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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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«Abuja avant, pendant et après le 6 octobre. Avantage toujours à Laurent Gbagbo sur Jacques Chirac»

Par Delugio :: lundi 09 octobre 2006 à 8:04 :: Articles de presse




San Finna (journal burkinabè) — N°384 du 09 au 15 Octobre 2006 — http://www.sanfinna.com/CoalitionIrak.htm :



«
Au Sommet d’Abuja, deux camps devaient s’affronter. Le premier, emporté par Jacques Chirac, demandait que la CEDEAO prenne des mesures de rupture, retirant au président ivoirien l’essentiel de ses pouvoirs en recourant au besoin à la suspension de la Constitution. Le second, incarné par Laurent Gbagbo, déniait le droit à la CEDEAO d’empiéter sur la souveraineté de la Côte d’Ivoire et ne concevait un voyage du président à Abuja que pour tout au plus y exposer le cadre nouveau dans lequel le pouvoir doit s’exercer après le 31 octobre. Pour apprécier les résultats du sommet du 6 octobre 2006, il faut faire une analyse en fonction des positions affichées des uns et des autres avant le sommet, du climat durant ces 10 heures de huis clos ainsi que de la publication du communiqué final, en rapport avec les textes protecteurs de la souveraineté nationale.

I. LES DEMANDES ET PRONOSTICS AVANT ABUJA

Après avoir fait « échec et mat » au Conseil de sécurité, Jacques Chirac et son camp sont remontés au filet à Bucarest pour tenter d’obtenir les mesures fermes contre le pouvoir ivoirien : transfert des pouvoirs à Banny, suspension de la Constitution... Autre insuccès. Le Président français mettra alors tous ses espoirs entre les mains de ces «gens de la région » c’est-à-dire ses amis chefs d’Etat, majoritaires à la CEDEAO, pour que ceux-ci en finissent avec son ennemi juré. Mamadou Tanja, comme pour dire qu’il a reçu le message 5/5, dans son discours d’ouverture avant le huis clos, sera clair : « La CEDEAO va proposer de nouveaux arrangements institutionnels et de gouvernance ». Il soulignera que la communauté allait « redéfinir de nouveaux repères…, avancer des propositions concrètes pour une nouvelle transition ». Dans la même veine, Ibn Chambas, plus affirmatif, déclarera, péremptoire, que cette rencontre était la dernière du genre, qu’il n’y aurait pas d’autre délai à accorder et que des décisions fermes seraient prises. Pour la rébellion, l’agenda d’Abuja se réduisait simplement dans l’ « exécution » de Laurent Gbagbo et de son régime. Place nette devait être faite pour un nouveau mécanisme de gestion du pouvoir après le 31 Octobre 2006, pour la mise sous tutelle de la Côte d’Ivoire. C’est quasiment le même son de cloche du côté de l’opposition non insurgée relayé par le GTI, des ONG comme International Crisis Group, dont le représentant en Côte d’Ivoire annonçait, non sans faconde, que sans une suspension de la Constitution et un transfert des compétences au premier Ministre, il serait impossible de sortir de la crise !

Voilà en gros, sans remonter jusqu’aux déclarations des Bongo, Wade, Obasanjo, Compaoré…ni jusqu’aux manchettes de certains médias, nationaux et internationaux, ce qui se disait avant la rencontre d’Abuja.

Qu’en est-il des prétentions de ceux d’en face ?

