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«Une vingtaine» !

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«Le ministère français de la Défense a estimé mardi 30 novembre 2004 à "une vingtaine" le nombre d’Ivoiriens tués par l’armée française»!

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Événements en Côte d'Ivoire. Essais de mise en perspective...

 DeLugio


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Voir aussi :
"Une vingtaine" ! (environ)
"Une vingtaine" !... et quelques
"Une bourriche"
"Bis repetita"

Éléments d'histoire & autres considérations :
Une autre histoire...


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« Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur »


« Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité
finit par le rattraper »


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Et ensuite...

Par Delugio :: mercredi 26 janvier 2011 à 19:45 :: Général

 

 

 

Pour lire la suite, ici :


(clic) 

Et...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

Joyeux Noël !

Par Delugio :: mercredi 22 décembre 2010 à 20:30 :: Général


Pause Noël pour quelques jours...







"Un roi nègre s’accroche au pouvoir"

Par Delugio :: lundi 20 décembre 2010 à 13:11 :: Général


Un article de Sylvie Kouamé dans Le Nouveau Courrier. Extrait :

"[...] En gros, il s’agit d’un pays où un roi nègre s’accroche au pouvoir. Alors qu’il a perdu des élections transparentes et validées par une «communauté internationale» forcément honnête, vertueuse et mue par sa mission civilisatrice et «démocratisante». Non violent, porteur d’espoir, son adversaire a appelé «le peuple» à descendre pacifiquement dans la rue, mais la soldatesque aux ordres du président sortant a sévi. Depuis, les puissances occidentales essaient de faire prévaloir les valeurs universelles…

Cette belle fable ne résiste ni à la réalité ivoirienne, bien plus complexe, ni à la froide logique de la diplomatie internationale. [...]"
La suite et l'article en entier ici...

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Dimanche 19 décembre à Paris

Par Delugio :: dimanche 19 décembre 2010 à 0:37 :: Général

La République de Côte d'Ivoire demande le départ de l'Onuci et de Licorne

Par Delugio :: samedi 18 décembre 2010 à 17:26 :: Général

Des effets globalement positifs de la censure

Par Delugio :: samedi 18 décembre 2010 à 17:18 :: Général
Voilà quelques années mon premier blog hébergé sur blogs.nouvelobs.com s'est vu infliger des "coupures" à répétition à la mesure de l'intensité de tensions de la crise "ivoirienne" et de l'urgence de faire taire toute autre voix que celle de la "communauté internationale" (que l'histoire a abondement désavouée depuis lors).

Résultat de la censure me concernant, j'ai ouvert deux autres blogs ailleurs, puis d'autres : effet secondaire la censure : la démultiplication de mon audience. Mon blogging a alors cessé d'être confidentiel.

Mon nouveau blog nouvelobs.com, au temps fort de la crise actuelle, c'est-à-dire jeudi 16, s'est vu exclure du tableau d’accueil et de référencement ("trac") des blogs Nouvelobs (où il arrivait en tête).

Un jeudi sombre, qui marque "l’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf, relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République. [...] L’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf ,relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République." (Extrait d'un article sur le blog du PIAN! L’article en entier ici.)

Un jeudi noir où il fallait faire taire toute voix alternative au matraquage "international". Même les infos de la RTI disparaissaient du bouquet Orange !

Prenant la leçon des censures antécédentes, je réactive donc mes anciens blogs...

Ici : quelques "vingtaine" :

 







... Et quelques

Par Delugio :: mercredi 17 mars 2010 à 18:46 :: Général


Ici,

Suite...


      

 

 



 

 

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&

Par Delugio :: samedi 31 janvier 2009 à 17:36 :: Général
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"Demain je reviendrai"

Par Delugio :: samedi 06 septembre 2008 à 18:28 :: Général



La suite ici.





