 22:09 :: Articles de presse




Notre Voie
— vendredi 6 octobre 2006 — http://news.abidjan.net/article/?n=216426 :


Déclaration de Pascal Affi N'Guessan pour le FPI :


C'est aujourd'hui que la CEDEAO se réunit à Abuja pour réfléchir sur le processus de paix en Côte d'Ivoire. De cette organisation sous régionale, des propositions sont attendues à l'Union africaine qui, au cours de la prochaine réunion de son Conseil de paix et de sécurité, soumettra à l'ONU des propositions de résolutions de sortie de crise. Pour le Front populaire ivoirien, l'heure a sonné pour les Africains de prendre leur destin en main, de sortir des schémas coloniaux et agir pour le triomphe de la démocratie sur le continent. Le parti au pouvoir parle ainsi à l'Afrique à travers un mémorandum sur la crise ivoirienne.

La 10ème réunion du Groupe de Travail international (GTI), qui s'est tenue à Abidjan le 8 septembre 2006, a conclu à l'échec du processus de paix engagé sous l'égide des accords de Marcoussis et de Pretoria. D'après le GTI, les blocages constatés résultent notamment :
“de l'absence de volonté politique des principaux acteurs politiques ;
-du désaccord profond qui prévaut entre les principaux acteurs politiques ivoiriens sur la question fondamentale de la confection des nouvelles listes électorales crédibles ;
-de l'arrêt du démantèlement des milices et de la suspension du DDR ;
-de la dualité institutionnelle et le conflit d'interprétation juridique qui paralysent le fonctionnement du Gouvernement et rendent difficile la mise en œuvre du processus de paix et de réconciliation, et qui faussent la neutralité du processus électoral ;
-de l'impossibilité pour le Premier ministre d'exercer les pouvoirs qui lui ont été attribués par la Résolution 1633, notamment pour les nominations aux emplois civils et militaires”.
A partir de ''son diagnostic'', le GTI recommande aux Nations unies d'envisager les mesures suivantes :
- “la définition en concertation avec la CEDEAO et l'U.A. de nouveaux arrangements institutionnels et de gouvernance pour la période postérieure au 31 octobre 2006” ;
- “l'adoption par le Conseil de Sécurité d'une nouvelle Résolution renforçant de manière décisive les pouvoirs accordés au Premier ministre ”;
- “l'adoption de sanctions individuelles à l'encontre, en particulier, des responsables d'entrave au processus de paix et de réconciliation”.
Notons qu'auparavant (8 août 2006), les Forces Nouvelles avaient annoncé qu'elles rejetaient le guide des audiences foraines élaboré par le Premier ministre et qu'elles suspendaient leur participation au processus DDR. Le G7, regroupement de quatre (4) partis d'opposition et de trois (3) mouvements rebelles, a apporté son soutien à cette position dans une déclaration datée du 17 août 2006 et formulé d'autres exigences touchant à la Commission électorale indépendante (CEI), à l'Institut national de la statistique chargé de l'élaboration de la liste électorale et à la réforme de l'Armée.
Dans une note adressée au Secrétaire général de l'ONU, les forces dites ''Nouvelles'' font connaître d'autres exigences :
- la mise en place d'un Etat-major intégré de Transition (EMIT) ;
- la délivrance obligatoire au cours des audiences foraines de jugements supplétifs à quatre millions de personnes et de certificats de nationalité à neuf millions de personnes ;
- la suspension de la Constitution ivoirienne ;
- l'adoption d'un nouveau cadre institutionnel écartant de la gestion des affaires tous les candidats déclarés ou connus, donc le Président Laurent Gbagbo.
Au moment où la communauté africaine s'apprête à se pencher sur la situation ivoirienne, le FPI a le devoir d'éclairer les décideurs africains et la communauté internationale sur les raisons de l'échec du processus de paix et de faire des propositions concrètes pour un retour à la paix en Côte d'Ivoire.


I - Les causes des blocages du processus de paix

A l'heure actuelle, le processus de paix en Côte d'Ivoire butte essentiellement sur deux (2) obstacles:
-le refus des mouvements rebelles de désarmer ;
-les actes d'obstruction et de sabotage orchestrés par la diplomatie française.