Depuis sa rencontre historique avec les Forces de défense et de sécurité le 14 septembre 2006, le président ivoirien et son camp avaient annoncé les couleurs : plus de médiations, place aux décisions et surtout à la première d’entre toutes : le désarmement ; pas question pour la communauté internationale de rogner sur la souveraineté nationale. La position de Laurent Gbagbo par conséquent vis-à-vis de la rencontre d’Abuja, est claire : s’il y va, ça ne sera pas comme dans le passé pour solliciter des médiations mais pour expliquer son propre plan et requérir des chefs d’Etat, qu’ils respectent leurs paroles (condamnation du coup d’Etat du 19 septembre) et les textes de la communauté, en ne prenant pas la fâcheuse décision (qui constituerait un précédent dangereux pour eux-mêmes) de s’immiscer dans la vie constitutionnelle de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo irait pour dire que, pour sortir de la crise, il faut que l’on respecte l’Etat de Côte d’Ivoire, que les forces militaires françaises quittent le pays, qu’une force africaine prenne le relais de l’interposition en Côte d’Ivoire. A Abuja, il annoncerait à coup sûr sa volonté de mettre en place un gouvernement homogène, composé de ministres qui soient astreints au devoir de solidarité gouvernementale et qui respectent son autorité afin de négocier avec les seuls rebelles. Et il confirmerait que le schéma tracé par la Résolution 1633 maintenu sans le Médiateur Thabo M’béki, il révoquerait toutes les concessions qu’il a eu à faire jusqu’à ce jour, y compris le droit pour ADO de se présenter aux élections.
Ce sont ces positions qu’il est venu, en terrain défavorable, exposer.

II. CLIMAT DE L’INTERMINABLE HUIS CLOS D’ABUJA

Première remarque : contrairement à ce qui était devenu une coutume, les rebelles et l’opposition non insurgée n’étaient pas invités. Si un Guillaume Soro a cru devoir rappliquer dans la capitale nigériane, c’est plutôt comme il l’a fait à Bucarest, pour arpenter les couloirs et faire du lobbying médiatique. Les Bédié et ADO, plus au fait des pratiques diplomatiques, se sont abstenus de se livrer à de telles démonstrations !

Autre observation : Thabo M’béki, Omar Bongo et Sassou N’Guesso, annoncés, n’ont pas fait le déplacement, et c’est bien comme ça. M’béki est Médiateur de l’UA, il n’a de comptes à rendre qu’à elle ; au surplus, son pays n’est pas membre de la CEDEAO. Le Gabon non plus. La présence à Abuja de Omar Bongo Ondimba, même revêtu de son statut informel de doyen des chefs d’Etat africains, aurait fait confusion de genre. Idem pour le « beau-père » congolais qui, en tant que président de l’UA, ne peut interférer dans les travaux d’une institution de niveau inférieur, dont les décisions sont déférées devant l’organisation continentale qu’il préside.

Pour sa part, la radio mondiale (un tantinet railleuse) en venait même à se demander si Laurent Gbagbo aurait assez de cran pour répéter à la CEDEAO tout ce qu’il débitait sur la Force Licorne, sur le 43 ème BIMA.. Elle dira : « Osera-t-il ? », comme pour en appeler à plus de raison de sa part parce qu’ « on ne la fait pas à la France » !

Ce huis clos n’aura pas cependant permis aux journalistes de voir sortir la petite fumée. On retiendra, face à un tel hermétisme, c’est que des choses innatendues s’y déroulaient et que l’on craignait que les médias qui, comme la langue d’Esope, sont capables du pire comme du meilleur, ne soient informés pour essaimer des informations qui pourraient mettre le feu aux poudres.

III. LE COMMUNIQUE FINAL ET LES COMMENTAIRES

Pour départager les uns et les autres, il faut partir du communiqué final et l’éclairer par les recommandations à venir de la CEDEAO, les relations médiatiques, une fois que les chefs d’Etat ne se sentiront plus astreints à l’obligation de discrétion.

Communiqué final

1. A l’invitation de Son Excellence, le Président Mamadou Tandja, Président de la République du Niger et Président en exercice de la CEDEAO, une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le 06 octobre 2006 à Abuja, en République du Nigeria.