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Aimé Césaire, Poème pour l’aube

Par Delugio :: jeudi 17 avril 2008 à 14:57 :: Général

 



 

 


les fougues de chair vive

aux étés éployés de l'écorce cérébrale ont flagellé les contours de la terre

les ramphorinques dans le sarcasme de leur queue prennent le vent

le vent qui n'a plus d'épée

le vent qui n'est plus qu'une gaule à cueillir
les fruits de toutes les saisons du ciel

mains ouvertes

mains vertes

pour les fêtes belles des fonctions anhydrides

il neigera d'adorables crépuscules sur les mains coupées
des mémoires respirantes et voici

sur les rhagades de nos lèvres d'Orénoque désespéré

l'heureuse tendresse des îles bercées par la poitrine
adolescente des sources de la mer

et dans l'air et le pain toujours renaissant des efforts
musculaires

l'aube irrésistible ouverte sous la feuille

telle clarteux l'élan épineux des belladones



Aimé Césaire
« Poème pour l’aube »,
extrait de Les armes miraculeuses






Et ici :
Discours sur le colonialisme






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Un quatrain de Baudelaire - Au lecteur

Par Delugio :: samedi 27 octobre 2007 à 17:43 :: Général





« Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. »

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les fleurs du mal, « Au lecteur ».






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Jules Ferry - «Les fondements de la politique coloniale» - Sur le site de l’Assemblée nationale française

Par Delugio :: jeudi 23 août 2007 à 8:54 :: Général


Grands moments d'éloquence parlementaire


Jules FERRY


© Bibliothèque de  l'Assemblée nationale

Discours prononcé à la Chambre des députés : le 28 juillet 1885

« 
Les fondements de la politique coloniale »


M. Jules Ferry. Messieurs, je suis confus de faire un appel aussi prolongé à l'attention bienveillante de la Chambre, mais je ne crois pas remplir à cette tribune une tâche inutile. Elle est laborieuse pour moi comme pour vous, mais il y a, je crois, quelque intérêt à résumer et à condenser, sous forme d'arguments, les principes, les mobiles, les intérêts divers qui justifient la politique d'expansion coloniale, bien entendu, sage, modérée et ne perdant jamais de vue les grands intérêts continentaux qui sont les premiers intérêts de ce pays.

Je disais, pour appuyer cette proposition, à savoir qu'en fait, comme on le dit, la politique d'expansion coloniale est un système politique et économique, je disais qu'on pouvait rattacher ce système à trois ordres d'idées ; à des idées économiques, à des idées de civilisation de la plus haute portée et à des idées d'ordre politique et patriotique.

Sur le terrain économique, je me suis permis de placer devant vous, en les appuyant de quelques chiffres, les considérations qui justifient la politique d'expansion coloniale au point de vue de ce besoin de plus en plus impérieusement senti par les populations industrielles de l'Europe et particulièrement de notre riche et laborieux pays de France, le besoin de débouchés.

Est-ce que c'est quelque chose de chimérique ? est-ce que c'est une vue d'avenir, ou bien n'est-ce pas un besoin pressant, et on peut dire le cri de notre population industrielle ? Je ne fais que formuler d'une manière générale ce que chacun de vous, dans les différentes parties de la France, est en situation de constater.

Oui, ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigé dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus ce sont les débouchés. Pourquoi ? parce qu'à côté d'elle l'Allemagne se couvre de barrières, parce que au-delà de l'océan les États-Unis d'Amérique sont devenus protectionnistes et protectionnistes à outrance ; parce que non seulement ces grands marchés, je ne dis pas se ferment, mais se rétrécissent, deviennent de plus en plus difficiles à atteindre par nos produits industriels parce que ces grands États commencent à verser sur nos propres marchés des produits qu'on n'y voyait pas autrefois. Ce n'est pas une vérité seulement pour l'agriculture, qui a été si cruellement éprouvée et pour laquelle la concurrence n'est plus limitée à ce cercle des grands États européens pour lesquels avaient été édifiées les anciennes théories économiques ; aujourd'hui, vous ne l'ignorez pas, la concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la liberté des échanges, l’influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. (Très bien !  très bien !)

C'est là une grande complication, une grande difficulté économique.

[…]

C’est là un problème extrêmement grave.

Il est si grave, messieurs, si palpitant, que les gens moins avisés sont condamnés à déjà entrevoir, à prévoir et se pourvoir pour l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud, qui nous appartenait de temps en quelque sorte immémorial, nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il n'y a rien de plus sérieux, il n'y a pas de problème social plus grave ; or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale.