1) Le refus des mouvements rebelles de désarmer

Prévu pour être mis en œuvre dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale (mars 2003), le désarmement s'est toujours heurté au refus de la rébellion, sous des prétextes fallacieux.
En 2003, la rébellion a invoqué des questions de sécurité juridique et a exigé l'amnistie ; cette exigence a été satisfaite par le vote d'une loi d'amnistie le 6 août 2003.
En 2004, la rébellion a exigé, préalablement au désarmement, l'adoption des réformes législatives prévues par l'accord de Marcoussis et le règlement de la question de l'éligibilité à la Présidence de la République de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, président du RDR. Depuis mai 2005, ces deux catégories d'exigences sont satisfaites.
Mais, aussitôt, de nouvelles revendications ont été exhibées :
-contestation des nominations à l'Inspection générale de l'Etat ;
-contestation des nominations au Conseil constitutionnel ;
-remise en cause des attributions du Comité de redéploiement de l'Administration ;
récusation du Médiateur Thabo Mbéki suite à l'attaque des positions rebelles dans l'Ouest ;
exigence d'un nouveau programme de désarmement en 2005 ;
rejet de la délégation de pouvoirs au Premier ministre réglée lors du Sommet d'Accra III (2204) et exigence d'un nouveau décret de délégation de pouvoirs en 2005 ;
-récusation des forces de l'ONUCI et Licorne pour assurer la sécurité de leurs ministres et refus de participer aux Conseils des ministres si ceux-ci ont lieu au Palais de la République (2005) ;
-contestation des nominations faites à la Radiodiffusion Télévision ivoirienne (RTI) dans le cadre de l'application de la nouvelle loi sur l'audiovisuel (2005) ;
etc.
Les nouvelles exigences qui viennent d'être formulées (2006) participent de la même stratégie du dilatoire et de la surenchère adoptée par les mouvements rebelles et l'opposition politico-armée depuis la signature de l'Accord de Linas-Marcoussis, pour se soustraire à l'exigence du désarmement.
Les véritables raisons du refus des mouvements rebelles de désarmer se situent à trois (3) niveaux.

a) Raisons matérielles et financières
La situation actuelle de ni guerre, ni paix et le bouclier que constitue l'interposition de la force française Licorne apparaissent comme une aubaine pour les mouvements rebelles qui peuvent piller impunément et tranquillement les ressources économiques et financières dans les zones sous leur contrôle. Les casses des succursales de la BCEAO à Bouaké en 2004 ont rapporté des dizaines de milliards de FCFA à la rébellion ; les rackets opérés quotidiennement sur les opérateurs économiques et les populations civiles, l'exploitation des ressources minières, le contrôle de la vente des matières premières (café, cacao, coton, bois, etc.) constituent des sources permanentes d'enrichissement illicite auxquelles la rébellion ne veut pas renoncer.
A cela, s'ajoute le fait que les rebelles en armes sont de véritables seigneurs dans les zones qu'ils contrôlent, où ils disposent d'un pouvoir absolu aussi bien sur les hommes que sur les biens. On comprend qu'ils refusent de désarmer. Désarmer, c'est renoncer à tous ces avantages, sauter dans l'inconnu, l'incertitude; gagner du temps, c'est prolonger d'autant la jouissance de ces avantages, d'autant que le désarmement n'est pas obligatoire, mais ''volontaire'' selon la communauté internationale.

b) Les raisons politiques
En réalité, malgré la signature des accords de paix, les rebelles n'ont jamais renoncé à leur objectif initial qui est la prise du pouvoir par la force. Pour eux, les accords sont un moyen, une étape pour progresser vers la conquête totale du pouvoir d'Etat. Désarmer serait consacrer l'échec de ce projet. Continuer de détenir les armes, c'est disposer encore d'une chance d'atteindre à terme l'objectif final. Pour la rébellion, le coup d'Etat continue. Il n'a pas encore abouti, mais il n'a pas totalement échoué, puisqu'ils détiennent la moitié du territoire, à l'abri derrière la ligne d'interposition constituée par la Force Licorne.