2. Le Sommet a examiné l’état d’avancement du processus de paix et la mise en œuvre de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

3. Etaient présents les Chefs de l’Etat et de Gouvernement suivants ou leurs représentants dûment accrédités :

1. Son Excellence Dr. Yayi Boni
Président de la République du Bénin

2. Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré Président du Burkina Faso
Président du Conseil des Ministres du Burkina Faso

3. Son Excellence Monsieur Pedro Verona Rodrigue Pires Président de la République du CAP Vert

4. Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo Président de la République de Côte d’Ivoire

5. Son Excellence Monsieur Joao Bernado Vieira Président de la République de Guinée Bissau

6. Son Excellence Madame Ellen Johnson Sirleaf Président de la République du Liberia
7. Son Excellence Monsieur Amadou Toumani Touré Président de la République du Mali
8. Son Excellence Monsieur Mamadou Tandja Président de la République du Niger
9. Son Excellence Chief Olusegun Obasanjo Président de la République Fédérale du Nigeria

10. Son Excellence Maître Abdoulaye Wade Président de la République du Sénégal

11. Son Excellence Monsieur Faure Gnassingbé Président de la République du Togo

12. Son Excellence Monsieur Lamin Kabba Bajo Secrétaire d’Etat pour les Affaires Etrangères, Représentant le Président de la République de Gambie

13. Son Excellence Nana Akufo Addo MP Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération régionale et NEPAD Représentant le Président de la République du Ghana

14.Son Excellence Chief Alhadji Mohamed P. Bayoh Haut Commissaire de la République de Sierra Leone auprès la République Fédérale du Nigeria

15.Son Excellence Monsieur Radolphe Adada, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères Représentant du Président Sassou NGuesso République du Congo

4.Les hautes personnalités suivantes ont également pris part à cette session extraordinaire :

1- Dr. Mohamed Ibn Chambas
Secrétaire exécutif de la CEDEAO

2- Ambassadeur Saïd Djinnit
Commissaire, Paix et Sécurité de l’Union Africaine

3 – Monsieur Charles Konan Banny
Premier Ministre de la Côte d’Ivoire

4- Monsieur Pierre Schori
Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire
5- Ambassadeur Raph Uwechue
Représentant Spécial du Secrétaire Exécutif de la CEDEAO en Côte d’Ivoire

6 – Monsieur Gérard Stoudmann
Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d’Ivoire


5. Après avoir été largement informés sur la situation en Côte d’Ivoire, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO ont exprimé leur profonde préoccupation face aux nombreux blocages identifiés par le GTI qui entravent la mise en œuvre des décisions de Yamoussoukro et de la feuille de route élaborée au terme de la Résolution 1633 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

6. Saluant les efforts déployés par le Gouvernement ivoirien visant à accélérer la mise en œuvre de la feuille de route, ils ont toutefois, déploré les nombreux obstacles et atermoiements qui ont rendu impossible, l’organisation des élections à la date du 30 Octobre 2006.

7. Par ailleurs, ils ont noté que la persistance de la crise ivoirienne est à terme, porteuse de graves menaces pour la paix et la sécurité de la région.

8. Ainsi, ils ont réaffirmé que la mise en œuvre effective, pleine et entière des dispositions de la Résolution 1633 des Nations Unies, constitue pour la CEDEAO, le cadre de règlement idéal de cette crise.

9. A cet égard, ils ont fermement condamné toute forme de blocage à la mise en œuvre de ces dispositions et recommandé au Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre, à cet effet, les mesures appropriées.

10. Les chefs d’Etat et de Gouvernement ont exprimé leur satisfaction au GTI pour la qualité du travail accompli dans le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route en Côte d’Ivoire ; ils ont également manifesté leur soutien aux forces de l’ONUCI ainsi qu’aux forces françaises qui les soutiennent pour leur contribution au retour de la stabilité en Côte d’Ivoire. Ils ont également adressé leurs vifs remerciements au Premier Ministre et aux Représentants des Nations Unies pour les efforts inlassables qu’ils déplorent en vue de restaurer la paix et la sécurité en Côte d’Ivoire.

11. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont décidé de soumettre leurs recommandations au Conseil de la Paix et de Sécurité de l’Union Africaine au cours de sa prochaine session.