[…]

Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.

Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.

Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : c'est de la métaphysique politique...(Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)

Voix à gauche.Parfaitement !

M. Jules Ferry.... et je vous défie – permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan –, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

[…]

Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)

M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme !

M. de Guilloutet. Cest la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !

M. Jules Ferry.Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche el à droite. – Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

M. Raoul Durai, Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !

M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !

M. Georges Perin. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !

M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche – Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)

M. Joseph Fabre.C'est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l'abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.

M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d'en user ! (Bruit.)

M. le président. N'interrompez pas, monsieur Vernhes !

M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...

M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)

Voix à gauche. N'interrompez donc pas !

M. JulesFerry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...

M. Vernhes. Allons donc !

M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquit­tent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.

M. Paul Bert. La France l'a toujours fait !

M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l'Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l'histoire de cette conquête, il y a aujourd'hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d'ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu'auparavant ?

M. Clemenceau. C'est très douteux !

M. Georges Perin. Rappelez-vous donc le discours de Burke !

M. Jules Ferry. Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? Est-ce que notre premier devoir, la première règle que la France s'est imposée, que l’Angleterre a fait pénétrer dans le droit coutumier des nations européennes et que la conférence de Berlin vient de traduire le droit positif, en obligation sanctionnée par la signature de tous les gouvernements, n'est pas de combattre la traite des nègres, cet horrible trafic, et l'esclavage, cette infamie. (Vives marques d’approbation sur divers bancs.)

[…]

M. Jules Ferry. Voilà ce que j'ai à répondre à l'honorable M. Pelletan sur le second point qu’il a touché.

Il est ensuite arrivé à un troisième, plus délicat, plus grave, et sur lequel je vous demande la permission de m'expliquer en toute franchise. C’est le côté politique de la question.

[…]

Messieurs, dans l'Europe telle qu'elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, les uns par les perfectionnements militaires ou maritimes, les autres par le développement prodigieux d'une population incessamment croissante ; dans une Europe, ou plutôt dans un univers ainsi fait, la politique de recueillement ou d'abstention, c'est tout simplement le grand chemin de la décadence !

Les nations, au temps où nous sommes, ne sont grandes que par l'activité qu'elles développent ; ce n'est pas « par le rayonnement des institutions »... (Interruptions à gauche el à droite) qu'elles sont grandes, à l’heure qu'il est.

M. Paul de Cassagnac. Nous nous en souviendrons, c'est l'apologie de la guerre !

M. de Baudry d'Asson. Très bien ! la République, c'est la guerre. Nous ferons imprimer votre discours à nos frais et nous le répandrons dans toutes les communes de nos circonscriptions.

M. Jules Ferry. Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure, toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième. (Nouvelles interruptions sur les mêmes bancs. – Très  bien ! très bien ! au centre.) Je ne puis pas, messieurs, et personne, j'imagine, ne peut envisager une pareille destinée pour notre pays.

Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et, puisque la politique d'expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l'heure qu'il est toutes les puissances européennes, il faut qu'il en prenne son parti, autrement il arrivera... oh ! pas à nous qui ne verrons pas ces choses, mais à  nos fils et à nos petits-fils ! il arrivera ce qui est advenu à d’autres nations qui ont joué un très grand rôle il y a trois siècles, et qui se trouvent aujourd'hui, quelque puissantes, quelque grandes qu'elles aient été descendues au troisième ou au quatrième rang. (Interruptions.)

Aujourd'hui la question est très bien posée : le rejet des crédits qui vous sont soumis, c'est la politique d'abdication proclamée et décidée. (Non ! non !) Je sais bien que vous ne la voterez pas, cette politique, je sais très bien aussi que la France vous applaudira de ne pas l'avoir votée ; le corps électoral devant lequel vous allez rendre n'est pas plus que nous partisan de la politique de l'abdication ; allez bravement devant lui, dites-lui ce que vous avez fait, ne plaidez pas les circonstances atténuantes ! (Exclamations à droite et à l’extrême gauche. – Applaudissements à gauche et au centre.) … dites que vous avez voulu une France grande en toutes choses…

Un membre. Pas par la conquête !