c) Le rôle de la politique chiraquienne dans la crise ivoirienne
Le refus des rebelles de désarmer est encouragé et conforté par l'attitude partisane de la France dans la gestion de la crise ivoirienne. Dans le but d'étouffer dans l'œuf l'expérience de la démocratie et de la Refondation initiée par le président Laurent Gbagbo, et de maintenir la Côte d'Ivoire dans les liens du pacte colonial, Monsieur Jacques Chirac, président de la République française, a décidé de parachever le coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002, en faisant obstacle au désarmement de la rébellion et en menant la guerre aux institutions républicaines de Côte d'Ivoire.

2) Les actes d'obstruction et de sabotage de la France chiraquienne

Les autorités françaises et leurs forces armées (Licorne) déployées dans le pays bloquent toute possibilité de retour à la paix en Côte d'Ivoire. Au plan militaire et sur le terrain diplomatique, Jacques Chirac a décidé d'organiser la chute du régime ivoirien. Plusieurs faits l'attestent.

a) Au plan militaire
Le refus des autorités françaises d'actionner les accords de défense et d'assistance militaire liant la Côte d'Ivoire à la France
Prétextant qu'il s'agissait d'une affaire ivoiro-ivoirienne, le Président Chirac a refusé, dès le début de la crise (26 septembre 2002), d'activer les accords de défense et d'assistance militaire qui lient la Côte d'Ivoire à la France, alors qu'il savait bien que les assaillants qui attaquaient la Côte d'Ivoire avaient été regroupés et entraînés dans les pays voisins qui leur servaient en même temps de base arrière et d'encadrement technique. Il a été interpellé à maintes reprises par les autorités ivoiriennes sur ces projets de déstabilisation.

Opposition du Président Chirac à ce que des pays amis aident la Côte d'Ivoire à mater la rébellion
Plus grave, le président français avait tout mis en œuvre, au début de la crise, pour empêcher que puissent être autorisés à décoller, deux avions militaires de type Alpha Jet dépêchés à Abidjan par un pays-frère de la sous-région et mis à la disposition des autorités ivoiriennes pour les aider à mater la rébellion.

Obstruction à la reprise de la ville de Bouaké par les Forces de défense et de sécurité
Lorsque les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire sont entrées à Bouaké à la poursuite des assaillants qui s'y étaient réfugiés, ce sont les autorités françaises qui ont exigé que les FDS leur accordent 72 heures, le temps d'évacuer leurs ressortissants et ceux d'autres pays occidentaux. Elles ont mis une semaine, temps suffisant pour permettre à la rébellion de prendre racine dans la ville de Bouaké.

Légitimation de la rébellion (MPIGO et du MJP)
Au lieu de les combattre, ce sont les troupes françaises qui ont organisé, le 8 janvier 2003, la légitimation du MPIGO et du MJP (deux branches du MPCI) en signant avec ces mouvements un accord de cessez-le-feu, qui leur a permis de participer aux négociations de Marcoussis et de disposer de quatre portefeuilles ministériels dans le gouvernement de réconciliation nationale.

Complicité avec la rébellion dans les casses répétés des agences de la BCEAO des zones occupées
C'est au nez et à la barbe des forces françaises et avec leur complicité active que les rebelles ont organisé à Bouaké, du 24 au 26 septembre 2003, le casse de la succursale de la BCEAO, emportant un butin de près de 20 milliards de FCFA, pour améliorer la santé financière de la rébellion.

Destruction au sol de la flotte aérienne ivoirienne sur instruction de Jacques Chirac
Prétextant le bombardement d'un cantonnement français à Bouaké, la Force Licorne a détruit au sol tous les aéronefs de l'armée ivoirienne, le 6 novembre 2004, ceci dans le but inavoué de priver les Forces de défense et de sécurité de tout appui aérien dont elles pourraient avoir besoin.