12. Enfin, ils ont exprimé leur profonde gratitude au Président Olusegun Obasanjo et au peuple de la République Fédérale du Nigeria pour l’hospitalité générale et authentiquement africaine qui leur a été réservée ».

Commentaires
Le sommet a été tout sauf un sommet de décisions : pas de transfert de compétences à Banny, pas de suspension de Constitution, pas de fixation d’échéance électorale, etc. La CEDEAO refilera la patate chaude à l’UA. Mais il faut reconnaître que c’était difficile de faire autrement avec cette rage de vaincre du guerrier Gbagbo et tous ces textes de barrage au plan des institutions internationales, qu’il n’est pas inutile de rappeler.

La CEDEAO, c’est connu, protège l’ordre constitutionnel de ses Etats membres. C’est le cas avec la déclaration des principes politiques de la CEDEAO du 6 juillet 1991 adoptée à Abuja comme avec le Protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité du 10 décembre 1999. Tous ces textes obligent la CEDEAO à condamner les coups d’Etat. C’est du reste ce qu’elle a fait à travers une déclaration au Sommet d’Accra 1, le 29 septembre 2002 (article 13 : «Les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont invité les Etats membres de la CEDEAO à apporter immédiatement leur soutien (politique, matériel, logistique) aux autorités légales de la Côte d'Ivoire afin de maintenir l'ordre constitutionnel, la paix, la sécurité, l'unité et la cohésion nationales ».).Impossible donc de proposer à Abuja un bouleversement de l’ordre institutionnel en Côte d’Ivoire. Ce serait un pur coup d’Etat international en violation de l’article 1er du Protocole de non-agression de 1978 qui stipule : «Les Etats membres s’engagent à ne pas recourir, dans leurs relations réciproques, à la menace ou à l’emploi de la force, ou à l’agression, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique des autres Etats membres, soit de toutes autres manières contraire aux chartes de l’ONU et de l’OUA » . Comme autre barrage à l’intervention de la CEDEAO, il y a ce protocole d’assistance mutuelle en matière de défense, signé le 29 mai 1981 à Freetown par certains Etats membres, qui organise la sécurité de tous en cas d’attaque, de menaces, d’agressions ou de menaces extérieures.

Rien par ailleurs dans les dispositions de la Charte de l’UA n’autorise véritablement des atteintes à la souveraineté des Etats membres. Même si l’UA a énoncé dans son acte constitutif, « le droit de l’Union d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la Conférence, dans certaines circonstances graves, à savoir les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité », il y a des vallées et des monts à franchir avant que la Conférence des présidents puisse se mettre d’accord sur une telle intervention. Le fait dominant et constant à retenir, c’est que l’UA condamne non pas en paroles mais par des textes, les changements anticonstitutionnels ; cela résulte de la célèbre déclaration d’Alger de juillet 1999 comme de l’ acte constitutif de l’organisation, qui s’engage en son article 3, Point B, à « défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de ses Etats membres ». Plus explicite, dans l’article 4 Point P, l’organisation impose la « condamnation et ‘le rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement’ ». Avec de telles défenses à l’incivisme démocratique et républicain, comment pourrait-elle fouler aux pieds ses propres textes ?

Il existe aussi la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples dont l’article 23 alinéa 2 stipule ce qui suit : « Dans le but de renforcer la paix, la solidarité et les relations amicales, les Etats parties à la présente Charte s’engagent à interdire qu’une personne jouissant du droit d’asile aux termes de l’article 12 de la présente Charte entreprenne une activité subversive dirigée contre son pays d’origine ou contre tout autre pays, partie à la présente Charte ; que leurs territoires soient utilisés comme base de départ d’activités subversives ou terroristes dirigées contre le peuple de tout autre Etat, partie à la présente Charte».