M. Jules Ferry. ... grande par les arts de la paix, comme par la politique coloniale, dites cela au corps électoral, et il vous comprendra.

M. Raoul Duval. Le pays, vous l’avez conduit à la défaite et à la banqueroute.

M. Jules Ferry. Quant à moi, je comprends à merveille que les partis monarchiques s’indignent de voir la République française suivre une politique qui ne se renferme pas dans cet idéal de modestie, de réserve, et, si vous me permettez l'expression, de pot-au-feu... (Interruptions el rires à droite) que les représentants des monarchies déchues voudraient imposer à la France. (Applaudissements au centre.)

M. le baron DufourC’est un langage de maître d'hôtel que vous tenez là.

M. Paul de Cassagnac. Les électeurs préfèrent le pot-au-feu au pain que vous leur avez donné pendant le siège, sachez-le bien !

M. Jules Ferry. Je connais votre langage, j'ai lu vos journaux... Oh ! l'on ne se cache pas pour nous le dire, on ne nous le dissimule pas : les partisans des monarchies déchues estiment qu'une politique grande, ayant de la suite, qu'une politique capable de vastes desseins et de grandes pensées, est l'apanage de la monarchie, que le gouvernement démocratique, au contraire, est un gouvernement qui rabaisse toutes choses...

M. de Baudry d'Asson. C’est très vrai !

M. Jules Ferry. Eh bien, lorsque les républicains sont arrivés aux affaires, en 1879, lorsque le parti républicain a pris dans toute sa liberté le gouvernement et la responsabilité des affaires publiques, il a tenu à donner un démenti à cette lugubre prophétie, et il a montré, dans tout ce qu'il a entrepris...

M. de Saint-Martin. Le résultat en est beau !

M. Calla. Le déficit et la faillite !

M. Jules Ferry. ...aussi bien dans les travaux publics et dans la construction des écoles... (Applaudissements au centre et à gauche), que dans sa politique d'extension coloniale, qu'il avait le sentiment de la grandeur de la France. (Nouveaux applaudissements au centre et à gauche.)

Il a montré qu'il comprenait bien qu'on ne pouvait pas proposer à la France un idéal politique conforme à celui de nations comme la libre Belgique et comme la Suisse républicaine, qu'il faut autre chose à la France : qu'elle ne peut pas être seulement un pays libre, qu'elle doit aussi être un grand pays exerçant sur les destinées de l'Europe toute l'influence qui lui appartient, qu'elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter partout où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. (Applaudissements au centre et à gauche.)

Quand vous direz cela au pays, messieurs, comme c'est l'ensemble de cette œuvre, comme c'est la grandeur de cette conception qu'on attaque, comme c'est toujours le même procès qu'on instruit contre vous, aussi bien quand il s'agit d'écoles et de travaux publics que quand il s'agit de politique coloniale, quand vous direz à vos électeurs : « Voilà ce que nous avons voulu faire » soyez tranquilles, vos électeurs vous entendront, et le pays sera avec vous, car la France n’a jamais tenu rigueur à ceux qui ont voulu sa grandeur matérielle, morale et intellectuelle (Bravos prolongés à gauche et au centre.  – Double salve d'applaudissements  – L'orateur en retournant à son banc reçoit les félicitations de ses collègues.)

 

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Peine de mort

Par Delugio :: vendredi 13 octobre 2006 à 10:20 :: Général


 

 

 

 

 

 


 

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Petit mémento en 20 points sur la crise franco-ivoirienne

Par Delugio :: jeudi 06 juillet 2006 à 12:01 :: Général



Au moment où la «révision évolutive» (selon la formule «Révisionnisme évolutif» de Th. Kouamouo) de la lecture que fait la presse française de la crise franco-ivoirienne prend le tournant tragi-comique que l’on sait, et dont Thomas Hoffnung est le dernier porte-parole, il n’est pas inutile de reproduire ce petit mémento publié en novembre 2004 dans www.ivoireforum.com (http://www.ivoireforum.com/a_la_une.asp?id=676), qui prend, avec un an et demi de recul, des allures prémonitoires…


Petit mémento en 20 points sur la crise franco-ivoirienne :

1. Saviez-vous qu’en 1999 la position française était que les conditions de nationalité ne permettaient pas à A. D. Ouattara de se présenter à l’élection présidentielle ivoirienne (cf. Bernard Debré, Le Figaro, 25. 11. 1999) ?