Massacre des populations civiles
A Abidjan-Cocody, le 7 novembre 2004, les soldats de la Force Licorne ont tiré sur des jeunes manifestants aux mains nues, faisant près de 70 morts et plus de 2000 blessés devant l'Hôtel Ivoire et sur les deux ponts d'Abidjan.

Le pillage systématique des ressources naturelles dans les zones occupées par la rébellion
Derrière le rideau de fer de la ligne d'interposition, les troupes françaises participent avec la rébellion au pillage des ressources naturelles et minières de notre pays (café, cacao, coton, bois, or, etc.), comme en témoigne la nature des engins et des matériels qui équipent la Force Licorne.

b) Au plan diplomatique
Torpillage des négociations de Lomé
Bien que disposant d'une influence évidente sur les mouvements rebelles (prise en charge de la délégation du MPCI au plan logistique, matériel et financier) et malgré la présence à ces négociations d'un représentant du gouvernement français en la personne de l'ambassadeur Dutheil De La Rochère, les autorités françaises ont laissé les négociations de Lomé s'enliser afin de pouvoir les transférer à Linas-Marcoussis où elles pouvaient disposer de plus de marge de manœuvre pour imposer un accord inique.

Légitimation de la rébellion
Le premier acte de légitimation de la rébellion au plan international est venu d'une autorité française, Monsieur Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, qui, le 4 Janvier 2003, s'est rendu personnellement à Bouaké pour rencontrer le MPCI, après qu'il a exfiltré de Côte d'Ivoire, le 25 novembre 2002, Monsieur Alassane Dramane Ouattara, qui se révèlera plus tard être le cerveau et le financier de la rébellion.

Le coup d'Etat ''gouvernemental ''
C'est à Kléber que les autorités françaises ont organisé ''le coup d'Etat gouvernemental'' en dépossédant le FPI, parti au pouvoir, non seulement de la Primature, mais, en plus, des 3/4 des portefeuilles ministériels, au profit de l'opposition politico-armée,dont des portefeuilles de souveraineté et stratégiques comme la Défense, l'Intérieur, la Justice, les Affaires étrangères, la Communication, etc.

L'attitude hostile et insultante de Jacques Chirac à l'endroit du Président Laurent Gbagbo
Le Président Chirac ne manque aucune occasion pour diaboliser le régime ivoirien qu'il considère comme un régime “fasciste” (novembre 2004) et traiter avec mépris son président. Entre les deux chefs d'Etat, le courant ne passe plus depuis plusieurs mois.

Le torpillage de la médiation africaine du Président Thabo Mbeki
En dépit des succès réalisés en peu de temps par le président Thabo Mbeki, le président Chirac a toujours entretenu des rapports d'hostilité, adopté des attitudes d'obstruction et tenu des propos désobligeants (février 2005) à l'égard de la médiation sud-africaine. Manifestement, l'engagement sud-africain contrarie les plans de Chirac, c'est pourquoi ce dernier a tout mis en œuvre pour enfermer la Médiation dans le carcan du Groupe de Travail international (GTI) qu'il instrumentalise pour mener sa guerre contre le régime ivoirien.

Harcèlement contre les leaders qui défendent la démocratie, la légalité et les institutions républicaines
Pendant qu'elles protègent les rebelles, les autorités françaises sont à l'initiative de toutes les résolutions qui condamnent le pouvoir ivoirien ou qui imposent des sanctions contre les leaders politiques et de la société civile qui luttent pour la réunification du pays, pour la défense de la démocratie, de la légalité et des institutions républicaines.

Torpillage du processus de paix par le GTI
Le GTI, conçu par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine et reconnu par la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU comme un instrument d'assistance au règlement du conflit, est devenu, avec le rôle nocif joué par la diplomatie française, une poche de nuisance et de perturbation du processus de paix.

3) Conclusion

En Côte d'Ivoire, la France ne travaille pas à la restauration de la paix ; elle est partie au conflit. Sa Force Licorne est le bouclier de la rébellion et sa diplomatie est son arme de combat pour orchestrer, à travers des résolutions et des arrangements, la chute du régime ivoirien et l'accession au pouvoir de ses poulains, la rébellion politico-armée. La position et les actions du Président Chirac sont le problème majeur de la paix en Côte d'Ivoire. La sortie de crise en Côte d'Ivoire passe par le retrait de la France du processus de paix.