On voit comment, à travers ces dispositions, Gbagbo peut réduire au silence certains de ses homologues comme Blaise Compaoré, ATT…comme il peut le faire avec la convention régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique du 10/09/1969, qui stipule, en son article 3 l’ interdiction de toute activité subversive (« 1. Tout réfugié a, à l'égard du pays où il se trouve, des devoirs qui comportent notamment l'obligation de se conformer aux lois et règlements en vigueur et aux mesures visant au maintien de l'ordre public. Il doit en outre s'abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un Etat membre de l'OUA. 2. Les Etats signataires s'engagent à interdire aux réfugiés établis sur leur territoire respectif d'attaquer un quelconque Etat membre de l'OUA par toutes activités qui soient de nature à faire naître une tension entre les Etats membres, et notamment par les armes, la voie de la presse écrite et radiodiffusée »).

S’il existe dans la Charte des Nations Unies le chapitre VII qui prévoit des atteintes à la souveraineté, il faut reconnaître que les conditions de mise en œuvre sont très verrouillées. Au demeurant, les Nations Unies, qui n’ont pas de véritables pouvoirs supranationaux, sont respectueuses de la souveraineté des Etats. Entre autres preuves, la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction des mercenaires du 4 décembre 1989 qui astreint les Etats signataires au respect de leurs souverainetés respectives. C’est dire qu’ il sera difficile au Conseil de Sécurité d’empiéter sur la souveraineté de la Côte d’Ivoire, d’envisager d’instaurer une tutelle qui, du reste, est quasiment devenue un vestige depuis l’avènement à l’indépendance des anciens territoires sous mandat de la Société des Nations qui étaient passés sous tutelle de certains Etats ou des Nations Unies.


CONCLUSION
A Abuja, la montagne a accouché d’une souris. Le président ivoirien avait des arguments en béton, il avait le feu sacré mais il avait surtout pour lui la justesse de sa cause. Il a gagné. Il n’y a même pas de quoi monter en neige les encouragements faits à l’ONUCI, à la Force Licorne, au GTI car personne n’est dupe de ces simples clauses de style. De même, l’appréciation positive de la Résolution 1633 ne peut pas masquer le fait que l’on n’a pas pris les décisions définitives claironnées. Cela en soi suffit, si l’on est de bonne foi, à reconnaître que, pratiquement seul contre tous, le président ivoirien a su tirer son épingle du jeu ; et RFI, par la voix de Boniface Vignon, l’a sportivement consacré vainqueur de cette épreuve. Mais se pourrait-il au fond que les amis de Jacques Chirac, voyant venir les élections de mai 2007 en France (avec les conséquences qui s’y attachent), soucieux de remonter dans l’estime de leurs peuples, aient enfin décidé de jouer la carte africaine plutôt que celle de la «Chiraquie » ? Sait-on jamais. Tout n’est pas gagné pour autant : la bataille diplomatique va reprendre de plus belle, la CEDEAO ayant préféré se comporter non pas comme une instance qui décide à charge d’appel mais comme une instance purement consultative qui, en l’espèce, ne se contentera que de faire des recommandations, du reste verbales à l’UA. Manifestement, la CEDEAO n’a pas assumé. Il appartiendra donc à l’UA le 17 octobre prochain de décider. On peut dire à ce stade-là que le président ivoirien a abattu le plus gros du travail.

A l’UA, où les choses doivent se jouer, il compte plus d’amis et l’influence de la Françafrique s’y fait moins sentir. Ce match à venir s’annonce donc plus « relax ».Quant à celui des Nations Unies, puisqu’il ne fera que confirmer ce qui aura été décidé par l’organisation panafricaine, on peut dire qu’en principe, les choses devraient se passer plutôt bien. On peut comprendre que Laurent Gbagbo, les siens et tous les amis boivent du petit lait comme on peut comprendre que les rebelles ne se cachent pas pour s’en désoler ouvertement. Puisse toutefois la sagesse de la CEDEAO faire tâche d’huile et convaincre les thuriféraires zélés de Jacques Chirac que le temps est venu de rengainer les armes et les « plumes » !

VT»



 

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