2. Saviez-vous que le concept d’ «ivoirité» proposé contre lui par son adversaire d’alors, H. K. Bédié (allié, aujourd’hui, de ce même A. D. Ouattara et des rebelles contre L. Gbagbo), n’a en revanche jamais été accepté par L. Gbagbo ?

3. Saviez-vous que A. D. Ouattara est de ceux qui ont appelé (sous le gouvernement Guéi) à voter «oui» au référendum d’alors, avec la clause électorale de la nationalité sur la Constitution de la IIe République qui doit être à présent réformée par un autre référendum pour qu’il puisse se présenter ? (Depuis L. Gbabgo a usé des prérogatives présidentielles que lui donne l'art. 48 de la Constitution pour lui permettre de se présenter quand même.)

4. Saviez-vous que les divers responsables du parti et du gouvernement (dénigré comme «ethnique») de L. Gbagbo (démocratiquement élu, rappelons-le), viennent des quatre coins de la Côte d’Ivoire ?

5. Saviez-vous que grâce à L. Gbagbo et au forum de réconciliation nationale qu’il a mis en place avant la tentative de coup d’État de septembre 2002, la nationalité ivoirienne a été accordée à A. D. Ouattara ?

6. Saviez-vous que L. Gbagbo avait mis en place, dans la foulée de ce forum, un gouvernement d’union nationale incluant le parti de A. D. Ouattara — avant, donc, la tentative de coup d’État de 2002, et donc avant que Marcoussis ne prétende le lui imposer en février 2003 — ?

7. Saviez-vous que les rebelles sont descendus jusqu’à Abidjan, où ils ont tué le Ministre de l’Intérieur, et qu’ils en ont été repoussés non par l’armée française, mais par l’armée ivoirienne ?

8. Saviez-vous que l’armée française a simplement bloqué tout le monde à Bouaké, Marcoussis entérinant cela, tandis que les Ivoiriens croyaient que la France mettrait au contraire en place les accords de défense scellés avec la Côte d’Ivoire ?

9. Saviez-vous que les populations du Nord ont fui en masse l’occupation rebelle et qu’on n’a pas assisté à ce mouvement en sens inverse (les populations du Nord ne se sentent donc manifestement pas persécutées au Sud !) ?

10. Saviez-vous que si l’on s’en tenait à l’affichage horaire des dépêches de presse, les deux Sukhoï ivoiriens sembleraient avoir été détruits par l’armée française quelques heures avant l’attaque (dont on ne cesse de s’étonner de l’absurdité) du camp français de Bouaké (dépêches du 6. 11. 2004 : 10 h 03 pour l’AFP, 10 h 26 pour Reuters*) ?
(La question que je posais alors sur
nouvelobs.com concernant l’horaire des dépêches n’a toujours pas obtenu de réponse.)

11. Saviez-vous qu’un tel dérèglement des horloges des ordinateurs de deux agences de presse de cette importance ne peut que nourrir le doute des Ivoiriens sur la réalité de ladite attaque ivoirienne du camp de Bouaké ?

12. Saviez-vous que lorsque les Ivoiriens parlent de riposte disproportionnée, ils ne pensent pas tant à la seule destruction des Sukhoï, qu’à la destruction de tous les aéronefs ivoiriens (y compris civils), au bombardement des deux résidences présidentielles (Yamoussoukro et Abidjan), à la prise de l’aéroport et des deux ponts d’Abidjan (tout cela accompagné de tirs sur la foule), au positionnement d’une trentaine de chars autour de la résidence de L. Gbagbo, puis dans foulée à l’envoi depuis la ligne de front de dizaines d’autres chars (tout cela accompagné de tirs sur les populations qui voulaient s’opposer à cette descente des chars vers Abidjan), chars bientôt positionnés à proximité de la résidence présidentielle à l’hôtel Ivoire d’où l’armée française a de nouveau tiré sur la foule — foule sans armes, ni projectiles ou autres — ?