II. LES SOLUTIONS
FALLACIEUSES
ET INACCEPTABLES

Fidèle à sa logique de coup d'Etat, l'opposition politico-armée mène à travers le monde une campagne pour la suspension de la Constitution ivoirienne et la mise en place d'un nouveau cadre institutionnel. Cette énième exigence, qui ne vise qu'un seul objectif, exclure le président Laurent Gbagbo du pouvoir, est fallacieuse et inacceptable.

1) Solutions fallacieuses et inacceptables

N'oublions pas, n'oublions jamais que la crise en Côte d'Ivoire résulte d'un coup d'Etat manqué, d'un ordre légal troublé, de la mise à mal des institutions républicaines. Les arrangements institutionnels auxquels il a été procédé à la suite des différents accords de paix et qui avaient tous pour premier objectif d'écarter le Président Laurent Gbagbo du pouvoir, de le confiner dans un rôle de ''Reine d'Angleterre'', ont eu pour conséquences désastreuses l'affaiblissement de l'autorité de l'Etat, les graves dysfonctionnements au sein de l'appareil administratif, la corruption et l'impunité généralisées, le développement de l'incivisme, les graves violations des Droits de l'Homme, la dégradation de la situation sanitaire des populations, la prolifération des conflits sociaux, etc.
Est intolérable et inacceptable la logique qui consiste à penser que la fin de la crise passe par la mise à l'écart du Président Laurent Gbagbo du pouvoir, c'est-à-dire la consécration de la victoire de la rébellion. Le Président Laurent Gbagbo a été élu en octobre 2002 et reconnu par la communauté internationale comme le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire. Il ne peut partir du pouvoir qu'à l'issue d’élections, conformément à la Constitution ivoirienne.
Est tout autant inimaginable et inacceptable toute solution qui viserait la suspension, voire la dissolution de la Constitution. Non seulement aucune instance, même internationale, n'en a la compétence, en dehors du peuple de Côte d'Ivoire, mais, en outre, ce n'est pas en démolissant les bases de l'Etat, en créant une situation d'exception qu'on rétablit un ordre légal troublé.
La solution à la crise ivoirienne ne réside donc pas en l'approfondissement de la crise par de nouveaux arrangements institutionnels qui fragilisent l'Etat. Les accords de paix n'ont de sens que s'ils visent à rétablir l'ordre, la légalité constitutionnelle et l'intégrité territoriale. Toute autre voie est fallacieuse et inacceptable.

2) La récusation du Président Thabo Mbeki, Médiateur de l'Union africaine

L'Union africaine a fait un bon choix en confiant au Président Thabo Mbeki d'assurer la médiation entre les protagonistes de la crise ivoirienne. Grâce à sa démarche empreinte de courtoisie, de modération, de discrétion, de constance et d'engagement, il a pu arracher de nombreuses concessions au profit de la rébellion et faire avancer notablement le processus de paix. C'est à lui que ''les Forces Nouvelles'' doivent l'achèvement de toutes les réformes législatives en conformité avec leurs exigences, l'éligibilité de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, président du RDR, à l'élection présidentielle prochaine en violation de l'article 35 de la Constitution, l'accaparement de la Commission électorale indépendante (CEI) et des médias d'Etat (RTI), etc.
Aujourd'hui, ''les Forces Nouvelles” récusent le Président Thabo Mbeki parce que le moment est venu pour eux de faire leur part d'engagement, c'est-à-dire de déposer les armes. Récuser Mbeki, c'est faire preuve de mauvaise foi, d'ingratitude et d'inconséquence. La rébellion ne peut pas applaudir la médiation lorsqu'elle permet la satisfaction de ses revendications et la vouer aux gémonies lorsque se pose la question du désarmement.

3) Les questions pendantes : identification, réforme de l'Armée

Les questions liées à l'identification des populations, au recensement électoral, à la réforme de l'Armée, à l'indemnisation des victimes de guerre, au retour et à la réinstallation des déplacés, etc., ne peuvent objectivement constituer des préalables au désarmement et à la réunification du pays. Ces questions, qui relèvent du programme de reconstruction du pays, ne peuvent être traitées efficacement que dans le respect de la loi et dans le cadre d'un pays réunifié. Certaines d'entre elles seront traitées à court terme d'autres le seront à moyen et long termes.


III. NOS PROPOSITIONS

Profondément préoccupé par la division du pays qui perdure, malgré toutes les concessions politiques faites par le chef de l'Etat, le Président Laurent Gbagbo, et tirant les enseignements des quatre (4) années de mise en œuvre du processus de paix de Linas-Marcoussis, le Front populaire ivoirien considère que la sortie de crise en Côte d'Ivoire passe nécessairement par :
-le retrait de la France du processus de paix ;
-la restauration et le renforcement de la médiation africaine ;
-ma restauration de l'autorité de l'Etat et des prérogatives constitutionnelles du Président de la République;
le désarmement immédiat et obligatoire des mouvements rebelles.

1) Retrait de la France du processus de paix

La France a suffisamment donné la preuve de sa partialité et son parti pris. Elle a quitté son statut de facilitateur pour adopter une position de belligérance. Du fait des mauvais rapports entretenus par le Président Jacques Chirac avec les autorités ivoiriennes et de l'action pernicieuse de la diplomatie française, ayant massacré des dizaines d'Ivoiriens et fait des milliers de blessés, ne jouissant plus de la confiance des populations civiles et des leaders politiques du camp gouvernemental, la France s'est disqualifiée dans la recherche de solutions à la crise ivoirienne. Elle doit être exclue militairement et diplomatiquement afin qu'elle n'exerce aucune influence nocive sur la conduite du processus de paix. C'est pourquoi le FPI exige le départ de la Force Licorne et la dissolution du GTI, deux instruments à travers lesquels le Président Chirac torpille le processus de paix et mène ''sa guerre'' contre le régime ivoirien.

2) Restauration et renforcement de la médiation africaine

A l'issue de la réunion de New York (20 septembre 2006), la communauté africaine a été interpellée pour qu'elle se réapproprie le règlement de la crise ivoirienne. Le Front populaire ivoirien l'y encourage vivement pour des raisons de dignité et d'efficacité. Le temps est, en effet, venu pour que les Africains règlent eux-mêmes les problèmes de leur continent ; qu'ils refusent les tutelles néo-coloniales infamantes et qu'ils agissent en acteurs majeurs et responsables dans les relations internationales.
La médiation du Président Thabo Mbeki, respectueuse des valeurs africaines, a fait la preuve de son impartialité et de son efficacité en très peu de temps. Elle a fait honneur à l'Afrique. Elle doit être restaurée et renforcée pour prendre en charge pleinement et exclusivement le règlement de la crise ivoirienne et pour agir en tant qu'unique interlocuteur de la communauté internationale, à la restauration de la paix en Côte d'Ivoire. Cela implique que l'Union africaine consente à déployer avec le concours du médiateur et l'appui matériel et financier des autorités ivoiriennes, des troupes militaires qui prendraient au sein des troupes impartiales la place laissée vacante par la Force Licorne. Cela signifie aussi que le GTI doit être dissous pour éviter des interférences préjudiciables à la réussite de la Médiation africaine.

3) Restauration de l'autorité de l'Etat et des prérogatives constitutionnelles du président de la République

La logique du “coup d'Etat en douceur '' est inacceptable et ne peut prospérer. Elle a déjà fait trop de mal au pays. Il faut en sortir. Que dire, en effet, d'une situation dans laquelle le pouvoir est éclaté en mille morceaux où celui qui incarne la légitimité et la légalité est dépouillé au profit de quelqu'un inconnu politiquement?
Comment accepter encore plus longtemps que des ministres de la République défient quotidiennement et impunément l'autorité du chef de l'Etat, agissent à leur guise au sein de l'appareil d'Etat, siègent au gouvernement de la République tout en continuant d'occuper par la force des armes l'autre moitié de la République, empêchant l'Etat dont ils sont de hauts responsables d'exercer effectivement son autorité sur l'ensemble du territoire national.
L'heure est venue d'emprunter la voie de la légalité, de la raison et de la vérité. La raison, la vérité et l'efficacité commandent que les pouvoirs constitutionnels du Président de la République soient restaurés afin que l'autorité de l'Etat soit renforcée et que la gestion des affaires de l'Etat et la mise en œuvre du processus de paix soient conduites dans l'efficacité.