13. Saviez-vous que cela a été interprété (on peut concéder : de bonne foi !) comme une tentative de coup d’État ?

14. Saviez-vous que ce sont les tirs sur la foule sans armes, depuis les hélicoptères français, lors de la prise de l’aéroport, occasionnant, selon le CICR, de nombreux morts et blessés, qui ont provoqué la prise à partie de résidents français (conçue comme légitime défense, puisque la France prétextait les défendre) ?

15. Saviez-vous que sur ces entrefaites se sont retrouvés dans la foule 4000 prisonniers, évadés la prison gérée par une ministre anti-Gbagbo imposé par les accords de Marcoussis — et qu’aucun pillard n’a été arrêté par l’armée française (qui semblait donc avoir autre chose à faire) ?

16. Saviez-vous que «les médias de la haine» n’ont fait essentiellement pendant ces événements que lancer des appels aux dons de sang (il suffisait de les écouter pour le savoir) pour les blessés dont beaucoup par balles (près de 3000 d’après le CICR qui préfère ne «pas donner de précisions sur le nombre de morts ni sur les causes des décès, "afin de ne pas jeter d'huile sur le feu"», selon l’AFP — Genève, 22 nov 2004 — 18 h10) ?

17. Saviez-vous que le mythe de l’analogie rwandaise (qui fonctionne selon le syllogisme : problème politique chez les Noirs = futur Rwanda ! — Problème politique en Europe = future Shoah ?) propagée par un film distribué sous le manteau, a été ridiculisé par la diffusion en Côte d’Ivoire dudit film («Poudrière identitaire») à une heure de grande écoute (le mardi 14 août 2001 — en prime time, suivi d’un débat contradictoire relayant tous les courants d’opinion) ?

18. Saviez-vous que L. Gbagbo s’est toujours refusé à interdire les journaux d’opposition ?

19. Saviez-vous que la mise temporaire sous silence, par quelques manifestants, des médias reproduisant des propos comme ceux de responsables français qualifiant d’ «outranciers» les témoignages des témoins de faits avérés tels que décapitations par balles de l’armée française, a eu pour effet de calmer les esprits ?

20. Saviez-vous que ce qui vaut en France aux médias ivoiriens l’intitulé de «haineux» est d’avoir «excité» les lecteurs essentiellement par la reproduction de Unes et d’articles de journaux français sur la Côte d’Ivoire ?

Etc., etc. Mais qui veut savoir tout cela ? Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage !

 ___________________________________
* Annexe

AFP - 06/11/2004 10:03:08 :
«Les militaires français ont détruit samedi au sol sur l`aéroport de Yamoussoukro (centre de la Côte d`Ivoire) deux chasseurs-bombardiers Sukhoï de l`armée ivoirienne, a annoncé à l`AFP le colonel Philipe Mangou, du commandement ivoirien du théâtre des opérations militaires.
"Les militaires français ont détruit nos Sukhoï au sol", a indiqué le colonel Mangou sans préciser les raisons de cette action.
Celle-ci est intervenue "en rétorsion" d`un bombardement de l`aviation ivoirienne en début d`après-midi sur un cantonnement de soldats français à Bouaké (centre), le fief des rebelles, a appris l`AFP de bonne source.
Ce bombardement aurait fait "plusieurs victimes" dans les rangs français, selon cette source qui n`a pas donné plus de détails.»

Reuters - 06/11/2004 10:26:51 :
«Deux avions gouvernementaux ivoiriens ont été abattus samedi par l`armée française après avoir bombardé une position française à Bouaké, dans le nord du pays, faisant huit morts et 23 blessés parmi les militaires français, a-t-on appris auprès d`une source onusienne.
"Des sources militaires au sein des Nations unies ont dit que deux Soukhoï (des avions militaires) appartenant à l`armée ivoirienne venaient d`être détruits après que ces appareils eurent visé une cible française", a déclaré Jean-Victor Nkolo, porte-parole de la mission des Nations unies en Côte d`Ivoire.
"Huit personnes ont été tuées et 23 autres blessées. Tous étaient des soldats français" a-t-il ajouté.»




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