4) Le désarmement immédiat et obligatoire des mouvements rebelles

Sous le triple rapport politique, économique et socio-humanitaire, le désarmement des mouvements rebelles s'impose aujourd'hui comme une nécessité absolue.
Au plan politique, le désarmement est au cœur de tous les accords signés jusqu'à ce jour. Il aurait dû intervenir dès octobre 2002 à la signature de l'accord de cessez-le feu entre la rébellion et un émissaire de la CEDEAO. A cette époque, la communauté internationale avait invité les chefs d'Etat ou de gouvernement de la CEDEAO à “apporter leur soutien politique, matériel et logistique aux autorités légales de la Côte d'Ivoire, afin de maintenir l'ordre constitutionnel, la paix, la sécurité et la cohésion nationale”. Le désarmement est le fondement de l'accord de Linas-Marcoussis qui stipule, au demeurant, qu'il devait être mis en œuvre “dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale”. Le rendez-vous du 15 octobre 2004, fixé lors du Sommet d'Accra III et accepté par tous les acteurs de la crise ivoirienne, n'a pas non plus été respecté par les mouvements rebelles. Il est inconcevable que la rébellion joue éternellement à cache-cache avec le désarmement. Le devoir de préserver l'intégrité du territoire ivoirien et d'y faire respecter la légalité exige que les mouvements rebelles soient contraints au désarmement.
Au plan économique, la guerre a engendré une profonde crise avec des conséquences désastreuses sur la vie sociale. Dans le même temps, les chefs de guerre de la rébellion se sont enrichis considérablement en pillant les ressources nationales dans les zones occupées et en investissant dans les pays voisins, l'argent du sang des Ivoiriens.
Au plan socio-humanitaire, les violations des Droits de l'Homme se poursuivent dans les zones occupées et restent impunies. Le non fonctionnement des services de santé, d'éducation et d'administration générale entraîne des situations de famine, d'épidémie et la montée vertigineuse du VIH/SIDA.
Seul le désarmement permettra de stopper la déchéance et de créer les conditions de la réconciliation et d'élections justes et transparentes.


IV. CONCLUSION

Depuis le déclenchement de la crise ivoirienne, le Front populaire ivoirien a fait la preuve de son engagement en faveur de la paix. Il est signataire des accords de Marcoussis et il a soutenu toutes les concessions, même les plus humiliantes, faites par le Président de la République au nom de la paix. Le FPI a adhéré à toutes les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, notamment à la Résolution 1633 que le FPI a saluée en son temps comme cadre pertinent de résolution rapide de la crise ivoirienne. Depuis le 29 Juin 2006, à la veille du 7ème Sommet de l'Union africaine (U.A.), le FPI avait annoncé que l'alternative à la non-tenue des élections en octobre 2006 serait le changement de schéma de sortie de crise. Le FPI souhaite vivement que les réflexions de la communauté africaine portent essentiellement sur l'avenir de la Côte d'Ivoire et le sort de ses populations au détriment de tout intérêt individuel et partisan. Pour restaurer la paix en Côte d'Ivoire, il importe que la communauté africaine s'engage fermement à :
- faire prévaloir le droit et assurer le triomphe de la démocratie ;
- défendre le principe de l'intégrité territoriale, de l'unité et de la souveraineté nationales et, en conséquence, contraindre la rébellion au désarmement ;
restaurer l'autorité de l'Etat et les prérogatives constitutionnelles du Président de la République ;
éliminer tous les obstacles à la paix et s'impliquer sans réserve dans la restauration de la paix en Côte d'Ivoire.

Pour le FPI,
Président
Affi N'Guessan
Pascal


 

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